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Petite ballade en nostalgie

2 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Le froid me mord les joues quand je descends l'avenue Général Leclerc. Une sensation qui me renvoie plus de 15 ans en arrière. Mes jambes connaissent encore bien le chemin. Rue Emile Bertin puis rue de Villers, je me demande si je croiserai un visage connu, un camarade de lycée dans ma ballade nancéenne, et si je le reconnaîtrais le cas échéant... Faut pas rêver, je n'ai plus beaucoup d'amis d'enfance à Nancy. Ils ont été trop clairsemés, je crois le vent les a ôtés. Enfin, on va pas se la jouer Rutebeuf non plus.

Place de la Commanderie, des jeunes chahutent avec leur chien. L'un d'entre eux gratifie d'un pied de nez le cabot qui aboyait derrière la vitrine d'un salon de coiffure. Sourire. Les étudiants nancéens ont toujours le même sens de l'humour. Mécaniquement, j'emprunte la rue de la Commanderie, petit pincement au coeur, je sais bien qu'Excalibur a disparu depuis longtemps. Le commerce équitable a remplacé le jeu de rôle. Je serai malvenu de m'en plaindre. Qu'y a-t-il à l'affiche du Caméo ? Tiens, ils passent la Nativité. Ce serait rigolo si je leur proposais... Bon faut rien exagérer, je suis ici pour 4 jours, et en vacances en plus ! La boutique Nancy-trains est toujours là, mais je n'ai pas fais attention pour Falbala.

Me voilà maintenant au dessus de la gare. Un rapide coup d'oeil dans le passé à ces trains chargés de cafard et d'espoir de mon époque parisienne. Bien sûr, je passe à la Fnac mais sans m'y arrêter. Elle ne fait décidément pas assez partie de mes souvenirs. En revanche, je flâne un moment au Hall du livre, arpenter les pavés au milieu des piles de bouquins est une escale indispensable de ma promenade nancéenne. Hey ! Ils ont changé le rayon "religion" de place, il a quitté son coin pour se retrouver entre la philo et l'épanouissement personnel (un jour je ferais une étude sur la place du rayon religion dans les grandes librairies). En revanche, ils continuent à t'agraffer leur ticket de caisse n'importe où (toujours pas sur les bouquins, heureusement). Ensuite, sans rien acheter, j'ouvre une Parenthèse bande dessinée (les nancéens comprendront)... Il y a belle lurette qu'un restaurant a remplacé le café du Théatre alors c'est au St Epvre que je rédige cette note, devant une bière. Par ce froid, une infusion aurait été plus logique. Mais je n'ai pas pû m'en empêcher. Je ne suis pas alcoolique, rassurez-vous, juste snob : dans un troquet nancéen, je bois une bière ou un café...
Tout à l'heure, j'irais sonner chez mes grands parents, place  Carrière. Ce sera la fin de cette ballade nostalgique.
Pourquoi vous-y ai-je invité ? Peut-être parce que le trajet passe toujours plus vite quand se bousculent les mots pour le raconter. Peut-être aussi, pour souligner ce paradoxe : j'ai beau dénoncer le mythe de l'âge d'or qui nous fige en statue de sel, je n'échappe pas à mes moments nostalgiques. Alors, le mieux, c'est aussi de me payer le luxe de la lucidité.

Je suis né quelque part
Laissez-moi ce repère
Ou je perd la mémoire.

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Miky 06/01/2007 08:58

Dommage que je n'étais pas à Nancy à ce moment là... Mais n'hésite pas à me recontacter lorsque tu repasseras dans les parages (si possible bien à l'avance pour éviter ce genre de chassé-croisé...). En bon nancéen, j'ai bien entendu compris l'allusion à la Parenthèse ;-)
J'espère que tu es passé voir la toute nouvelle version de la Place Stanislas, qui vaut franchement le coup d'oeil, à mon humble avis...
Bien amicalement,
Miky