Ingrid Betancourt est donc libre. Forcément nous nous réjouissons pour elle, pour sa famille. Nous partageons le soulagement et la
joie profonde de cette femme et de sa famille. Pourtant, cette joie est aussitôt ternie par la pensée qu'il y en a d'autres. Ingrid Betancourt était devenue le symbole de tous les otages, de tous
ceux qui sont retenus au nom de lutte qui ne sont pas les leurs. Maintenant qu'elle est libre, le risque est grand que les autres otages n'aient plus de visage...
Nous ne serons libres que quand tu le seras, chantait Renaud... Raté.
Robe ! Unique objet de mon ressentiment !
Cette année, le thème du concert des chorales des collèges est "Les métiers". Pour établir le décors, il est demandé aux jeunes chanteurs d'apporter la tenue de travail de leurs parents. Je
propose à Madian de prendre la robe pastorale. Refus des organisateurs : c'est un concert laïc...
Il aurait dit que c'était une robe d'avocat, personne ne se serait rendu compte de rien...
Enfin.... Faut espérer que le proverbe est vrai et que le ridicule ne tue pas... Sinon, la laïcité est mise en danger par quelques uns
de ses plus fervents défenseurs...
Je suis un peu paresseux ces temps-ci, non ?
Et pourtant y en a des choses en cours de rédaction (deux prédications de retard des considérations sur Einstein et les abeilles, au moins une note de lecture, un lien entre Kierkegarard et Eddy
Mitchell et plusieurs réponses à des commentaires qui les méritent)
Allez, pour vous faire patienter deux, trois petites choses en vrac
Rien d'intelligent à dire sur les JO, la Chine, le Tibet, le boycott ou pas (hormis que si je relis une fois un article du Monde qui parle de boycottage, je m'énerve). Je me rappelle un de mes
profs évoquant ses souvenirs d'étudiant en théo à l'époque de la guerre d'Algérie. Le débat faisait rage alors à la fac pour savoir s'il fallait partir comme aumonier ou refuser. Et en susbtance,
il disait les deux camps avaient d'excellentes raisons dans leurs choix, ils n'avaient tort que quand ils affirmaient que l'autre camps faisait le mauvais choix... Face à une situation qui
réclame notre engagement, faire un choix, le défendre et pourtant savoir reconnaître que d'autres choix sont tout aussi respectables...
Après le pataquès des municipales ébroïciennes, je prie pour les hommes et les femmes politiques plus que jamais. Je n'idéalise pas le monde politique, je me doute bien que derrière la dimension
de service, il y a toujours aussi une soif de pouvoir. D'ailleurs pour tout vous avouer, les soirées électorales sont un peu mon match de foot télévisuel : je suis de parti pri, je salue les
bonnes réparties de mon équipe, me désole de celles du camps adverse, je hurle sur les coups francs, etc. (je sais bien que la politique ne devrait pas être un specatacle, mais franchement, je ne
crois pas qu'on puisse attendre d'une soirée électorale d'être de haut-vol, alors...) Mais pour revenir à Evreux, je n'aurais pas cru possible que l'on puisse pendant et surtout après des
élections atteindre ce tel niveau de mesquinerie et de coup bas (et ce à droite comme à gauche). Et du coup, je prie pour les hommes et les femmes qui sont blessés dans ces jeux pleins de fiels,
je prie pour ceux qui se déshumanisent dans cette course. Je prie pour qu'ils sachent conserver leurs convictions, leurs engagements. je prie pour que nous sachions les accompagner dans leur
humanité même quand ils se plantent, plutôt que de prendre un plaisir pervers à nous indigner devant la corruption...
