Vous avez regardé la vidéo, vous l’aviez peut-être déjà vue sur facebook ou assimilé, peut-être avez-vous souris en la découvrant ici ou vous êtes vous scandalisé de trouver des potacheries pareilles sur un blog pastoral, quoiqu’il en soit, vous avez tout de suite perçu le double-sens de cette chanson. Après tout, si cette vidéo circule ainsi sur Internet, c’est qu’il y a une raison…
Maintenant, posez-vous la question, ce double-sens vous serait-il apparu avec une telle évidence si vous aviez vu la chanson au cours de l’épisode entier. Sans doute un peu moins…
Et si vous aviez eu entre 4 et 6 ans (je crois que c’est l’âge auquel s’adresse Winnie l’ourson, c’est encore moins probable.
Enfin, la chanson en VO doit se prêter encore moins à une telle interprétation.
Bref, au-delà de la plaisanterie potache, c’est l’occasion de voir à quel point un contexte influence notre manière de recevoir un texte…
A partir de cela, soit on essaye de fixer une seule interprétation (ou l’on s’en remet à une instance pour le faire), soit on accepte la polysémie comme un enrichissement et comme ayant elle-même un sens (ah si j’avais une queue peut-il à la fois distraire les petit et faire rire, bêtement, les grands ?)
"Maman, les hélicos q
ui sont en l'air ont-ils des ailes ?"
Au musée du Bourget, un panneau de la salle des hélicoptères attire mon attention. Pendant longtemps, on a cru que ce qui permettait aux avions et aux hélicoptères de voler, c'était que leurs ailes et leurs pales étaient bombées. Du coup l'air passant au dessus va plus vite que l'air passant en dessous (il parcourt plus de chemin en moins de temps) et donc il exerçait moins de pression que celui passant en dessous. Une explication tirée du théorème de Bernouilli. Logique... Sauf que non, on sait aujourd'hui que c'est parce que leurs ailes et leurs pales sont inclinées vers le bas que volent avions et hélicos.
J'aime bien ce genre d'anecdotes parce qu'elles viennent casser l'image idéalisée et si répandue du tandem
"science et technique" selon laquelle l'homme observe la nature, puis la comprend et enfin la reproduit. En fait, l'homme observe la nature, en tâtonnant, au prix d'un certains nombres de crash,
finit par arriver à la copier. Enfin, parfois, il parvient à comprendre pourquoi ça marche comme ça. (L'aspect tâtonnement est d'ailleurs très bien rendue dans la salle des premières machines
volantes)
Bien sûr, pendant ce temps, volent les avions et tournent les hélicos, mais ce genre d'accroc devrait nous conduire à garder un peu d'esprit critique sur deux idoles des temps modernes.
(P.S) En recherchant le nom du théorème, je m'aperçois que la discussion entre partisans de Bernouilli et
partisans de Newton reste ouverte, cela ne change rien à l'essentiel de cette note, bien au contraire...
Mon petit frère est fou. En soi, c'est pas très grave : j'ai eu 30 ans pour m'y habituer. Ce qui m'inquiète un peu plus, c'est que ces derniers temps, j'ai pas mal tendance à le
suivre dans ces drôles d'idées. Le périple en Mauritanie, c'était lui. L'idée de cette année, c'est donc un vol en parapente (avec moniteur, hein, je laisse à Matthieu le soin de voler de ses
propres ailes)
Le parapente, c'est très, très chouette et puis c'est pas très dur à relire théologiquement. Forcément, c'est une histoire de vent.
Tout d'abord, il y a l'incroyable capacité de portance de cet air impalpable. Au sol, la voile n'est qu'un grand morceau de toile très souple complètement chiffonné. Et voila que le vent la soulève emportant 160 kilos d'Erics (je rappelle qu'on était deux). Et voilà qu'en vol, elle paraît plus rigide qu'une plaque de tôle. Plus solide et stable que la voile d'un bateau, que l'aile d'un avion. C'est drôle, plus l'intermédiaire entre l'air et nous est fragile, simple, mieux on sent cette force du vent. Et pourtant malgré cette solidité, ce n’est pas vraiment rassurant d’être ainsi suspendu dans les airs, on retrouve ce mélange étrange entre sérénité et inquiétude dans la foi : ce qui me tiens est solide mais je ne tiens qu’à cela…
Et puis, une fois en l'air, la perception du monde change. Pas parce qu'on voit le monde d'en haut, mais
parce qu'on perd toute notion d'altitude et de vitesse. Je suis incapable de dire si on accélère, si on monte ou on descend, je vois juste qu'on est plus haut (ou plus bas) que deux minutes plus
tôt. Bien sûr, cela ne signifie pas qu'on perde tout repère. Moi, je ne suis que passager. Eric, mon pilote tient les commandes, il teste le vent,
il a ses propres repères. Quand j'étais petit on m'avait surnommé planeur. En fait c'est
injuste pour ceux qui volent, tout comme il est injuste de penser que croire est un déni de lucidité. En effet, c'est justement là que je vois l'analogie avec la foi, le fait d'être porté par
l'Esprit : on n'est pas déconnecté du monde, on est connecté autrement, on change de perspective et de perception et du coup, on change notre manière de
conduire.
Je pourrais faire de mon incapacité à décrire l'expérience, un troisième parallèle : il est difficile d'exprimer une expérience de foi. Mais je vais m'arrêter là et me contenter de remercier Matthieu et Eric pour le vol.

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