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Walk like an Egyptian (10)

12 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01297.JPG31 Octobre

9h10 ; Entre Le Caire et Alexandrie, nous prenons la route dite « du désert », mais les condominion dont nous parlait Jean Paul le premier jour et qu’Aischa nous présente à présent de façon plus positive, rendent cette route très peu désertique…

11h25

Nous quittons le monastère de Wadi Natroun. Quelques informations sur la vie quotidienne des moines (qui meurent à eux-mêmes et au monde extérieur, la prière des morts est dites sur le moine qui entre dans les ordres, brrr). Nous troublons la messe copte (orthodoxe) qui se déroule dans l’Eglise à l’atmosphère saturée d’encens et je me demande ce que le corps de Jean le Baptiste est venu faire en Egypte… En revanche tellement peu de données sur l’ancienneté du monachisme que je suis bon pour faire un exposé ce soir (je pensais que la visite guidée par un moine m’en dispenserai)

Mais ce qui m’amuse le plus, c’est la tête d’Aischa quand le moine nous dit que les musulmans ont persécuté les chrétiens, les obligeant à porter du noir (et les juifs à porter du jaune). Des musulmans persécutant des chrétiens ? Pas possible ! Ah quoique si c’était pendant la période des fatimides chiites, alors peut-être… Ben voyons (décidément, même l’Islam le plus modéré a encore des progrès à faire dans la capacité à l’auto-critique)

13h15 Nous arrivons à Alexandrie, retour dans les bouchons. J’ai oublié de raconter qu’hier, au Caire, nous avons longé, non loin de notre hôtel, un bâtiment très fortement gardé. Il s’agissait de l’ambassade saoudienne. Or, le bruit court que l’Arabie Saoudite paye les casseurs et provocateurs qu’on a beaucoup vus à l’oeuvre ces derniers temps (un petit rappel de l’actualité au milieu de laquelle nous jouons les touristes…)

22h50Je ne sais pas si je vais réussir à aller jusqu’au bout de notre journée d’aujourd’hui. A midi brochette de poulet dans un restaurant de poisson (en fait, non, l’enseigne m’a induit en erreur, le restaurant de poisson est à l’étage  au-dessus), joli panorama sur la Méditerranée (ça nous change un peu du Nil, pourtant on n’était pas lassés). « N’attendez pas le dessert, il n’y en a pas » informe Jean paul avant d’aller s’en griller une. Il est à peine parti que nous voyons arriver un chariot à desserts. Je fais passer l’information que le dessert n’est sans doute pas compris, mais Aischa me rassure, elle a négocié le dessert… Du coup, je coursDSC01329.JPG prévenir Jean Paul (on n’est pas ségrégationniste au point de priver les fumeurs de dessert) que je trouve avec le dessert qu’il vient d’aller acheter dans la pâtisserie voisine. Nos guides ne sont pas toujours très bien coordonnés mais ils sont aux petits soins pour nous.

Ensuite, visite de la citadelle de Qaitbay, que le sultan éponyme fit construire à l’emplacement du phare d’Alexandrie, dont la destruction, entamée par une ruse des byzantins et la cupidité d’un sultan (« Alexandre a planqué son trésor dans le phare »), fut achevée par un tremblement de terre. La citadelle est sympa et les enfants s’amusent dans le dédale de salles.

Beaucoup moins sympas sont ces policiers qui nous suivent partout pour nous rendre de menu services : indiquer une marche, prendre une photo (quitte à nous arracher  de force l’appareil des mains) pour glaner quelques euros. Je sais que j’en parle à chaque page, mais c’est parce que ça se passe à chaque moment…

Mauvaise nouvelle : la bibliothèque est fermée pour cause de grève. Aïe, c’est quand même pour ça qu’on a tenu à ce que notre itinéraire passe par Alexandrie.

Mais le plus extraordinaire de cette journée, c’est ce trajet vers l’hôtel. C’est à deux pas de la citadelle, mais le chauffeur ne sait pas où exactement et surtout, il tient à nous déposer au pied de l’hôtel : fierté professionnelle. Or, un bus ce n’st pas facile à manier dans les bouchons d’Alexandrie… Par deux fois, au moins, il faut pousser des voitures stationnées sur la route. Résultat, nous mettons deux heures (au sens propre) à faire les deux pas (au sens figuré) Jean Paul fulmine, à juste titre, contre l’organisation d’Hermès (le tour operator local) mais le groupe prend le parti d’enDSC01382.JPG rire.

Il me faudrait raconter cela, aussi : les fous-rires, les plaisanteries idiotes (je vous jure que je ne suis pas le seul), les petites attentions des uns pour les autres, à chaque moment. Je n’ai pas découvert de nouvelles facettes chez ceux qui nous accompagnent, mais pendant ces dix jours, j’ai vraiment l’impression que chacun(e) donne le meilleur de lui-même. Et ce n’ets pas la moindre des bénédictions de ce voyage.

C’est sur cette note et cette reconnaissance que je vais me coucher, le luxe de l’hôtel, on verra demain.

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