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Questions autour d'un tombeau vide

8 Avril 2012 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 8 avril 2012

Dimanche de Pâques

Actes X, 34 à 43

I Corinthiens V, 6 à 8

Jean XX 1 à 18

 

Ce matin, frères et soeurs, nous n'entrerons pas au tombeau, nous ne suivrons pas Pierre et Jean dans leur course, dans leurs questions de préséance, d'investigation et de foi.

Ce matin, nous resterons dehors, avec les femmes, avec une femme en fait, Marie de Magdala, qui est doublement le premier témoin de la résurrection, première à découvrir le tombeau vide, première à voir le ressuscité.

Nous resterons avec elle parce qu'elle est dans  la nuit, parce qu'elle nous permet de dire "nous", parce qu'elle nous permet de dire "je".

 

C'est le matin, le commencement d'une nouvelle semaine, mais pour Marie, il fait encore sombre, c'est encore la nuit. Celles et ceux qui sont venus participer à notre aube pascale ont bien à l'esprit, cette "encore obscurité" du matin, de cette journée pas encore commencée. Mais nous savons aussi que dans l'évangile selon  Jean, cette obscurité n'est pas seulement une indication horaire. L'obscurité nous dit  le début de l'évangile selon Jean, c'est la situation de notre monde dans lequel rayonner cette lumière qui est parole. C'est pourquoi je pense que c'est bien dans nos ténèbres, dans notre obscurité que se tient Marie de Magdala.

Nos ténèbres, c'est à dire tout ce qui nous empêche de vivre vraiment la joie de Pâques, la nouveauté de ce jour. Sans doute, cela évoque d'abord nos tristesses. Notre nuit ce sont nos blessures personnelles, nos échecs, nos culpabilités, nos deuils et nos regrets, nos habitudes et nos routines peut être aussi, tout ce que nous percevons comme des prisons.

Notre nuit ce sont aussi des tragédies plus générales, toutes les injustices et les horreurs de notre monde, tout ce qui nous empêche d'y voir le règne de Dieu. Vous  savez, toutes ces très bonnes raisons de ne pas croire en un Dieu d'amour, toutes ces actualités qui viennent malmener notre foi.

Mais notre nuit peut aussi prendre un aspect plus faussement lumineux, nos ténèbres, ce sont aussi tous ces moments de joie dans lesquels nous nous oublions et nous nous perdons. Ces temps de joie où nous croyons nous suffire à nous même, ces temps de bien-être où nous ne voulons plus nous remettre en question. Nous croyons souvent que le malheur nous éloigne de la foi, mais le bonheur nous conduit aussi à l'oubli, à l'éblouissement et à l'aveuglement ; ainsi, il peut être aussi notre nuit.

Et dans cette nuit, Marie de Magdala nous montre une pierre roulée, comme une porte ouverte sur l'inconnu, comme un point d'interrogation.

 

En effet, face au tombeau vide, Marie de Magdala nous permet de prendre le temps de nous poser la question. On a enlevé le Seigneur et nous ne savons pas où on l'a mis ?

 Pierre enquête, il inspecte les lieux, prélève les indices, Jean croit, mais Marie, elle, s'interroge. Et elle nous englobe dans sa question. Avez vous remarqué qu'en allant trouver les disciples, Marie, qui est seule au tombeau dit "nous" ? "Nous ne savons pas où ils l'ont mis..."

Ce nous de Marie, c'est nous... Nous en tant qu'humains d'abord. Car tous comprennent bien qu'à la source du christianisme, il y a une question, il y a un mystère. Que fêtent vraiment les chrétiens aujourd’hui ? Comment ce non-événement de la disparition du corps d'un supplicié a-t-il pu ainsi changer le monde ?

Ce "nous" de Marie, c'est nous en tant que chrétiens également. Bien sûr, notre foi nous donne une réponse à la question "comment cet homme, ce Jésus de Nazareth, ce fétu de paille, a-t-il pu transformer le monde ?". Mais la passion du Christ, sa résurrection nous posent tellement de questions : pourquoi cette mort ? comment peut elle nous sauver ? Qu'est ce que la résurrection ? et la plus évidente "pourquoi le ressuscité ne se montre-t-il pas ?". "On a enlevé le Seigneur et nous ne savons pas où on l'a mis ?"

Cette interrogation, Marie ne la garde pas pour elle, elle va la partager avec les disciples. C'est aussi le sens du "nous" : il est plus facile de dire "nous ne savons pas" que de dire "je ne sais pas", l'aveu d'ignorance est plus facile quand il est collectif. Mais ce n'est pas une pique que je lance à notre fierté : dire "nous ne savons pas" c'est dire "cherchons ensembles". Le tombeau vide marque la limite de nos intelligences, de nos connaissances. Mais ce n'est pas pour que nous baissions les bras et renoncions à comprendre. Regardez d'attitude des disciples face à l'annonce de Marie : ils se mettent en route, ils cherchent et d'attitude de foi de Jean n'est pas opposée à l'enquête de Pierre : on peut croire et réfléchir en même temps. Et le faire à plusieurs est souvent plus fécond. Vous le savez bien, vous tous qui êtes venus ce matin, vous tous que le point d'interrogation du tombeau vide a rassemblés.

 

Mais, pendant que Pierre mène son enquête, Marie va reprendre la même question "On a enlevé mon Seigneur et je ne sais pas où on l'a mis". La même question ? Pas si sûr. Les interlocuteurs, le passage à la première personne du singulier ("mon Seigneur", "je ne sais pas") indiquent bien que la question n'est plus sur le même registre.