Pédophile, chomeur, consanguin, Bienvenu les Ch'ti... En fait, je devrais prier aussi pour les supporters... Je suis content que tout soit fait pour que les auteurs de cette banderolles soit
punis. Mais je m'étonne un peu que les défenseurs de la liberté d'expression ne soit pas montés au créneau. Serait-on en train de comprendre que l'insulte n'est pas de l'humour ? Ou bien les
croyants seraient-il la dernière catégorie de personne qu'on devrait avoir le droit d'insulter en toute liberté ? En même temps, nous autres (nizôt' ?)chrétiens, on ne devrait pas trop s'en
plaindre, on était prévenus (cf. Matthieu V, 17)
Tiens, en parlant de ch'ti, note pour plus tard, je n'irais plus en Conseil Régionnal ou en pastorale sans avoir vu la dernière comédie à la mode !!! 6 heures de réunion à ne pas comprendre les
fines allusions des uns et des autres.... Depuis la lacune a été comblée, mais j'en ferais sans doute pas une lecture théologique...
Un 4 avril 2008 !
Le 4 avril prochain, nos églises protestantes commémoreront l’assassinat du pasteur Martin Luther King. Sa vie fut conforme à
l’interprétation qu’il donnait à l’Evangile. Il témoigna de l’amour de Dieu, jusqu’à en donner sa vie. Lui et de nombreux autres à sa suite, s’inscrivirent dans l’obéissance à Jésus-Christ. Ils
proclamèrent, par leurs actes et leurs paroles, ce qui pour eux est le centre de l’évangile : la justice.
Rappelant les paroles des prophètes, que ce soit Amos ou Michée, proclamant les paroles du Christ du sermon sur la montagne, Martin
Luther King est les siens rendirent évident qu’il n’y a pas de justice sans respect de la dignité de chaque être humain.
Cette démarche de lutte pour la justice et la dignité, nos églises ne veulent pas l’oublier.
C’est ainsi que régulièrement nos synodes émettent des vœux rappelant la situation de détresse que les collaborateurs de la Cimade
découvrent dans les centres de rétention administratifs.
Certes, le temps de la commémoration rend vivace la mémoire et évite l’oubli. Mais n’est-il pas venu le moment pour nos églises de
témoigner de notre espérance par des paroles qui se font chair ? Ne pouvons-nous pas, à notre tour et dans le sillage de Martin Luther King, porter des actions symboliques qui rappellent le sens
profond de notre engagement de chrétien ?
Lors de notre dernière pastorale, plusieurs collègues considéraient qu’il est de notre responsabilité de témoigner de la parole de
Dieu dans le monde. Etre responsable, n’est-ce pas répondre de Dieu devant les hommes ? Et lorsque des lieux ou des lois bafouent la dignité et le respect que l’on doit à tout être humain,
comment ne pas les dénoncer ?
Aujourd’hui, des hommes, des femmes, des enfants sont enfermés parce qu’ils demandent des papiers qu’ils n’ont pas à notre pays. Ils
ne sont ni criminels, ni dangereux, mais simplement sans patrie.
Notre compréhension de la justice et de la dignité nous empêche de croire que l’on peut enfermer un être humain, combien même
serait-il étranger, s’il n’a pas été condamné pour des faits répréhensibles. Mais surtout, nous faisons nôtre cette parole de Dieu, qui pour nous devient un principe moral : « quand un étranger
viendra s’installer chez vous, dans votre pays, ne profitez pas de lui. Au contraire, vous agirez avec lui comme avec quelqu’un de votre peuple. Vous devez l’aimer comme vous-mêmes ». Lv 19.34-35
(traduction Parole de Vie)
C’est au nom de cet amour de Dieu ou tout simplement de ce respect que nous comptons agir.
Nous souhaitons agir en nous rassemblant ce 4 avril 2008 devant le centre de rétention de Oissel. C’est avec la force de nos
prières que nous contesterons l’injustice qui sévit derrière ces murs.
« Vous êtes mort, quand vous avez refusé de vous dresser pour la bonne cause.
Vous êtes mort, quand vous avez refusé de vous dresser pour la vérité.
Vous êtes mort, quand vous avez refusé de vous dresser pour la justice. » Martin Luther King
Pr Eric George, Pr Olivier Putz, Pr Andrew Rossiter.
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