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Mauritanie tour (2)

30 Janvier 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

22 Janvier
Pause de midi : l’ombre d’un acacia et un petit vent frais. Le désert est plus confortable que je ne pensais.
Ce matin nous avons continué notre rencontre avec Ouadane, l’ancienne ville au 40 savants (non pas parce que 40 y vivaient mais parce qu’on pouvait en voir 40 dans une rue), un lieu de savoir dont les habitant furent chassé par les termites (en fait différentes catastrophes naturelles) et dorénavant dévoré par les sables. Mais tout d’abord, un mot sur l’auberge où nous avons passé la nuit. C’est assez l’image que je me faisais d’un caravansérail : des huttes et des tentes pour dormir, quelques salles communes pour les repas, des toilettes et des douches, le tout éclairé à la bougie et à l’électricité aléatoire d’un groupe électrogène…
Ce matin donc, après une grasse matinée (petit déjeuner à 8h), visite de Ouadane. C’est assez étrange de rentrer dans cette ville fantôme pour découvrir qu’elle est tout à fait habitée : les paraboles poussent sur les toits de terres séchée et l’école primaire compte 6 classes de 50 à 80 enfants chacune. En tout cas, la ville n’est pas si touristique que cela, très peu de démarchage. Les étrangers que nous sommes ne suscitent qu’une vague curiosité.
Après cette visite, la marche dans le désert commence doucement. Un désert de sable, de pierres et de buissons (l’alfa). En dépit de la censure oppressante de mon petit frère (« tu prêcheras pas à mes copains »), j’avance en discutant péché, morale et absurdité de la foi avec mes voisins. Est-ce l’effet de groupe ou bien un lieu commun de documentaire animalier ? mais le désert est très habité : le sable garde chaque trace de pas, chaque empreinte de vie : chameau, oiseau, lézard, insecte, gerbille, fennec…
A la pause : apéritif, un bissap sirupeux, une salade de crudités en repas, quelques notes sur ce cahier, 4 chapitres de la Bible et des jeux.
Ensuite, nous nous remettons en marche. Notre guide annonce 1h30-2h et, au bout de 3 heures, nous nous arrêtons pour bivouaquer. Ce qui m’inquiète beaucoup, d’autant plus qu’hier, Salim nous avait annoncé 5 km. En fait, nous en avons parcouru 15 et demain nous devrions en faire 20 (tant que ça ne veut pas dire 60, ça devrait aller)
En tout cas, cet après midi, nous avons rencontré le désert tel qu’on se le représente : des dunes, du sable et du soleil. J’ai même trouvé un caillou bizarre, en fait, un silex taillé. Sans doute un fossile que je laisserai sur place : pas question de piller le patrimoine mauritanien… C’est maintenant face à la couverture d’un livre de Monod que j’écris ces lignes…
Au dîner, nous goûtons pour la première fois du chameau, une des principales sources de viande dans cette région. Puis, échange d’énigme avec Salim, je parviens à deviner comment partager 30 plats en 33 (il faut lire phonétiquement) et nous faisons mourir e rire Salim en mettant en scène notre réponse à sa devinette : 2 garçons, le premier est l’oncle paternel du deuxième qui est l’oncle maternel du second quel est le lien de parenté de leurs parents…
Nous découvrons aussi l’inconfort des feuillées du désert, s’éloigner à 5 minutes du camp, ressentir l’isolement d’un endroit magnifique pour aller s’accroupir derrière une petite dune avant d’enterrer ses déchets et brûler son papier en espérant éviter les cram-cram, n’est assurément pas l’activité la plus poétique. J’espère bien éviter la tourista.
Pour me faire pardonner ces considérations quelque peu scatologique, une petite note sur les trois thés.
Le thé remplace la bière en Mauritanie : on le fait mousser, on vous le sert à l’apéritif ainsi que pour vous souhaiter bienvenue… A l’apéritif, c’est donc dattes, cacahuètes, biscuits et thés qui viennent récompenser le marcheur lors de la pause du soir. Mais le plus typique, c’est la cérémonie des trois thés à laquelle nous aurons droit  à chaque maison ou hôtel visités. Trois thé (plus ou moins) à la menthe, servis les uns après les autres. Il faut voir notre cuisinier les transvaser d’un verre à l’autre pour bien les faire mousser. Le premier est le moins sucré : c’est Loèl, « amer comme la vie », le thé de l’enfance durant laquelle on peut avaler n’importe quoi. Le second, plus sucré, c’est Ouestani, « doux comme l’amour », le thé de la jeunesse, un peu plus sensible. Le troisième est sirupeux, c’est Tali, « suave comme la mort », le thé de la vieillesse, l’âge fragile où il faut que tout soit facile…

 

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Cassandre 30/01/2007 18:30

Eh eh !! Quel plaisir de vous lire !Je ne boirai plus mon thé de la même manière.