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Café biblique : L'argent impie.... toyable

28 Septembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Voici le canevas que je vais utiliser ce soir pour lancer la discussion sur le regard que la bible nous donne sur l'argent au cours de notre café biblique. J'approfondirai (et expliciterai un peu plus certains de mes points de vue) dans un bilan de ce café biblique...

Habituellement quand on parle d'argent et de christianisme, soit on se rappelle de la condamnation de l'argent soit pour évoquer l'hypocrisie des Eglises qui appellent à la pauvreté en roulant sur l'or. Ce soir à travers plusieurs textes biblique, je vous propose de voir de quelles manières la Bible nous parle de l'argent. Et bien sûr de réagir.

L’argent comme bénédiction

Isaac sema dans ce pays, et il récolta au centuple cette année–là : le SEIGNEUR le bénit. Il devint un homme riche, il alla s’enrichissant de plus en plus : il finit par être vraiment très riche. Il avait des troupeaux de petit bétail, des troupeaux de gros bétail et un grand nombre de serviteurs. Genèse XXVI, 12 à 14

Dans la Bible la richesse apparaît d’abord comme un don de Dieu, c’est Dieu qui donne à l’homme les bien dont il jouit. C’est d’ailleurs aussi cette conviction qu’illustre l’offrande des prémices de la récolte ordonnée par le Lévitique (XXIII, 10ss) la dîme.

Pensez-vous que nos richesses viennent de Dieu ?
Quels sont selon vous les conséquences positives de cette vision des choses ?
Quels en sont les risques

Malheur aux riches

Pourtant, si la richesse est lue dans la Bible comme une bénédiction, les textes bibliques ne sont pas tendres avec les riches (que ce soit dans l’Ancien ou le Nouveau Testament.

Écoutez, vous qui harcelez le pauvre et qui supprimez les déshérités du pays ! Vous dites : Quand la nouvelle lune sera–t–elle passée, que nous vendions le grain ? Quand le sabbat finira–t–il, que nous ouvrions les sacs de blé ? Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons le prix, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons les petites gens pour de l’argent, le pauvre pour une paire de sandales, et nous vendrons même le déchet du blé. Le SEIGNEUR l’a juré par l’orgueil de Jacob : je n’oublierai jamais aucune de leurs œuvres. La terre ne tremblera–t–elle pas à cause de cela ? Tous ses habitants ne prendront–ils pas le deuil ? Elle montera tout entière comme le Nil, elle se soulèvera et s’affaissera comme le Nil d’Egypte. En ce jour–là––déclaration du Seigneur DIEU –– je ferai coucher le soleil à midi et j’obscurcirai la terre en plein jour. Je changerai vos fêtes en deuil et tous vos chants en complainte ; je couvrirai tous les reins de sacs et je tondrai toutes les têtes ; je mettrai le pays dans le deuil comme pour un fils unique, et son avenir ne sera plus qu’un jour d’amertume. (Amos VIII, 4 à 7)

 Cette dénonciation est aussi violente, parce que si la Ancien Testament voit la richesse comme une bénédiction, il n’affirme jamais que le pauvre est celui qui est maudit par Dieu. Au contraire, le pauvre est celui dont on doit s’occuper.

Le jeûne que je préconise, n’est–ce pas plutôt ceci : détacher les chaînes de la méchanceté, dénouer les liens du joug, renvoyer libres ceux qu’on écrase, et rompre tout joug ? Ne s’agit–il pas de partager ton pain avec celui qui a faim et de ramener à la maison les pauvres sans abri ? De couvrir celui que tu vois nu, et de ne pas t’esquiver devant celui qui est ta propre chair ? (Esaïe LVIII, 6 à 7)


Et cette préoccupation constante du pauvre, rend fatalement le riche suspect, suspect de garder pour lui seul dons de Dieu, suspect de s’enrichir sur le dos d’autrui.

Pour vous le riche est-il forcément l’exploiteur du pauvre ?
Ou bien y a-t-il des richesses justement acquises, sans léser personnes ?

Le Mamon d’injustice

Personne ne peut servir deux maîtres ; en effet, ou bien on détestera l’un et on aimera l’autre, ou bien on s’attachera à l’un et on méprisera l’autre. Vous ne pouvez être servir Dieu et Mamon.

 
Voilà que l’évangile ouvre une nouvelle vision de l’argent. L’argent est maintenant personnifié et dénoncé comme concurrent direct de Dieu.

Il leur dit une parabole : La terre d’un homme riche avait beaucoup rapporté. Il raisonnait, se disant : Que vais–je faire ? car je n’ai pas assez de place pour recueillir mes récoltes.  Voici, dit–il, ce que je vais faire : je vais démolir mes granges, j’en construirai de plus grandes, j’y recueillerai tout mon blé et mes biens, et alors je pourrai me dire : « Tu as beaucoup de biens en réserve, pour de nombreuses années ; repose–toi, mange, bois et fais la fête. » Mais Dieu lui dit : Homme déraisonnable, cette nuit même ta vie te sera redemandée ! Et ce que tu as préparé, à qui cela ira–t–il ?
(Luc XII, 16 à 20)

La dénonciation des riches par Jésus vous paraît-elle semblable à celle des prophète ou de l’épître  de Jacques ?
A votre avis quelles différentes formes l’adoration de l’argent prend-elle ?

