L’Eglise protestante unie s’est donc donné son identité visuelle. Bien. Mais j’ai quand même envie de ronchonner un peu, sinon, ça ne vaudrait
même pas un article.
D’un tweet rageur, j’ai eu un peu envie de faire remarquer qu’après son identité juridique et son identité visuelle, il ne lui reste plus qu’à trouver son identité confessante. Mais je préfère être positif et reconnaître que parce que la parole que nous porterons est bien plus importante que le logo sur nos papiers à lettre et nos affiches, il vaut mieux que nous passions plus de temps à construire notre déclaration de foi qu’à trouver notre identité visuelle (« identité visuelle »… là, je vais pas me gêner pour persifler que ça fait horriblement branchouille et pompeux)
L’impression de fractionnement que j’ai eu à la première vision s’estompe au fur et à mesure que je m’habitue et de toute façon ce nouveau logo est bien moins laid que l’ancien… Je crains juste qu’il soit un peu trop à la mode et donc condamné à être dépassé d’ici une dizaine d’année.
Par charité chrétienne, je ne dirai rien du clip de présentation (en même temps, c’est sûr qu’une « identité visuelle », ça méritait un clip de présentation) et je vais attendre de voir la ligne budgétaire pour râler…
Foin de persiflage, il est pas mal ce nouveau logo… Mais ce qui me gêne vraiment, c’est l’explication qu’on nous colle avec. Alors quoi ? On va être privé du plaisir d’interpréter, de lire et de dé-lire ce logo comme on ne s’est jamais privé de le faire pour la croix huguenote ? (Tiens, une idée comme ça, je devrais faire une recherche et collectionner les interprétations de la croix huguenote). Alors quoi ? C’est ça, la nouvelle identité protestante : l’interprétation qui est livrée avec le texte ?
Bien sûr, ce n’est pas très grave mais quel dommage de n’avoir pas laissé un peu de place à notre imagination pour nous approprier ce logo, pour ne pas en faire seulement le travail d’un graphiste, mais vraiment notre logo, celui par lequel nous disons ce que nous sommes plutôt que celui qui nous dit ce que nous sommes…
C'est du temps perdu. On peut essayer de se persuader que chaque personne qui lira nos panneaux sera éclairée sur la réalité des camps de rétention administrative,
nous savons bien que nos cercles de silence n'améioreront pas le sort de nos frères et soeurs enfermés, et que leur multiplication n'a que peu de chance d'infléchir la politique du
gouvernement.
C'est du temps perdu, mais, le monsieur qui vient passer 10 minutes avec nous, faisant patienter ses enfants, en est un beau témoignage, c'est du temps pris, pris
sur nos occupations, sur la foultitude de choses que nous avons à faire, pris sur notre confort. Nous prenons ce temps parce que même si nous ne savons pas quoi faire, nous n'acceptons pas cette
situation où des hommes, des femmes, des enfants sont emprisonnés pour avoir fui la détresse.
Et parce que nous choisissons de le prendre, ce temps que nous perdons devient un don. Un don futile peut-être, insuffisant sans doute, mais un don et non plus une
perte.
Perdre, prendre, donner, ce sont trois verbes de riches. Seul le riche peut se permettre de perdre et de donner, et seul le riche a le pouvoir de prendre.
Participer à un cercle de silence, c'est mesurer que nous sommes riches de notre temps...
Je ne suis malheureusement pas certain que l'on retrouve cette déclaration conjointe de l'Eglise Réformée de France et de l'Eglise Evangélique Luthérienne de France dans les grands quotidiens et hebdomadaires nationaux. Quand on cite les Eglises, c'est plutôt pour des histoires de cul.
Pourtant, les Eglises ne s'intéressent pas qu'à la théologie, elle sont aussi le regard tourné vers le monde et des choses à dire. Maintenant que le Synode général de l'EELF a eu lieu, voici la déclaration publique de nos Eglises quant à la solidarité.
(Pour ceux que ça intéresse, le synode général de l'EELF n'a demandé que deux modifications de vocabulaire par rapport au texte proposé par le synode national de l'ERF)
Quand elle exclut
des hommes et des femmes,
niant ainsi leur dignité,
c’est sa propre dignité que notre société renie.
Déclaration publique des synodes
de l’Eglise réformée de France et de l’Eglise évangélique luthérienne de France.
