Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

Lui laisser le choix

29 Novembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Trois pasteurs discutent à propos des chauve souris qui infestent leurs temples. "J'ai essayé le fusil se plaint le premier mais quand par chance je réussi à en tuer une ou deux, les autres s'enfuient pour revenir très vite... Sans compter les dégâts au bâtiment..." "Moi j'ai eu recours au poison, dit l'autre, mais très vites elles évitent d'en consommer et le produit est dangereux pour les paroissiens." "Moi je n'ai plus de problème, sourit le troisième. "Ah bon, comment as-tu fait ?" "C'est simple, je les ai catéchisées, je les ai accuillies à la Cène et elles ne sont jamais revenues..."

Lors d'une préparation au mariage (ou, a fortiori, au baptême), arrive toujours le moment fatidique où je pose la question de l'"instruction religieuse" (je n'aime pas beaucoup cette expression) des enfants.
Parfois, de moins en moins souvent me semble-t-il, la réponse est un silence embarassé précédant un "on préfèrerait qu'il (ou elle) choisisse plus tard".
Lorsque la confiance est suffisament installée, je me permet cet petit tour : au moment de composer la liturgie, je propose aux parents de choisir entre deux textes. Sans leur permettre de les lires. Devant leur étonnement, une explication : c'est le choix que vous projetez de laisser á votre enfant, un choix à l'aveuglette.
Ensuite, il faut expliquer. Expliquer que nous aussi avons à coeur que l'enfant puisse choisir, que le catéchisme n'est pas un lavage de
cerveau mais un témoignage. En effet notre but n'est pas de "faire croire" mais de dire ce que nous croyons. Afin que, le temps venu, le catéchumène puisse dire librement, en connaissance de cause : "j'y crois" ou je n'y crois pas".
Je l'ai déjà précisé cette attitude se rencontre de plus en plus rarement. Je vois même apparaître l'attitude inverse, des jeunes que leurs parents ont voulu "laisser choisir" et qui, à l'occasion d'un évennement familial se tournent vers nous en nous demandant un catéchisme et se promettent de donner à leurs enfants une catéchèse, afin qu'ils aient le choix.

Partager cet article

Commenter cet article

Miky 30/11/2006 17:59

Salut Eric,
Ton article tombe bien puisque la question de l'instruction religieuse de nos éventuels futurs enfant est un sujet plus ou moins régulier de "frittage" entre ma fiancée et moi ;-)
Je pense que tu apportes une nuance importante entre "dire ce que nous croyons" et "faire croire". Si l'instruction religieuse se bornait à "dire ce que nous croyons", je n'aurais pas d'objection majeure à ce que nos éventuels futurs enfants reçoivent une instruction religieuse. Au contraire, je pense que le fait religieux est qqch d'incontournable et passionnant et qu'il serait dommage que les enfants n'en ait pas connaissance.
Seulement voilà, et pour reprendre ta réponse à Tthieu : "Dans la théorie, ce serait (peut-être) l'idéal, dans la pratique, ce n'est pas possible.". Combien de pasteurs ou de prêtres ont un détachement et un recul critique suffisant pour ne pas, au moins de temps en temps et pour les articles de foi les plus centraux, dire "les choses sont ainsi" ? Et je ne parle pas des familles ! Encore, quand les conjoints ne partagent pas la Foi ou pas la même Foi, on peut espérer qu'un minimum de précaution oratoire est pris pour composer avec la croyance ou non-croyance de l'autre, mais quand les deux parents sont des chrétiens fervents, je ne pense pas qu'ils disent d'emblée à leur enfant : "Pour notre part, nous croyons fermement qu'il y a un Dieu mais nous n'en avons aucune preuve et d'autres personnes ne sont pas de notre avis". Pour ma part en tout cas, à chaque fois que je vais à une messe ou à un culte, le prêtre ou le pasteur ne parle pas de Dieu ou du Christ comme de n'importe quelle hypothèse philosophique... C'est "Dieu a dit", "Dieu a fait", et non pas : "Dieu aurait dit", "Dieu aurait fait". De même pour le catéchisme que j'ai suivi : Dieu y est présenté comme une donnée non négociable. Aux enfants qui croient que Dieu existe comme ils croient que l'Himalaya existe ou que 2+2=4, j'ai rarement vus des pasteurs ou des prêtres les inviter à la prudence et à relativiser leurs croyances (alors qu'il n'est pas nécessaire de "casser la Foi" pour ce faire : au contraire, le principe même de la Foi implique " une ferme assurance des choses qu’on espère, une démonstration de celles qu’on ne voit pas". Hébreux 11.1).
Amicalement,
Miky

Eric George 30/11/2006 18:24

Une question Micky en plus de ma réponse plus détaillée. Penses-tu que le catéchisme que tu as reçu a limité ton ouverture d'esprit ou qu'il l'a élargie ?

Matthieu 29/11/2006 20:45

Il en est ainsi des langues étrangères, paraît-il. Celui qui en maîtrise une aurait incomparablement plus de facilités à en connaître d'autres que celui qui n'en connaît aucune.

Tthieu 29/11/2006 19:33

Mais ne faudrait il pas lui donner le choix alors entre toutes religions...?

Eric George 29/11/2006 19:53

Dans la théorie, ce serait (peut-être) l'idéal, dans la pratique, ce n'est pas possible. Je me contenterai donc simplement de faire la remarque que celui qui connaît bien une religion est plus à même de découvrir les autres (en reconnaissant nottament leurs différences et leurs points communs avec celle qu'il connaît) que celui qui n'en connait aucune.