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Rouge sang

3 Octobre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Et en plus il est protestant !

Renaud Séchan. Mon amoureux.

Renaud est sans doute le chanteur vis à vis duquel je me comporte le plus en fan. Je connais la plupart de ses titres par coeur, j'ai plusieurs fois caressé l'idée de lui écrire et je rêve de discuter avec lui un jour, autour d'un verre (avec Jacques Brel aussi, mais bon, là, ça se fera dans Le bistrot préféré de Renaud, quelque part dans les cieux...) Malgré la citation en exergue, cela n'a rien à voir avec le protestantisme de Renaud. J'étais fan avant d'être protestant et à dire vrai, c'est un de mes deux points d'opposition au chanteur énervant (l'autre c'est une certaine image des drogues dites douces). En effet, le protestantisme historique et sociologique a plutôt tendance à agacer l'ancien catholique que se suis (j'ai un peu tendance à opposer le protetsantisme de conviction et le protestantisme identitaire).
Bon, je ne vais pas jusqu'à me ruer sur la presse people pour avoir de ses nouvelles et je ne sais même pas si Malone est une fille ou un garçon. Mais je me précipite sur chaque album et "Rouge Sang" n'a pas fait exception à la règle. Et, après le désespoir de Boucan d'enfer, ce Rouge sang fait un peu figure de résurrection. Résurrection à l'amour certes, mais aussi à la révolte et à l'engagement...
Mais à propos de révolte me direz-vous, la condamnation de la religion par Renaud, c'est pas un peu gênant pour un pasteur ?
Même pas... Faut dire que, malgrè quelques simplifications omfraysiennes, je ne vois pas de grande différence entre ça :

Autre fléau autre danger
Ces putains d'Eglises à la con
Les évangélistes timbrés
Rabbins, Ayathollas, curetons

Combien de guerres, combien d'horreurs
Ces imbéciles ont engendrés
Par leurs discours de malheur
Sur des masses de demeurés

Tous ceux-là considèrent la femme
Comme une pute ou une sainte
Promettent la damnation de l'âme
A qui ne vit pas dans la crainte

Trouverai-je jamais les mots
Pour dire mon mépris profond
De tous les dieux, tous leurs dévots
Et de toutes les religions

La mienne se résume en fait
A l'amour et à l'amitié
A l'amour de cette planète
Ou vit l'homme et sa fiancée

J'ai retrouvé mon flingue (Renaud)

et ça :

Le jour où vous jeûnez, vous vaquez à vos propres affaires et vous pressez tous vos ouvriers.
Quand vous jeûnez, ce ne sont que querelles et brouilles, méchants coups de poing ; vous ne jeûnez pas comme le veut ce jour, pour être entendus d’en haut.
Est–ce là le jeûne que je préconise, un jour où l’homme se prive ? S’agit–il de courber la tête comme un roseau, de se coucher sur le sac et la cendre ? Est–ce là ce que tu appelles un jeûne, un jour agréé du SEIGNEUR ?
Le jeûne que je préconise, n’est–ce pas plutôt ceci : détacher les chaînes de la méchanceté, dénouer les liens du joug, renvoyer libres ceux qu’on écrase, et rompre tout joug ?
Ne s’agit–il pas de partager ton pain avec celui qui a faim et de ramener à la maison les pauvres sans abri ? De couvrir celui que tu vois nu, et de ne pas t’esquiver devant celui qui est ta propre chair ?
Alors ta lumière poindrait comme l’aurore, et tu te rétablirais bien vite ; ta justice marcherait devant toi, et la gloire du SEIGNEUR serait ton arrière–garde.
Alors tu appellerais, et le SEIGNEUR répondrait ; tu appellerais au secours, et il dirait : Je suis là ! Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours malfaisants,si tu offres à l’affamé ce que tu désires toi–même, si tu rassasies l’affligé, ta lumière se lèvera dans les ténèbres, et ton obscurité sera comme le midi.

(Esaïe 58, 4 à 10)

Bref, le jour où je m'offusquerai des critiques d'un chanteur vis à vis de la religion, il me faudra aussi arracher de nombreuses pages de ma Bible (et parmi les plus belles)... Il semblerait que les baladins et les prophètes aient une mission commune...
Voilà, tout ça pour dire que Rouge Sang, le dernier Renaud est sorti...

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