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Humeurs

Mardi 15 décembre 2009 2 15 /12 /2009 17:58

affiche-capitalism-a-love-story.jpgDans « Capitalism, a love story », Michael Moore dénonce les assurances vie que de grandes compagnies peuvent prendre sur leurs salariés. En grand naïf, je croyais à une perversion plus ou moins légale propre aux Etats-Unis (et puis je ne regarde pas les pamphlets de Michael Moore comme des documentaires, non plus).

Au détour d’un article de la Revue Fiduciaire, Laurence (vous ne croyiez pas que c’était moi qui lisais la Revue Fiduciaire, non plus ?) m’apprend que la pratique existe en France également et qu’elle est tout à fait légale

14-2 Assurance pour perte d’exploitation liée à la disparition d’un « homme clé » Les primes afférentes aux contrats d’assurance pour perte d’exploitation liée à la disparition ou à l’invalidité de « l’homme clé » sont déductibles si tous les critères suivants sont satisfaits :

- le bénéficiaire de l’assurance est l’entreprise

-  l’ « homme clé » s’entend de toute personne jouant un rôle déterminant dans le fonctionnement de l’entreprise

- le risque assuré consiste en la perte pécuniaire consécutive au décès ou à l’incapacité (d’une durée au moins égale à trois mois de l’ « homme clé » assuré

(…)

L’indemnité versée à l’entreprise lors de la réalisation du risque assuré doit être comprise dans le bénéfice imposable dans les conditions de droits communs. Néanmoins, elle peut être étalée par parts égales sur 5 exercices, à savoir l’année de la réalisation du risque et les quatre années suivantes.

14-3 Assurance vie au profit des dirigeants ou de certains collaborateurs. Les primes versées en exécution de tels contrats doivent être considérées comme un placement et ne sont donc pas admises en déduction des résultats des exercices au cours desquels les dépenses ont été engagées. En revanche, elles peuvent être globalement retranchées des résultats de l’exercice du titre auquel le capital est perçu, soit lors de la réalisation du risque, soit au terme du contrat.

Revue Fiduciaire Cahier N°23 FH 3267


Quand la mort n’est plus qu’un manque à gagner ou capital déductible ou non, on peut dire que la vie n’est vraiment plus qu’une valeur marchande. A chaque fait-divers barbare, nous sommes horrifiés par le peu de cas que les criminels ont fait d’une vie. La question de la valeur d’une vie humaine est, heureusement, au coeur de la question bioéthique. Dans le monde la finance, en revanche, la question semble bien réglée et chiffrée. La valeur d’une vie humaine ? C’est ce que la personne rapporte à l’entreprise…

 

Ecoutez, vous qui harcelez le pauvre et qui supprimez les déshérités du pays !

Vous dites : Quand la nouvelle lune sera–t–elle passée, que nous vendions le grain ? Quand le sabbat finira–t–il, que nous ouvrions les sacs de blé ? Nous diminuerons l’épha, nous augmenterons le prix, nous fausserons les balances pour tromper ; nous achèterons les petites gens pour de l’argent, le pauvre pour une paire de sandales, et nous vendrons même le déchet du blé.

Le SEIGNEUR l’a juré par l’orgueil de Jacob : je n’oublierai jamais aucune de leurs œuvres.

Amos VIII, 4-7

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Vendredi 4 décembre 2009 5 04 /12 /2009 16:59

And they call him Santa Claws

Mes enfants sont maintenant trop grands pour croire au Père Noël. Pourtant, je dois reconnaître que sans jamais avoir vraiment joué le jeu (les achats n'étaient pas vraiment camouflés, les demandes étaient adressées aux grands parents et oncles), nous n'avons jamais non plus interdit ce folklore non biblique de Noël. Je ne mets pas l’imaginaire en concurrence avec la foi.

Ce n'est d'ailleurs pas la défense de la pureté biblique de Noël qui motive cette note. Il y a dans nos vies des idoles bien plus dangereuses que Santa Claus à renverser.

En fait, c'est la signification du cadeau qui me fait réfléchir. En effet, à quelques exceptions près, bien au delà de sa valeur marchande, le cadeau est une manifestation d'amour. La personne qui me fait un cadeau, en plus de l'objet qu'elle me donne, me dit qu'elle m'aime. Et, c'est un lieu commun, j'aime savoir que l'on m'aime.

Alors pourquoi laisser un gros homme rouge brouiller les pistes ? Pourquoi rester dans l'anonymat au lieu d'offrir nos cadeaux comme un message d'amour ? Pourquoi ne pas dire à nos enfants, parents, amis : "si je te fais ce cadeau en ce jour, ce n'est pas seulement par tradition, c'est parce que je t'aime et que j'ai plaisir à te faire plaisir" ? Pourquoi, à l’objet offert ne pas ajouter un sens ?

Un père noël, pourquoi faire ?

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Lundi 30 novembre 2009 1 30 /11 /2009 13:37


Comme  chaque nouvel album, Molly Malone tourne en boucle dans mon lecteur de CD.

Ce dernier album de Renaud s'inscrit dans la lignée de Renaud cante el nord et du petit bal du samedi soir. En effet, loin de son habituel hétéroclisme musical, le chanteur énervant nous propose son adaptation de ballades irlandaises.

