Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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Samedi 28 juin 2008

Ce soir, loin des tumultes de la Gay Pride (j'étais un peu coincé dans Paris aujourd'hui), des chrétiens se mettront en prière (peut-être certains auront-ils défilés à Paris sous l'étendard multicolores). De 20h à 8h, un long relais de prière pour les victimes de la torture, toutes les victimes : ceux qui la subissent, ceux qui la commettent, ceux qui l'ordonne. Il est inutile que je vous présente l'ACAT et la nuit des veilleurs : vous n'avez qu'à aller voir sur leur site et, si vous êtes chrétiens, vous pouvez même vous inscrire pour un temps de prière (si vous n'êtes pas chrétiens, eh bien, c'est à vous de voir : loin de moi l'idée de vous exclure de cette action).

En revanche, à l'orée de cette nuit des veilleurs, j'aimerai partager avec vous une petite réflexion sur la prière et la veille.

A quoi bon prier pour les victimes de la torture ? Qu'est ce que cela leur apporte ? Et dans le strict domaine de la foi, Dieu aidera-t-il plus les victimes de la torture si je prie pour elles ? Les aiera-t-il moins si je me tais ? Et comment seraient-ils soulagés par cette prière qu'ils ignorent. Des pétitions, des lettres ne seraient-elles pas plus utiles ? Sans aucun doute.

En fait, je ne suis pas du tout persuadé de l'utilité de la prière. Qu'on me comprenne bien, il ne s'agit pas ici de contester l'idée que Dieu agit dans le monde. En fait, c'est le contraire, je suis convaincu que Dieu n'attend pas nos prières pour agir en faveur de ses enfants. Je ne défendrai donc pas ici l'utilité de la prière. En revanche, parce que je suis chrétien, je reconnais que la prière m'est nécessaire. Aussi étrange que cela puisse paraître dans notre logique, j'affirme la nécessité absolue de cette prière complètement inutile.

Je vais même aller plus loin, je crois que l'efficacité de la prière réside dans son inutilité. Je suis en désaccord avec Alain Houziaux quand il affirme que l'homme doit faire les choses pour rien. Je pense que la gratuité est l'apanage de Dieu, l'homme lui agit pour quelque chose et ce même quand il fait le bien : il y a une utilité immédiate aux exigences de l'Evangile. Y répondre ne provoque pas notre salut mais améliore notre monde. Mais la prière est l'exception : elle est inutile, elle n'améliore pas notre monde, elle est "pour rien". Et parce qu'elle est "pour rien", elle nous rapproche de Dieu en nous faisant participer à sa gratuité.

 

Mais l'ACAT ne fait pas que prier, ils font aussi dans l'utile, nous rappelant que la prière n'empêche pas l'action bien au contraire. L'utile ce sont les pétitions et les lettres. L'utile c'est aussi cette nuit de veille. Parce que veiller, c'est avoir les yeux ouverts. C'est dire à ceux que l'on torture : "vous êtes toujours des hommes et des femmes, nos frères et nos soeurs, ceux qui vous écrasent ne réussiront pas à vous enlever cela". C'est dire aussi à ceux qui torturent, aux gouvernement qui utilisent la torture : "Nous savons ce que nous faisons". Et cette vigilance sert à quelque chose. Même le plus tyrannique des gouvernements se soucie au moins un peu de son image...

 

La prière et la veille, le nécessaire et l'utile, cette nuit pendant un quart d'heure ou une heure, ayons les yeux ouverts et notre espérance en Dieu seul...

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Mercredi 4 juin 2008
Voici les quelques questions et textes bibliques qui ont servi à lancer la discussion lors de notre dernier café biblique. Une discussion riche et féconde qui me conduit à revoir un peu mon vocabulaire entre immortalité de l’âme et résurrection…

Qu’y a-t-il après la mort ?

Quelles sont les théories sur l’après mort que vous connaissez ?

Croire en un au-delà de la mort, est-ce réservé aux religions ?

Croire ne l’existence de dieu(x) implique-t-il nécessairement que l’on croit qu’il y a quelque chose après la mort ?

Pourquoi l’homme a-t-il des théories sur l’au-delà ?