Avec les disciples, on était dans le cadre de la recherche intellectuelle sur la résurrection, sur le plan historique ou théologique du "Qu'est ce que cela veut dire ?". Mais face aux anges, en réponse à leur question « Femme pourquoi pleures-tu ? » Marie témoigne d'un désarroi plus profond : "Je ne sais pas où est mon sauveur", je ne sais pas où est celui qui donne un sens à ma vie.

 Ce désarroi là, ni la recherche des disciples, ni l'enseignement du pasteur ne peuvent y répondre (tout au plus, peuvent-ils le mettre en évidence, lui donner sa place, c'est à dire la place centrale. Où est MON seigneur ? Où est celui qui donne son sens véritable à mon existence ? C'est la question essentielle de Pâques. Toutes les autres questions, aussi intéressantes soient elles sont inutiles si elles ne nous conduisent pas à cette question : qu’est ce que le tombeau vide signifie pour ma vie ? Quelle porte, la pierre roulée ouvre-t-elle ?)

Ce désarroi là, même les anges n'y répondent pas. Et c'est Jésus qui va y répondre lui-même. Il va d’abord l’interroger pour lui permettre de dire ce qu’est vraiment sa question. Il va reprendre la question des anges : « Pourquoi pleures tu ? » C'est-à-dire « Quelle est ta peine »  « quelle est ta souffrance ? » « Quel est ton fardeau ? » mais il a va aussi la préciser : « Que cherches tu ? » c'est-à-dire « Quel est ce manque dans ta vie ? » Par ces deux questions, il montre toute la profondeur de l’interrogation de Marie. Et cette interrogation, il va y répondre. Mais pas avec un grand exposé théologique, pas avec une leçon de catéchisme, pas même avec un sermon.  C’est simplement en la nommant qu'il va répondre à l'interrogation de Marie. En la nommant.

On pourrait traduire ainsi le dialogue entre Marie et le ressuscité :

- Où est mon Seigneur, où est le sens de ma vie ? Où est ce qu'on m'a enlevé, ce que j'ai perdu ?

-Je suis là, je suis vivant, je suis avec toi, je suis là pour toi.

 

Cette réponse va être pour Marie un bouleversement, un retournement et un envoi : "ça trouver mes frères et dis leurs…"

 

Frères et soeurs, que le tombeau vide soit l'occasion pour chacun de se poser les vraies, les bonnes questions. "Que cherches tu ? Pourquoi pleures tu ?" Quelle est cette détresse que je ressens dans ma vie ? Quel est ce vide que rien n’arrive à combler ? Et que ces questions nous permettent d'entendre celui qui nous appelle par notre nom. Celui qui nous dit "Je suis vivant. Je suis là. Pour toi."

 

Amen

Trop tard...

1 Avril 2012 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

rameaux15.gifPrédication du dimanche 1er avril 2012

Philippiens II , 6 à 11

II Rois IX 1 à 13

Marc XI, 1 à 11

 

On devrait toujours faire coïncider le culte des rameaux avec un culte des familles. C’est facile : on coupe des branches, on met des manteaux par terre, on fait rentrer un âne dans le temple, ça en fait un de plus (avec le pasteur, je veux dire)… C’est vrai que nous voyons toujours  le dimanche des rameaux, l’entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem comme une belle image pieuse. Mais que nous ne prêtons plus beaucoup attention au texte, lui-même. Par exemple, nous demandons nous pourquoi alors que sur les images, nous voyons la foule agitez des rameaux, des palmes devant Jésus, l’évangile selon Marc nous dit que les branchages sont posés sur sa route ? Eh bien c’est parce que les palmes agitées devant Jésus, c’est le récit de l’évangile selon Jean. Mais nous reviendrons aux branchages un peu plus tard… C’est une autre surprise du texte que je voudrais souligner ce matin. 

Si vous n’avez jamais lu l’évangile selon Marc d’une seule traite, je vous invite à le faire. Vous le prenez comme roman pour votre prochain long voyage en train, ou bien vous profitez d’un bel après midi de soleil pour le lire dans votre jardin, ou bien vous enfermez chien, conjoint, enfants, petits-enfants dans la cave, ou vous les envoyez au cinéma et vous vous installez confortablement pour 2 heures, 2 heures 30 de lecture, pas beaucoup plus. Ce n’est pas un poisson d’avril. En lisant ainsi l’évangile selon Marc, vous aurez l’impression d’un marathon : l’écriture est serrée, nerveuse, les événements s’enchaînent et se bousculent. Et voilà que nous sommes arrivé au terme du marathon, voilà que Jésus arrive à Jérusalem, sous les acclamations de la foule. Et voila que Jésus passe la périphérie de Jérusalem, il entre dans la ville, il se dirige vers son but : le Temple. Il regarde autour de lui, il va y prendre la parole, faire quelque chose d’extraordinaire. Ah non, il se fait tard et il rentre se coucher.

Avouons que c’est assez inattendu… Matthieu et Luc en racontant cet épisode n’ont pas placé d’interruption entre l’entrée dans Jérusalem et le récit de Jésus au temple. Et je ne crois pas que Marc coupe l’élan de son récit gratuitement. C’est bien à cause de cet arrêt que je crois important de comprendre ce que signifie cette entrée triomphale de Jésus dans Jérusalem aux yeux de Marc.

 

« Ils se hâtèrent de prendre chacun son vêtement qu’ils mirent sous ses pieds en haut des marches. » « Beaucoup de gens étendirent leurs vêtements sur la route ». Avec cette route jonchée de vêtements et de branchages, Marc nous montre que Jésus entre dans Jérusalem comme un nouveau Jehu. Or Jehu est un roi qui va purifier la ville. Si Jésus entre dans Jérusalem c’est bien pour purifier la ville, rétablir le culte véritable. Quoi de plus normal dès lors qu’il commence par se diriger vers le Temple ?