Du coup, sur la pochette, se côtoient la croix huguenote et le trèfle irlandais. D'ordinaire, le protestantisme de Renaud m'indiffère plutôt (en fait, c'est même du favoritisme éhonté de ma part, en règle générale le protestantisme sociologique m'agace) mais il donne à cet album une saveur toute particulière. En effet, dans le conflit que chante ici Renaud, admirateur de l'esprit camisard, les protestants ne tiennent pas le rôle de la minorité persécutée... Bien sûr, le conflit irlandais est un peu plus complexe qu'une guerre de religion, n'empêche qu'il donne un sérieux coup de canif à un certain chauvinisme protestant. Et j'aime bien ce décalage, comme une piqûre de rappel contre la tentation hagiographique protestante.

Qu'il  traduise ou  adapte ces chants, les mots de Renaud s'accordent avec bonheur aux mélodies irlandaises, il chante la misère, la nostalgie, la colère aussi, et contrairement à sa voix, ses paroles tombent juste.

En particulier quand il transforme le facétieux Don't get married, girls en plaidoyer radical pour la non-violence.

Donne ton amour, ta flamme

Et ce pour l'éternité

A qui déteste les armes

Fussent-elles de la liberté

 

Eraillé certes (parfois à la limite du supportable), mais aussi émouvant et beau.

Et puis bon, les chansons de Renaud et moi, c'est une longue histoire.

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Mardi 10 novembre 2009 2 10 /11 /2009 19:57

Continuons de nous taire en public

Max Dubois

 

A ma droite, la médiathèque, à ma gauche, l'hôtel de ville déploie ses drapeaux : la Normandie, la France, l'Europe... Un panneau publicitaire me cache l'espace qui devrait logiquement accueillir un drapeau à l'échelle du monde. Autour de moi, un cercle d'une cinquantaine de personnes de tous âges, de diverses confessions, de multiples opinions politiques, un cercle qui s'élargit et se resserre au gré de ceux qui le rejoignent ou le quittent. Beaucoup de symboles de mon identité nationale (quoique certains ricaneraient en m'entendant mettre mon identité dans le silence)...

Au mois d'octobre, nous avions difficilement rassemblé 25 personnes (je m'aperçois que je n'ai jamais terminé la note que j'avais commencé pour l'occasion), cette fois nous sommes monté jusqu'à 60. Sans doute parce que nous avons plus communiqué de peur que le silence soit étouffé. Peut-être aussi parce que nous avons invité plus largement, en précisant que rien n'oblige à rester toute une heure.

Mais si nous sommes rassurés, à la vérité, le sentiment dominant reste l'impuissance : nous n'avons pas de solutions. Or, le sans papier a pris pour moi un visage et plus efficacement que tous les discours, ce visage me crie l'urgence, le tragique et l'inextricable.

Je ne sais pas et je me tais. Mais je sais que je ne peux pas garder ce silence pour moi.

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Lundi 19 octobre 2009 1 19 /10 /2009 19:28

Quatre ans… Miettes de théologie à quatre ans aujourd’hui.

L’usage ce serait de donner des chiffres, genre 666 articles (mais celui-ci est le 667eme, ouf ! (euh c’est pour rire, hein, je ne fais pas vraiment une fixette sur les nombres)), j’ai la flemme de compter les commentaires et je ne sais pas combien de visiteurs puisque overblog a changé sa façon de compter à mi-parcours (en ce moment, c’est une cinquantaine par jour, un peu plus quand je cède à mon goût pour la discutaille).

Je pourrais faire une rétrospective aussi. Avouer que j’ignorais tout des Miettes théologiques de Kierkegaard quand j’ai choisi mon titre (sinon je n’aurais pas osé, même si je l’aime bien ce titre) Reconnaître que j’ai un peu levé le pied cette année, un peu succomber à la tentation du sérieux entre citations calviniennes et prédications.

Mais bon, aujourd’hui c’est plutôt du plaisir que j’ai envie de parler, le plaisir de me retrouver en relisant ce blog, un peu foutraque, un peu intello, un peu capillotracté, le plaisir de découvrir des gens nouveaux, ou de me découvrir lu par de vieilles connaissances (amis, familles, paroissiens (heureusement les collègues n’y passent pas trop de temps, je suis très timide face à mes collègues)), le plaisir aussi de parler de Dieu, d’essayer de dire cette nouvelle d’un amour inconditionnel, de partager cette passion pour cette bible qui change notre regard sur le monde.

Miettes de théo a quatre ans, ma pensée n’est toujours pas très structurée, et il y aura des passages à vide, des relectures sans doute un peu trop forcée, des échanges stériles, Dieu voulant, il y aura de nouvelles rencontres, d’autres échanges plus riches… Mais tant qu’il y aura le plaisir et parfois des idées, Miettes de théo continue…

L’usage serait bien sûr de vous remerciez vous qui me lisez. Mais quand je me met à remercier, je sors toujours de l’usage pour passer au sentimentalisme, alors à vous tous, lecteurs réguliers ou occasionnels, lecteurs muets ou commentateurs (ci, sur facebook ou irl (pour mes lecteurs pas encore geeks, irl = in real life, dans la vraie vie quoi), juste merci parce que comme je le disais, vous faites partie du plaisir.

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Agenda

A partir du 29 novembre
Abécédaire de Noël
(sur le site de la paroisse)

Samedi 5 décembre 16h-17h
Devant la médiathèque
Cercle de silence

Jeudi 17 décembre 20h-22h
Au Grand Café
11 rue de la Harpe
27000  Evreux
Café biblique
"Dieu contre la science"


Jeudi 24 décembre
Noël de la solidarité

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