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Raiponce, une histoire de libérations

18 Janvier 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

raiponce-333.jpgAbominable rétrograde, à l'image de synthèse, j'aurais préféré un dessin classique. Enfin, le cinéma d'Evreux m'épargné la 3D, c'est déjà ça !
Bougonnement mis à part, elle est très sympathique cette Raiponce. Et elle vient rejoindre Belle et Arielle parmi les princesse Disney pas insipides.
Le scénariste a bien lu Bettelheim et il a saisi tout le symbolisme de cette jeune femme enfermée qui utilise sa chevelure pour introduire un homme dans l'espace où sa marâtre la confine. Mais il a l'astuce de faire de son libérateur un captif d'un tout autre genre. Du coup Raiponce devient une illustration rafraîchissante du thème de la liberté, ou théologiquement parlant, de la libération des idoles.
La mère Gothel retient Raiponce en lui offrant la sécurité contre un monde hostile. Certes, on pourrait lire dans le discours de  Gothel à  sa  "fille" un écho du pessimisme que de nombreux versets professent face au monde. Et c'est vrai que les Eglises se sont parfois comportées en mère abusive. Mais ces versets n'empêchent absolument pas les textes bibliques de nous envoyer dans le monde. Et les Eglises ne sont pas les seules mères abusives... Argent, situation, communautarismes divers, convictions politiques, autant de murs que nous élevons pour nous protéger du monde extérieur, autant d’idoles qui nous utilisent plus qu'elles ne nous servent...

Mais Raiponce n'est pas la seule à être libérée. Il y a aussi Eugène Flynn qui est un modèle de liberté : pas d’attache, ni de responsabilité. Eugène Flynn est tellement libre qu’il peut même choisir son nom. Le rêve. Tellement libre qu’il est toujours en fuite. Tellement libre que finalement, même son rêve « est nul ». Finalement, la liberté de Flynn Eugène n’est jamais qu’un asservissement à lui-même…

Alors si n’obéir qu’à soi devient un esclavage autant que s’enfermer pour se protéger du monde, c’est quoi la liberté. Le dessin animé répond, c’est l’amour  (désolé de briser le suspens pour ceux qui n'ont pas vu le dessin animé, Eugène et Raiponce se marient à la fin) et le service des autres… C’est vrai que c’est plus facile dans un Disney où presque tout le monde est finalement très gentil que dans notre monde, mais qui a dit que la liberté était facile comme un dessin animé de Disney ?

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Tigreek 19/01/2011 21:39



Perdre sa vie pour la sauver, choisir d'être esclave de Dieu plutôt que la liberté des hommes... Je suis en plein dans mon exégèse de 1 Co 7, 17-24 ! :)