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La contagion, retour sur un café biblique

26 Octobre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Après une introduction médicale, historique et culturelle sur la contagion par le docteur Lecomte,  le public fait un petit tour d'horizon sur l'idée de contagion élargie au-delà de la sphère médicale.

Finalement le h1n1 sera très peu évoqué dans cette première partie par rapport  l'overdose médiatique qui nous a inspiré ce thème.

Quand il ouvrit le quatrième sceau, j’entendis le quatrième animal s’écrier : Viens !

Et je vis : c’était un cheval blême. Celui qui le montait, on le nomme « la mort », et l’Hadès le suivait. Pouvoir leur fut donné sur le quart de la terre, pour tuer par l’épée, la famine, la mort et les fauves de la terre.

Apocalypse VI, 7 à 8

Je lance la partie biblique avec une question que l'on m'a posé avant la soirée "Avec toutes ces épidémies, ne voit-on pas se réaliser ce que l'Apocalypse annonce ?" En fait, sauf à vouloir trouver des symboles partout, l'Apocalypse n'annonce pas beaucoup d'épidémies. Et puis, pour déclarer c'était prévu par l'Apocalypse, il ne suffit pas de dire : le texte correspond  à notre époque, il faudrait qu'il ne corresponde qu'à notre époque. Mais je crois surtout qu'une lecture pertinente de l'Apocalypse serait de la laisser nous rappeler que lorsque le mal déferle, il est toujours limité par Dieu et que c'est bien à Dieu que revient la victoire.

Le SEIGNEUR dit à Moïse et à Aaron : Lorsque quelqu’un a sur la peau une tumeur, une dartre ou une tache luisante qui devient un cas de « lèpre », on l’amènera à Aaron, le prêtre, ou à l’un de ses fils. Le prêtre examinera la lésion qui est sur la peau. Si le poil y est devenu blanc, et que la lésion paraisse plus profonde que la peau, c’est un cas de « lèpre » : le prêtre l’examinera et le déclarera impur. S’il y a sur la peau une tache luisante blanche qui ne paraît pas plus profonde que la peau, et que le poil ne soit pas devenu blanc, le prêtre isolera le mal pendant sept jours. Le prêtre l’examinera le septième jour. Si la lésion lui paraît s’être stabilisée et ne pas s’être étendue sur la peau, le prêtre l’isolera une seconde fois pendant sept jours. Le prêtre l’examinera une seconde fois le septième jour. Si la lésion est devenue pâle et ne s’est pas étendue sur la peau, le prêtre le déclarera pur : c’est une dartre ; il lavera ses vêtements, et il sera pur. Mais si la dartre s’étend sur la peau après qu’il s’est montré au prêtre pour être déclaré pur, il se montrera une seconde fois au prêtre. Le prêtre l’examinera : si la dartre s’est étendue sur la peau, le prêtre le déclarera impur ; c’est la « lèpre ». Lorsque quelqu’un présente un cas de « lèpre », on l’amènera au prêtre. Le prêtre l’examinera : s’il y a sur la peau une tumeur blanche, si cette tumeur a fait blanchir le poil, et qu’il y ait un bourgeonnement de chair vive dans la tumeur, c’est une « lèpre » invétérée dans sa peau ; le prêtre le déclarera impur ; il ne l’isolera pas : il est impur.

Si la « lèpre » fait une éruption sur la peau et que le mal couvre toute la peau, depuis la tête jusqu’aux pieds, partout où le prêtre regarde, le prêtre l’examinera : si la « lèpre » couvre tout le corps, il déclarera pur le mal : comme il est devenu entièrement blanc, il est pur. Mais le jour où l’on apercevra en lui de la chair vive, il sera impur ; quand le prêtre aura vu la chair vive, il le déclarera impur : la chair vive est impure, c’est la « lèpre ». Si la chair vive change et redevient blanche, il ira vers le prêtre. Le prêtre l’examinera ; si la lésion est redevenue blanche, le prêtre déclarera pur le mal : il est pur.

(…)

Lorsqu’un homme ou une femme a une lésion à la tête ou au menton, le prêtre examinera la lésion. Si elle paraît plus profonde que la peau, et qu’il y ait du poil jaunâtre et mince, le prêtre le déclarera impur : c’est la teigne, c’est la « lèpre » de la tête ou du menton. Si le prêtre voit que la lésion de la teigne ne paraît pas plus profonde que la peau, et qu’il n’y a pas de poil noir, le prêtre isolera le cas de teigne pendant sept jours. Le prêtre examinera la lésion le septième jour. Si la teigne ne s’est pas étendue, s’il n’y a pas de poil jaunâtre, et si elle ne paraît pas plus profonde que la peau, il se rasera, mais il ne rasera pas l’endroit où est la teigne ; le prêtre l’isolera une seconde fois pendant sept jours. Le prêtre examinera la teigne le septième jour. Si la teigne ne s’est pas étendue sur la peau, et si elle ne paraît pas plus profonde que la peau, le prêtre le déclarera pur ; il lavera ses vêtements, et il sera pur. Mais si la teigne s’étend sur la peau après qu’il a été déclaré pur, le prêtre l’examinera ; si la teigne s’est étendue sur la peau, le prêtre n’aura pas à rechercher s’il y a du poil jaunâtre : il est impur. Si la teigne lui paraît stabilisée, et qu’il y ait poussé du poil noir, la teigne est guérie : il est pur, le prêtre le déclarera pur.