 Mais quand il arrive au temple, nous dit Marc, il se fait tard. C’est trop tard. Et je crois que c’est ce trop tard qui nous permet de véritablement comprendre le passage des rameaux à la passion, le retournement de la foule. C’est également ce trop tard qui nous permet de vivre aujourd’hui l’entrée à Jérusalem.

 

Les points communs sont nombreux entre nous et la foule de Jérusalem. D’abord, tout comme la foule, nous ressentons bien le besoin d’un renouveau, d’un assainissement de notre manière de vivre notre relation à Dieu, aux autres, à nous-mêmes. Et si nous sommes ici ce matin, c’est bien parce que nous sentons que Jésus est celui qui peut nous apporter ce changement, ce renouveau.

Ensuite, tout comme pour la foule, la venue de Jésus vers nous a été préparée, elle a été annoncée. Jésus envoie ses disciples chercher un ânon, ils le trouvent là où il l’a indiqué et il suffit d’un mot pour que les propriétaires de l’animal le laissent partir. On peut y voir un prodige. Mais je trouve l’explication rationnelle plus riche de signification : Jésus a préparé son entrée à Jérusalem. Il ne se contente pas de laisser l’intendance, les tâches pratiques à ses disciples. Non. Il prépare lui aussi les choses et associe ses disciples à ses préparatifs, il leur donne un rôle. Eh bien nous sommes à égalité avec les habitants de Jérusalem : nous aussi nous sommes prévenus de la venue de Jésus vers nous, prévenus par cette foule de témoins passés et présent que Dieu a placés pour nous. Nous ne cessons de le dire dans nos cultes, dans nos partages bibliques, dans nos confessions de foi et dans nos prières : « Le Seigneur vient » « Son règne arrive »

Mais, pour nous comme pour les habitants de Jérusalem, ce règne arrive bien tard, ce règne arrive trop tard. Nous nous sentons tellement enracinés dans nos renoncements, englués dans nos regrets, emprisonnés dans nos faiblesses. Nous éprouvons tellement de rancoeurs, tellement d’amertumes pour tout ce qui aurait pu être et qui n’a pas été. Comment Dieu pourrait-il régner sur nos vies, comment pourrait-il changer nos cœurs, alors qu’il vient si tard ?

 

Le jour des rameaux nous paraît comme une fête, et Marc nous le décrit comme le sommet d’une attente déçue. On attend ce qu’on peut attendre, on attend dans la limite de ce que nos yeux peuvent voir, de ce que nos intelligences peuvent appréhender, de ce que nos raisons peuvent envisager. L’attente est à hauteur humaine…

Eh bien le jour des rameaux est le jour où nous sommes appelés à renoncer à notre attente pour voir plus loin, pour voir plus grand. Le jour des rameaux est le jour où nous sommes appelés à basculer de l’attente du Messie à l’espérance de Pâques. Comme les habitants de Jérusalem, nous sommes déçus dans nos attentes. Sans doute attendaient-ils le messie qui allait chasser les romains comme Jéhu avait chassé Jezabel. Ils ne pouvaient pas espérer un monde dans lequel, il n’y aurait plus ni juif ni romain, ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre. Cela dépassait de très loin le champ de leurs possibles… Et nous qui attendons un dieu qui vient empêcher nos proches de mourir, qui vient nous faire triompher de nos ennemis, quelle espérance viendra ouvrir le champ de nos possibles ?

En effet, si l’attente est simplement un prolongement de notre vue, l’espérance est elle un élargissement de notre vue. L’espérance c’est refuser que notre monde, nos possibilités soient limités à nos passés et à nos constats. Et contrairement à l’attente, l’espérance n’est pas une passivité. Les possibilités que nous espérons, nous sommes appelés à les vivre dès maintenant, possible de pardon, possible de relèvement, possible d’amour, possible de liberté.

 

Frères et sœurs, que nos attentes déçues nous ouvrent sur une nouvelle relation à Dieu, que nos attentes déçues nous rendent disponibles pour une espérance inespérée, que nos attentes déçues nous permettent de vivre aujourd’hui la résurrection.

 

Amen

La prédestination : une nouvelle carte d'identité

3 Mars 2012 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Prédication du dimanche 26 février 2012

Genèse IX, 8 à 15

Marc I, 12 à 15

Ephésiens I, 3-14

 

Il nous a prédestinés… Prédestinés, le mot qui nous fait mal, le mot qui nous fait peur, le mot qui nous fait renier Calvin et qui, pour un peu, nous ferait regretter d’être protestants

Pourtant, la prédestination n’est pas un dogme théologique, elle n’est pas une question d’enfer ou de paradis. La prédestination, c’est un questionnement sur le sens de notre vie, ou plutôt une nouvelle ouverture dans le champ de ce questionnement. La prédestination, c’est surtout un appel à vivre vraiment notre vie…

 

D’où viens-je ? Où vais-je ? Dans quel état j’erre ? Nonobstant le bête jeu de mot final, ce sont quand même des questions que nous affrontons régulièrement. Que nous nous prenions la tête entre les mains pour y réfléchir ou que ces questions nous effleurent seulement, je crois que tous, nous nous demandons parfois « A quoi bon tout ça ? » « Quel est le sens de ma vie ? »

Par moment, j’ai l’impression que ma vie est un navire que je pilote. Je fais des choix, bons ou mauvais et cela m’entraîne dans telle ou telle direction, pour me confronter à de nouveaux choix. Il peut y avoir une vision croyante ou athée de cette vie navire : dans la vision croyante, mes choix me valent le sourire ou la grimace de la divinité, des récompenses ou des punitions… Dans une vision athée, je suis seul à tirer les conséquences de mes choix…

Mais dans les deux cas, j’ai parfois un profond sentiment d’injustice. Parce que je me retrouve dans des situations que mes choix ne peuvent pas expliquer, parce que je n’ai pas mérité ça. J’avoue d’ailleurs que je trouve souvent beaucoup moins injustes les bonnes choses qui m’arrivent sans que je l’aie mérité que les petits ou gros embêtements que je n’ai pas d’avantage mérité.

