Présentation

Texte biblique

Je vous encourage, mes frères, par le nom de notre Seigneur Jésus–Christ, à tenir tous le même discours : qu’il n’y ait pas de divisions parmi vous ; soyez bien unis, dans la même intelligence et dans la même pensée. En effet, mes frères, les gens de Chloé m’ont appris qu’il y a des disputes parmi vous. J’entends par là que chacun de vous dit : « Moi, j’appartiens à Paul ! » –– « Et moi, à Apollos ! » –– « Et moi, à Céphas ! » – Et moi, au Christ !  Le Christ est–il divisé ? Est–ce Paul qui a été crucifié pour vous, ou bien est–ce pour le nom de Paul que vous avez reçu le baptême ?  Je rends grâce à Dieu de ce que je n’ai baptisé aucun de vous, excepté Crispos et Gaïos. Ainsi personne ne peut dire que vous avez reçu le baptême pour mon nom. Si, j’ai encore baptisé la maison de Stéphanas ; au reste, je ne sais pas si j’ai baptisé quelqu’un d’autre. Car le Christ ne m’a pas envoyé pour baptiser, mais pour annoncer la bonne nouvelle ; non pas dans la sagesse du langage, afin que la croix du Christ ne soit pas vidée de son sens. En effet, le discours de la croix est folie pour ceux qui vont à leur perte, mais pour nous qui sommes sur la voie du salut, elle est puissance de Dieu. Car il est écrit : Je détruirai la sagesse des sages, j’anéantirai l’intelligence des intelligents. Où est le sage ? Où est le scribe ? Où est le débatteur de ce monde ? Dieu n’a–t–il pas frappé de folie la sagesse du monde ? En effet, puisque le monde, par la sagesse, n’a pas connu Dieu dans la sagesse de Dieu, c’est par la folie de la proclamation qu’il a plu à Dieu de sauver ceux qui croient. Les Juifs, en effet, demandent des signes, et les Grecs cherchent la sagesse. Or nous, nous proclamons un Christ crucifié, cause de chute pour les Juifs et folie pour les non–Juifs ; mais pour ceux qui sont appelés, Juifs et Grecs, un Christ qui est la puissance de Dieu et la sagesse de Dieu. Car la folie de Dieu est plus sage que les humains, et la faiblesse de Dieu est plus forte que les humains.
I Corinthiens I, 10 à 25 (d'après la Nouvelle Bible Segond)

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Vendredi 27 juin 2008

Ma Bible est une autre Bible. Ses rédacteurs et ses protagonistes sont de chair et de sang. Elle n'a pas été rédigée par Dieu, et ses personnages ne sont ni saints, ni purs. Je n'ai ni l'érudition d'un chercheur ni la motivation d'un commentateur. C'est un livre que j'aime lire et qui provoque en moi émotion et réfléxion. Il recèle suffisament de politique, d'amour, de foi et de pensée pour inciter le lecteur à réfléchir à ce qui se passe autour de lui, comme autrefois.





Meir Shalev



Meir Shalev, journaliste israëlite entreprend de nous raconter certains épisodes bibliques loin de toutes considérations pieuses ou théologiques. Le projets est allèchant (mais je dois reconnaître que toute tentative de relecture de la bible loin des images édifiantes de l'histoire sainte a, d'emblée, ma sympathie) et laplume est agréable. Shalev a de l'humour et sait se montrer respectueusement impertinent vis à vis des maître du Talmud.