Ce canevas doit beaucoup à l'excellent article de Daniel Marguerat : "Dieu et l'argent font-ils bon ménage ?" Le monde de la Bible, juillet août 2006

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Matthieu 29/09/2006 16:20

"C'est vrai qu'il y a eu "faille" quelque part (...) Je suis catholique et me questionne [au sujet du Pape] : indélicatesse ? manque d'expérience ? calcul ? hypocrisie ?"
Réponse : http://totus-tuus.over-blog.com/article-3986872.html

Frédérique 29/09/2006 14:20

Contente que vous ne vous soyez pas senti agressé :) C'est tellement agréable de pouvoir discuter avec bienveillance et ... humour ...
C'est vrai qu'il y a eu "faille" quelque part (faille qui arrange bien, croyants ou pas, tous ceux qui ont du mépris et de la haine pour les musulmans) ... Je suis catholique et me questionne : indélicatesse ? manque d'expérience ? calcul ? hypocrisie ? C'est tellement difficile de se faire une opinion avec le peu de vérité sur les autres et les choses qui m'est accessible ... Je me regarde moi, c'est déjà pas si mal ; et c'est tellement difficile de faire la vérité sur soi !!! Au fond, l'essentiel n'est pas dans les clivages. Cherchons ce qui nous rapproche, pas ce qui nous divise ... Comme dit mon mari quand je lui parle de mon intérêt pour tous ces débats : "Tout ceci est bien beau, mais ne reste que du blabla ; l'important, c'est d'agir ...". Et agir, c'est aussi donner, recevoir, écouter, comprendre ... semer ... dans la foi ; cette attitude tellement difficile entre la révolte et la résignation.
Ah j'oubliais une réflexion sur l'argent : l'argent ne doit rester qu'un bon serviteur, en aucun cas un maître.
Bon week end.

Frédérique 29/09/2006 12:30

"je ne faisais pas vraiment mienne l'accusation lancée (même si je crois qu'elle doit nous questionner)" : tiens tiens ... ça me rappelle quelque chose de l'actualité vaticane ..... :))))))))) Amicalement.

Eric George 29/09/2006 13:18

Je m'attendais un peu à une telle réaction :) Il y a une différence importante quand même : je ne suis pas pape et je ne prétend nullement à l'infaillibilité. Et comme c'est là, à mon sens, le noeud du problème de l'actualité vaticane... Et puis comme je le disais à Matthieu, la critique interne au christianisme nécessite, à mon avis, moins de diplomatie que le dialogue interreligieux (d'ailleurs par la richesse de l'Eglise, je ne parlais pas de la seule Eglise catholique romaine, chacune de nos institutions doit faire face au même problème, je crois.)

Frédérique 29/09/2006 09:29

Je ne pense pas tout d'abord, comme vous le dites en introduction, que l'église soit si riche que cela.
Je pense aussi que lorsqu'elle appelle à la "pauvreté", il ne s'agit pas de ceux qui n'ont rien mais de ceux qui acceptent de tout recevoir de leurs frères, de leur père ; ceux qui ont les mains tendues, le coeur ouvert comme des mendiants, des enfants ...
Ensuite, je ne pense pas que l'argent soit un problème : le problème est ce qu'on fait de cet argent, l'attachement que l'on peut en avoir. Et ceci est valable pour TOUS. Je refuse cette idée réductrice qui consiste à penser que les pauvres sont honnêtes et les riches suspects, sans savoir comment cet argent a été gagné et comment il est utilisé : je connais trop de personnes bien pensantes, de classe trés moyenne comme moi, qui s'offusquent des richesses de certains, qui se battent et descendent dans la rue pour seulement défendre en fait leur propre porte-monnaie, qui "tiennent des discours de révolutionnaires mais qui tueraient pour un billet vert ...". Que font-ils à leur niveau pour aider les plus pauvres ? En revanche, je découvre des riches qui aident matériellement et spirituellement, sans tambour, ni trompette ...
J'aime beaucoup cette phrase : "garde et tu pourriras, donne et tu garderas ...".
Je crois que je me suis un peu emportée et que du coup, je n'ai pas vraiment répondu aux questions posées ... :)) Recalée ?

Eric George 29/09/2006 11:45

Recalée ? Certainement pas ! Le but de ce canevas était justement de faire réagir et de pousser à prendre position : le café biblique se veut un lieu de débat. Merci donc pour votre réaction... Et j'espère que vous créagirez de la même façon au bilan du café biblique dans lequel j'essayerai de reprendre les différentes idées qui ont été évoquées au cours de cette réunion (j'y introduirai d'ailleurs votre réaction et une petite réfléxion personnelle)Ceci dit, ne vous formalisez pas trop de l'introduction, la phrase, certes provocatrice, était surtout destinée à pousser les gens à aller un peu plus loin dans le débat et je ne faisais pas vraiment mienne l'accusation lancée (même si je crois qu'elle doit nous questionner)