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Face à la dette, Tywin Lannister et Paul de Tarse

15 Septembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Tywin-copie-1.jpgUn Lannister paye toujours ses dettes. Telle est la devise de l'implacable Tywin Lannister, l'un des personnages les plus antipathiques (et ce n'est pas peu dire) de la saga du Trône de fer (si vous avez aimé Le Seigneur des Anneaux ou Les rois maudits, si vous n'êtes pas allergique à l'Heroïc Fantasy, ni aux romans fleuves, jetez vous dessus)

Et bien sûr, si la véracité de cette devise est un argument commercial ou diplomatique de poids, elle est aussi lourde de menaces. En effet, parmi les dettes que les Lannister payent toujours, la vengeance et la rancune occupent une place de choix.
Le langage biblique nous a entraîné à dire le pardon dans le langage de la dette. Être pardonné, c'est se voir remettre une dette. Pardonner c'est effacer une ardoise. Et nous prenons souvent ce pardon comme un acte de grand seigneur qui nous est demandé. Or, ce n'est pas facile de jouer les grands seigneur lorsqu'on se sent blessé, diminué, amoindri. Surtout que nous savons bien que le pardon que nous donnons avec condescendance n'a rien à voir avec le pardon auquel Jésus nous appelle, un pardon qui vient vraiment du coeur. (Mt XVIII, 35)
La devise des Lannister ouvre une autre perspective : tant que je ne pardonne pas (par refus ou par incapacité), je reste enferré dans une dette, dette de rancœur, de haine, de vengeance... Tant que je ne pardonne pas, je reste captif de qui m'a blessé.
Refuser de pardonner c'est rester captif d'une dette dont personne pourtant ne nous demande créance.
Pardonner c'est s'affranchir.
A Tywin Lannister répond Paul : "N'ayez aucune dette envers qui que ce soit, si ce n'est de vous aimer les uns les autres" (Romains XIII, 8). Un aspect fort de la liberté du chrétien. 
Une liberté que je me sens bien incapable de conquérir par mes propres moyens. Mais Dieu est libérateur et c'est lui qui peut m'affranchir de mes mes chaînes de rancune, qui peut me donner la liberté de pardonner.

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