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Le syndrome Magdalene's sisters

11 Octobre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Il y a longtemps que j’ai vu le film mais à mon avis deux scènes en ont considérablement amoindri la portée. Petit rappel, l’action se passe dans un refuge irlandais pour jeunes filles perdues (perdues, c’est à dire victimes de viol, filles mères ou simplement trop indépendantes). Or si les portraits des pensionnaires sont plutôt profonds et riches, les religieux, eux, n’y tiennent qu’un rôle secondaire (les bourreaux) et pour le moins caricatural. On nous montre une bonne sœur (la responsable du refuge, je crois) se montrer plus intéressée par la fortune des parents de ses pensionnaires que par le salut de celles-ci et un prêtre abusant des jeunes filles dont il a la charge. L’accusation en soi, ne me gêne pas vraiment. Il y a hélas des bonnes sœurs cupides et des prêtres indignes. Mais il me semble qu’avec ce parti pris, le réalisateur Peter Mulan, rate ce qui aurait pu être un enjeu de réflexion intéressant. J’aurai préféré personnellement qu’il montre ces tortionnaires comme des gens réellement soucieux de ces jeunes filles et réellement soucieux de les ramener dans le droit chemin. Et là, on aurait eu de quoi réfléchir sur ces bonnes intentions qui pavent l’enfer des autres, sur la capacité de l’humain a faire le mal au nom du bien… Bref, il me semble toujours trop facile de déshumaniser les bourreaux, d’en faire des monstres au lieu de les poser comme des hommes et des femme certains de bien faire…
Dans un tout autre registre, le choix de Peter Mulan me rappelle des propos que l’on entend parfois, l’idée que les dignitaires religieux ne croient pas du tout en ce qu’ils enseignent. Par exemple, Benoît XVI ne croirait pas en Dieu, et se contenterait d’utiliser la croyance des autres pour asseoir son pouvoir. C’est ce refus de penser d'admettre que les chefs religieux puissent être animé par une foi réelle plutôt que par un intérêt personnel que j’appelle "le syndrome Magdalene sisters"… Encore une fois, je ne nie pas du tout que certains incroyants puissent utiliser la foi des autres, ou que certains croyants utilisent leur foi à des fins politiques mais dire « les chefs religieux sont des manipulateurs qui exploitent la foi des autres », me paraît être une simplification un peu… facile…

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