A d’autres moments, je vois plutôt ma vie comme un fleuve qui m’entraîne dans son cours plus ou moins tranquille, je me sens transporté, ballotté sans avoir beaucoup de liberté de choix… Là encore, il peut y avoir une vision croyante ou athée. Je peux me sentir l’objet d’un destin déjà écrit par la divinité qui a fixé l’heure de ma naissance, celle de ma mort et tout ce qui m’arriverait entre les deux ou bien me sentir pris dans le jeu de multiples contingences que je ne  maîtrise pas et le battement d’aile d’un papillon pékinois fait pleuvoir dans mon jardin…

Mais en fait, je crois que ma vie, c’est surtout d’être pris dans la trame des choix que je fais, des choix que font d’autres personnes et qui m’impliquent, et puis des accidents, des imprévus, des hasards… Et comme, même mes choix, je les fais souvent à l’aveuglette, c’est le sentiment d’inconnu et d’absurdité qui l’emporte. Si j’y regarde honnêtement, ma vie ne semble pas avoir beaucoup de sens.

 

Mais cette bénédiction qui ouvre la lettre aux Ephésiens nous dit que notre vie n’est pas ballottée, transportée d’accident en hasard, de choix en conséquence.  Elle nous invite à la regarder plus largement que de notre naissance à notre mort. Notre vie s’inscrit dans un projet plus large mais un projet dont nous sommes bien le centre. Elle nous dit que dès avant la fondation du monde nous étions voulus, souhaités par Dieu. Je dis « nous », je devrais dire « tu », « dès avant la fondation du monde, tu étais voulu N…»

Peut-être es-tu un enfant de l’amour, peut-être es-tu le fruit d’un hasard ou d’un accident, qu’importe ! Dès avant la fondation du monde, tu étais voulu. Peut-être es-tu le descendant d’un roi ou celui d’un esclave, celui d’un saint ou celui d’un monstre, qu’importe ! Dès avant la fondation du monde, tu étais voulu. Peut-être es-tu le successeur d’une amibe, d’un poisson qui a eu la curieuse idée de sortir de l’eau, qu’importe ! Dès avant la fondation du monde, tu étais voulu. Peut-être n’es tu qu’un amas de cellule animé par un peu d’électricité : qu’importe ! Dès avant la fondation du monde, tu étais voulu.

Voulu par Dieu pour être, sous son regard d’amour, saints et irréprochables quand les temps seront accomplis. Depuis avant la création du monde, jusqu’à l’accomplissement des temps, sans doute y aura-t-il des détours et des méandres, des errances et des faux pas et tous ces accidents de parcours ne seront certes pas voulu par Dieu, il y aura tes propres choix, tes propres décisions, les décisions d’autres aussi. Mais de tout ces méandres, rien ne pourra définitivement t’écarter du but que Dieu a fixé pour toi, du sens qu’il a donné. Et ce ne sont pas tes échecs ni tes succès, ce ne sont pas tes chagrins ni tes joies qui disent ce que tu es, mais c’est ce sens que Dieu donne à ta vie qui te définit. Ton identité tu ne la trouves pas dans ce que tu fais ni dans ce que tu subis, ton identité, elle est dans le regard d’amour que Dieu porte sur toi, ton identité, c’est d’être cet enfant de Dieu voulu et aimé par lui.  

 

Mais la bénédiction ne s’arrête pas là, non seulement nous sommes voulu depuis avant la création du monde en prévision de l’accomplissement des temps mais nous le savons… Et là, peut être le nous est-il plus restreint. « Il nous a prédestiné à être pour lui en adoption par Jésus le Christ. » J’ai tendance à entendre « nous, humains ». Mais dans « nous avons été prédestinés pour être ceux qui ont d’avance espéré dans le Christ », j’entends clairement « nous, chrétiens ». En effet, nous, nous connaissons notre identité, nous savons qui nous sommes au-delà de ce que nous croyons être. Cette identité qui nous est donnée depuis avant la fondation du monde, qui nous attends pour l’accomplissement du temps, nous la recevons aujourd’hui et nous sommes appelés à la vivre dès maintenant, à ne pas laisser nos succès nous monter à la tête, à ne pas laisser nos échecs et nos errances nous modeler, à ne pas laisser nos malheurs nous plier. Nous sommes appelés à ne nous laisser modeler par aucun maître qui ne serait pas notre Dieu, à refuser toute identité qui ne nous viendrait pas de ce regard d’amour. Que dès aujourd’hui, nous puissions signer chacun de nos gestes, chacune de nos paroles par cette phrase : je suis l’enfant chéri du Dieu d’amour. C’est à cela que nous sommes prédestinés.

 

Mon frère, ma sœur, aujourd’hui, lève toi dans le regard d’amour que Dieu a posé sur toi dès avant ta naissance, lève toi car c’est ce regard d’amour qui te détermine et non tes échecs et tes limites, lève toi dans la liberté nouvelle que ton créateur te donne. Lève toi, aime et témoigne.

Amen.

Ce que tu as plutôt que ce qui te manque

19 Février 2012 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Marc VI,  30 à 44

 

Lettre de Pierre, l’un des douze, à Nichanor, l’un des sept, chargé du service des tables.

