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L'aube du christianisme

6 Novembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Le christianisme vit d’une particularité unique dans le monde des religions : le Seigneur dont il se réclame appartenait à une autre religion, le judaïsme, qu’il n’a jamais eu l’intention de quitter. L’action de Jésus visait à réformer la foi d’Israël, entreprise à laquelle les autorités religieuses de l’époque se sont opposées. C’est à l’échec de cette réforme que le christianisme doit sa naissance.

D. Marguerat


Cela m'ennuie un peu d’écrire cette note comme un coup de gueule parce que le livre est intéressant mais il présente quand même deux faiblesses importantes : sa quatrième de couverture et son titre.

Après avoir commencé le bouquin, j'ai relu trois fois la 4ème de couv' pour finalement trouver ce qui m'avait échappé : "ce livre constitue un ensemble de première force pour appréhender une période décisive de notre histoire et de nos traditions." Je suis sûrement très inattentif mais je trouve que c'est un peu peu pour signaler qu'on a affaire à une compilation d'articles. Je n'ai rien contre les compilations (le genre a ses inconvénients et ses avantages (et vu que le livre parle de la diversité du nouveau testament, la forme est plutôt adaptée, en fin de compte) mais j'aime bien savoir ce que j'achète.

Ensuite, je ne suis pas certain que pour le grand public : L'aube du christianisme évoque la rédaction des textes qui composeront par la suite le Nouveau Testament. Or, à part une petite partie sur la recherche du Jésus historique, c'est bien le sujet des études de Marguerat rassemblées ici.

Je sais bien que ces textes du Nouveau Testament sont à peu près les seules données dont nous disposions pour essayer de reconstituer ce que dut être le christianisme primitif, mais avec ce titre, L'aube du christianisme succombe à une tentation que Marguerat dénonce dès son premier article : celle de voir le christianisme comme une invention postérieure à Jésus, créant presque de toutes pièces son personnage fondateur.

Pour être encore plus sûr de vendre, Labor et fides aurait aussi pu titrer Les confessions intimes de Megan Fox (j’exagère un peu mais il me fallait bien placer ce qui a faillit être le titre de cette note) Mais,compilation d'articles parus dans des revues spécialisées et donc  un peu trop technique pour être un ouvrage de vulgarisation, L'aube du christianisme n'a pas vocation à être un best-seller, alors pourquoi ne pas le vendre pour ce qu'il est : une étude accessible à toute personne déjà  sensibilisée à ce qu'est le Nouveau Testament : le rassemblement de témoignages de foi de diverses communautés confessant Jésus le Christ.

Après un survol de la recherche sur Jésus (présentée dans un ordre qui m’étonne un peu personnellement j’aurais placé l’article qui récapitule les trois recherches du Jésus historiques, avant celui qui se concentre sur la troisième recherche), Marguerat nous fait découvrir un Paul mystique, des évangélistes qui construisent un récit théologien, un Luc historien, il explicite l'opposition naissante au judaïsme, bref, il nous révèle la richesse théologique et littéraire  de cette polyphonie qu'est le Nouveau Testament.

 

Daniel MARGUERAT. L’aube du christianisme. Labor et Fides

 

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