Les bouts rimés, c’est pas vraiment une nouveauté. Néanmoins, Cyrano en propose une adaptation susceptible de réveiller
le poète qui sommeille en chaque catéchumène.
Le principe du jeu est simple : deux rimes sont données, ainsi qu’un thème. A charge pour chacun de composer un quatrain.
A moins d’avoir vraiment affaire à des cracks on ne tiendra pas trop compte de la métrique. Toutefois, le jeu n’est pas réservé aux seuls poètes ; ce qui est récompensé ici, ce n’est pas le talent de l’écrivain (qui sera tout de même salué) mais l’originalité et le bon goût. En effet, après l’écriture, c’est l’originalité des rimes choisies qui rapportera des points (si personne d’autre que moi n’a pensé à toujours comme rime en –our, je gagne 1 point). Ensuite, une phase de vote au cours de laquelle chacun vote pour le poème qu’il a préféré. Et là, ce qui rapporte des points, ce n’est pas le fait de recevoir des voix mais le fait de voter comme les autres.
Bien sûr, le vrai plaisir, c’est celui d’écrire et d’entendre ce qu’écrivent les autres. Je vous livre une petite perle tirée d’une partie avec des enfants.
Thème : Le plaisir Rimes -té et -ère
Ma vie est super
C’est vraiment super
D’être la première
Je suis une célébrité
Je l’ai bien mérité
Anaëlle (10 ans)
Un des souvenirs que je garde précieusement de mon oncle Olivier, outre son amour pour Brassens, c'est
que c'est lui qui m'a appris le jeu dictionnaire (l'amour des mots est sans doute un dénominateur commun entre ces deux choses). Le jeu du dictionnaire consiste à prendre un dictionnaire,
trouver un mot inconnu de tous (le dictionnaire des mots rares et précieux peut s'avérer utile) et à
laisser chacun inventer une définition : seront récompensés ceux qui auront trouvé la bonne définition et ceux dont la définition fictive aura attiré des suffrages. Un grand jeu, malheureusement
fuit par ceux qui, à tort ou à raisons, doutent de leurs capacités rédactionnelles.
Dixit reprend le principe du jeu du dictionnaire en palliant sa principale difficulté. Ici, il n'est plus question de dictionnaire ni de définition mais de 84 cartes, magnifiquement illustrées. L'émetteur choisi une carte de sa main, la pose face cachée et lui donne un titre. Chaque joueur va jouer face cachée une de ses cartes qui lui semble pouvoir correspondre au titre. On découvre les cartes rassemblées (après les avoir mélangées, bien sûr), et chacun vote pour celle qu'il pense être la carte de l'émetteur. On sera récompensé aussi bien pour avoir trouvé la bonne carte que pour avoir attiré des suffrages. Tout aussi ludique que le jeu du dictionnaire, plus accessible et les cartes sont merveilleuses de beauté et de poésie. Un petit bijou ludique pour rappeler que l'imagination est à la portée de tous.
(les facebookiens trouverons des exemples d’énigmes ici)
A vrai dire, c'est pour moi plus un jeu de voiture qu'un jeu de caté (notre formule ébroîcienne nous laisse malheureusement trop peu de temps pour jouer), mais je suis sûr que Black stories
pourrait agrémenter un repas avec des jeunes. Black Stories reprend le vieux principe des énigmes, et propose 50 de ces énigmes. Le narrateur raconte une situation et les autres joueurs doivent
découvrir ce qui s'est passé en lui posant des questions auxquelles il ne peut répondre que par oui ou par non.
Bien sûr, les histoires sont assez tordues ou se présentent de façon assez alambiquées pour qu'il soit nécessaire de penser différemment. Bien sûr, rien n'interdit d'imaginer des énigmes bibliques (il y en a d’ailleurs au moins une dans le jeu vendu).
Mais plus j'y joue avec mes enfants, plus je m'aperçois que la vraie difficulté est de poser des questions avant de tirer des conclusions. Et cette difficulté d'interroger pour en découvrir plus, plutôt que pour confirmer nos théories, nous interpelle sur notre façon d'entrer en dialogue avec l'autre. Finalement, est ce que je n’ai pas toujours tendance à d’abord dresser le portrait de l’autre avant d’essayer de le découvrir ?
Allez, une petite pour vous montrer :
Un prêtre prononce un discours d'adieu. A la fin du discours, le maire prend la parole pour le remercier mais est tué d'un coup de feu avant d'avoir terminé son allocution.
A vos questions...
Plaisir d'offrir, joie de recevoir.
Dur, dur d’être banal.
Chaque joueur doit trouver et noter (secrètement) huit mots évoqués par un mot donné. Une fois que chaque joueur a écrit ses huit mots, les réponses sont mis en commun et les points sont attribués sur un principe tout simple : un mot rapporte un point pour chaque joueur l’ayant cité.
Pas mal de fous rires en perspective (il est fréquent que des associations partent dans des sens tout à fait inattendus) et surtout l'occasion de découvrir qu’un rapprochement qui nous paraît évident ne l’est pas forcément pour l’autre… Un très bon jeu en famille ou entre amis et en catéchèse, ça peut-être une bonne piste pour réfléchir sur la différence et sur les difficultés et l’importance de la communication. Une bonne occasion aussi de se découvrir à la fois unique et semblable aux autres…
Theo et Ora Coster : Unanimo Coktail Game
Novembre 2012
26 novembre
20h au Franklin
A Evreux
Café Biblique
"La prière"
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