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Vacances Romaines (5)

7 Mars 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

Rome2011-103.jpgTu es donc inexcusable, qui que tu sois, toi qui juges...

Romains II, 1

28/02/2011

6h45

Trop fatigué, hier soir, pour écrire quoi que ce soit. Nous sommes arrivés suffisamment tôt au Vatican pour qu’il n’y ait pas plus de 300 personnes devant nous dans la file d’attente. Une heure d’attente avant l’ouverture des portes, puis une demi heure de queue sous un ciel maussade. Le temps d’écrire quelques cartes postales (mensongères : il fait beau !!! tu parles !!!), de lire 4 siècles de l’histoire de l’Eglise, de l’apparition de l’Islam aux premières croisades, en passant par le Schisme d’Orient (oui c’est le Tu es Pierre de Suffert qui m’accompagne dans ce voyage, il traînait depuis longtemps dans ma bibliothèque et ça m’a paru de circonstance (et puis, c’est bien, comme ça je m’aperçois qu’il n’y a pas que les protestants qui manquent un peu de sens critique en relisant leur histoire)).

Une fois, à l’intérieur, nous dirigeons d’abord nos pas vers la Pinacothèque. De très jolies pièces, même si comme toujours, les œuvres les plus anciennes me parlent plus de ma foi que les œuvres plus récentes. Puis Laurence s’inquiète d’avoir trop de monde à la chapelle Sixtine, nous fonçons donc à travers les galeries supérieures pour y arriver. Mauvais calcul : nous perdons mes parents qui connaissent, et il nous faudra refaire tout le circuit deux heures (y compris la Chapelle Sixtine) plus tard pour voir les appartements de Raphaël…

Alors que dire après les musées du vatican.

Que la Chapelle Sixtine, c’est impressionnant, génial et dément (aux sens propres des termes) mais que j’aurai du mal à employer le terme beau (en fait, ce n’est pas exact, les détails sont beaux, mais trop loin pour qu’on puisse vraiment en profiter.

Que les musées sont passionnants (nous avons vus la pinacothèque, le Grégorien-Egyptien, le Pio Clementino, le Chiaramonti et les chambres de Raphaël)

Qu’il faut impérativement voir les chambres de Raphaël. Et que là, au plafond (d'où une photo de guingois), une fresque symbolique me Rome2011-307.jpgparaît résumer la conviction qui se forge en moi depuis que nous sommes à Rome…

Sur l’autel, un crucifix trône devant une idole brisée gisant à terre. Seulement, de ce symbole, je ne fais pas tout à fait la même lecture que Raphaël : le Christ n’a pas vaincu l’idole, il s’est substitué à elle. Sans doute Rome s’est elle christianisée, mais par la suite, c’est le christianisme qui s’est romanisé. Revanche sur Constantin, ou revanche de Constantin, je l’ignore, mais c’est un fait : la religion romaine qui se traduit à travers toutes les églises que nous avons vues, n’a pas grand-chose à voir avec l’Evangile. Toujours intéressantes, toujours impressionnantes, souvent majestueuses (parfois, juste bling-bling), quelquefois belles mais aussi toujours inadéquates : célébrant la puissance et la richesse, aucune de ces églises n’évoque le Dieu qui nous rejoint, le Dieu qui se fait homme. Toutes feraient de très beaux temples païens. En tout cas, c’est l’impression forte qui se dégage depuis trois jours et je ne pensais pas écrire ces lignes avant de partir. Mes désaccords avec le catholicisme sont en général d’un autre ordre et cette accusation-là me paraissait très caricaturale. Mais ici, elle prend tout son sens. Du coup, dans cette religion romaine, la mariolâtrie (dont l’ancienneté saute aux yeux, ici) prend toute sa place…

Nous finissons par retrouver mes parents à la sortie pour aller faire un tour place Saint Pierre, sous la pluie. Nous n’aurons pas le courage de refaire la queue pour entrer dans la basilique (de toute façon, quelque chose me dit que ça ne m’aurait pas fait changer d’opinion). On admirera la Pieta une autre fois…

Rome2011-127.jpgPuis métro, puis bus (après nous être un peu perdu entre les deux à Piramide (non c’est pas une faute)) pour arriver sur la Via Appia et visiter la Catacombe Ste Calixte avec une guide polonaise (maman pense l’avoir entendue dire du mal des protestants, mais ça m’a échappé). Paradoxalement, alors que je me défie d’un christianisme trop tourné vers l’au-delà, au milieu de ces galeries de tombes, je me retrouve en terre chrétienne. Faut dire qu’ici le message ce n’est pas l’âme s’envolant vers le Paradis mais bien l’espérance de la Résurrection, faut dire qu’ici le Christ est le bon berger et qu’il a le même visage que les fossoyeurs…

Trop de pluie et de fatigue pour que nous allions plus loin sur la Via Appia. Tant pis. Les enfants ont tout de même retrouvé assez d’énergie pour faire une course d’escalator et m’humilier pendant deux manches de Njet. Et nous découvrons que le couloir de notre hôtel n'a pas de plafond (heureusement, dans la chambre, nous sommes à l'abri...

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