 

Cher Nichanor,

 

Tout d’abord je veux te remercier pour tes services. Sache combien tout ce que tu fais est précieux pour notre communauté. Nous savons que le service des tables, l’intendance, la gestion des biens est important et que ce n’est certainement pas un service mineur

J’entends bien les difficultés dont tu me parles. Depuis la mort d’Etienne et votre dispersion  dans le pays, la générosité de nos frères ne suffit pas toujours, les services sont difficiles à organiser et la gestion, pénible. Je sais combien tu te sens démunis, pauvre et faible…

Tu as certainement déjà entendu les récits de ce jour où notre Seigneur Jésus a nourri une foule immense avec quelques pains et quelques poissons.

Pourtant cette histoire, je veux te la raconter encore. Te la raconter telle que nous l’avons vécu.

C’était un beau soir de printemps, l’herbe était verte encore, et fraîche. Le temps encore doux. C’était un beau soir de printemps, mais nous ne profitions pas vraiment de la douceur du soir ni des premiers reflets roses du crépuscule. Nous étions harassés, épuisés de fatigue. Nous revenions de mission et Jésus avait bien senti notre fatigue et il nous avait proposé de partir à l’écart pour nous reposer, mais partout, les foules nous suivaient. Nous avions même repris les bateaux pour aller plus loin encore, mais la foule nous avait suivi. Et Jésus s’était laissé émouvoir et il les enseignait. Et comme toujours, ses paroles étaient fécondes, riches, réconfortantes et personne ne voyait le temps passer. Et le soleil descendait à l’horizon. C’est Jacques qui m’a fait un signe et j’ai compris son inquiétude. Le maître parlait et le soir tombait. Qu’allait faire cette foule ?

Alors, j’ai osé interrompre le maître pour lui suggérer de renvoyer les foules. Il a souri : « donnez leur vous-même à manger ». C’était de la folie, même avec deux cent pièces d’argent, nous n’aurions pas eu assez pour nourrir la moitié de cette foule. Et même si nous avions eux ces deux cent deniers, où aurions nous trouver assez de pain à acheter ?Nous n’avions pas assez de nourriture, pas assez d’argent, pas assez de temps, pas assez de forces…

Nous avons dit à Jésus qu’il nous demandait l’impossible. Mais il nous a ordonné « allez faire l’inventaire de ce que vous avez ». Cinq pains et deux poissons. Ce n’était rien. Mais il nous a commandé : « installez la foule ». Je ne t’apprendrai pas, Nichanor, combien il est difficile d’organiser un repas, de pousser les gens à s’installer pour mettre en place une distribution. Alors, tu imagineras sans peine combien de temps cela nous a pris pour organiser des groupes de 100 et de 50, les déranger dans leurs discussions, les faire patienter, les empêcher de se disperser. Ah, il ne suffisait pas d’agiter une clochette en  criant « A table »…

Et pendant ce temps-là, Jésus ne chômait pas non plus. Il partageait le pain et les poissons, encore et encore. Et il nous les donnait afin que nous le distribuions jusqu’à ce que tous soient nourris. Comme tu l’imagines, le repas à duré tard et à la fin, vraiment, nous étions sur les rotules.

Trop fatigués même pour nous émerveiller : avant le repas, nous avions 5 pains et deux poissons à nous partager, après, il nous restait un plein panier chacun…

 

Mais vois-tu, Nichanor, ce que je garde de cette journée, c’est beaucoup plus qu’un panier de pain et de poisson, beaucoup plus même que le souvenir de 5000 hommes rassasiés, beaucoup plus que la fatigue sereine du service accompli. Ce que je garde de cette journée, c’est qu’alors que nous comptions nos manques, nos faiblesses, nos limites, et que ce bilan nous paralysait, Jésus, lui, nous a demandé de regarder ce que nous avions. Et à partir de cela, il nous a envoyés.

Nichanor, mon ami, mon frère, quand tu es appelé au service, ne regarde pas ce qu’il te faudrait, ce qui te manque, regarde plutôt ce que tu as.

Et pour ce qui est du manque, aie confiance, Dieu qui s’en occupera…

Mon ami, monte plus haut...

15 Janvier 2012 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 15 janvier 2012

Luc XIV, 1 à 6

Cela sentait bon chez Samuel, ce jour-là : un délice de viandes grillées et d’épices. C’était un belle journée et le repas s’annonçait bien. Il faut dire que Samuel avait fait les choses en grand, il avait invité bien sûr les autres pharisiens, ceux de son parti, mais aussi toute les personnalités importantes du village, les plus riches, les plus influents. Je crois qu’il voulait vraiment impressionner ce rabbi venu de Nazareth, ce Jésus…

Enfin, moi, les histoires de religion, c’est pas trop mon truc, vous savez. J’étais plus intéressé par ces chevreaux qui rôtissaient, par ces tables recouvertes de gâteaux au miel, par ces gens importants qui défilaient…

Vous  demandez sans doute ce que je venais faire là-dedans. Eh bien c’est Nathan qui m’avait fait inviter. Nathan et moi, depuis l’enfance, on est inséparables. Nos maisons étaient côte à côte et d’aussi loin que je me souvienne, on a toujours été amis. Et pourtant, c’est difficile de faire plus différent que nous deux. On vient du même niveau social, on est des enfants d’ouvriers agricoles, on a eu la même éducation et pourtant, je me dis souvent que Nathan et moi, c’est le jour et la nuit… Lui, il a toujours eu le contact facile, il a toujours su être à l’aise avec les gens, briller en société, il n’a jamais eu peur. Alors que moi, quand on me parle, je bredouille, je peine à trouver un truc intelligent à dire… Je voudrais disparaître… Oh, ce n’est pas que je n’aime pas les gens, c’est plutôt que je ne me sens jamais à ma place.

Et bien sûr à ce grand repas chez Samuel c’était comme toujours… Je ne sais pas comment Nathan nous avait dégotté des invitations et j’étais content d’être là, fasciné par tout ce luxe, par tout ce beau monde. J’étais content mais je n’avais qu’une seule peur, c’est de me tourner en ridicule, d’étaler là toute mon ignorance, tout mon malaise. Alors, je m’étais dégotté un petit coin tout au fond de la salle, un endroit où je serais vraiment à ma place : invisible.

