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Kick-Ass

5 Mai 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

kick-ass.jpgIl y a, j'en suis conscient, comme une contradiction à plaider la non-violence, à avoir une véritable répulsion pour tout type d'armes et à apprécier néanmoins des films, des bédés, des livres que l'on pourrait qualifier d'ultra-violent.

Je crois que Kick-ass répond plutôt bien à ce paradoxe.

Kick-ass, c'est un film de super-héros, où plutôt de ce que seraient des super-héros dans la vraie vie, sans super pouvoir. Pour autant, le film n'est pas réaliste, c'est une comédie un peu trash, un peu décalée, truffée de références. Si vous n'aimez pas les super héros, la violence ou l'humour gras, c'est pas la peine d'y penser. Moi, j'aime bien. Surtout que le film n'en fait pas trop dans le trash ou l'humour gras.

Mais ce qui m'intéresse, c'est qu'il y a deux formes de violence dans Kick-ass. Il y a la violence des super héros, une violence graphique, spectaculaire et finalement comique. Voir une gamine de 12 ans découper en rondelles une bande de malfrat dans la plus pure tradition de John Woo, ou de Tarantino évoque en effet plutôt Tex Avery et Tom et Jerry. Mais, à côté de cette violence de cinéma, il y en a une bien plus malsaine, brutale, douloureuse, celle des voyous qui tabassent, celle des hommes de mains qui torturent Big Daddy et Kick-Ass. Du coup, le message de Kick-ass me paraît assez clair : la violence, ça a l'air fun dans les comics et au cinéma mais dans la vraie vie, ça fait mal. Et le film de renchérir "profiter de ta vraie vie avec les gens que tu aimes, c'est bien plus sympa que de te rêver en super héro.

Tiens, d’ailleurs, relu sur un mode théologique, ce serait un chouette énième avatar à la dénonciation de notre incapacité à nous accepter dans nos limites (quoique ayant découvert tous les charmes de la vie « normale », Dave continue à revêtir son costume vert d’homme-grenouille). Et je pourrais ouvrir une mise en abîmes avec mon propre refus de la violence qui ne m’empêche pas de m’amuser à voir Hit girl dévaster les rangs de maffieux armés jusqu’aux dents.

Dans son "Histoire du diable" Muchembled soulignait que le public européen était mieux préparé que le public américain à la fonction cathartique de la violence au cinéma grâce à « une mise à distance fantasmagorique plus nette » sur le Vieux Continent que dans le Nouveau Monde . C'est peut-être un peu sévère pour les américains, peut-être un peu optimiste quant aux européens. Mais j'ai décidé de faire le pari qu'à bientôt 15 ans Madian était capable de cette ironie distanciatrice et de le laisser voir Kick-ass.

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