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Réformation... d'hier et d'aujourd'hui

31 Octobre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

En ce jour de la Réformation, quelques citations qui reflètent mon identité protestante.

La loi dit « fais cela » et cela n’est jamais fait ; la grâce dit « crois en celui-ci » et toutes choses sont déjà faites.
Martin Luther

Dieu est près de tous ceux qui ont le cœur souffrant et affligé. C’est pourquoi les pleurs passent avant les œuvres et la souffrance surpasse tous les actes.
Martin Luther

Quelle chose convient mieux à la foi que de nous reconnaître nus de toute vertu pour être vêtus par Dieu ? Vide de tout bien, pour être emplis de lui ? Serfs du péchés pour être par Lui délivré ? Aveugles pour être par Lui illuminés ? Boiteux, pour être par lui redressés ? débiles, pour être par lui soutenus ? De nous ôter toute matière de gloire afin que lui seul soit glorifié, et nous en lui ?
Jean Calvin

Si Dieu m'a Christ pour chef donné,
Faut-il que je serve autre maître ?
S'il m'a le pain vif ordonné,
Faut-il du pain de mort repaître ?

S'il me veut sauver par sa dextre,
Faut-il en mon bras me fier ?
S'il est mon salut et mon être,
Point n'en faut d'autre édifier.

S'il est mon seul et sûr espoir,
Faut-il avoir autre espérance ?
S'il est ma force et mon pouvoir
Faut-il prendre ailleurs assurance ?

Et s'il est ma persévérance,
Faut-il louer ma fermeté ?
Et pour une belle apparence,
Faut-il laisser la sûreté ?

Si ma vie est en Jésus-Christ,
Faut-il la croire en cette cendre ?
S'il m'a donné son saint écrit,
Faut-il autre doctrine prendre ?

Si tel maître me daigne apprendre,
Faut-il à autre école aller ?
S'il me fait son vouloir entendre,
Faut-il par crainte le celer ?

Si Dieu me nomme son enfant,
Faut-il craindre à l'appeler père ?
Si le monde me le défend,
Faut-il qu'à son mal j'obtempère

Si son esprit en moi opère,
Faut-il mon courage estimer ?
Non, mais Dieu, qui partout impère*,
Faut en tout voir, craindre et aimer.

Marguerite de Navarre

* impère  : règne

L’action que Dieu opère dans l’homme par sa Parole n’a certainement dans l’homme aucun point d’attache auquel Dieu devrait s’adapter. L’homme qu’elle veut faire vivre, l’action de Dieu commence par l’anéantir. L’action de dieu est opposition à l’homme y compris à l’homme religieux, qui entend par la religion s’assurer et s’affermir contre le monde qui l’oppresse et apaiser par elle ses soucis et ses angoisses. Tout abaissement de soi, tout sacrifice de soi qui sont accomplis au nom de la religion sont en réalité révolte contre Dieu – au même titre que pour Paul, l’accomplissement judaïque de la Loi n’est qu’un moyen de se glorifier soi-même. La grâce de Dieu est pour l’homme grâce dans un sens tellement radical qu’elle soutient l’existence humaine toute entière et qu’elle ne peut être comprise comme grâce que par celui qui se dessaisit totalement de sa vie et se laisse tomber dans le vide insondable et vertigineux sans chercher de point d’appui. La révélation de Dieu est l’opposition de Dieu à l’homme et à sa religion.
R. Bultman

Je pense que la Bible annonce un salut universel accordé par grâce à tous les hommes. Mais alors, la conversion et la foi ? C’est tout autre chose. Cela concerne assez peu le salut mais c’est une prise de responsabilité. A partir de la conversion, on est engagé dans un certain style de vie et d’autre part dans un certain service que Dieu demande. Ainsi l’adhésion à la foi chrétienne n’est nullement un privilège mais une charge supplémentaire, une responsabilité, un travail nouveau.
J. Ellul

La première affirmation sur laquelle l’éthique protestante repose, c’est que l’existence humaine abandonnée à elle-même échoue à trouver une juste réponse à la question du sens de la vie. L’homme laissé à ses propres forces est incapable de satisfaire aux exigences de la loi morale, égaré qu’il est, perdu par ses illusions, ses peurs ou la stratégie mortelle de ses désirs.
Seconde affirmation : Ce pessimisme radical a pour sens de libérer l’être humain de toute prétention, de toute autoaffirmation orgueilleuse, de tout enfermement dans l’univers clos de son autojustification. La liberté doit passer par une forme de deuil pour accéder à un nouveau possible. Il faut cesser de croire en soi pour mieux recevoir de Dieu la force créatrice nouvelle qui libère la liberté et appelle le croyant à une nouvelle conscience de ses responsabilités.
Eric Fuchs

L’amour ne se justifie pas par la valeur de l’être aimé. Il n’est pas un échange. Dieu aime sans raison. C’est ce qui montre qu’il aime. Son amour doit donner à ceux qu’Il aime précisément ce qu’ils n’ont pas et ce qu’ils ne pouvaient acquérir d’aucune façon, n’ayant rien à donner en retour.
Franz Leenhardt

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Justin 04/11/2006 10:50

lundi 30 octobre, dans son journal de 8 heures, Europe 1 a interviewé Christian Terras à propos du dossier que Golias publie aujourd'hui à propos des méthodes psycho-thérapeutiques de Tony Anatrella, et du silence hypocrite des autorités ecclésiastiques tant nationales que vaticanes qui, bien que dûment informées et depuis longtemps, en ont fait leur héraut labellisé. Il paraît désormais impensable que la Conférence épiscopale qui va se réunir en fin de semaine puisse faire l'impasse là-dessus.
Ce dossier comporte, avec le témoignage d'un ancien séminariste de la Mission de France, des réactions de psychanalystes sur des pratiques professionnelles de cette nature, et un article qui contextualise l'affaire. Constitué d'une quinzaine de pages plus la couverture du numéro, il sera peut-être téléchargeable sur le site de Golias ?
L'action en justice vise non la vie privée de T. Anatrella mais l'abus de pouvoir, sexuel en l'occurrence, dans le cadre de son activité professionnelle de psychanalyste.
Le retentissement médiatique auquel nous participons veut discréditer un discours intolérable autant que les autorités qui le profèrent ou le soutiennent. Il y a des incohérences et des arrogances qui doivent être dénoncées : ces discours ont fait et font trop de dégâts chez des personnes fragiles. Laisser faire nous rendrait complices de non-assistance à personnes en danger.
 

Eric George 04/11/2006 15:09

Sans être un grand fan de Tony Anatrella, il me semble qu'il convient de se montrer de la plus grande prudence est d'accorder la présomption d'innocence même à nos "adversaires". Je crois qu'il vaut mieux démonter le discours d'Atrella par une contre argumentation théologique et psychologique que par une attaque contre sa personne.