 Tout ce que ta main trouve à faire, avec ta force, fais–le ; car il n’y a ni activité, ni raison, ni connaissance, ni sagesse dans le séjour des morts, où tu vas. Qoeleth IX, 10

Car ce n’est pas le séjour des morts qui te célébrera, ce n’est pas la mort qui te louera ; ceux qui descendent dans le gouffre n’espèrent plus rien de ta loyauté. Esaïe XXXVIII, 18

En ce temps–là se dressera Michel, le grand prince, celui qui défend les gens de ton peuple. Ce sera un temps de détresse tel qu’il n’y en a pas eu depuis qu’il existe une nation jusqu’à ce temps–là. En ce temps–là, ton peuple échappera –– quiconque sera trouvé inscrit dans le livre. Une multitude, qui dort au pays de la poussière, se réveillera –– les uns pour la vie éternelle et les autres pour le déshonneur, pour une horreur éternelle. Ceux qui auront eu du discernement brilleront comme brille la voûte céleste –– ceux qui auront amené la multitude à la justice, comme des étoiles, pour toujours, à jamais Daniel XII, 1 à 2

Des sadducéens, qui disent qu’il n’y a pas de résurrection, viennent l’interroger : Maître, voici ce que Moïse nous a prescrit : Si quelqu’un meurt sans enfant, laissant une femme derrière lui, son frère prendra la femme et suscitera une descendance au défunt. Il y avait sept frères. Le premier prit femme et mourut sans laisser de descendance.  Le deuxième prit la femme et mourut sans laisser de descendance. Il en fut ainsi du troisième, et aucun des sept ne laissa de descendance. Après eux tous, la femme mourut aussi. A la résurrection, quand ils se relèveront, duquel sera–t–elle la femme ? Car les sept l’ont eue pour femme ! Jésus leur dit : Voilà pourquoi vous vous égarez ; vous ne comprenez ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu.  En effet, quand on se relève d’entre les morts, on ne prend ni femme ni mari, mais on est comme des anges dans les cieux. Quant au fait que les morts se réveillent, n’avez–vous pas lu, dans le livre de Moïse, ce que Dieu lui a dit près du buisson : C’est moi, le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob ! Il n’est pas le Dieu des morts, mais des vivants. Vous vous égarez complètement. Marc XII 18-27

Mais quelqu’un dira : Comment les morts se réveillent–ils ? Avec quel corps reviennent–ils ?   Homme déraisonnable ! Ce que tu sèmes toi–même n’est pas rendu vivant sans mourir. Et ce que tu sèmes, ce n’est pas le corps à venir, c’est une simple graine, un grain de blé peut–être, ou une autre semence ; puis Dieu lui donne un corps comme il le veut ; à chaque semence il donne un corps qui lui est propre. Toute chair n’est pas la même chair ; mais autre est celle des humains, autre la chair des animaux, autre la chair des oiseaux, autre celle des poissons. Il y a aussi des corps célestes et des corps terrestres ; mais autre est la gloire des corps célestes, autre celle des corps terrestres. Autre est la gloire du soleil, autre la gloire de la lune, et autre la gloire des étoiles ; même une étoile diffère en gloire d’une autre étoile. Ainsi en est–il de la résurrection des morts. Semé périssable, on se réveille impérissable. Semé dans le déshonneur, on se réveille dans la gloire. Semé dans la faiblesse, on se réveille dans la puissance. Semé corps naturel, on se réveille corps spirituel. S’il y a un corps naturel, il y a aussi un corps spirituel. C’est pourquoi il est écrit : Le premier homme, Adam, devint un être vivant, naturel. Le dernier Adam, lui, est devenu un esprit qui fait vivre.  Ce n’est pas le spirituel qui est premier, c’est le naturel ; le spirituel vient ensuite.   Le premier homme, tiré de la terre, est fait de poussière. Le deuxième homme vient du ciel. Tel est celui qui est fait de poussière, tels sont aussi ceux qui sont faits de poussière ; et tel est le céleste, tels sont aussi les célestes. Et de même que nous avons porté l’image de celui qui est fait de poussière, nous porterons aussi l’image du céleste. Ce que je dis, mes frères, c’est que la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que le périssable n’hérite pas l’impérissable. Je vais vous dire un mystère : nous ne nous endormirons pas tous ; mais tous, nous serons changés, en un instant, en un clin d’œil, à la dernière trompette. Car elle sonnera, et les morts se réveilleront impérissables, et nous, nous serons changés. Il faut en effet que le périssable revête l’impérissable, et que le mortel revête l’immortalité. Lorsque le périssable aura revêtu l’impérissable, et que le mortel aura revêtu l’immortalité, alors se sera accomplie la parole qui est écrite : La mort a été engloutie dans la victoire. Mort, où est ta victoire ? Mort, où est ton aiguillon ? L’aiguillon de la mort, c’est le péché ; et la puissance du péché, c’est la loi. Mais grâce soit rendue à Dieu, qui nous donne la victoire par notre Seigneur Jésus–Christ ! I Corinthiens XV, 36 à 57