Pourtant, à dire vrai, le premier chapitre m'a fait tiquer : affirmer que dans ,lhistoire  de David et Abigail, David fait du racket ne me paraît pas vraiment révolutionaire (c'est simplement ce que dit le texte) et l'enquête sur la mort de Nabal témoigne d'une naïveté fondamentaliste qui prête à sourire. Et puis, le deuxième chapître, une merveilleuse lecture de l'histoire de Jacob et Rachel, remet les pendules à l'heure : la démarche de Shalev est tout sauf naïve. Il ne prétend pas livrer la bonne, ni même une nouvelle interprétation du texte,  il s'agit simplement pour lui de dire les histoires que la Bible lui raconte, des histoires humaines pleines d'amour, de violence et de rouerie, des histoires qui nous parlent bien au-delà des faits qu'elles relatent. Et comme Maier est juif, si sa base de travail nous est commune (le Premier Testament), ses présupposés de lecture, la tradition à laquelle il fait référence ne sont pas les miens, ce qui ouvre des horizons nouveaux. Vivante, décapante, drôle et interpelante la Bible de Meir Shalev est-elle une autre bible ? Je n'en suis pas sûr; les auteurs et les protagonistes de la mienne sont aussi des êtres de chair et de sang et c'est bien pour cela qu'ils me parlent de Dieu et que je reçois leur témoignage pour authentique. Mais celui qui ne connaît la Bible que de loin y découvrira sans doute des épisodes inconnus. Quant au lecteur plus accoutumé, je gage qu'il fera, au grè de certains chapitres, des découvertes...
Meir SHALEV : Ma Bible est une autre Bible. Edition des deux terres
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Jeudi 19 juin 2008
Il faut cependant pour finir ce préalable prendre certes une distance d'avec une des lectures historiques de la Bible : celle qui prétend la prendre à la lettre. Celle selon laquelle la terre aurait 6000 ans, comme nous le propose le texte, celle selon laquelle le monde aurait été fait en 7 jours (6 en fait, Note du Blogueur). Il n'y a plus, depuis très longtemps, qu'une infime minorité, au demeurant bruyante, qui fait cette lecture. Elle trouvera dans ces pages des motifs d'exaspération que nous voudrions lui épargner d'emblée en annonçant la couleur.
J. MOURIQUAND

Mes paroissiens me prêtent des livres. C'est très bien parce que soit ce sont des livres que j'aurai acheté et cela me fait faire une économie et surtout, cela me pousse à ne pas les laisser attendre au fond de ma bibliothèque, soit ce sont des livres que je n'aurai pas lu et donc cela m'enrichit. Comme Comment je suis redevenu chrétien, L'Ancien Testament : quelles vérités historiques ? appartient à la seconde catégorie. L'archéologie biblique n'est pas mon centre d'intérêt, et ces dernières découvertes ne me passionnent pas plus que ça. Disons que j'ai tendance à me contenter des grandes lignes qui m'ont été inculquées pendant mes études en théologie (laissez béton, j'démystifie).
D'ailleurs en lisant Mouriquand, je me rend compte que je peux continuer comme ça, je suis pas encore tout à fait dépassé. Ancien Testament : quelles vérités historiques ? est un bon ouvrage de vulgarisation. En dépit d'un titre et d'un sous-titre un peu journalistique, il offre une photographie honnête de l'état actuel de la recherche sur l'histoire ancienne d'Israël. Honnête parce que bien documentée Mouriquand cite ses sources et montre bien que cette archéologie biblique n'est pas ignorée des exégètes et théologiens. Il ne s'agit pas pour lui d'opposer la religion aux découvertes de la science moderne mais plutôt de montrer des chercheurs, croyants ou non, au travail. Honnête aussi parce que prudente, Mouriquand consacre un long chapitre (le plus long du livre) à expliquer combien il est anachronique de prétendre lire les livres bibliques comme des récits historiques et biographiques modernes. Un reproche toutefois : à mon sens, il ne souligne pas assez que non seulement ces livres ne font pas de l'histoire comme on la fait aujourd'hui mais qu'il ne sont même pas écrits pour faire de l'histoire, que leur projet n'est pas historique. Prudence encore renforcée par une conclusion qui rappelle que la recherche pourra mettre à mal demain les hypothèses d'aujourd'hui. Entre les deux, le développement est simple, pédagogique : une esquisse du monde de cette époque, un chapitre pour Abraham et les patriarches, puis un pour Moïse et l'Exode et un pour David et Salomon, Du contenu de ces chapitres, je ne dirai pas grand chose pour éviter de scandaliser certains de mes lecteurs que je renvoie à la citation en exergue. En fait, je préfère ne pas débattre sur le contenu d'un livre avec qui ne l'a pas lu. Ancien Testament : quelles vérités historiques ? est un ouvrage de vulgarisation à destination du grand public curieux : le spécialiste le trouvera sans doute un peu rapide et l'amateur éclairé n'y apprendra pas grand chose mais sera content d'avoir un résumé d'ensemble.
Je voudrai toutefois réagir à un point :
On ne peut que déplorer que ce soit les publics les moins érudits, les moins avertis mais en même temps les plus attachés à une foi simple, qui aient été les moins initiés au condition très particulières de la collation de l'Ancien Testament. C'était pourtant le métier des hommes d'Eglise de les éclairer. Beaucoup parmi eux ont cru qu'il valait mieux laisser perdurer l'ignorance des nouveaux débats. Comme auteur d'un récit radiophonique sur le sujet, j'ai reçu des correspondances où on me reprochait de semer le doute chez le "brave paroissien" (sic!). Ceux qui écrivent cela ne me semblent guère fidèles à l'esprit du message qu'ils ont à transmettre.
Et c'est probablement cette absence d'initiation au sens véritable de ce débat qui fait, à présent, le choc dans des esprits insuffisamment préparés et qui se sentent blessés dans leurs convictions.