Et de là, j’observais. J’observais Jésus qui discutait avec les pharisiens, et j’observais Nathan qui naviguait dans cette foule comme un vieux loup de mer, de sourire en salutation, d’embrassades en discussion il se dirigeait tranquillement vers les premières pace, toujours plus proche de Samuel, et de Jésus. Et je l’admirais, et une fois de plus j’enviais son aisance et son assurance.

Et puis d’un seul coup, Jésus s’est interrompu dans sa discussion avec les pharisiens et il s’est tourné vers les invités…

 

Luc XIV, 7-11

 

Quand j’ai entendu ça, c’est comme si le monde s’effondrait autour de moi. Quelque chose de nouveau s’ouvrait : alors on pouvait être reconnu même quand on était sans importance, on pouvait être vu, même quand on était invisible, on pouvait être entendu même quand on ne savait pas parler. Alors le Royaume de Dieu, ce n’était pas le festin des héros et des saints mais un repas où aucun invité ne reste dans l’ombre, ou le plus petit, el moins important est vu, considéré et aimé…

Et puis j’ai regardé Nathan qui s’était figé. Et j’ai vu qu’il pleurait. Bien sûr, il avait bien compris que Jésus parlait pour lui. Mais en le regardant, j’ai aussi vu du soulagement en lui. Et j’ai découvert chez mon ami quelque chose que je n’avais encore jamais vu… Toute son aisance, toute son assurance, en fait c’était un masque. On était beaucoup plus proche que je ne l’aurai jamais cru…

Lui aussi, il rêvait d’être reconnu pour ce qu’il était, d’être aimé pour lui-même. Lui aussi, il avait peur du regard des autres, et s’il a bien entendu l’avertissement de Jésus, il a reçu aussi sa promesse : « quand tu es à la dernière place, il y a toujours quelqu’un pour te voir, pour te dire « mon ami, monte plus haut », tu n’es plus obligé de toujours jouer des coudes pour t’élever. « Mon ami, monte plus haut ». Cette promesse de Jésus m’a délivré, ce jour là ; mais je crois qu’elle a délivré Nathan, plus encore…

Amen

Captain America : De la consolation à la récompense

12 Décembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

captain-america.jpgJ'ai toujours préféré les comics Marvel à ceux de DC. Pourtant ma rencontre avec les superheros s'est faite avec Superman (le Donner de 1978). Mais, si Batman trouve grâce à mes yeux (en grande partie grâce au Dark Knight de F. Miller), Spiderman, les X-men et consorts restent mes favoris. Bien sûr, la meilleure distribution de Marvel en France n'est sans doute pas étrangère à cette préférence. Mais je crois que c'est surtout parce que pendant que Superman confronte s superpuissance à des menaces cosmiques, Spiderman lave son costume au lavomatic du coin et les xmen jouent au baseball. Bref, les surhommes Marvel sont plus humains que super c'est ce qui fait leur intérêt. Un truc qu'ont bien compris les scénaristes du  Captain America de Johnston qui passe bien plus de temps à nous présenter Steve Rogers qu'à nous montrer les exploits de son alter ego costumé.

À mes yeux, c'est une très bonne idée. Sauf que du coup, disparaît la dimension évangélique du personnage. Dans le film comme dans la BD, le frêle Steve Rogers se voit innoculer un serum qui fait de lui un "super-soldat" . Mais alors que le film nous montre à quel point l'intégrité, la ténacité, la générosité du jeune homme le prédisposent à devenir un héro. Dans la BD, la seule raison pour laquelle Roger eststeve-roger.png sélectionné, c'est sa faiblesse. Le film nous parle de récompense, la BD nous parle de consolation. En cela, je crois la BD plus évangélique, plus dans la lignée des béatitudes (Luc 6 ; 20-26) ou de la parabole du pauvre Lazare(Luc X16 ; 19-31).

Évangélique aussi cette idée qu'un cadeau que l'on n'a pas mérité va transformer notre attitude. Steve Roger ne devient pas Captain America parce qu'il en est digne. Il devient digne d'être Captain America parce qu'on fait de lui Captain America. Je ne reçois pas la grâce parce que je m'en montre digne, ou capable. Je la reçois au delà de mes capacités, malgré moi, contre moi, même. Mais cette grâce me transforme, elle me conforme. Elle fait de moi une créature nouvelle. Calvin aurait parlé de sanctification. Plus vraisemblablement, il aurait interdit la lecture des comics aux pasteurs.

Cartographie

4 Décembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

madaba_mer.jpgPrédication du 4 décembre 2011

II Pierre III, 8 à 14

Marc I, 1 à 8

Esaïe XL, 3 à 11

Je dois avoir l'esprit mal tourné : je lis une des plus célèbres prophéties d'Esaïe, une prophétie reprise par les quatre évangiles et je me dis que si je publiais un recueil des perles de l'Ecriture Sainte, un bêtisier biblique, cette prophétie y tiendrait une place de choix.

En effet, sur cette terre dont les vallées auraient été élevées, dont les montagnes et les collines auraient été abaissées, dans ce monde tellement aplani qu'à côté, la Belgique ressemblerait aux Alpes Suisses, je me demande un peu sur quel sommet Jérusalem pourra s'élever...

Mais ce persiflage un peu stupide me pousse à me concentrer sur la topographie du texte.