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Mardi 13 mai 2008
Je ne résiste pas à citer ce petit encart de Réforme.

"Fallait-il traverser toute la France pour débattre aussi peu ?"  La remarque d’un des délégués du synode est un tantinet rude mais résume certains des propos qui s’échangeaient au moment des pauses ou des repas à Toulouse. Il faut dire que l’emploi du temps du synode – par ailleurs particulièrement bien organisé – était tellement serré et les interventions tellement nombreuses que les temps déchanges en groupes furent très limité, sur la question des région, de l’évangélisation, sur l’avenir de Théovie et le rôle du DEFAP. C’est d’autant plus dommage que des propos passionnants sur l’évangélisation, le rôle spécifique de l’ERF par rapport à d’autres Eglises, la façon d’incarner la Parole se sont échangés dans les groupes mais n’ont pas trouvé d’échos en plénière. En revanche, il y eut beaucoup d’exposés divers et variés sur toutes les institutions en lien avec l’ERF, avec un côté légèrement catalogue… Ce constat sévère était partagé par nombres de délégués. Mais sans oser le dire haut et fort. A la question : « puis-je vous citer dans réforme ? «  Les réponses ont fusé, unanimes : non, surtout pas. Pourquoi cette volonté de garder l’anonymat ? Pourquoi cette crainte ? C’est cela qui interroge.
Nathalie Leenhardt

Et encore moins à réagir. Alors que la peur étouffe mes co-synodaux, je le redis : Je vais aussi grommeler un peu sur certaines conditions de débats. Une fois de plus deux sujets (sur les trois principaux) ne sont abordés en travail de groupe que par la moitié des délégués synodaux, l'autre moitié devra donc voter après un débat en plénière d'une vingtaine de minutes. Or, cette fois la lourdeur de l'emploi du temps est une excuse difficile à invoquer (deux soirées libres, c'est du jamais vu). Bref, une fois de plus, un vrai débat n'est pas vraiment facilité... Et je vais même plus loin : Non le trop plein de l'emploi du temps n'est pas une excuse valable ! Et je signe : Eric George, pasteur de l’Eglise Réformée à Evreux.
Oui, j’ose ainsi braver les foudres de l’autorité nationale et, contre vents et marées, je crie à la face du monde ce que tous pensent tout bas… Tant pis si le bras vengeur de l’institution m’écrase, nul ne fera taire la vérité que tel le héros romantique je proclame…

Oui, bon, j’arrête de faire le mariole. Franchement je n’ai pas l’impression de courir un grand risque en l’écrivant : c’est vrai qu’il y a un problème avec les débats au cours de nos synodes. Pourtant, je suis persuadé que le problème est dû plus à une maladresse (et peut-être à une timidité des délégués synodaux) qu’à une volonté d’occulter ces débats. En effet, si je déplore que la décision concernant Théovie n’aie pas été plus amplement débattue par l’ensemble des synodaux, je maintiens que la décision finale prend compte de ce qui a été dit par le synode (je précise que ce n’est pas forcément la solution pas forcément l’orientation que je préconisai)


Flûte ! c’est malin ! J’avais une occasion de me poser en rebelle héroïque et me revoilà consensuel… N’empêche que moi j’aurai accepté d’être cité dans Réforme et que cette question du manque de débat me turlupine quand même un peu… A force de chercher comment participer aux débats de notre société,s ommes nous en train d'oublier comment débattre au sein même de notre Eglise ?
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Mercredi 7 mai 2008