En tant que pasteur, je reconnais effectivement ma responsabilité. C'est sans doute, en partie à cause de nous que certains de nos paroissiens sont scandalisés dans leur foi par des informations que nous connaissions depuis longtemps et qui passent d'un seul coup dans le grand public, souvent déformées par le prisme du sensationnalisme. En revanche, Mouriquand me paraît bien sévère quand il attribue cette carence d'enseignement à ce qu'il faut bien appeler une forme d'obscurantisme. La raison est, à mon avis, souvent autre tout d’abord, les hommes d’Eglise oublient parfois que tout le monde ne baignent pas autant qu’eux dans la Bible et son étude et il leur paraît parfois inutile de rappeler des choses qui leurs paraissent acquises… Mais surtout, en Eglise les lieux pour rappeler ces faits ne sont pas si nombreux : les paroissiens qui fréquentent les études bibliques sont une petite minorité même au regard des pratiquants et la prédication dominicales n’est pas le lieu où fait de l’histoire : elle doit avant tout témoigner du message de la Bible et ce message est bien plus important et plus riche que la question de l’historicité d’Abraham. (Une paroissienne archéologue me souffle que l’ignorance des pasteurs sur la question est aussi une cause importante. Laissez béton, elle démystifie…)
Bref, me voilà avec un aspect de la question à creuser pour l’introduction à la Bible que je projetais de mettre sur pied…

J. MOURIQUAND : L'Ancien Testament : Quelles vérités historiques ?; Edition Labor et Fides
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Lundi 16 juin 2008
Je parle ici, non point de persécution à proprement parler (ce serait idiot), mais de cette dérision goguenarde qui court dans l'époque et agite les médias, principalement à gauche, où se situent la plupart de mes amis. On aime y désigner le croyant qui s'affiche comme un zombie archaïque, amputé d'une part de lui-même, voué à une crédulité qui prête à sourire quand elle ne déchaîne pas l'hostilité (...). Ce n'est pas la vivacité hostile de ces discours qui me choque. Les chrétiens, après tout, n'ont pas toujours reculé devant la dispute, laquelle accompagne l'histoire du christianisme depuis l'origine. (...) La confrontation avec un discours hostile, même violent, est une occurrence dont il faut accepter la rudesse. Et peut-être s'en féliciter. Toute croyance ne doit-elle pas rendre raison d'elle-même, sauf à demeurer dans l'obscurantisme ou le sentiment ? (...) Non, c'est la superbe et la condescendance le plus souvent incultes - pour ne pas dire ignares - de certains réquisitoires contemporains qui m'irritent (...). Ces réquisitoires n'ont plus rien à voir avec un questionnement ou une controverse documentée. Ils procèdent de l'injonction haineuse, assez proche, au fond, de ce que furent les anathèmes idéologiques du XXème siècle.
Jean Claude Guillebaud


En règle générale, je ne lis pas de livres de témoignage : la plupart du temps, ils m'ennuient. (C'est d'ailleurs assez curieux puisque je suis persuadé que la foi naît du témoignage plutôt que de la démonstration. Un jour, il faudra que je creuse un tout petit peu cette contradiction apparente). Il y avait donc peu de chance que le bouquin de Guillebaud me tombe dans les mains. D'autant que présenter la foi comme l'aboutissement d'une démarche rationnelle à tendance à me hérisser (j'y vois une offense à la foi et à la raison). Mais Comment je suis redevenu chrétien m'a été prêté et à bon escient. Comme son titre l’indique (comment et non pourquoi) Jean-Claude Guillebaud n'a pas eu d'apparition divine et il ne prétend pas pouvoir démontrer que Dieu existe. Simplement, il a côtoyé la pensée chrétienne et il sait donc combien souvent les attaques contre les chrétiens reposent sur l'ignorance (comme la plupart des préjugés soit dit en passant). Il sait que de nombreux principes de notre société occidentale (égalité de dignité, universalité par exemple) sont issus du christianisme. Il sait surtout que la foi chrétienne ne consiste pas à lire les textes bibliques comme des compte-rendu journalistique (être chrétien, c'est un peu plus que croire que Jésus est né d'une vierge, dans une étable et qu'une fois grandi, il est parti marcher sur l'eau avant de la transformer en vin) et qu'elle propose une vision du monde à la fois riche et profondément subversive. Bon, le christianisme de Guillebaud est un peu trop girardien pour moi (à mon avis le discours de la croix va un peu plus loin que l’anéantissement du sacrifice) mais qu'importe, je me reconnais assez bien dans son discours sur la foi qui n'est pas l'aboutissement d'une réflexion mais qui n'exclut pas la raison, qui n'est pas une décision mais reste une adhésion.
S'il me manque quelque chose, c'est que Guillebaud nous parle un peu plus de son catholicisme. En effet, tout disciple d'Ellul qu'il est, son discours reste résolument catholique : la vérité est quelque chose dont il convient de s'approcher en cercles concentriques afin de mieux pouvoir s'en saisir. Et puis, j'ai un peu l'impression que Guillebaud se sent "chrétien mais pas encore catholique" et que pour lui être pleinement catholique serait le véritable accomplissement, une vision bien catholique donc. Du coup, j'aurai aimé qu'il développe un peu plus cet aspect des choses, qu’il nous dise par exemple ce qui le sépare du protestantisme de Ellul.

