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Théo en culture

Mardi 1 décembre 2009 2 01 /12 /2009 11:09

Ce pourrait être un objet de collection : les adaptations de Un chant de Noël de Dickens sur tous le supports. Personnellement ma première rencontre avec le conte de Dickens remonte à un épisode de L'homme qui valait trois milliards, c'est dire...

C'et vrai qu'elle est sympa cette histoire de vieux grigou qui, confronté à ce qu'il est, se transforme radicalement. On pourrait même en faire une relecture théologique sans couper aucun cheveu en quatre et parler de conversion.

Sauf qu'il y a le fantôme des Noëls à venir qui vient pour faire peur, pour menacer : "voilà ce qui t'attend si tu ne te convertis pas". Du coup, c'est pour échapper à une affreuse mort solitaire qu'Ebenezer change d'attitude. Une conversion ça ? Baliverne !

Et je rêve d'un Chant de Noël plus court où les fantômes des Noëls passés et présents viendraient dire à Scrooge : "Voilà où tu es, voilà ce qui t'es offert. Quitte tes chaînes et entre dans la joie de ton maître"

(Oui, bon, je trouverais encore le moyen de préciser que cette conversion est le fruit de l'Esprit Saint, mais c'est une autre histoire)

 

P. S. : Le drôle de Noël de Scrooge, la dernière adaptation de Christmas Carol par Zemeckis est très chouette. A la fois libre et étonnamment fidèle. Attention quand même pour les enfants : elle est tout à fait effrayante. Moi, je n'ai presque pas eu peur mais c'est parce que je connaissais déjà l'histoire.

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Samedi 31 octobre 2009 6 31 /10 /2009 15:25

J’aurais pu faire du Ruban blanc, un ènième film emblématique de mon anthropologie pessimiste, portrait glaçant d’une humanité trop veule pour être vraiment haïssable, où même l’amour, pourtant présenté comme une bouffée d’air et d’innocence, ne sert en fait qu’à aveugler l’instituteur qui était le mieux placé pour découvrir les drames se jouant dans ce village d’Allemagne.

Seulement voilà, entre cantiques et citations bibliques, la religion occupe une place importante dans ce film et pour une fois (ce n’est pas si fréquent) c’est un pasteur luthérien qui tient le rôle du grand méchant loup (ce qui fera des vacances à nos frères catholiques). Et là, il y a pas mal à dire.

Tout d’abord, on n’est pas dans le pamphlet athéiste ou la religion serait la source de tous les maux, le docteur, que je vois, je ne sais pas pourquoi, comme une figure de libre pensée, ne vaut pas mieux.

Ensuite, le ruban blanc ne souffre pas du syndrome Magdalene’s Sisters. La foi ne manque pas. Le pasteur n’est pas un affreux tartuffe animé par la luxure et l’appât du gain, son terrifiant rigorisme lui vient d’une foi certainement profonde et sincère et de la conviction de bien faire. Ce qui le rend encore plus inquiétant.

Enfin, ce n’est pas non plus l’amour qui manque à cette religion, c’est par amour, parce qu’il veut leur salut, que le pasteur bat ses enfants, par amour qu’il attache son fils dans son lit « pour lui éviter de céder aux tentations de sa jeune chair »… Il aime ses enfants au point de refuser de voir l’évidence. Ce qui manque à cette religion, c’est un peu de légèreté, c’est l’humour qui permet de voir l’être humain tel qu’il est, sans perdre de vue qu’aussi faible, aussi faillible qu’il soit, il est aimé de Dieu et que de ce constat monte une grande joie, et une vraie liberté.

Sans cet humour qui, seul, permet à l’homme de renoncer à porter le poids du monde, la foi n’est plus que religion, aussi humiliante, culpabilisante et vaine contre le mal qu’un ruban blanc rappelant une pureté inaccessible.

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Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 07:41

Et voici que les demoiselles passent encore une fois devant la table : messire Gauvain croit en voir trois cette fois-ci ; il lève les yeux, et il lui semble que le Graal est suspendu dans les airs. Et il lui semble voir au-dessus un homme cloué sur une croix, une lance fichée au côté : messire Gauvain le contemple et éprouve une profonde compassion pour lui ; il ne pense qu'à une seule chose, aux souffrances qu'endure le Roi. Le plus noble des chevaliers l'exhorte de nouveau à parler et lui que s'il tarde davantage, il n'en aura plus jamais l'occasion. Mais messire Gauvain se tait : il n'entend même pas le chevalier, et regarde vers le haut.

