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Les mercredis de Calvin (52) : Calvin et l' "épître de paille"

6 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin40.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Oui, je sais, l’année Calvin est finie mais pour cause de vacances, j’avais raté le dernier mercredi (je devrais en être à 53, j’ai dû me tromper dans la numérotation, je ne pense pas en avoir manqué d’autres)

Abraham notre Père n’a-t-il point été justifié par les œuvres, quand il offrit son fils Isaac sur l’autel ?

Les sophistes empoignent  ce mot justifier ; et sur cela, comme s’ils avaient gagné la bataille, ils crient qu’une partie de la justice des hommes consiste ès œuvres. Mais il fallait tirer de la circonstance du passage la vraie interprétation. Or nous avons dit que saint Jacques ne traite point ici d’où ou comment les hommes obtiennent justice (comme il est manifeste à un chacun) mais que son intention est seulement de montrer que les bonnes œuvres sont toujours conjointes avec la foi. Parquoi quand il dit qu’Abraham a été justifié par la foi, il parle de l’approbation de justice. Quand donc les sophistes opposent saint Jacques à saint Paul, ils s’abusent en l’ambiguïté de la signification du mot. Car quand saint Paul enseigne que nous sommes justifiés par foi, il ne signifie pas autre chose, sinon que nous obtenons ceci que nous sommes réputé justes devant Dieu. Mais saint Jacques regarde bien à un autre but, à savoir que celui qui se dit être fidèle démontre par ses œuvres que sa foi est vraie. Il est certain que saint Jacques n’a point voulu enseigne où doit reposer la confiance de salut, qui est le seul point sur lequel saint Paul insiste. Afin donc que nous ne méprenions pas en ce qui a abusé les sophistes, il faut noter cette ambiguïté ou diversité de significations, à savoir que ce mot justification en saint Paul signifie une imputation gratuite de justice devant le siège judicial de Dieu ; et en saint Jacques, c’est une déclaration ou approbation de justice par les œuvres ou effets, et ce devant les hommes, comme on peut le recueillir de ces paroles précédentes « Montre-moi ta foi, etc. ». En ce sens, nous confessons sans contredit que l’homme est justifié par œuvres. Comme qui dirait d’un homme lequel aura acheté un héritage de grand prix et de bon revenu qu’il est devenu riche ;  d’autant que ses richesses, qui, étant enclose en son coffre, étaient inconnues, ont été mises en évidence.

Commentaire sur l’Epître de saint Jacques, 2

 

Si Luther avait repoussé les objections tirées de l’épître de Jacques en la qualifiant d’épître de paille. Calvin, quant à lui, préfère réfuter l’interprétation qui oppose le salut par les œuvres de Jacques au salut par la foi de Paul. Pour lui, Jacques rappelle simplement une vérité essentielle, une foi qui ne produit pas d’œuvre, est une foi morte, bref, n’est pas la foi.

Et j’aime la rigueur de la méthode d’étude de Calvin : il ne fait pas appel aux allégories ou au métaphore, il prend le texte dans son ensemble, interprétant un verset à travers son contexte : de quoi parle Jacques, il parle de ceux qui prétendent avoir la foi, la foi sans œuvre qu’il dénonce n’est donc pas la foi. Jacques ne peut donc pas être cité pour opposer salut par les œuvres et salut par la foi. Tout simplement.

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marie 13/01/2010 12:40


Bonne année d'abord !!

Ca me fait plaisir de voir que l'épitre de Jacques est aussi une "épitre protestante" (alors qu'elle est rangée dans les "épitres catholiques" dans la Bible de Jérusalem.

Et ça vous fera plaisir aussi (sans doute) de savoir que les Catholiques ne font pas dire plus à Saint Jacques que Calvin. Voir Catéchisme de l'Église catholique n° 1987 s.

Bonne semaine de 'Unité aussi

Très cordialement