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De l'Eglise catholique à l'Eglise réformée de France : mon parcours

24 Octobre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

J'voulais t'parler d'ma vie...

J.J. Goldman

Je ne me suis pas converti au protestantisme, j'ai découvert que j'étais protestant.
Eric George

Au détour d'un commentaire, Matthieu m'invitait à en dire plus sur mon parcours et comme après tout, un blog c'est aussi un exercice quelque peu narcissique, voilà quelques indications sur mon chemin entre deux Eglises...

Vers 16 ans, sans cesser de croire, j'ai quitté l'Église catholique romaine parce que j'y trouvais trop de contradictions avec le message de Jésus Christ. Plusieurs années après, au hasard (?) d'un cours en Culture et Communication, je découvre Luther et sa volonté de réformé l'Église m'intéresse. Du coup, je pousse la porte d'un temple et très vite, je m'y sens chez moi. Une véritable soif de théologie me pousse à m'inscrire à la faculté de théologie et c'est là que la vocation pastorale me prendra.

Bon, ça c'est la version courte, celle que je sers quand, dans une discussion on me demande comment il se fait que je sois le seul protestant d'une famille catholique romaine. Mais comme ici, ni mon épouse, ni mes frères ne sont là pour prévenir mon interlocuteur que je risque d'être intarissable, je vais développer un peu (mais si vous voulez, vous pouvez vous arrêter là, hein !)
"Sans cesser de croire" et pourtant, ce n'est pas faute d'avoir essayé, ce n'est pas faute de m'être poser des questions, de m'être dit que ce Dieu n'était qu'une jolie construction mentale. Et, vous me croirez si vous voudrez mais ces questions, cette résistance m'accompagnent toujours. Mais bon, c'est plus fort que moi, je crois en Dieu. Avant que certains ne condamnent mes parents pour le lavage de cerveau qu'ils m'ont fait subir, je précise immédiatement que mes 2 frères ont reçu la même éducation que moi et que l'un est athée et l'autre agnostique (enfin, c'est comme ça que je le qualifierai). C'est vrai aussi qu'ils sont tous les deux plus intelligents que moi (soit dit sans aucune ironie ni fausse modestie aucune). Disons que pour ma part, j’ai perdu ma lutte au Yabboq (Genèse XXXII, 23-33) et que j'en rend grâce à Dieu chaque jour (même si le combat continue)
"j'ai quitté l'Église catholique romaine" Alors là, il faut être bien clair, je disais clairement que je ne partageais plus les convictions de cette Église mais dans les faits, j'étais bien plus pratiquant que la plupart des catholiques de mon âge, fréquentant régulièrement le groupe de jeune de mon Église, discutant souvent avec le prêtre sur Dieu, la Bible, l'Église, la Foi et, si ma mémoire est bonne, continuant d'aller de temps à autre à la messe.
"parce que j'y trouvais trop de contradictions avec le message de Jésus Christ" Un élément décisif fut le tollé autours du Je vous salue Marie" de Godard. Certaines déclarations pontificales et la prétention de l'Église romaine a juger me gênaient aussi. Mais ces prétextes importent finalement assez peu. La vérité c'est que le langage, les rites de l'Église romaine ne me parlaient pas (plus tard, je découvrirai aussi combien sa structure m'est étrangère).
Plusieurs années après : Toutes ces questions ont continué à mûrir dans ma tête, mais bon n’allez pas croire que j’étais un fou de Dieu, non plus, j’avais plein d’autres préoccupations bien plus importantes à mes yeux (filles, copains, soirées bière, études)
au hasard (?) Il m’est difficile de ne pas y voir la providence et l’humour de Dieu
d'un cours en Culture et Communication Qui portait sur l’imprimerie et ses effets (la diffusion des idées de la réforme en fut un et pas des moindres)
"Je découvre Luther" En fait, il y avait eu plusieurs contacts ratés : un dossier Okapi sur Martin Luther sur lequel je m'étais précipité pour découvrir avec horreur qu'il ne s'agissait pas de Martin Luther King mais d'un moine allemand complètement inconnu au bataillon ; un séjour linguistique dans la famille d'un pasteur anglican très sympa mais dont le culte m'avait paru horriblement traditionaliste. Bref, ce que je savais alors des protestants se résumait à "ils ne croient pas à la vierge ni aux saints et ils sont austères". Vu que mes parents n'ont jamais eu un culte des saints ni de la vierge très développé et que l'austérité n'a jamais été mon truc, il y avait peu de chance que le protestantisme résumé á cela m'interpelle.
je pousse la porte d'un temple et très vite, je m'y sens chez moi. Je me souviens d'un culte sans apparat aucun (exceptionnellement il se déroulait non pas dans le temple de Nancy mais dans une salle paroissiale) présidé par un laïc en civil. Pourtant ce qui m'a le plus dépaysé, c'était la prédication, si je suis incapable de m'en rappeler le thème, je me souviens qu'elle portait sur le texte biblique et qu'elle s'adressait à mon intelligence, qu'elle me parlait sans me donner de leçon. Le second culte était plus traditionnel (temple, robe pastorale) mais la prédication restait.

