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Une lumière pour commencer

24 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

bougie1.jpgPrédication du 20 décembre 2009

Genèse I, 1 à 5

Jean I

 

Les camions sont pleins de lait

Les balayeurs sont pleins d'balais

Le café est dans les tasses

Les cafés nettoient leurs glaces

Il est 5 heure

Evreux s’éveille

J’aime l’aube. J’aime me lever tôt. Pas spécialement à cause des levers de soleil, mais parce que j’aime cette heure de la journée. L'aube est toujours un temps de commencement, de renouveau. En effet, plus encore que la fin de la nuit, l'aube est le commencement d'un jour nouveau. C'est cette nouveauté qui donne  l'aurore son caractère exaltant : la vie se met en branle, tout est possible. C'est sans doute pour cela que le récit de création commence avec l'apparition de lumière.

         C'est ce que nous raconte Luc avec le contraste entre les couples Elizabeth/Zacharie et Marie/Joseph, la femme stérile et le vieux prêtre d'un côté et de l'autre la vierge et son fiancé, la mémoire d'Abraham et Sara et de l'ancienne alliance et l'ouverture d'une page neuve.

 

         Mais si Noël se vit comme une aube, si la venue de Jésus annonce un jour nouveau, pourquoi les ténèbres règnent-elles toujours sur notre monde ? Pourquoi le massacre des innocents sans cesse recommencé ? Pourquoi les décisions des princes qui déplacent des populations, sans considération des individus ? Pourquoi les enfants nés sur la paille ? Pourquoi le mal, la souffrance et la mort ? Malgré cette naissance, la nuit demeure, qu'aucune lumière de Noël ne pourra nous faire oublier. D'ailleurs, les récits bibliques n'essayent pas : Hérode dans Matthieu, l'étable dans Luc montrent bien la tragédie de cette naissance. Et Jean fait ce constat : " La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l'ont pas reçue" 

         Bref, si nous célébrons Noël comme la Bible nous y convie, nous ne fermerons pas les yeux sur les ténèbres du monde. D'ailleurs, fermer les yeux, occulter les ténèbres n'a jamais été un moyen très efficace de les combattre. C’est en cela que notre foi est douloureuse : elle nous interdit le confort de la résignation, nous ne pouvons pas dire les choses sont ainsi et nous n’y pouvons rien, parc que croire c’est savoir que les choses ne sont pas ce qu’elles devraient, c’est savoir qu’il y a un autre possible. Nous ne pouvons pas dire à Dieu notre Père "que ton règne vienne" et accepter cette emprise du mal. Nous ne pouvons pas accepter que l'aube soit la promesse d'un jour qui n'en finit plus de venir.

 

         La lumière brille dans les ténèbres et les ténèbres ne l'ont pas vaincue, je crois qu’il faut tenir ensemble ces deux sens de xatalambanw : recevoir, accueillir mais aussi vaincre, dominer. Et traduit ainsi, le triste constat de Jean devient une affirmation joyeuse. Renforcée encore par le présent : si tout le prologue de Jean est au passé, c’est bien au présent que la lumière brille.

La lumière, qui est la vie, brille, les ténèbres ne l’ont pas étouffée, elles n’ont pas su être siennes, être lumineuses c’est vrai, pas encore en tout cas, mais elles ne l’ont pas faite leur, elles ne l’ont pas rendue ténébreuse. Et ce n’est pas un espoir pour demain mais pour aujourd’hui parce que la lumière est ce qui me permet de commencer.

 

Je voudrai souligner cette succession que nous connaissons bien et dont nous ne nous apercevons plus à quel point elle nous est étrangère. Il y eut un soir, il y eut un matin.

Puisque l’aube est le moment où nous pouvons reprendre notre activité quotidienne, il est logique d’en faire le début de notre cycle de 24h. Dans mon dictionnaire, j’apprends que le jour est la période de 24h pendant laquelle la terre fait un tour sur elle-même et que le matin est le début du jour. Très logiquement le jour commence comme on se lève.

Il y eut un soir, il y eut un matin. Premier jour. Et les juifs tiennent compte de ce refrain en faisant commencer leur journée le soir. Le jour commence à la tombée de la nuit.

         C’est très beau quand on y pense, parce que du coup le chemin va de la nuit vers le jour, des ténèbres vers la lumière. Bien sûr, ce n’est pas tout à fait vrai puisque c’est un cycle, mais il est évident qu’une vision du temps qui va de la ténèbres vers la lumière ne dit pas exactement la même chose qu’une vision qui va de la lumière vers les ténèbres.

         Je vois dans cette succession le même constat et la même espérance que dans l’ambiguïté du verbe xatalambanw, saisir, de l’évangéliste Jean, en y ajoutant une exhortation que Jean n’aurait certainement pas contestée.

Le constat, c’est que les ténèbres sont bien là, angoissantes, oppressantes, douloureuses et que c’est de ces ténèbres que nous partons. L’espérance, c’est que la lumière vient sur ces ténèbres. J’ai déjà développé tout ça

Mais puisque dans nos ténèbres vient l’aurore, puisque dans nos ténèbres la lumière brille maintenant, puisque le jour (au sens lumineux du terme) commence, alors l’heure n’est plus à nous blottir sur notre couche, l’heure n’est plus à nous tapir dans notre chambre. Il est temps de nous réveiller et de nous mettre à l’œuvre, il est temps de nous lever et de nous mettre en marche. Il est temps de vivre dans cette lumière.

Le réveil, le relèvement, la vie, ce sont les trois mots bibliques de la résurrection.

Et c’est bien de cela qu’il s’agit. Frères et sœurs, la lumière de la vie brille sur les ténèbres de notre mort. Il est temps de nous laisser éclairer par elle, il est temps de la laisser nous montrer le chemin vers nos frères et nos sœurs.

Frères et sœurs, nous ne sommes pas au matin du grand soir à venir, le grand matin commence maintenant.

 

Il est 5 heure

Christ m’éveille

J’ai plus sommeil

 

Amen

 

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