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Walk like an Egyptian (7)

8 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0019729 octobre

6h

Jean Paul est venu m’interrompre, hier matin, alors que j’écrivais sur le pont supérieur. Tant mieux pour vous j’ai abrégé mon récit (mais je vous raconterai la rencontre d’avant-hier avec les vendeurs de l’écluse d’Edna plus tard.). Tant mieux pour moi, car c’est passionnant de l’entendre raconter l’Egypte au quotidien, ce qu’il a vécu lors de la révolution, loin du Caire, puis pester contre l’incapacité de beaucoup d’égyptiens qui vivent du tourisme à comprendre que les petites arnaques sont à long terme mauvaises pour les affaires (si les touristes sont la poule aux œufs d’or, ce serait intelligent de ne pas la décourager), avec une mention spéciale pour les caléchiers qu’il ne veut même plus faire travailler. A travers ses anecdotes, plus ou moins positives, transparaît chaque instant son amour pour ce pays et ses habitants, pour son métier aussi. Là encore, c’est tellement loin des médias et des clichés, loin de l’idéalisme également…

Après cette discussion matinale, petit déjeuner et visites de Karnak et de Louxor. Toujours ce même gigantisme, toujours cette mégalomanie qui illustreront bien le petit exposé de l’après midi sur pharaon comme représentant du pouvoir royal concurrent du pouvoir divin…

Que dire sur Karnak que tout le monde ne lirait pas dans n’importe quel bouquin ? En fait, je me rappelle surtout de deux détails : Ramsès II qui s’était fait une spécialité de faucher les monument des autres en effaçant leur cartouche par le sien craignait tellement de subir la même chose qu’il faisait graver son cartouche plus profondément que les autres bas-reliefs (oui, le martelage n’est pas seulement le fait des chrétiens ou des musulmans, tels des dirigeants staliniens, les rois d’Egypte n’hésitaient pas à effacer la mémoire de leur prédécesseurs quand ceux-ci leurs déplaisaient. Tiens d’ailleurs je vais faire pareil : je vais biffer le nom d’Alain Houziaux de nos registre à chaque fois que je serai pas d’accord avec un de ses articles… )

Autre détail, l’écriture hiéroglyphique fait passer l’esthétique avant l’orthographe : ainsi un hieroglyphe peut-il être déplacé à l’intérieur d’un mot pour remplir un blanc. Les personnages du cartouche de Ramsès II, debout dans le temple d’Abou Simbel sont assis à Karnak et n’en déplaise à Aïscha, il ne s’agit pas d’une question de cartouche horizontal ou vertical : ils étaient debout dans tous les cartouches d’Abou Simbel, ils sont assis dans tous les cartouches de Karnak (verticaux ou horizontaux)

Louxor, à part l’allée des sphinx, j’ai moins aimé. Peut-être que je commence à saturer, et puisDSC00098 les salles démontées et remontées pour être repeintes par les romains, c’est rigolo, mais bon. Peut-être aussi que ce qui me gêne le plus, ce sont les hauts-parleurs de la mosquée du temple de Louxor qui déversent le prêche de l’Imam dans nos oreilles. Nous ne comprenons pas l’arabe mais la rugosité  de la langue et le ton du discours donnent vraiment l’impression de quelque chose de menaçant… J’espère que c’est une impression qui n’est dûe qu’à la barrière linguistique. En tout cas, ça agace Aischa « pourquoi, font-ils ça ? Les gens qui veulent écouter, ils sont dans la mosquée… »

L’après midi est libre. Etude biblique puis pause bissap (ici, on dit carcadet)

 pour l’anniversaire de Louis. Une petite tentative pour trouver tous seuls (avec Laurence et mes parents) un bureau de change. C’est vrai que les calèchiers ne sont pas très malins dans leur roublardise : tous nous indiquent le souk dans une direction différente (en fait, nous découvrirons qu’il est à deux pas en face de nous, mais ce n’est pas là que nous allons) Toujours est-il que même si nous avions eu envie de prendre une calèche, cette malhonnêteté évidente, nous en aurait vite dissuadés…