 Lorsqu’un homme ou une femme a sur la peau des taches luisantes, des taches blanches, le prêtre l’examinera : s’il y a sur la peau des taches luisantes d’un blanc pâle, ce sont des boutons qui ont fait éruption sur la peau : il est pur.

Lorsqu’un homme perd ses cheveux, c’est un chauve : il est pur.  S’il perd ses cheveux sur le devant, c’est un chauve du front : il est pur. Mais s’il y a dans la partie chauve de derrière ou de devant une lésion d’un blanc rougeâtre, c’est la « lèpre » qui a fait éruption dans la partie chauve de derrière ou de devant. Le prêtre l’examinera : si le mal est une tumeur d’un blanc rougeâtre dans la partie chauve de derrière ou de devant, du même aspect que la « lèpre » de la peau, c’est un « lépreux », il est impur : le prêtre le déclarera impur ; c’est un cas de « lèpre » à la tête. Le « lépreux » atteint par le mal aura les vêtements déchirés et les cheveux défaits ; il se couvrira la moustache et criera : Impur ! Impur !  Aussi longtemps que le mal sera sur lui, il sera impur. Etant impur, il habitera seul ; son lieu d’habitation sera hors du camp.

Lévitique XIII, 1 à 46

Ensuite un petit tour du côté du Lévitique qui nous parle du caractère contagieux de l'impureté et des mesures de précautions à prendre. L'occasion de rappeler que e qui est impur, c'est ce qui est indéterminé, ce qui vient défaire une création qui consiste à mettre de l'ordre. Séparer le pur et l’impur c’est établir des frontières. Une occasion aussi de souligner qu'avant de mettre l'impur au ban de la société un longue période d'observation est prescrite et que le prêtre seul décide. De plus, de nombreux cas d'exception sont prévus. Bref, s'il est nécessaire de se préserver d'une impureté contagieuse, pas question de céder à la panique et le principe de précaution bénéficie plutôt au malade.

 

 

Ensuite Il appela encore la foule et se mit à dire : Ecoutez–moi tous et comprenez. Il n’y a rien au dehors de l’être humain qui puisse le souiller en entrant en lui. C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille. Lorsqu’il fut rentré à la maison, loin de la foule, ses disciples l’interrogèrent sur cette parabole. Il leur dit : Etes–vous donc sans intelligence, vous aussi ? Ne comprenez–vous pas que rien de ce qui, du dehors, entre dans l’être humain ne peut le souiller ?  Car cela n’entre pas dans son cœur, mais dans son ventre, avant de s’en aller aux latrines. Ainsi il purifiait tous les aliments. Et il disait : C’est ce qui sort de l’être humain qui le souille.  Car c’est du dedans, du cœur des gens, que sortent les raisonnements mauvais : inconduites sexuelles, vols, meurtres, adultères, avidités, méchancetés, ruse, débauche, regard mauvais, calomnie, orgueil, déraison. Toutes ces choses mauvaises sortent du dedans et souillent l’être humain.

Marc VII, 14 à 23

Après quoi, Jésus nous met en garde contre cette sensation humaine d'être une forteresse assiégée, de croire toujours que le mal vient du dehors et de croire qu'il nous suffit de dresser une bulle qui nous isolerait du monde extérieur. Pour Jésus l'enjeu n'est pas de nous protéger du mal mais de nous en délivrer.  En tout cas, Jésus nous fait passer de la question, religieuse, d'une impureté contagieuse à celle, éthique, d'un mal inhérent à l'humain. En plus de nous rappeler qu'aucune maladie ne coupe notre relation à Dieu.

 

Paul et Barnabé leur dirent alors avec assurance : Il était nécessaire que la parole de Dieu vous soit dite, à vous d’abord ; mais puisque vous la repoussez et que vous ne vous jugez pas dignes de la vie éternelle, nous nous tournons vers les non–Juifs. Car le Seigneur nous a donné cet ordre : J’ai fait de toi la lumière des nations, pour porter le salut jusqu’aux extrémités de la terre. En entendant cela, les non–Juifs se réjouissaient ; ils glorifiaient la parole du Seigneur, et tous ceux qui étaient destinés à la vie éternelle devinrent croyants.  La parole du Seigneur se répandait dans le pays tout entier.

Actes XIII , 46 à 49

Si le mal n'est pas contagieux, selon le livre des Actes des apôtres, la Bonne Nouvelle l'est assurément, elle qui se propage et se répand. Nous retrouvons ici un des constats de la première partie : la contagion n'est pas qu'une question de santé et nous pouvons noter que même la contagion des bonnes choses nous fait un peu peur. Quand je me laisse emporter par l'enthousiasme collectif, suis-je encore au commande ? La contagion me rappelle que je suis membre d'un ensemble qui me dépasse, solidaire de cet ensemble. En le sortant de son contexte ecclésial, on peut rappeler le constat de Paul : Et si une partie du corps souffre, toutes les autres souffrent avec elle ; si une partie du corps est glorifiée, toutes les autres se réjouissent avec elle.

I Corinthiens XII 26

Et peut-être ne pas opposer le Lévitique à Jésus mais les tenir ensembles pour nous rappeler deux aspects de ce que nous sommes : s'il est vain de dresser un mur pour me protéger de ce qui m'entoure, je n'en suis pas moins un individu et, en tant que tel, il est normal que je pose des frontières entre les autres et moi. Le tout est que ces frontières ne deviennent pas des murs.

 

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