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Walk like an Egyptian (6)

7 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01042.JPG28/10

6h

La partie bateau de notre voyage s’annonce bien être la partie la plus reposante : beaucoup de temps libre. Du coup, entre deux temples, petit vent de fronde contre Aïscha qui a un peu trop tendance à nous vendre des options, des bijoux etc. C’est vrai que la période est difficile pour les égyptiens qui vivent du tourisme (et que, comme Jean Paul me l’apprendra plus tard, un excellent guide qui ne vendrait rien ne trouverait pas de boulot auprès des tour operator locaux) mais il vaudrait mieux qu’elle pose les choses clairement et que, quand elle nous propose de voir Louxor autrement que par les quartiers touristique, on ne découvre pas qu’elle essaye en fait de nous vendre une promenade en calèche. Finalement, c’est au temple d’Edfu que nous nous rendrons en calèches. Personnellement, c’est surtout le côté syncrétiste d’Aischa qui m’agace un peu. Mais bon, rien de cela ne nous fera oublier son érudition…

Hier matin donc, le bateau a accosté au double temple de Kom Ombo, consacré aux triades de Sobek et de Horus l’ancien (pas Horus fils d’Osiris mais Horus frère d’Osiris, l’oncle Horus quoi…) Les triades ça n’a rien à voir avec les sociétés secrètes chinoises, c’est que les dieux égyptiens marchent par cellules familiales : le père, la mère et le fils. (un ancêtre de la trinité, peut-être lointain…)

Double temple, cela veut dire double sanctuaire (of course), double entrée (pourquoi pas) mais aussi double murs d’enceinte (deux en pierres, deux en briques). Quand les dieux partagent, c’est plus du « chacun le sien » que du « un pour deux »… Intéressante reproduction des instruments de chirurgie de l’époque aux côté d’un Imhotep devenu dieu de la médecine, quelques instants de lamentation pour Sobek, pauvre dieu-crocodile enfermé dans un puis de 3 mètres de diamètre…

Mais c’est la découverte du dieu Hapi (you know what ? I am theEte-et-Egypte-2011-131.jpg god of the Nile) au bas de chaque bas-relief avec son ventre ballonné et son sein nourricier qui m’intéresse le plus : une bonne introduction pour l’exposé biblique qui suivra dans l’après midi: Le Nil et la Bible avec une conclusion sur Esaïe : Le Seigneur nous tient lieu de Nils (Esaïe 33, 21)

Après l’étude biblique de l’après-midi, fouette cocher et en route pour le temple d’Edfu. En calèche donc, et en se balladant dans la ville. Quelques scènes de vie quotidiennes (moins que dans le train quand même) et à part quelques « hello » d’enfants, les habitants semblent plutôt blasés : pas beaucoup de regards de la part de ceux que nous croisons, à part celui, mi-timide, mi-amusé d’une jeune fille non voilée. Pourtant, elle n’a pas l’air trop jeune, peut-être une résistante à la pression sociale…

Le temple d’Edfu, c’est le temple d’Horus (pas l’oncle) (avec son épouse Hathor et son fils, le dieu enfant « dont il est inutile de se rappeler le nom ») et son célèbre faucon noir (en fait, il y en a deux, mais le deuxième est cassé). Un temple qui a été occupé un moment par les chrétiens qui fuyaient les persécutions romaines : plafond noirci de fumée, quelques bas reliefs martelés. Chose amusante, je remarque que sur le mur extérieur qui nous raconte la geste d’Horus pourchassant Seth qui s’enfuit sous forme de crocodile et d’hippopotame, les hiéroglyphes de faucon ont systématiquement été martelés. Je devine que les premiers chrétiens ont bien repéré à qui le temple était originellement dédié. Peut-être était-ce une DSC01080.JPGcorvée pour les disciples inattentifs : « tu iras me marteler une dizaine de faucon ». En jouant les égyptologues de comptoir, je me demande quand même s’il ne s’agissait pas d’effacer le nom d’Horus comme héros d’une histoire  de la victoire du bien sur le mal. Après tout, un dieu qui triomphe du leviathan (version biblique et mythique du crocodile) et du béhémoth (version biblique et mythique de l’hippopotame), ça peut facilement être réemployé à des fins apologétiques… Mais bon, ça demanderait quand même une vérification sérieuse…

Un vrai coup de spleen en soirée, en écrivant à ceux qui ont dû annuler leur voyage. Je pense à eux chaque jour, à chaque nouveau paysage, mais hier, je les ai vu dans le groupe. S’ils ont le courage de me lire, qu’ils sachent à quel point ces pages leurs sont dédiées.

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