Retour bredouille au bateau. Nous repartirons deux heures plus tard avec Jean paul qui orientera les groupes qui vers le souk, qui vers une boutique de commerce équitable, qui vers le musée. Pas de chance, notre groupe se casse les dents au musée qui, contrairement à ce qui est indiqué dans les guide, ferme à 15h. Avec un peu de chance, nous irons le lendemain (c'est-à-dire tout à l’heure (vous arrivez à suivre ?)), si nous sortons des nécropoles assez tôt…

 

18h

Je reprend mon récit de la journée d’hier. Celle d’aujourd’hui est bien remplie mais je devrais avoir du temps dans le train…

DSC00200Donc refoulés au musée, nous nous dirigeons vers la boutique de commerce équitable et puisque nous sommes à côté, ce serait dommage de ne pas faire un passage au souk. Là, ça ne m’enchante pas vraiment, j’aime pas beaucoup les marchés en général, et même si je suis passablement épargné par les vendeurs (je suis plus grand que l’égyptien moyen et je dois avoir l’air antipathique), je suis très mal à l’aise face à la sollicitation constante. Mais si la sortie du bateau est franchement pénible, le souk est correct (forcément m’informera Jean Paul, le souk ce sont des commerçant, à la sortie du bateau c’est les petits voyons des rues). Visiblement, les égyptiens ont été informés par des compatriotes « Français fauchés, Sarkozy garde les sous »..

D’ailleurs c’est peut-être le moment de dire un mot sur ces sollicitations constantes, parce que je n’aime pas ça, mais il y a quand même des trucs rigolos et que ça fait partie du voyage.

D’abord un commerce dont je n’avais pas idée : les changeurs de monnaie qui demandent des billets (en euro) contre des pièces (en principe d’euro, mais il faut être prudent ! la pièce d’une livre égyptienne ressemble à s’y méprendre à notre pièce de deux euros). En effet, les banques ne reprennent pas les pièces et les touristes ont toujours besoin de mitraille pour payer les mer… babioles folkloriques qu’on nous propose constamment. On pourrait se demander pourquoi ils ne se contentent pas de rendre la monnaie pour se débarrasser de leurs pièces mais c’est comme ça, le fond de caisse n’est pas entré dans les mœurs.

Tout aussi folklorique, les petites roublardises auquel le touriste pompe à fric doit s’attendre :

-          le prix d’appel. Tout est toujours à un euro (parfois « gratuit »), jusqu’à la caisse. Mais si on s’arrête, si on prend (ou si on se laisse mettre dans la main), le prix monte très vite.

-          Le détournement : Tous les sites nous font toujours sortir par l’allée des commerces (ce qui n’est pas vraiment dépaysant pour un habitué des sites français) mais certains vont plus loin : un très beau panneau « Exit » bleu roi, bien plus visible que le panneau officiel, nous conduit tout droit dans un magasin à la sortie du temple d’Edfou…

-          L’amitié : « Monsieur, Bonjour ! Comment ça va ? Je t’ai vu, je travaille sur le bateau : la cuisine est bonne ? » Ne perdez pas votre temps à demander le nom du bateau, vous entendrez la phrase au moins trois fois en deux minutes….

-          Plus désagréable : la poignée de main ou l’accolade qui devient une étreinte dont on a beaucoup de mal à se dégager. Madian en fera les frais ainsi que, et c’est plus embêtant, Yaël. Depuis j’ai beaucoup de mal à lui dire qu’elle ne doit pas être terrifiée par tous les égyptiens qu’elle croise.

-          - Encore plus grave : par deux fois au moins, des sacs sont ouverts dans notre groupe. Rien de volé heureusement, mais Jean Paul fulmine : c’est vraiment un phénomène nouveau en Egypte, en partie parce qu’il n’y a plus de police…DSC00005

Retour du souk, l’anniversaire de Louis nous vaut les tambours pendant le repas, ainsi qu’une farandole (beurk, décidément après le souk, c’est ma soirée) et un gateau (miam). Enfin une soirée orientale suit. Mais l’associal fatigué que je suis redoute un spectacle participatif et se réfugie dans sa chambre. Bon j’ai raté un numéro quelconque de danse du ventre et le danseur/jongleur tournoyant qui était impressionnant. Tant pis.

En tout cas, malgré les petits coups de fatigue et quelques accidents d’intendance (sacs oubliés dans le bus), je suis ravi de l’atmosphère générale du groupe.

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