Y a rien à faire, un journal de synode c'est moins intéressant qu'un carnet de voyage (moins drôle à écrire en tout cas).
Contrairement à l'année dernière ce synode n'était pas vraiment historique (on peut pas non plus l'être tous les ans) : pas de grands projets comme celui de la fondation d'une Eglise luthéro-réformée, pas de grands thèmes de société. Seulement un état des lieux des expérimentations en cours dans nos huit régions, quelques discussions sur le DEFAP et Théovie, mais franchement rien de palpitant. Du coup, je n'ai pas tenu un journal de synode et je vous livre juste quelques flash (je devrais écrire flashes, non ?)
Tout d'abord la fin d'un mythe. L'identité du généreux donateur qui finançait des projets selon des critères précis est enfin révélée. J'imaginais un milliardaire huguenot, appelant Marcel Manoel (président du Conseil National de l'ERF) sur une ligne privée. Mais non. Notre généreux donateur n'est ni Robbin Masters, ni Charlie mais une fondation aidant différentes Eglises.

Ici, même les mémés aiment la castagne

Je vais aussi grommeler un peu sur certaines conditions de débats. Une fois de plus deux sujets (sur les trois principaux) ne sont abordés en travail de groupe que par la moitié des délégués synodaux, l'autre moitié devra donc voter après un débat en plénière d'une vingtaine de minutes. Or, cette fois la lourdeur de l'emploi du temps est une excuse difficile à invoquer (deux soirées libres, c'est du jamais vu). Bref, une fois de plus, un vrai débat n'est pas vraiment facilité... Je dois néanmoins admettre que la proposition finale des rapporteurs me paraît reprendre assez fidèlement les différentes opinions exprimées par le synode. Il me reste donc à redevenir consensuel et à saluer la volonté d'écoute et de synthèse de nos rapporteurs mais aussi à lire avec plus de vigilance les prochaines propositions d'emplois du temps. Un jour il faudra que je développe ma réflexion sur cette tension permanente entre le conseil national et le synode, tension que je perçois de plus en plus comme féconde...

Ta violence bouillonne jusque dans tes violettes

Quoiqu'il en soit, c'est quand l'Eglise cesse de se regarder le nombril que ce synode national devient réellement intéressant.
  • C'est ce voeu "Cimade" qui pose, encore, inlassablement, la question de nos politiques d'immigration. Lors de la présentation de voeu, on apprend que la Cimade agace et que les autorités civiles lui demandent  "une communication plus discrète et moins critique". Ben voyons... En fait la ligne de communication de la Cimade n'a pas changé mais elle est de plus en plus relayée; L'Etat osera-t-il aller chercher des interlocuteurs plus dociles ?
  • C'est ce message du synode aux Eglises chrétiennes en Algérie, dont  la situation est de plus en plus difficile : lieux de culte fermés, personnes expulsées.
  • Ce sont aussi les invités du synode :
  • Deux envoyés du Rwanda nous racontent cette Eglise qui doit se reconstruire  après un génocide dont ses membres ont été qui victimes, qui bourreaux. Quand la nécessité et l'impossibilité du pardon prennent un tour terriblement concret...

  • Enfin le représentant de l'Eglise canadienne qui vient nous dire cette démarche amorcée pour la défense des autochtones qui est devenu un véritable chemin de repentance pour l'Eglise. "Nous nous posions en défenseurs, et nous avons découverts que nous étions les perpétrateurs de l'injustice" Et de nous raconter comment l'Etat canadien arracha des enfants indiens à leurs familles, allant parfois jusqu'au kidnapping, pour les placer dans des instituts chrétiens dont le rôle était de leur faire, à force de mauvais traitements, rejeter leur culture. Et la question se pose, avec une acuité nouvelle, de l'acculturation ou de l'inculturation. Peut-on témoigner de l'Evangile au mépris de la culture qui le reçoit ?

