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Splice

20 Juillet 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

splice.jpgIls sont jeunes, beaux (enfin, surtout elle, mais passons), intelligents et passionnés par leur domaine, la biochimie. Ils créent un créature nouvelle qui va se révéler plus dangereuse que prévu. Rien de bien nouveau sous le soleil de la SF mais, nonobstant quelques effets téléphonés, j'ai passé un bon moment de ciné, et, pour moi, Splice est un bon film de science fiction en ce qu'il aborde de nombreux thèmes, la peur de l'autre, la nature de l'humanité, l'adolescence, la parentalité.

Et puis Splice a une approche réaliste de son thème principale : la technique. En effet, contrairement à la plupart des résumés, je ne crois pas que Splice parle de manipulation génétique. Ou plutôt, s'il en parle c'est de manière ridicule. Je ne crois pas que l'on crée un humanoïde viable en mélangeant les séquences ADN de différents animaux à de l'ADN humain, et surtout les enjeux éthiques de la manipulation génétique sont presque totalement évacués. A l'exception d'une vraie scène d'épouvante : après l'avoir élevée comme sa fille, Elsa retire à Dren tout ce qui l'humanise pour mieux la traiter comme une simple expérience. Une scène glaçante dans laquelle le monstre est le créateur et non la créature. Tiens, en fait à cause de cette scène excellente, je serais plutôt plus sévère avec le film qui revient trop vite à un discours plus classique : comme c'est pratique, la gentille Dren meurt de façon naturelle et c'est un méchant monstre violeur et tueur que ses créateurs doivent tuer.

Bref, difficile de prendre au sérieux un tel traitement de la génétique.

En revanche, si l'on élargit à l'ensemble de la technologie, Elsa et Clive me semblent assez représentatifs de l'attitude générale de l'humanité.

D'abord on invente, mû par de nobles desseins mais aussi par défi, par orgueil, pour aller plus loin. Ensuite, on s'émerveille, on essaye de domestiquer l'invention. Et enfin, on se rend compte, trop tard, des dangers et des questions éthiques qu'il aurait fallut se poser avant.  Le cruellement ironique : "qu'est ce qui peut arriver de pire ?" final résume bien cette fuite en avant.

Et cette dénonciation sonne d'autant plus juste que  Clive et Elsa sont sympas. Imprudents certes, mais ni cyniques, ni cupides, ni bouffis d'orgueil et pourtant, ce sont bien eux et pas le méchant directeur financier ni le mégalo chef de service qui portent la responsabilité de la catastrophe. Du coup, le film ne résonne pas comme un jugement moral mais comme un constat. Un constat pessimiste, certes, mais un constat.

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