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Les évadés

14 Novembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Andy a traversé un véritable fleuve de merde et en ressortant, il avait tout.

Les évadés.

Lui qui était vraiment divin, il ne s’est pas prévalu d’un rang d’égalité avec Dieu, mais il s’est vidé de lui–même en se faisant vraiment esclave, en devenant semblable aux humains ; reconnu à son aspect comme humain,il s’est abaissé lui–même en devenant obéissant jusqu’à la mort –– la mort sur la croix. C’est pourquoi Dieu l’a souverainement élevé et lui a accordé le nom qui est au–dessus de tout nom.

Philipiens II, 6 à 9

Injustement accusé du meurtre de sa femme, Andy Dufresne est incarcéré á Shanshank. Je sais que je vous ai déjà fait le coup de l'innocent incarcéré il n'y a pas si longtemps avec ma note sur Prison Break, mais c'est quand même pas de ma faute si les films de prison révèlent des figures messianiques !
De toute façon, le propos des Évadés n'est pas le même que celui de Prison Break. Ici, l'évasion, trés peu crédible, n'a que peu d'importance.(Ceci dit l'entrée dans la liberté commence par un véritable baptême). Mais ce qui me paraît plus remarquable, c'est la manière dont Dufresne va transformer la prison et offrir à ceux qui y vivent enfermés une véritable liberté.
Dans ce film, la loi échoue à réhabiliter l'homme : la discipline biblique du directeur encouragela barbarie des gardiens et ne supprime pas celle des prisoniers, le tampon "rejected" s'appose sur toute les demandes de remise de peine et quand le prisonier est enfin mis dehors, il est "institutionalisé", encore tellement  captif que sa "liberté" lui est insupportable. Il est d'ailleurs intéressant que les 2 principaux représentants de la loi, le prisonnier institutionalisé et le directeur se suicident, comme si la loi, par son incapacité à s'adapter ou par son hypocrisie, s'autodétruisait.
Face à l'échec de cette loi, Dufresnes offre à ses co-détenus une véritable liberté, une liberté qui ne se traduit pas par l'absence de contrainte, mais par la possibilité de choisir. La liberté offerte par Andy est celle de s'instruire plutôt que de voler, de donner plutôt que de vendre. Par le don de lui-même, un don qui passe de la soumission la plus totale aux opresseurs et au sytème à l'insubordination la plus absurde (cf. la très belle scène de Mozart) Dufresnes rend aux prisonniers de Shawshank ce qui leur était enlevé : l'espoir et le sentiment d'être quelqu'un, de valoir quelque chose. Plaidoyer humaniste ? A première vue. Mais, ici, La rédemption de Shawshank (c'est le titre de la nouvelle dont est tiré le film) est le fait d'un seul homme, un innocent mis au rang des coupables.

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