         En effet, vous avez peut-être remarqué que cette prophétie d’Esaïe n’est pas une théophanie, c'est-à-dire une apparition de Dieu, classique. D’ordinaire, quand Dieu apparaît, quand sa gloire resplendit tout est bouleversé. Ici au contraire, il s’agit d’aplanir, d’élever pour que la gloire de Dieu apparaisse. Puisque nous sommes appelés à faire de l’aménagement du territoire, et ne pas le faire dans la subtilité, observons un peu la topographie.

 

Oh bien sûr, nous n'allons pas nous plonger dans la géographie d'Israël. Je ne crois pas que ce passage lui soit à ce point lié. Non, je vous invite à un usage plus littéraire de la topographie.

Vous savez que les poètes se sont plus à imaginer l'amour comme un pays et , après Magdeleine de Scudery, on s’est plus à tracer la carte de Tendre avec son fleuve Inclination et son lac de l’Ennui, une carte reprise par Moustaki…Et puisque je suis dans la variété française, peut être certains d'entre vous connaissent-ils Natacha, cette jolie chanson de François Béranger où il décrit le corps de sa bien aimée comme un pays.

Après les monts après les plaines

On arrive dans un pays

Où les mots ne veulent plus rien dire.

Un pays où je crois voir ton visage

Avec ta bouche qui s’entrouvre,

Avec tes yeux qui cherchent l’ombre

Ce matin, nous ne parlerons pas de l'amour mais je vous propose de cartographier nos vies.

 

Oui, essayons de voir notre vie comme un pays ou comme un voyage, et d'en dessiner la carte. Ne nous préoccupons pas trop de la Terra Incognita de notre avenir mais regardons notre vie passée et présente. Survolons là un instant. Nous y verrons, je pense, de riantes prairies et de vertes collines, ces souvenirs heureux, ces moments de joie, de sérénité et de confort. Sans doute, également les montagnes majestueuses de succès durement gagnés nous rappelleront l'effort de la marche et la fierté et la plénitude du sommet atteint. Dans cette visite de notre vie, n'hésitons pas à revoir les déserts de solitude par lesquels nous sommes passés, temps de trahison ou d’abandon. Survolons ces temps de maladie ou de deuil qui ont été nos vallées d’ombre et de mort. N’oublions pas ces dangers, ces embûches qui ont longé notre chemin comme autant de précipices. Je pourrais évoquer encore les sombres forêts du doute ou de l’errance, les steppes de l’ennui et de la monotonie.

Et parce que nous ne vivons pas seuls notre vie, je vous invite à l’imaginer comme un pays plutôt que comme un chemin, en effet d’autres vies la croisent et partagent nos moments…

Il manque quelque chose à cette carte : le réseau hydrologique. Oui, rappelons nous du flot de paroles qui a baigné notre vie. Les paroles fécondes qui ont enrichi et nourri notre vie. Les paroles blessantes et dures qui nous abîmés et ravinés. Celles dont nous avons cru qu’elles nous définissaient. Les paroles mensongères qui nous ont entraînés dans d’invraisemblables méandres… Toutes ces paroles nous ont sculptés, modelés comme les fleuves et les rivières dessinent un pays…

 

Maintenant que nous avons mentalement tracé la carte de notre vie, ou tout du moins, envisagé celle-ci comme un pays, entendons la parole de Dieu que la Bible a fait résonner jusqu’à nous à travers Esaïe puis les évangiles.

Que tout vallon soit relevé,

que toute montagne et toute colline soit rabaissées

 Cela signifie-t-il que notre vie ne vaut rien, qu’il nous faudrait en lisser tous les contours, en oublier tout ce qui fait qu’elle est notre vie, notre histoire ? Je ne crois pas. Il nous faut entendre dans quel but proclame la voix : « Alors la gloire du Seigneur sera dévoilée. » Il s’agit donc de voir la gloire de Dieu, c'est-à-dire son poids, sa présence.

         Si Esaïe ne décrit pas à proprement parler une théophanie, c’est qu’ici, il n’est pas question d’une arrivée de Dieu qui renverserait tout dans notre vie, mais plutôt de nous aider à mieux vivre notre vie, à nous recentrer sur ce qui est au centre

En effet, il est vrai que cette topographie de notre vie nous masque souvent la présence de Dieu. Nous nous plongeons dans la riante verdure des collines de nos bonheurs, nous enivrons de l’altitude de nos succès, nous sombrons dans les ténèbres de nos vallées de morts, nous agonisons dans nos déserts. Et tout cela ne nous aide pas vraiment à voir la présence de Dieu dans nos vies…

Eh bien cette parole vient nous aider à relativiser la géographie de notre vie, à en relativiser les échecs et les victoires. Pas à les effacer mais à rappeler que la carte toute entière de notre vie est l’abri d’une haute montagne, bien plus haute que nos propres sommets ne sont élevés, bien plus haute que ne sont profond nos ravins. Et que de cette montagne, une Parole descend vers nous, que nous l’entendons au dessus de la cime de nos succès, qu’elle descend au plus profond de nos gouffre, une Parole bien plus forte, bien plus solide, bien plus durable que toutes les paroles d’homme qui nous ravinent ou nous abreuvent, cette Parole nous dit, te dit « Tu es aimé, tu as du prix à mes yeux et pour toi, je donne tout ».

 

Je ne sais pas si nous parviendrons à porter ainsi notre regard un peu plus haut que notre vie, je ne sais pas si nous parviendrons toujours à entendre cette parole. Mais ce matin, que la prophétie d’Esaïe nous soit comme un panneau indicateur. En effet, nous vivons ce temps de l’Avent comme un chemin. Mais que ce ne soit pas pour nous le parcours du combattant qui, de courses de Noël en préparatifs de fête, nous conduit au réveillon. Tout ça peut-être très bien et très sympa, mais laissez cela au mois de décembre, évitez cette confusion des genres que nous imposent notre société… Que l’Avent soit pour chacun de nous, le temps du chemin que nous ouvrons au milieu de vie pour notre Seigneur qui vient.