C'est peut-être pour ça qu'on te dit Ville Rose

Enfin, ce petit tour d'horizon ne serait pas complet si je taisais le principal plaisir : les coulisses. Je ne m'éterniserai pas sur les retrouvailles de collègues ni sur les discussions de couloir (même si ça m'a fait plaisir de retrouver certains canaques et de pouvoir faire bisquer Laurence parce que moi j'ai revu son vieux copain de groupe de jeunes-euh ! (et qu'en plus on a pu parler boulot sans que nos épouses respectives ne nous séparent manu-militari) et je m'étendrai un peu sur les familles d'accueil.
Ben oui, l'Eglise n'a pas forcément les moyens de loger ses délégués à l'hôtel et le synodal est un individu délicat qui aime trop son confort pour qu'on réquisitionne la première pension du coin. Alors la solution, c'est la famille d'accueil. Comme il est de notoriété publique que je suis un ours, vous vous doutez bien que ce n’est pas une solution qui me séduise tant que ça sur le papier : envahir de parfaits inconnus pendant 4 jours (et envahir au sens fort du terme puisqu’en plus de nous loger,  nos hôtes doivent aussi nous véhiculer matin et soir. Et pourtant, je dois dire que c’est toujours intéressant. Mais cette année, c’était mieux que intéressant. D’abord j’ai été mis à l’aise par une chambre qui aurait pu être ma chambre ado : quelques jeux de société (dont un Space hulk et un tantrix), une bibliothèque où la science fiction et l’héroïc-fantasy côtoient la poésie, il n’en faut pas beaucoup plus pour que je me sente chez moi. Mais surtout, les discussions avec nos hôtes ont été de véritables plaisirs et notre soirée libre n’a pas été le moment le moins enrichissant du synode.  Bref, une rencontre dont on aurait aimé qu’elle se prolonge au-delà du synode… Surtout que mon côté « anxieux sur l’horaire » m’a poussé à quitter le culte comme un voleur pour être certain de ne pas rater mon train et donc à ne pas leur dire au-revoir. Un grand, grand merci à Marie et Alain pour l’accueil, pour les échanges et pour la visite de la ville rose donc.

Pourrai-je encore y revoir ma pincée de tuiles ?

Au terme de ce synode, il est de plus en plus évident qu’ « humour et débat » viennent remplacer « rigueur et austérité » comme mamelles du protestantisme. Ce n’est pas moi qui m’en plaindrai…


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Vendredi 4 avril 2008
Extraits du sermon du pasteur Martin Luther King, le 3 avril 1968 à Memphis.

"Il est possible que le prêtre et le lévite aient vu cet homme allongé et se soient demandé si les brigands n'étaient pas encore dans les parages. Peut-être même ont ils cru que l'homme faisait seulement semblant. Qu'il feignait d'avoir été dévalisé et blessé pour les piéger sur le champ, les tromper pour se saisir d'eux tout soudian et plus aisément. Aussi la première question que le lévite avait posée était-elle : "Si je m'arrête pour aider cet homme, que va-t-il m'arriver ?" Mais le bon samaritain était alors passé. Et il m'avait posé la question à l'envers : "Si je ne m'arrête pas pour aider cet homme que va-t-il lui arriver ?"
Telle est la question qui se pose à vous ce soir. La quesiton n'est pas : "Si je m'arrête pour aider cet homme, que va-t-il m'arriver ? " Elle est "Si je ne m'arrête pas pour aider ces [hommes] que va-t-il leur arriver ?". Voila la question."