J.C GUILLEBAUD : Comment je suis redevenu chrétien. Ed. Albin Michel
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Mardi 10 juin 2008
A l'époque des confirmations et autres accueils à la Cène, la question revient : "qu'offrir à nos jeunes ?" Quel livre (oui, on offre beaucoup de livres dans le protestantisme. Allez savoir pourquoi ...) ne finira pas oublié au fond d'une bibliothèque ? Un recueil de prières ? L'institution chrétienne ? La dogmatique? Ah une B.D. ! La bande dessinée, c'est bien pour les jeunes (on n'en est pas à une idées reçue près). Problème : les bédés chrétiennes ne sont pas si nombreuses que ça et elles sont souvent destinées à des enfants et plus souvent encore d'une mièvrerie consternante.

Une copine me l’avait conseillé et je retrouve une note de lecture dans Evangile et liberté. Du coup, je jette un œil à Dieu n’a pas réponse à tout (mais IL sait à qui s’adresser). Eh ben, je suis pas, mais alors pas du tout, convaincu. C’est pas vraiment drôle, vaguement bien pensant, et plutôt mou, passablement cucul-la-praline aussi. Bref, quitte à faire dans la mièvrerie, je préfère la mièvrerie d'inspiration biblique…

King David, en revanche est une très bonne B.D. au graphisme nerveux et agressif. Mais elle est trop résolument adulte pour que j'ai le cran de l'offrir à des catéchumènes. Le principe en est simple : transposer la geste de David à notre époque, dans un contexte de guerre de gangs. David est un "berger", c'est à dire qu'il est chargé de surveiller les prostituées de son gang dirigé par Saül, le parrain. On retrouve également les enfants de celui-ci : Mikal et Jonathan et les porte-flingues, Abner et Joab. Samuel, lui, est un espèce de bonze hilare, représentant d'un mystérieux parrain des parrains (devinez qui c'est). Bien sûr qu'il y a de la provocation dans tout cela, on ne coupera pas à la relation homosexuelle entre David et Jonathan, mais l'intérêt n'est pas là. Cet univers violent et glauque est d'une fidélité saisissante au texte biblique, la geste de David y apparaît comme cet embrouillamini guerrier et politique et presque tout y est (à l'exception notable des pérégrinations de l'arche). Bon, je m'inscris en faux contre certaines interprétations : David et Jonathan, mais surtout le raid contre Siklag (King David inverse complètement la position du David biblique quant aux hommes restés en arrière). Je constate aussi, avec amusement, que la bédé adoucit considérablement l'histoire de David et Bethsabée. King David fait tuer son lieutenant pour lui piquer sa femme et sa punition sera de voir Salomon lui succéder à la place d'Absalom, une histoire très différente de celle que raconte la Bible (David fait tuer Urie parce que Bethsabée est enceinte après avoir essayé de faire "endosser" l'enfant à Urie et comme punition, l'enfant mourra). Mais    à l'arrivée, je ne puis que saluer la fidélité à une histoire biblique qui n'a rien d'édifiant mais qui est humaine, terriblement humaine. Or, c'est bien de nous et pas d'un humain idéalisé que parle la Bible.
Pour clore King David, plusieurs artistes proposent des couvertures pour une hypothétique série (Bible Remixed). Et l'on se prend à rêver d'un traitement aussi fidèle et adulte pour Noé, Jonas ou Samson. A propos de fidélité, je veux bien croire que la bédé doive beaucoup à Gérard Messadié  et à Kyle Baker, mais donner les référence de la véritable source, ça aurait été sympa
: I Samuel 16 à II Samuel 18. 

