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Le christianisme unitarien

29 Août 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Réponses

Suite à la discussion amorcée avec Micky sur l'Unitarisme-Universalisme, j'ai eu la bonne surprise de recevoir un e-mail de Jean Claude Barbier, chrétien unitarien rencontré lors des Journées Evangiles et Liberté de 2004. Avec son autorisation je le reproduis ici. Je reste pour ma part assez éloigné de cette vision des choses. Mais il est certain qu'elle a son intérêt et que le débat est loin d'être clos.

Cher Micky, Cher Eric. J’ai lu vos échanges avec beaucoup d’intérêt car je suis chrétien unitarien et donc bien au courant de l’histoire et de la spiritualité de l’unitarisme-universalisme (UUisme). Nos deux familles sont d’ailleurs distinctes mais complémentaires au sein d’un éventail allant des croyants aux non-croyants, et elles se retrouvent ensemble (en osmose, mais toujours sans confusion) au sein de l’International council of unitarians and universalists (ICUU). L’Assemblée fraternelle des chrétiens unitariens (AFCU), fondée en 1996 sous la houlette du professeur et protestant Théodore Monod, a été reconnue groupe émergent par l’ICUU au mois d’avril de cette année, avec d’autres associations de chrétiens unitariens au Burundi, Congo et Italie.

Au sein de l’Eglise réformée de France, la théologie chrétienne unitarienne est admise (Dieu Un et Jésus homme) comme l’une des possibles, même si les pasteurs qui adhèrent à elle sont très (très) peu nombreux – cette Eglise est en effet latitudinaire et admet plusieurs théologies, bien entendu voisines entre elles ; il en est de même en Belgique au sein de l’EPUB et à Genève.

La révérende américaine Lucienne Kirk, qui avait soutenu son mémoire sur James Adam (un théologien américain chrétien unitarien du début du siècle) à la Faculté libre de théologie protestante de Montpellier, reçut la consécration de ministre du culte au sein de l’Eglise unitarienne de Transylvanie (en décembre 1986) (à Cluj en Roumanie), puis exerça quelques années comme pasteur à l’ERF dans les Cévennes, avant de retourner aux Etats-Unis où elle milita au sein de l’Unitarian Universalist Christian Fellowship (UUCF).

L’UUisme est une approche tout à fait originale, à la fois intellectuelle, mais aussi intuitive, émotionnelle, spirituelle … et pratique, de la vie religieuse. Pratiquant en communautés en quelques sorte prophétiques, annonciatrices d’une harmonie mondiale souhaitable basée sur l’entente, le dialogue, la convivialité entre les individus, nos amis UUistes pratiquent ce qu’ils appellent l’inter-faith et qu’on pourrait traduire par le partage de la foi des uns et des autres. Plus qu’une rencontre entre corpus religieux divers, c’est au niveau des individus que l’UUisme situent cette osmose. Nous sommes donc loin du syncrétisme ainsi que le précisait Micky, ou d’un quelconque œcuménisme ou ouverture d’un champs religieux particulier. L’Uuisme n’est pas un christianisme qui se serait ouvert (même si historiquement il dérive de l’anti-trinitarisme des Réformes protestantes du XVIème siècle européen et du christianisme unitarien d’un Faust Socin et William Every Channing).

Ceci dit, c’est un mouvement post-chrétien qui accepte tout à fait en son sein les chrétiens (la fête de Noël est notamment l’occasion de parler de Jésus et de la Bible, mais sans que cela soit une obligation). L’UUisme n’est exclusif d’aucune religion, christianisme ou autre. Je dirais que c’est une autre façon de vivre la religion, la relation à Dieu (pour les uns) ou au mystère de la Vie (pour les autres).

Dans la lignée du christianisme unitarien (Dieu ne s’est pas incarné en Jésus) et du théisme (Dieu se fait connaître par notre raison et non par des révélations particulières), les UUistes, à la suite du transcendantalisme d’un Ralph Waldo Emerson, s’ils croient à une dimension spirituelle de notre univers et de nos humbles personnes, n’en affirment pas cependant que Dieu est nécessairement et obligatoirement transcendant. Il peut être immanent dans sa Création ou présent d’une toute autre façon dont on n’a pas idée (sa façon à lui !). Comme dans le bouddhisme, la dimension spirituelle n’est pas forcément reliée à une entité surnaturelle. D’ailleurs, qu’est-ce qu’on appelle Dieu ? Les savoirs qui nous sont transmis sont des langages bien humains et sans doute bien insuffisants. Les certitudes en ce domaine ne peuvent qu’être subjectives.

Ne faisant guère de métaphysique, le moins possible, les questions d’un Dieu qui nous donnerait sa grâce pour que nous ayons la foi n’est pas une hypothèse centrale pour eux, mais je comprends tout à fait qu’elle le soit pour Eric. Les UUistes étant libéraux et admettant tous les itinéraires spirituels individuels, la proposition d’un Dieu " descendant vers l’homme " est tout à fait recevable au sein de leurs congrégations. En cela les UUistes ne sont pas anti-trinitaires comme le sont les chrétiens unitariens ! Bref, c’est un champ religieux tout à fait original à découvrir et à apprécier, même si on y adhère pas, ne serait-ce parce qu’on est occupé par ailleurs et que certains de ses aspects ne répondent pas tout à fait à nos propres besoins présents.

Pour nous qui peinons dans nos quêtes spirituelles, la proposition des protestants, à la suite d’un Martin Luther et d’un Jean Calvin, que nous rappelle Eric, est, elle aussi, particulièrement attrayante : " L'évangile de la grâce où l'homme reçoit tout sans rien avoir à faire " !

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Unitarian 01/02/2010 13:34


Bonjour,

je fais juste ce mot pour vous signalez nos blogs unitariens et chrétiens

Amicalement

André