Une véritable soif de théologie me pousse à m'inscrire à la faculté de théologie. Ce qui est amusant, c’est que ma théologie a beaucoup changé depuis et qu’elle est, aujourd’hui, bien plus conventionnelle qu’elle ne l’était (avec maintenant une très grande place à l’Incarnation et à la croix). Mais c’est un aspect pour moi très important de l’Église réformée, la liberté laissée à chacun de dire sa foi selon ses termes et la communion réelle que je puis avoir avec, par exemple, celui qui attache plus d’importance à l’enseignement du Christ qu’à sa personne…

Pour la vocation pastorale, on verra plus tard. Déjà, vous comprenez pourquoi mes proches s’inquiètent quand je me lance sur ce sujet… Demain, je parlerais un peu de ce que je retire de ce parcours…

Et son visage, qui réchauffait mes heures...

J.J. Goldman

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Authueil 27/10/2006 17:26

C'est fou comme les parcours se ressemblent pour ceux qui quittent le catholicisme pour se retrouver un jour protestant. Je ne suis pas pasteur (et je n'aspire pas à l'être), c'est quasiment la seule différence dans nos itinéraires.

Miky 27/10/2006 12:11

"Mes parents sont nancéens et je passe donc parfois en Lorraine (j'espère donc qu'on aura l'occasion de discuter de visu)." :
Avec plaisir ! Tiens moi au courant lors de ton prochain passage :-)
Ca m'étonne que tu ais fait tes études avec Marc Pernot. Il ne me semblait pas que vous étiez de la même génération... Cela dit, il est vrai que Marc Pernot m'a dit avoir travaillé dans les sciences cognitives et l'intelligence artificielle avant de devenir pasteur...
Connais-tu ou as-tu connu aussi, par hasard, le pasteur Philippe François, qui s'occupe de la paroisse mosellane d'Abreschwiller-Lafrimbolle, celle que fréquente mes parents et que je fréquentais aussi lorsque j'étais petit ? (mais à l'époque, ce n'était pas lui, mais le pasteur Aimé Royet, actuellement à la retraite je crois, puis le pasteur Frédéric Wennagel, qui est actuellement à Mulhouse d'après des renseignements trouvés sur Internet...).
Bien à toi,
Miky

Miky 26/10/2006 22:40

Salut Eric,
"temple de Nancy" a fait un déclic en moi... puisque j'habite Nancy ! Serais-tu d'origine lorraine ? Connais-tu le pasteur Marc Pernot ? Passes-tu de temps en temps dans nos contrées ?
Bien amicalement,
Miky

Eric George 27/10/2006 08:18

Mes parents sont nancéens et je passe donc parfois en Lorraine (j'espère donc qu'on aura l'occasion de discuter de visu).Je connais Marc Pernot parce que nous avons fait nos études en théologie en même temps et qu'en matière de présence réformée sur la toile, il est un précurseur

Matthieu 24/10/2006 20:32

Je vous remercie cher Pasteur pour cet article.
Je suis heureux ainsi de mieux vous connaître.