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Le refuge

24 Février 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

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Je ne suis pas certain que François Ozon soit un affreux réac. Donc, ça doit être moi.

En effet, si Ozon filme Mousse, ex junkie enceinte qui essaye de se reconstruire après la mort par overdose de son petit ami, avec une tendresse certaine, il la filme sans rien édulcorer. Et sans doute mon ressenti (je vais éviter de dire mon jugement) vient-il de moi, et non de lui.

Elle est belle, Mousse, c'est une fille "sympa et polie", une fille cool. Dans les années 80, on aurait dit "une frangine".  Mais aussi belle, aussi attachante soit-elle, avec sa grande soif de tendresse et de liberté,c'est un personnage que je trouve profondément triste, pitoyable même. Justement parce qu'elle est cool, parce que tout semble être égal, le sexe, la drogue, l'enfantement sont des actes aussi neutres que servir un café. Et je trouve ça triste, tout comme je trouve triste ce refus de l'engagement au nom de l'indépendance.

J'ai beaucoup aimé le film. Seulement voilà, je suis un affreux réac. Ozon nous filme un joli portrait de femme, une belle histoire de fragilité et je n'y vois que la profonde tristesse d'une fuite qui ne trouvera nul refuge. Parce que ce n'est pas un refuge qui manque aux Mousse, c'est un point d'ancrage par lequel ils ou elles laisseraient le monde l'atteindre, le sentiment profond qu’ils ont leur place dans ce monde et que cela implique une responsabilité…

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