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L'acacia et le pommier de Sodome

14 Février 2007 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Extrait de la prédication de dimanche dernier sur Jérémie XVII , 5 à 8

Ainsi parle le SEIGNEUR : Maudit soit l’homme qui met sa confiance dans un être humain, qui prend la chair pour appui, et dont le cœur se détourne du SEIGNEUR ! Il est comme un genévrier dans la plaine aride, et ne voit pas arriver le bonheur ; il demeure dans les lieux brûlés du désert, sur une terre salée et sans habitants. Béni soit l’homme qui met sa confiance dans le SEIGNEUR, celui dont le SEIGNEUR est l’assurance ! Il est comme un arbre planté près des eaux, qui étend ses racines vers le cours d’eau : il ne voit pas venir la chaleur et son feuillage reste verdoyant ; dans l’année de la sécheresse, il est sans inquiétude et il ne cesse de porter du fruit.

La comparaison de Jérémie me renvoie en Mauritanie. Deux arbres sauvages ont marqué notre marche dans le désert : l’acacia et le pommier de Sodome
Le premier s’est présenté à nous comme un arbre sec, un arbre qui paraît pouvoir pousser partout : tout à coup, au milieu des dunes, un acacia. Cet arbre qui croît en milieu hostile évoque d’abord une force immense. Mais l’acacia est aussi un arbre sec, couvert d’épines redoutables, comme s’il avait dû s’endurcir pour vivre ainsi au milieu du désert. Alors, bien sûr, l’idée n’est pas de faire de ceux qui se confient en l’homme des modèles d’aigreur et de dureté. Mais tout de même, avec Jérémie, je crois que celui, athée, agnostique, chrétien ou croyant de n’importe quelle religion, qui veut placer sa confiance en l’homme encourt deux malédictions. Tout d’abord, il prend le risque de la déception qui conduit ua cynisme voire au nihilisme. Non pas parce que l’homme est mauvais mais tout simplement parce que l’homme est fragile et surtout limité. Ensuite il encourt le risque du jugement de l’autre. En effet placer sa confiance en l’humain revient fatalement à voir que certains sont plus dignes de confiance que d’autres, à établir des catégories. Ce discernement est nécessaire dans toute société humaine, bien sûr, mais il suscite toujours de la mise à l’écart, du rabaissement.
Placer sa confiance dans l’humain c’est prendre le risque de la déception qui dessèche et du jugement qui charge d’épine.
A côté de l’acacia, le pommier de Sodome, qui est moins un arbre qu’une plante grasse (les plus hauts que nous avons vu n’excédaient pas 1,5 ou 2 mètres. Le pommier de Sodome pousse essentiellement autour des oueds dont il marque d’ailleurs l’emplacement, ou plus exactement le rivage. Même lorsque que l’oued est sec, le pommier de Sodome reste vert, indiquant qu’ici, même si elle n’est pas visible, il y a de l’eau. Pas loin sous le sable.
Si j’ai préféré le pommier de Sodome au palmier par exemple, c’est pour éviter une comparaison manichéenne entre le bon croyant en Dieu et le mauvais croyant en l’homme. Le pommier de Sodome n’est pas beaucoup plus accueillant que l’acacia, ses feuilles secrétant un liquide urticant, il est moins répandu, moins haut, moins utile que l’acacia. Tout ce qu’il fait, c’est savoir qu’il a de l’eau là, facile d’accès.
Bien sûr, il y a des croyants qui, comme des palmiers, non seulement sont verdoyants mais sont aussi utiles que l’acacia. Mais je crois que ce qui  distingue celui qui croit en Dieu de celui qui croit en l’humain, ce n’est pas l’utilité, c’est l’espérance et peut-être la facilité. C’est le témoignage aussi : il y a ici de l’eau et elle est accessible à tous…

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