Voyez vous, si je me trouvais au début des temps, avec la possibilité d'avoir une vue panoramique sur toute l'histoire du genre humain jusqu'à nos jours, et si le Tout Puissant me demandait : Martin Luther King, à quelle époque veux-tu vivre ?", je m'enfuirais mentalement d'Egypte par, ou plutôt à travers, la mer Rouge, au-delà du désert, vers la Terre promise. Mais en dépit de sa magnificence, je ne m'y arrêterais pas. Je poursuivrais ma route jusqu'en Grèce et transporterais mon esprit sur le mont olympe. Je verrais Platon, Aristote, Socrate, Eurypide et Aristophane assemblés autour du Parthenon, en train de discuter des grandes et éternelles question que pose la réalité.
Mais je ne m'y arrêterai pas non plus. Je poursuivrais ma route jusqu'aux beaux jours de l'Empire romain. J'y verrais les événements survenus sous de grands chefs et de grands empereurs. Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais jusqu'aux temps de la Renaissance et admirerais rapidement tout ce que la Renaissance a apporté à la vie culturelle et esthétique de l'homme. Mais je ne m'y arrêterais pas. J'irais même là où vivait celui dont je porte le nom, et je verrais martin Luther clouer ses quatre-vingt-quinze thèse sur la porte de l'église de Wittenberg.
Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais même à l'année 1863 et observerais un président hésitant, nommé Abraham Linciln, se résoudre finalement à signer la proclamation d'Emancipation. Mais je ne m'y arrêterais pas. Je parviendrais même au début des années 1930 et verrais un homme se colleter avec les problèmes que pose la banqueroute de son pays et crier que nous n'avons rien à craindre que la crainte (NdB, il s'agit  du président Franklin D Roosevelt)
Mais je ne m'y arrêterais pas. Bizarrement, je me tournerais vers le Tout-Puissant et lui dirais : "Si tu m'accordes de vivre juste quelques années dans la seconde moitié du XX° sièclke, je serais heureux". C'est là une demande bizarre, car le monde est sens dessus dessous. Notre nation est malade. Le pays est en proie a des troubles. La ocnfusion règne partout. C'est là une demande bizarre. Mais je le sais d'une façon ou d'une autre, vous ne voyez les étoiles que s'il fait assez noir pour cela. Et je vois Dieu à l'oeuvre, en cette période du XX° siècle, d'une façon telle que les hommes, bizarrement lui répondent. Quelque chose est en train d'arriver à notre monbde. Les masses populaires se dressent. Et partout où elle s'assemblent aujourd'hui - que ce soit à Johannesburg en Afrique du Sud ; à Nairobi, au Kenya ; à Accra, au Ghana ; dans la ville de New York ; à Atlanta, en Georgie ; à Jackson, au Mississippi ; où à Memphis, dans le Tennessee - le cri est le même : "nous voulons être libre".
Et une autre raison pour laquelle je suis heureux de vivre à notre époque, c'est quie nous nous trouvons, par force, à un point où il faudra nous colleter avec les problèmes que les hommes ont tenté d'empoigner pendant toute leur histoire, sans que l'urgence soit telle qu'ilsq s'y trouventforcés. Mais il y va maintenant de notre survie; Les hommes depuis des années déjà parlent de la guerre et de la paix. Désormais, ils ne peuvent plus se contenter d'en parler ; ils n'ont plus le choix entre la violence et la non-violence en ce monde ; c'est la non-violence ou la non-existence.
Voilà où nous en sommes aujourd'hui. Il en va de même en ce qui concerne lers révolutions pour les droits de l'homme : si rien n''est fait et de toute urgence, dans le monde entier, pour sortir les peuples de couleurs de leurs longues années de pauvreté, de longues années pendant lesquelles ils ont été maltraités et laissés à l'abandon, c'est le monde entier qui ira à sa perte. Aussi suis-je heureux que Dieu m'ait permis de vivre à notre époque, pour voir ce qui s'y passe"

"Ce qui va m'arriver maintenant n'importe guère. Nous avons devant nous des journées difficiles. Mais peu m'importe ce qui va m'arriver maintenant. Car je suis allé jusqu'au sommet de la montagne. Et je ne m'inquiète plus. Comme tout le monde, je ovudrais vivre plus longtemps. La longévité à son prix. Mais je ne m'en soucie guère maintenant. Je veux simplement que la volonté de Dieu soit faite; Et il m'a permis d'atteindre le sommet de la montagne. Et j'ai regardé autour de moi. Et j'ai vu la Terre Promise. Il se peut que je n'y pénètre pas avec vous. Mais je veux vous faire savoir, ce soir, que notre peuple atteindra la Terre promise. Ainsi je suis heureux, ce soir. Je ne m'inquiète de rien. Je ne crains aucun homme. Mes yeux ont vu la gloire de la venue du Seigneur."

Le quatre avril 1968, à Memphis, le pasteur Martin Luther King était assassiné.



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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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