Perlesvaus, le haut livre du Graal in La légende arthurienne

J'ai toujours aimé les histoires de chevalerie, Excalibur fait partie de mes films de référence, ceci explique sans doute pourquoi Les légendes arthuriennes sont depuis 20 ans dans ma bibliothèque. En revanche, la symbolique médiévale m'ennuie, ce qui explique pourquoi je ne lis que maintenant ces légendes, découvrant pourquoi le Graal échappe successivement à Perceval et Gauvain : les deux le voient mais omettent de demander qui il sert.

Perceval ne pose pas la question parce qu'il est presque aussi mal dégrossi que son homologue kaamelotesque (c'est pas faux : s'il ne joue pas au "cul de chouette", ce n'est pas loin), et que sa maman lui a recommandé de ne pas poser de question.

Le manqué de Gauvain est plus intéressant : c'est parce qu'il est perdu dans son adoration du Graal qu'il ne pose pas la question. Son échec, c'est d'avoir, dans son extase mystique, perdu de vue la dimension humaine. C'est de s'être tourné vers le Christ en oubliant ceux pour qui celui-ci est venu. Une très belle illustration médiévale et chevaleresque de l'impossibilité de séparer l'amour de Dieu et du prochain.

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Vendredi 25 septembre 2009 5 25 /09 /2009 14:35

"Oui, mais si l'homme ne veut pas de cet amour ?" La question ressurgit toujours quand on annonce la grâce. Et je corrige intérieurement "pas si : quand, l'homme refuse toujours". Et je souris en pensant à un léopard nommé "bébé". Ou plutôt à une rousse volcanique

Dans L'impossible Mr. Bébé (Briging up baby, pour les puristes), David Huxley refuse l'amour de Susan : il a ses propres projets, sa vie, sa carrière, sa fiancée, sa clavicule intercostale, son brontosaure...

Mais peu importe, Susan, tête pas si folle que ça, est amoureuse et elle entraînera le malheureux professeur dans un tourbillon de catastrophes, de quiproquo, et de non-sens. Si l'on y regarde bien, la comédie de Howard Hawks nous raconte l'histoire  terrible d'une femme qui ruine la carrière et les fiançailles d'un homme afin de l'avoir pour elle. Pourtant, il est impossible de lui en vouloir, et ce n'est pas seulement à cause de son charme (ah Katherine Hepburn !  *soupir*) mais bien parce qu'il est évident qu'elle libère David.

J’aime bien cette image de la grâce, une avalanche de folie qui saisit l'homme contre son gré et, en le dépouillant de ses attachements, l'entraîne pour une liberté véritable.

Filmé par Howard Hawks, Dieu est rousse et la Bonne Nouvelle pétille d'humour.

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Vendredi 11 septembre 2009 5 11 /09 /2009 09:07
"Can you theologians speak any other language than Canaan patois ?"

Si on le prend pour un film de guerre, ou, pire, pour un film sur le nazisme, alors Inglorious Bastards devient insupportable. En revanche, une fois posé que Tarantino salue ici par un cli d'oeil tout le cinéma de genre, des 12 salopards à la nazixploitation, son film devient un très bon moment de cinéma (sauf si vous êtes allergique à Tarentino et à sa violence truculente).
Donc pas de note sur  l'incapacité de l'homme à combattre ses monstres sans en devenir un lui-même.
En revanche, c'est l'occasion de rappeler que le B-A-BA de l'étude biblique, c'est de se rappeler que les textes bibliques appartiennent à des genres différents et que le perdre de vue conduit à des non-sens encore pires que l'oubli de l'époque et de la culture. Et, sans tomber dans l'aberration qui consiste à faire de l'Ancien testament un code secret qui annoncerait otut le Nouveau Testament, cela se fait plus facilement qu'on croit, à cause de notre habitude de dire LA bible et de la considérer comme un ensemble homogène, on a vite fait de lire une parabole comme un traité de théologie, un mythe comme une allégorie, un psaume comme un récit historique.
Et puis, tiens puisque le jeu des langues à une telle importance dans Inglorious Bastard, c'est l'occasion de rappeler que les langues ont leur importance aussi, même si j'avoue beaucoup devoirs aux interlinéaires.
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Agenda

A partir du 29 novembre
Abécédaire de Noël
(sur le site de la paroisse)

Samedi 5 décembre 16h-17h
Devant la médiathèque
Cercle de silence

Jeudi 17 décembre 20h-22h
Au Grand Café
11 rue de la Harpe
27000  Evreux
Café biblique
"Dieu contre la science"


Jeudi 24 décembre
Noël de la solidarité

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