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Expliquer les miracles

2 Septembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Cours d'éducation religieuse dans un collège américain.

-" Alors la mer s'ouvrit pour laisser passer le peuple hébreux.

- Alleluïa ! s'exclame une élève Dieu a fait traverser son peuple !

- Enfin calmez-vous, se précipite le professeur, des scientifiques ont montré qu'il n'y avait là que quelques centimètres d'eau

Et de continuer son histoire. Puis lorsque la mer se referme sur l'armée égyptienne, "Alleluïa !"s'exclame à nouveau la fillette.

-Quoi encore ? s'agace le professeur.

-Dieu a permis que quelques centimètres d'eau engloutissent l'armée de pharaon.

J'aime bien cette histoire drôle. Pas que je soie un farouche défenseur de l'historicité de l'Exode mais parce qu'elle me semble illustrer assez bien les problèmes que posent les tentatives d'explication scientifique des miracles.

Ces tentatives d'explications rationnelles viennent paradoxalement de 2 camps radicalement opposés. Des athées militants y ont recours pour montrer que les "miracles" ne prouvent rien et des chrétiens les utilisent pour démontrer que la Bible "dit vrai".

Les deux attitudes sont assez paradoxales, en fait. L'athée qui cherche à donner une explication scientifique à un miracle donne une valeur historique énorme à un évènement que bien souvent, des exégètes chrétiens voient comme une construction littéraires. Quant aux chrétiens qui expliquent les miracles, c'est encore pire : ils leur enlève tout sens, si l'évenement est parfaitement naturel, alors pourquoi y voir la main de Dieu ?.

Et de toute façon, les explications de miracle ne tiennent généralement pas debout. Quelques perles :

Jonas a pu tout à fait être avalé par un "gros poisson" : on a trouvé dans la Méditerranée des requins ayant avalé des humains. Ah ? Et ils les ont recraché vivants au bout de 3 jours aussi ?

Jésus n'a pas vraiment marché sur l'eau, il flottait sur une mer gorgée de sel. Je me demande combien de kilos de gros sel il me faudrait mettre dans ma baignoire avant de marcher sur l'eau... Oh, et puis ce que les évangiles appellent la mer de Galilée, est un lac d'eau douce... Loué soit Dieu pour avoir salè un lac suffisament pour qu'on marche dessus !

Jésus n'a pas marché sur l'eau (décidément, ça énerve, ça) mais sur une couche de glace... Alors reprenons le texte, il fait nuit, le lac est démonté (les rameurs peinent à atteindre le rivage) et qu'est-ce que fait Jésus, il repère une couche de glace et se précipite dessus pour rejoindre ses disciples à pied ! Loué soit Dieu pour avoir permis à son Fils de ne pas se casser la gueule en de telles circonstances ! (ou pour s'être incarné dans un pro de la glisse, si vous préférez)

Allez, j'essaye moi aussi, Jésus n'a pas marché sur l'eau mais le vent s'engouffrant dans sa tunique, il a fait de l'aquaplanning.

Trêve de plaisanterie, tenter d'expliquer ou de démonter un miracle, c'est ne pas comprendre le statut du miracle dans la Bible. D'une part, le miracle biblique ne fait pas croire le lecteur. Comment le pourrait-il ? Qui se mettrait à croire, seulement parce qu'un texte vieux de 2000 ans dit que Jésus a accompli ?

Le récit de miracle ne me fait pas croire mais parce que je crois, il me parle, il me rejoint et le récit d'un prodige vieux de 2000 ans devient pour moi signe et message. Mais inutile d'essayer de prouver un miracle à un incroyant, le miracle raconté ne donne pas la foi. Inutile de démonter un miracle face à un croyant : ce n'est pas là le fondement de sa foi. Le miracle biblique n'est pas source de foi, il parle à celui qui croit.

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