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Les mercredis de Calvin (37) Les sacrements

16 Septembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Un sacrement est un signe extérieur par lequel Dieu scelle en nos consciences les promesses de sa bonne volonté envers nous, pour soutenir la faiblesse de notre foi, et par lequel, à notre tour, nous rendons témoignage tant devant Lui et les Anges que devant les hommes, que nous le tenons pour notre Dieu. On pourra encore plus brièvement définir ce qu’est un sacrement, en disant que c’est un témoignage de la grâce de Dieu envers nous, confirmé par un signe extérieur, avec une attestation mutuelle de l’honneur que nous lui portons. Que l’on choisisse celle qu’on voudra de ces deux définitions, elle s’accordera quant au sens à ce que dit Augustin, qu’un sacrement est un signe visible d’une chose sacrée, ou une forme visible de la grâce invisible.

(…)

Un sacrement n’est jamais sans que la Parole de Dieu précède, mais il lui est ajouté comme une dépendance pour la signer, la confirmer et nous la certifier plus fortement, selon que notre Seigneur voit que cela est nécessaire à l’ignorance de notre sens, puis à la lenteur et faiblesse de notre chair.

Or ce n’est pas parce que la Parole ne serait pas assez ferme de soi-même, ou qu’elle en puisse avoir meilleure confirmation quant à soi – car la vérité de Dieu est par soi seule si sûre et certaine, qu’elle ne peut avoir d’ailleurs une meilleure confirmation que de soi-même – mais c’est pour nous confirmer en elle. Car notre foi est si petite et débile, que si elle n’est appuyée de tous les côtés, et soutenue par tous les moyens, soudain elle est ébranlée en toutes parts, agitée et vacillante. Et d’autant que nous sommes si ignorants, et si adonnés et fichés aux choses terrestres et charnelles, que nous ne pensons ni ne pouvons comprendre ni concevoir rien qui soit spirituel, ainsi le Seigneur miséricordieux s’accommode en ceci  à la rudesse de notre sens, que même par les éléments terrestres, il nous mène à Lui, et nous fait contempler même en la chair, comme en un miroir, ses dons spirituels. Car si nous n’étions sensuels et enveloppés de nos corps, comme dit Chrysostome, ces choses nous seraient donnée sans figures corporelle ; mais parce que nous habitons en nos corps, Dieu nous donne les choses spirituelles sous des signes visibles. Non pas que les choses qui nous sont proposées pour sacrement, aient de leur nature telles qualités et vertus, mais parce qu’elles sont signées et marquées de Dieu pour avoir cette signification.

C’est ce qu’on dit communément, qu’un sacrement consiste en la Parole et au signe extérieur. Par la Parole, il ne faut pas entendre un murmure qui se fasse sans sens et intelligence, en barbotant à la façon des enchanteurs, comme si par cela se faisait la consécration ; mais il nous faut entendre la Parole qui nous est prêchée pour enseigner et nous faire savoir ce que veut dire le signe visible.

Institution Chrétienne Livre IV, §14 1 et 3-4


En niant son efficacité, Calvin ne dévalorise pas le sacrement. Bien au contraire, faire du sacrement un langage, c'est en faire un signe supplémentaire de l'amour de Dieu qui n'a de cesse de nous donner ce dont nous avons besoin. Le sacrement n'est plus un obscur rituel magique mais une affirmation claire et retentissante de l'amour de Dieu pour nous, malgré notre faiblesse, notre indignité et la "rudesse de nos sens"

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