Au nom de leur foi en un Dieu qui accueille sans distinction tous les humains et fortes de l’engagement de leurs membres, les Églises luthérienne et réformée de France affirment leur solidarité avec les hommes, les femmes et les enfants qui se trouvent marginalisés et exclus. Elles s’inquiètent de constater que notre société laisse si facilement sur le bord de la route les personnes fragiles (malades, âgées, handicapées…) et les accidentés de la vie (travailleurs pauvres, étrangers sans papier, chômeurs, personnes en situation de rupture affective …). À côté d’autres, elles tentent de vivre cette solidarité au quotidien, à travers les initiatives de leurs paroisses et les nombreuses institutions d’inspiration protestante.
Avec celles et ceux dont la dignité est bafouée, elles dénoncent les logiques qui tendent à mesurer la valeur des gens à travers des chiffres – ceux de leurs ressources, de leurs dépenses ou du coût qu’ils occasionnent à la société. Reconnaissant la dépendance fondamentale des humains les uns à l’égard des autres comme une réalité positive, elles expriment avec force leur refus des politiques qui privilégient la compétition au détriment de la coopération et conduisent à casser tant d’humains. Dans un contexte de crise économique, elles appellent chacun et chacune à ne pas céder à la tentation de faire des économies aux dépens des plus fragiles et à inventer des solidarités nouvelles.
Face à la tentation d’occulter les questions de sens, les Églises entendent aussi affirmer qu’il est nécessaire de prendre en compte la personne humaine dans sa totalité – dans ses dimensions physiques, sociales, culturelles, psychologiques, mais aussi spirituelles. À la fois respectueuses du principe de laïcité et convaincues que l’Évangile de Jésus Christ peut aider à remettre debout celles et ceux que la vie a blessés, les Églises luthérienne et réformée plaident pour que les questions existentielles soient largement prises en compte dans les institutions à caractère social, notamment au travers d’aumôneries ou d’accompagnements spirituels.
C’est au nom de l’Évangile que nous nous engageons et que nous appelons chacun à s’engager ; il nous enseigne que l’on ne peut pas séparer l’amour de Dieu et l’amour du prochain et nous invite à reconnaître en chaque humain un être créé à l’image de Dieu, digne d’être aimé et capable d’apporter sa pierre à la construction du monde commun.
Déclaration commune adoptée
le 16 mai 2010 par le Synode national de l’Eglise réformée de France, réuni à La Force (Dordogne)
et le 6 juin 2010 par le Synode général de l’Eglise évangélique luthérienne de France, réuni à Montbéliard (Doubs).
Un texte à diffuser
Dans un subtil effet d'annonce, j'évoquais hier un agacement, et il n'aura échappé à personne que je n'ai pas encore parlé de la partie élective de ce synode. Alors quelle sinistre machination électorale vais-je dévoiler ? Quelle fraude vais-je dénoncer ?
Aucune. Vous pouvez dès à présent abandonner cette lecture, je ne suis toujours pas un blogueur d'investigation.
Cette année, j'entends pour la première fois rappeler une règle concernant nos élections : si l'on a toujours le droit de rayer un nom des listes qui nous sont proposées, toute nouvelle suggestion de candidature doit être déposée à la table de la modérature avant les élections. Pas question de s'amuser à voter pour son voisin. Ce rappel de la règle ouvre une petite réflexion sur nos élections. D’abord, elles sont un plébiscite plutôt qu’un choix (le choix, ou plutôt le discernement se fait avant) : il y a autant de candidats que de poste à pourvoir. Du coup, cela peut donner une impression de scores de république bananière. Mais il s'agit d'une position délibérée : dans l'E.R.F. on ne brigue pas un mandat, on est appelé à un service. Il n'est donc pas question d'assister à une campagne électorale qui serait un affrontement entre deux candidats. Un vote ne saurait être l'affirmation qu'untel et mieux qu'untel mais n'est que la reconnaissance de l'appel d'X à un ministère donné. Que les ricaneurs se rassurent, je ne suis pas naïf au point de croire qu'il n'y aucun orgueil, aucune soif de reconnaissance voire de pouvoir dans ce jeu, j'essaye juste d'expliquer (parce que j'ai mis longtemps à les comprendre) les principes qui sous tendent notre fonctionnement.
