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Mauritanie tour (1)

29 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

Allez, je suis plus courageux que prévu, je commence à mettre mon journal de bord en ligne aujourd'hui... Vous pardonnerez le style "écriture automatique" mais j'ai opté pour ne pas retravailler mes notes... Je vous les livre donc telles que je les ai écrites et en 12 heures d'avion, on a le temps d'écrire vraiment n'importe quoi...

21 janvier
3h50, le matin
Plusieurs tonnes d’acier ont été propulsées dans le ciel. Les lumières de Paris s’étendent sous nos yeux. Je ne suis pas vraiment un habitué de l’avion mais quand bien même le serais-je, ce prodige m’épaterait toujours (et m’effraye un peu quand je suis à bord de l’appareil) L’esprit humain, peut indéniablement s’enorgueillir d’une telle prouesse. Et en même temps, oublier, à ce moment précis, notre fragilité et nos limites me paraîtrait relever de la pire des arrogances. Admiration et sentiment de vulnérabilité m’accompagnent toujours en vol….
Plus rien à voir pourtant avec l’angoisse de ces derniers jours. En fait, elle s’est estompée dès que nous avons retrouvé nos compagnons de voyage. Du restaurant de chinois (pour se mettre dans l’ambiance… (sic Patrick ( ???))) à l’aéroport, en passant par le RER beaucoup de rires ont fait l’attente moins longues et les premiers aléas (deux heures de retard annoncées, la nourriture interdite en cabine alors que l’agence nous recommandait de prévoir un e-cas, la crème solaire de Laurence confisquée à la douane) deviennent autant de motifs de plaisanterie. Le voyage s’annonce sous de bons auspices.
4h30
Nous voici maintenant à Marseille. Certains passagers descendent pour partir à Janet et, sans doute naïvement, je me demande s’il y en aura d’autres. Jusqu’ici, lors de mes vols tout le monde embarquait et débarquait au même moment. Je découvre le charter omnibus. Un autre mystère : allons nous nous arrêter en Algérie pour faire le plain comme annoncé où bien l’approvisionnement effectué à présent a-t-il pour but de compenser notre retard ? On verra bien.
En tout cas, j’espère que je parviendrai à dormir encore un peu pendant les 12 heures qui nous séparent d’Atar…
Ah ben ça a marché, me voilà réveillé en sursaut par la réponse à ma première question, des passagers qui embarquent… Et notre nouveau commandant de bord répond à la deuxième, pas d’escale en Algérie…
7h
C’est une chance d’être installé au hublot gauche ! Nous avons droit à un superbe lever de soleil sur la Méditerranée. Mes jambes sont complètement engourdies, je n’ai vraiment pas beaucoup fermé l’œil mais Laurence dort à côté de moi et je me sens bien. Vraiment.
10h15
Nous sommes maintenant au dessus du Mali. Descente très impressionnante sur Gao : après avoir survolé le désert pendant des heures nous apercevons soudain le fleuve Niger et l’avion paraît vouloir se poser dans la savane avant que nous apercevions les premiers bâtiments.

Enfin arrivés à Atar. Quelques inquiétudes à la douane : comment dois-je remplir la case « profession » de ma fiche de débarquement ? La Mauritanie est une république islamique, référencée par l’Église catholique romaine comme un pays sans liberté religieuse et je me doute que les évangélistes n’y sont pas les bienvenus. Certains critiqueront, à juste titre, ma lâcheté mais je ne suis pas ici en mission, je ne tiens pas à gâcher le voyage des autres (ni le mien) avec trop de tracasserie ou pire un refoulement à la frontière. C’est décidé, je suis « employé »…
Bien sûr, je ne compte pas cacher mon christianisme par la suite et pour tout dire c’est moins ma lâcheté qui m’ennuie (je vis avec depuis un certain temps) que le manque de confiance que je manifeste envers ce pays…
Après les formalités administratives et la récupération de nos bagages (ouf, rien ne manque !), l’achat d’un chèche pas moins obligatoire que le visa. Bon, en tant que groupe, il va falloir qu’on apprenne à un peu mieux négocier et à dire non : 6 chèches pour le prix de 7… On va mettre ça sur le compte des 12 heures d’avions et du dépaysement…
Ensuite, délicieux repas dans un restaurant d’Atar : nous goûtons la Thie Bou Dien : riz cassé, viandes, poisson, légume, tout en faisant connaissance de Mohamed Salim, notre guide qui nous accompagnera durant notre périple…
Puis, 3 heures de pistes entre Atar et Ouadane, point de départ de notre randonnée. Au début nous découvrons un paysage rocailleux, désolé et immense. Ce n’est pas le désert de dunes et de sables dans lequel nous devrions marcher mais un bon avant goût de ce que signifie le terme « aride ».
A dire vrai, les cahots de la piste (pas si mauvaise que cela et puis le chèche amorti bien les chocs) ne nous empêcheront pas de dormir pendant la dernière heure du trajet…
Pour nous réveiller aux portes du désert, à Ouadane, la cité des deux oueds, l’oued du savoir et l’oued des dattes. Je vous en dirais plus demain.
Maintenant, après une courte visite, un bon repas et une soirée jeux, il est temps de dormir… Ce ne sera pas dans l’oppressant silence du désert : nos voisins font la fête.

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Max 29/01/2007 19:13

On a hâte de connaître la suite...
Le désert est fascinant. C'est vraiment l'endroit où on se sent dépouillé, où la prière est humble.
Amitiés