Mais comme c'est quand même très cru et que je suis très lâche, prude, responsable, cette année, je vais encore m'en tenir à www.Jésus qui ? L’enquête historique.

BENNAQUISTA  BARRAL : Dieu n'a pas réponse à tout. Ed. Dargaud
OZANAM & SINGELIN : King David. Ed. KSTR
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Dimanche 1 juin 2008
Le langage mythique est une tentative de raconter quelque chose qui ne relève pas du savoir mais de l’indicible et de l’irreprésentable, à savoir le rapport de l’homme à sa destinée et à l’altérité. Dit autrement, les mythes tentent d’objectiver - sous la forme d’histoire mettant en scène des personnages et des situations compréhensibles par tous – le rapport de l’homme aux grandes questions de l’existence. Il cherche ainsi à exprimer aussi « rationnellement » que possible, le mystère des origines de l’homme et de son devenir. Ce faisant, il touche à l’universel en même temps qu’au singulier ; je dirais plus précisément qu’il touche  à l’universel parce qu’il concerne chacun de nous au plus profond de lui-même. C’est l’impossible à dire que le mythe essaye d’exprimer. Non pas pour annuler cet indicible mais pour tenter de l’approcher autant que possible et tenter d’en traduire les conséquences pour l’existence humaine.
Elian Cuvilier

Quand on commence à lire les récits bibliques non pas comme des traités d’histoires ou des comptes rendus d’événements, et une fois établis que cela ne remettait pas en question notre foi, arrive le moment où l’on se demande quel était le statut des récits des autres cultures. Les grecs croyaient-il à la réalité de leurs légendes ?
Dans Mythes grecs, mythes bibliques, professeurs de théologie (Ancien Testament, Nouveau Testament, Ethique), professeurs de culture grecque et psychanalystes essayent de répondre à la question sous l’ombre de Paul Veynes et de Bultmann.
L’ouvrage est issu d’un cours (j’en profite pour saluer l’interdisciplinarité) et présente les caractéristiques propres à ce genre d’exercice : les différents articles se répètent parfois, donne sur le mythe des éclairages dont les nuances divergent parfois mais c’est plutôt pour un enrichissement…
La définition du mythe est à peu près la même pour tous, à des lieux du langage courant  qui en fait souvent une fadaise. Or le mythe est langage dont la fonction est de dire le vrai à travers un récit.
L’étude ne se penche pas sur la différence de vision du monde donnée par les mythes grecs ou par le mythe biblique, il souligne en revanche une différence de forme (mais qui participe aussi d’une différence fondamentale) : alors que le mythe grec renvoie à un passé sans âge, beaucoup de mythes bibliques s’inscrivent dans l’histoire.
Du coup, un article d’Elian Cuvilier m’interpelle tout particulièrement : "La résurrection de Jésus, un mythe ?" Sur ce point là, je suis plutôt orthodoxe et du coup, je me demande si tout en soulignant l’aspect langage du mythe, nos professeurs de théologie n’ont pas occulté sa dimension de récit fictif.
Que les apparitions du ressuscité se disent dans un langage mythique tant la vérité qu’elles exprime ne peut passer par un autre langage, soit. Que le tombeau vide et l’absence totale de description soit des marques biblique du caractère indicible de la résurrection, soit. Mais personnellement, je me garderai bien de passer outre la réalité de ce tombeau vide… Bref, s’il y a du mythique dans les récits de résurrection de Jésus le Christ, celle-ci est elle vraiment uniquement de l’ordre du mythe ? Je ne suis pas convaincu.

Elian Cuvilier, Jean-Daniel Causse : Mythes grecs, mythes bibliques. Cerf.
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Agenda

  Juin 2008

Lundi 2 20h Café le Franklin. 7 rue Franklin Roosevelt Evreux
Café Biblique : La vie après la vie

Discussion libre et éclairage biblique sur le thème de l'au delà.

Samedi 28 Dimanche 29
Nuit des veilleurs organisée par l'ACAT


Temps d'ouverture au temple
5 rue du chantier, Evreux
de 20h à 21h

Temps de prière à Vernon
Eglise St Jean Baptiste
de 21h à 22h



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