Autre rappel qui sera sans doute une évidence pour mes lecteurs protestants, mais je n'oublie pas que le modèle d'Eglise dans notre société, c'est l'Eglise catholique... Président du Conseil National ou de la CdMla CdM, mon ancien président de région est aujourd’hui en paroisse et je peux certifier qu'aucun des deux n'a été rétrogradé. Ils ont simplement fini leur mandat. ce n'est pas l'aboutissement d'une carrière, nous ne sommes pas dans un processus de montée en grade : j'ai eu pour collègue voisin l'ancien président de
Mais qui donc qu’on a élu ? Je parle pas des personnes (manquerait plus que ça) mais des groupes (pour les non habitués qui ont le courage de me lire, tous ces groupes sont composés à parité de pasteurs et de laïcs…
Le conseil national : « Le Conseil national représente le Synode national dans l’intervalle de ses sessions ». C’est vrai bien sûr mais il faut bien se rendre compte que le Conseil National a sa propre autonomie : il peut se passer bien des choses entre deux sessions du synode national, et le C. N. peut heureusement prendre des initiatives. D’ailleurs, on a vu pendant ce synode que même dans sa mise en application des décisions synodales, il a de la marge… « c’est vrai que le synode de 2009 avait demandé au CN d’adresser une exhortation aux ministres mais nous n’avons pas jugé bon de le faire, et puis il n’était pas expressément dit que ce devait être une lettre… » Effectivement, personne n’a parlé de lettre mais l’exhortation était suffisamment précise pour ne pas rester tacite… Et puis, c’est le Conseil national qui prépare les synodes, donc son autorité et son influence sont bien réelles…
C’est certainement un état de fait normal et nécessaire à un bon fonctionnement, mais c’est bon à savoir…
La Commission des Ministères : grande angoisse des étudiants en théologie (en tout cas, c’était le cas quand j’étais étudiant), la CdM a comme rôle principal d’admettre les nouveaux ministres. Pasteur c’est une vocation, mais une vocation, il faut qu’elle soit reconnu par un autre que soi…
On ne m’en voudra pas de mettre la CIPE et le pôle formation dans le même panier. Effectivement ce sont deux missions très différentes et indispensables mais j’avoue que je les vois rassemblés face au même défi : savoir repérer des initiatives (de formation ou d’évangélisation) dans des paroisse et éventuellement s’en saisir pour les rendre utilisable dans d’autres paroisse. Quand on sait à quel point les paroisses se soucient peu de communiquer ce qu’elles font vers les échelons régionaux et nationaux et à quel point elle se méfie des propositions de ces mêmes instances, on mesure l’ampleur de la tâche. Bon courage… Je caricature un peu, mais pas tant que ça je crois…
Et le service international puisque même si notre institution est nationale, la Réforme ne se limite pas à l’hexagone.
Elle est complètement absente de notre site Internet mais la Commission des Affaires Générales, la Cage, est aussi une commission élue par les synodes et puisque je viens d’y entrer, parlons en un peu. On a pas encore notre feuille de route, on a pas d’ancien pour nous guider un peu puisque la commission a été entièrement renouvelée, mais si j’ai bien compris notre objectif est de proposer aux délégués synodaux un regard extérieur sur le dossier préparatoire du synode proposé par le Conseil national. Concrètement, le dossier préparatoire du synode est toujours accompagné par un rapport de la Cage qui attire l'attentions sur certains points...Mon président de région a proposé mon nom parce que je suis un incorrigible pinailleur qui adore se noyer dans un verre d’eau. Et j’ai accepté parce que ce qui m’énerve le plus dans les synodes, c’est d’avoir si souvent l’impression de voter sans tout à fait connaître les tenants et aboutissants de mon vote. Je comprends vite mais il faut qu’on m’explique longtemps. Et j’imagine que c’est le cas pour d’autres synodaux, or la portée réelle d’une décision n’est pas toujours aussi clairement présentée qu’elle le devrait. Du coup, il y a une certaine tendance à suivre la parole de l’autorité. La confiance est une belle chose et nos instances en sont dignes mais quand je prend une décision, je préfère que ce soit parce que je suis convaincu de son bienfondé… j'aurais bien aimé par exemple qu'on nous signale et qu'on nous explique pourquoi la Cage était entièrement renouvelée... Des fois j'aimerais bien qu'on nous rappelle d'avantage les enjeux ecclésiologiques de telle ou telle décisions, pas forcément pour la contester mais pour débattre...
Dans la Cage arriverai-je à mieux comprendre et faire comprendre les enjeux d’une décision ? Est-il possible d'avoir un regard critique et questionnant sans entrer dans la confrontation ? Me berce-je d'illusions ? On verra. De toute façon ça ne peut qu’être intéressant.
Je n’ai pas grand-chose à dire sur le nouveau président du Conseil National, ce synode a plus été marqué par le départ de Marcel Manoel que par l’arrivée de Laurent Schlumberger, et puis de toute façon je suis trop attaché à la collégialité pour beaucoup parler des personnes (même s’il est évident que le président d’un conseil marque beaucoup la manière de travailler). Bref, si vous voulez en savoir plus sur le nouveau président, lisez la presse catholique…
Novembre 2012
26 novembre
20h au Franklin
A Evreux
Café Biblique
"La prière"
Commentaires