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Chandelle

9 Mars 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Choses vues au cours d’un cercle de silence. Une vieille dame à l'air sévère rafistole notre affichage un peu défaillant. Un petit garçon en tricycle traverse notre cercle. "Tu n'as pas le droit de déranger les gens !", le gourmande son père. Ne vous inquiétez pas, monsieur, notre cercle ne se veut pas clôture. Crête de 30 cm sur un visage poupin, blazer bardé de badges et d'épaulettes, un collégien vient nous demander ce que nous faisons. Et puis, il y a ce petit groupe de jeunes :

- on leur demande ce qu'ils font ?

- Je crois qu'ils doivent se taire

Je rompt le cercle et le silence pour leur expliquer (le silence est pour l'homme et non l'homme pour le silence). "Je vous encourage, je trouve ça super ce que vous faites" sourit le jeune rasta en faisant mine de s’éloigner "Vous pouvez rester 5 minutes dans le cercle si vous voulez." Il lance à ses copines "je vous rejoins tout à l'heure" et prend place dans le cercle, il restera plus de 20 minutes. Jusqu'à la fin, en fait.

Ces petits épisodes font chaud au coeur parce qu'une des difficultés du cercle de silence, c'est qu'on se sent un peu bête à rester là, planté en silence comme si on jouait au "facteur n'est pas passé". Le facteur, un jeu qu'on appelle aussi chandelle. C'est fragile une chandelle et puis, en plein jour, ça ne sert à rien. Mais notre chandelle est là, rappelant que des hommes, des femmes, des enfants sont enfermés sans avoir commis de crime. Et que pour des hommes et des femmes de tout âge, de toute confession, de toute conviction politique, c'est une blessure.

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