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Une lumière pour y voir clair

7 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 6 décembre 2009

II Samuel XXII, 1 à 34

Luc XI, 29 à 36

Matthieu VI, 19 à 34

 

Qu’est ce qui est le plus important, le soleil ou la lune ? Eh bien, c’est la lune : en effet le soleil nous éclaire le jour, quand on en a pas besoin alors que la lune nous éclaire la nuit quand on n’y voit rien.

Dimanche dernier nous avons médité sur cette lumière qui nous rassure, aujourd’hui nous nous pencherons sur cette lumière qui nous éclaire. En effet, la fonction principale que nous attribuons à la lumière : y voir clair.

 

Quand nous allumons une lumière, que ce soit un plafonnier, une lampe de chevet, une frontale, une torche ou un projecteur, c’est pour savoir où l’on met les pieds,  pour pouvoir lire, coudre, bricoler ou que sais je encore…

Dès lors, nous comprenons très bien pourquoi Jésus fait de l’œil la lampe du corps. En effet, je ne sais pas si l’œil est le miroir de l’âme (et je ne suis même pas très sûr de savoir ce que cela veut dire) mais je sais que c’est par mes yeux que je vois.

Or la vue est sans doute celui de nos sens sur lequel nous nous reposons le plus. On pourrait discuter sur l’ouïe. Je dirai que l’ouïe est plutôt un sens de relation. Par l’ouïe nous entrons en relation avec les autres mais c’est bien sur notre vue que nous comptons le plus dans nos tâches quotidiennes. Enfin, le but n’est pas de faire un concours entre les sens mais simplement de mesurer à quel point le coup d’œil compte dans tout ce que nous entreprenons.

 

Pourtant, Jésus nous prévient : l’œil peut être malade. Les ophtalmologues ne le contrediront pas je pense. Pourtant nous comprenons bien qu’ici, il ne s’agit pas d’ophtalmologie et que Jésus ne nous parle pas de cataracte, de myopie ou de presbytie… Simplement il nous rappelle que la lumière peut être ténèbres. En effet, toutes les lumières ne se valent pas, tous les éclairages ne conviennent pas.  Nous n’éclairons pas notre salle à manger avec un projecteur de poursuite, votre ophtalmo vous déconseillera sans doute de lire à la bougie… Alors quel éclairage donnerons nous à notre vie ?

Il est intéressant de remarquer que Luc et Matthieu ne placent pas cette métaphore de l’œil et de la lampe au même endroit : Matthieu la situe en plein milieu d’un discours sur l’argent alors que Luc la place en réponse à une demande de miracle.

Pourtant, je crois que l’esprit est le même. Matthieu et Luc opposent Jésus à deux manières assez courantes d’éclairer notre vie.

 

Dans Matthieu, l’éclairage contesté est celui de Mammon, de l’argent, ou peut-être, plus largement de l’économie. Une vie éclairée par ce projecteur est vue sous la question du profit et de la perte. C’est vrai que ce sont des questions qui se posent en préambule de nombre de nos actes. Qu’est ce que j’y gagne ? Qu’est ce que ça va me coûter ? Est-ce que je vais avoir assez ?

C’est une vie que l’on passe à compter. C’est aussi une vie sous le sceau de l’inquiétude : peur de manquer, peur de perdre ce que l’on a, peur que l’autre y gagne plus que nous et que donc nous nous soyons fait avoir. Il n’est pas étonnant que le remède que propose Jésus tienne en ces mots : Je vous dis : Ne vous inquiétez pas.

 

Luc, lui, dénonce un autre éclairage, celui du signe, de la preuve. Jésus s’insurge contre le signe à tel point que même le signe de Jonas n’est rien d’autre que sa prédication à Ninive et non pas les trois jours passés dans le poisson. La demande de miracle des foules qui s’amassaient autour de Jésus est une demande de preuves plus encore que de merveilles et de prodiges. Avant de faire quoique ce soit, je veux être sûr que le chemin est le bon. Je demande des preuves, des certitudes. Un exemple en ce moment dans le débat sur la vaccination : nombreux sont ceux qui voudraient qu’on leur dise de manière catégorique qu’il faut se faire vacciner ou qu’il ne faut pas se faire vacciner. Comme s’il nous était impossible de faire un choix sans être convaincu que l’autre choix est forcément le mauvais. Cela pourrait être une attitude de réflexion et de curiosité, mais très vite cela devient une position de fermeture : tant que je ne suis pas sûr, tant qu’on ne m’a pas fournit de preuves, je refuse d’admettre, d’écouter. Et une fois que je sais alors je refuse que l’on remettre ce que je sais en question.

A cette attitude, Jésus oppose les ninivites et la reine de Sabba qui ont su écouter une parole qui ne venait pas de leur propre domaine.

 

La lampe de votre corps c’est l’œil et si votre œil est sain tout votre corps est dans la lumière. Même si cela n’est pas explicite, nous savons bien que l’éclairage que Jésus nous propose, c’est celui que chante David : Eternel c’est toi qui est ma lampe.

Oui, si nous voulons que toute notre vie soit dans la lumière, que Dieu soit notre éclairage.

Avoir Dieu pour lampe c’est d’abord savoir que nous sommes aimé. Même quand je ne le mérite pas, même quand je doute de cet amour, Dieu m’aime.

Avoir Dieu pour lampe c’est savoir que Dieu combat le mal avec nous et pour nous. Peut-être avez-vous été surpris de m’entendre lire un psaume aussi violent en pleine période de l’Avent, alors que notre cri devrait être Paix sur terre. Mais si je ne partage pas la vision guerrière de certains textes du Premier Testament, je crois néanmoins que notre vie n’est pas toujours rose, que nous sommes assaillis par toutes sortes de maux et que je peux entendre les paroles de David comme un témoignage pour moi aujourd’hui. Lorsque le mal me frappe, ce n’est pas une épreuve, ni une punition que Dieu m’enverrait, mais Dieu combat le mal, Dieu combat avec moi les maux qui m’attaquent et me détruisent.

Avoir Dieu pour lampe enfin, c’est voir tout homme et toute femme comme un frère ou une sœur. En effet, en me permettant de l’appeler Père, Dieu m’invite à voir tous ses autres enfants comme des frères et des sœurs. Et ce même si, tout comme moi, ils sont pécheurs, imparfaits, fragiles ou révoltés.

 

Frères et sœurs, que le Dieu qui rend la vue aux aveugles transforme notre regard, qu’il soit notre lampe et qu’il nous donne d’avoir sur notre monde la lucidité de l’espérance, du courage et de l’amour.

 

Amen

 

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carmen 07/12/2009 20:03


Merci.
Il faut juste y croire. C´est ça... Il y a que cela de vrai