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Mauritanie tour (6)

3 Février 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

26 janvier
Cette fois, Vincent va vraiment mieux et, peut être effrayé par les chameaux qui se battaient pendant notre petit déjeuner (et que je te mords pour t ‘empêcher de t’approcher de mon buisson d’alfa, et que je te remords parce que finalement je me suis fais viré du buisson par un congénère plus costaud et qu’il faut bien que je me venge sur quelqu’un, (je vais passer au pessimisme camelidé, moi !)), il décide finalement de marcher avec nous. Ialla (ah je ne vous ai pas dit, Ialla, c’est ce que le signal de Salim pour que nous nous remettions en route,  5 à 6 fois par jour, ça finit par laisser des traces…) Quand faut ialla faut ialla et nous voilà parti sur une plaine de sable. Une de ces plaines qui fait des marcheurs du désert des repousseurs d’horizon. En effet, dans ces paysages, avancer consiste à fixer un point à l’horizon, à l’atteindre et à reprendre un nouveau repère loin devant…
Après la longue plaine, brève escale dans un oued pour donner des cahiers à l’école du village nomade, nous en profitons pour rencontrer également des membres de la familles de Salim. J’aime beaucoup la façon dont hommes et femmes d’une même famille se saluent, une sorte d’étreinte très tendre et affectueuse. Les trois thé, un lait de brebis (sorte de faisselle remarquablement fraîche) et Salim nous entraîne à l’écart du village. J’ai l’impression qu’il n’apprécie pas plus que ça les vendeurs d’artisanat…
L’après midi, Chenguetti est en vue, mais nous ne l’atteindrons que demain. Nous traversons notre dernière oasis : un peu de verdure gagnée sur le sable ou le sale recouvrant la verdure ? Version saharienne du verre à moitié vide ou plein… Nous voyons aussi un des potagers du papa de Salim et le papa de Salim (« il doit marcher pour venir de Chenguetti et c’est bien pour les vieux » sic)
Ce soir, nous campons sur l’ancienne ville de Abouer ( ?) ensevelie sous les sables. Un truc à faire de cauchemars… Mais pour nous faire oublier ces histoires de villes englouties et les fantômes qui vont avec, un petit tour de chameau. C’est bizarre de monter sur ces bêtes, d’abord il faut leur marcher dessus, « un pied sur une patte, l’autre sur une bosse » (par pitié j’ai troqué mes chaussures de marche contre des sandales) ensuite supporter le tangage (ou le roulis ?) (enfin ça secoue de droite à gauche quand on marche et d’avant en arrière quand le chameau se lève). Finalement, je ne suis pas mécontent d’avoir marché cette semaine…
On a appris plein de choses sur les chameaux pendant notre randonnée (en plus de leur caractère potentiellement râleur et belliqueux). D’abord, on parle de chameau car le terme est générique mais en Mauritanie comme dans le reste de l’Afrique du Nord, ce sont des dromadaires. Un dromadaire peut porter jusqu’à 180 kg et il y en a toujours un « à vide qui accompagne la caravane. Nous pensions qu’il s’agissait d’un chameau de secours mais pas du tout ! En fait, il s’agit d’un jeune chameau que les chameliers prennent avec eux afin qu’il s’habitue. Durant son deuxième trajet, il portera une charge légère. En fait, les chameaux sont des animaux semi-sauvages : pendant les haltes leurs pattes avant sont entravées pour qu’ils ne partent pas trop loin. Mais, en dehors des caravanes, les animaux vont librement, sans enclos. Les chameliers partent à leur recherche quand ils en ont besoin. Comment les retrouvent-ils dans le désert ? Eh bien c’est ici qu’intervient le téléphone arabe. La coutume veut qu’à un puit on donne à boire à tous les animaux qui passent Les chameaux vont donc aller de puits en puits, or les noamdes se racontent tout « on a vu le chameau d’untel à tel puits… Bel exemple de solidarité face à un environnement hostile. Ca ne vous rappelle rien ? 

S’il t’arrive de voir le bœuf de ton ennemi ou son âne égaré, tu le lui ramèneras…
Exode XXIII, 4

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