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Figures bibliques (4) Manassé : pardonné ou condamné ?

9 Décembre 2006 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Il y a dans la Bible deux portraits de Manassé. Le livre des Rois (II Rois XXI, 11 à 18) nous le présente comme un despote idolâtre et sanguinaire qui conduisit son royaume à sa perte. Le livre des Chroniques, quant à lui, fait de Manassé un despote idolâtre qui se repentit et fut pardonné (II Chroniques XXXIII, 1 à 20).
Deux portraits, deux histoires, deux éclairages théologiques différents. Lequel choisir ? Qui fut réellement Manassé, le pécheur impénitent ou le roi repentant et pardonné ? A vrai dire, cela m'importe peu. Que m'apporterait de connaître l'histoire de ce roi d'il y a 27 siècles ?
Alors, quel texte, quel discours théologique choisir ? Celui qui parle d'un chatiment inexorable ou celui qui ouvre la possibilité du pardon ?
Bien sûr, mon christianisme me pousse à préférer un texte qui affirme le pardon. Mais au fond, pourquoi choisir ? Et surtout, de quel droit ?
De quel droit bifferais-je un texte biblique sous prétexte qu'il n'est pas conforme à mon image de Dieu, à mon idole ? De quel droit déclarerai-je mensonger le témoignage qui m'est donné ?
Je veux garder dans ma Bible le livre des Rois et celui des Chroniques. Je veux garder ensembles Manassé condamné et Manassé pardonné.
Le récit des Rois m'enseigne que tout acte à ses conséquences, que tout n'est pas toujours effaçable (je crois em effet légitime de lire "conséquence", là où l'auteur biblique, selon sa culture, parle de chatiment)
Le récit de Chronique me dit que le pardon est toujours possible et le retour du pécheur toujours attendu. Je crois qu'il est possible et nécessaire de recevoir ensembles ces deux vérités : celle du poids de nos actes destructeurs et celle de la résurrection offerte par Dieu. Tout comme s'entremêlent, de la croix au tombeau vide, l'insoutenable réalité de la mort et l'incroyable promesse de la résurrection.
Cette réflexion m'a été inspirée par l'ouvrage d'Innocent Himbaza : Le roi Manassé. Héritage et conflit du pardon

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