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Les mercredis de Calvin (51) Un cri pour préserver la foi

23 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votreserviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Nous voyons donc de quelle source est procédée cette exclamation : MON DIEU MON DIEU, et semblablement cette complainte qui suit immédiatement : POURQUOI M’AS-TU LAISSE ? Car lorsque la véhémence de la douleur et l’infirmité de la chair lui tiraient cette parole : Hélas, je suis délaissé de Dieu, de peur qu’étant en telle angoisse, il ne vint à défaillir, la foi lui met une correction en la bouchement tellement qu’il appelle assurément son Dieu celui duquel il pense être abandonné. Même nous voyons qu’il a donné le premier lieu à la foi : car avant qu’il se donne congé d’entrer en cette complainte, pour prévenir il proclame en premier lieu que c’est néanmoins en son Dieu qu’il a son refuge. Et certes, d’autant que si tôt que les affections de notre chair viennent à s’émouvoir, on ne les peut aisément retenir, même nous font sortir hors des bornes de raison, il est bon de les réprimer dès le beau commencement.

Par ainsi, David a gardé bon ordre, opposant sa foi à sa douleur, et modérant par une sainte invocation la grandeur des maux qu’il déplore ensuite. Car s’il eût dit simplement et précisément : Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonné ? , il eût semblé par une complainte si amère murmurer contre Dieu, même il y eu un bien grand danger que quelque amertume excessive de douleur eût infesté son cœur. Mais faisant à l’encontre d’un tel murmure un rempart de sa foi, il tient tous ses sens en bride, à ce qu’ils ne débordent point outre mesure.

Et cette répétition n’est pas superflue, quand il appelle deux fois son Dieu ; et même un peu après, il répète les mêmes mots pour la troisième fois. Car d’autant que le combat est rude et difficile avec cette espèce de tentation, quand Dieu, comme s’il avait quitté tout soin de nous, passe par-dessus nos misères et gémissements comme ne les voyant pas, voilà pourquoi David insiste davantage à chercher confirmation. Car la foi ne gagne pas la bataille dès la première rencontre, mais après maints coups rués, et avoir été agitée en diverses sortes, enfin elle sort victorieuse.

Cependant, je ne dis pas que David ait été si vaillant et courageux champion que sa foi n’ait été ébranlée. Car quoi que les fidèles fassent tous leurs efforts de dompter leurs affections charnelles pour s’assujettir et dédier totalement à Dieu, néanmoins il y a toujours de l’infirmité en eux. Voilà d’où procède ce clochement de Jacob dont il ets fait mention en Moïse : car bien qu’il gagna le combat, néanmoins il porta toujours la marque de son défaut vicieux. Par tels exemples, Dieu incite les siens à persévérance, de peur que touchés du sentiment de leur infirmité, ils ne viennent à perdre courage. Voici la mesure qu’il nous convient de tenir, que toutes les fois que notre chair se révolte et comme une tempête impétueuse nous transporte à impatience, qu’au contraire nous tenions bon contre elle, et que nous prenions peine d’empêcher ses efforts. En ce faisait, il est bien vrai que nous serons agités et tourmentés, mais néanmoins la foi ne sera pas noyée, mais sera toujours préservée du naufrage.

Commentaire sur le Psaume 22

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