 

Où que nous soyons sur la carte de notre vie, voici le Seigneur Dieu. Que dans cette venue, les plus petits, les plus fragiles se sentent porté, que celles et ceux qui en ont besoin se sentent nourris et apaisés. Frères et sœurs, notre Dieu vient à nous.

 

Amen

 

Pour une bonne manière de se plaindre

27 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

statue-argile1.jpgPrédication du 27 novembre 2011-11-27

Esaïe LXIII-16 à LXIV, 7

II Corinthiens V, 14-21

 

Pour une bonne manière de se plaindre à Dieu. le titre de ma prédication. En ce premier dimanche de l’Avent, apprenons à nous plaindre..

En effet, je crois que nous ne nous plaignons pas assez. Ou peut-être que nous nous plaignons trop mais au bon endroit, pas à la bonne personne.

Notre vie est peuplée de récriminations. Nous nous plaignons de notre conjoint, de nos enfants, de nos parents, de nos voisins, de nos dirigeants, de nos employés, de nos patrons, de nos collègues, de notre pasteur, de nos paroissiens, de notre Eglise, de nos robinets qui fuient, de nos voitures qui nous lâchent, de notre corps qui flanche, de temps qu’il fait, du temps qui passe… Et la liste pourrait être encore longue.

Oui, nous nous plaignons beaucoup, nous nous plaignons chaque jour. Et le dimanche matin, à 10h30, quand nous arrivons au temple, quand l’orgue joue ses première mesure, youkaïdi, la vie est belle et tout n’est plus que louange, action de grâce et confession de foi. C’est sans doute très bien, mais il devient difficile de croire que notre culte s’inscrit au cœur de notre vie.

Pourtant, la Bible est pleine de plaintes, de lamentations, de cris de détresse. Alors, ce matin, avec Esaïe apprenons à nous plaindre à Dieu, et peut-être même à nous plaindre de Dieu.

 

C’est une époque dure qu’évoque le prophète, les villes saintes ne sont plus que désert, Jérusalem est dévastée, le Temple a été incendié. Et, dans ce temps de désolation, on se rappelle des jours anciens, des jours où Dieu était forcément présent, où le ciel était forcément plus bleu, où tout allait forcément mieux. Oui, à première lecture, nous avons l’impression qu’au milieu de ces ruines, Esaïe fait comme nous au milieu de nos malheurs, il regarde en arrière, il évoque le bon vieux temps.

Puisque nous décelons une ressemblance dans nos plaintes, puisque nous nous reconnaissons alors dans Esaïe, profitons-en pour mieux voir nos différences…

Que demandons-nous à Dieu au milieu des ruines de nos échecs ou de nos malheurs ? Quels cris poussons nous vers lui lorsque tout s’effondre autour de nous ? Lorsque les choses vont mal dans nos vies, dans notre société, dans notre Eglise, nous nous tournons vers Dieu et nous le supplions : « Viens remettre de l’ordre, viens réparer, viens guérir ! » Esaïe, lui, gémit : « Nous sommes ceux sur qui tu n’exerces plus ta souveraineté, ceux sur qui ton nom n’est plus appelé ». Sa supplication serait plutôt « sois à nouveau notre Dieu ». Il y a une différence énorme entre « Seigneur, ma vie part à vau-l’eau, viens passer un coup de balais et réparer ce qui est brisé » et « Seigneur, ma vie part à vau-l’eau, vient me conduire et me diriger ».

En effet, la cible de notre plainte, c’est l’autre : celui qui me fait du mal, mon voisin ou l’étranger, le sort, la société le monde. Nous nous plaignons de quelqu’un ou de quelque chose .

Mais dans Esaïe, la cible de la plainte d’Israël, c’est Israël lui-même. Esaïe n’accuse pas l’autre de son malheur, mais lui-même.

 

Deux mises en garde : D’une part, il ne s’agit certainement pas d’aller asséner à celui qui se plaint qu’il ferait mieux de se plaindre de lui-même. Ca c’est l’attitude des amis de Job et elle est condamnée par Dieu. L’enseignement de la Bible est à appliquer à nous-même et non pas aux autres. Une vieille histoire de paille et de poutre…

Attention également à ne pas conclure que si il nous arrive des malheurs, c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu. Esaïe rappelle les délivrances de jadis, l’action de Dieu pour son peuple. Or si Dieu pouvait délivrer son peuple à l’époque où celui-ci était fidèle, c’est bien que cette fidélité n’empêchait pas le malheur de frapper. La différence c’est qu’à cette époque, la délivrance arrivait.

Nous ne devons donc pas entendre dans ce texte que si nous sommes frappés par le malheur, c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu. Mais plutôt que c’est parce que nous nous sommes détournés de Dieu que le malheur qui nous frappe nous abat, nous pétrifie, nous anéantit…

En effet, Esaïe se plaint moins du malheur d’Israël que de sa révolte qui l’empêche de dépasser son malheur : « Pourquoi nous fais-tu errer loin de tes chemins et endurcis-tu nos cœurs ? »

 

« Pourquoi nous fais-tu errer loin de tes chemins et endurcis-tu nos cœurs ? » Et là nous bondissons. Parce que là, nous n’entendons qu’une chose : Esaïe reproche à Dieu la révolte de son peuple. Esaïe accuse Dieu d’être un pervers. En effet, conduire le peuple à la révolte pour ensuite le punir de s’être révolté, c’est quand même particulièrement retors. Quel horrible Dieu que celui-ci !

Sauf que dans la bouche d’Esaïe, il n’y a aucune accusation, aucune révolte, aucun procès, aucun jugement contre Dieu, juste une supplique. Je crois qu’il ne nous faut rien entendre d’autre dans ce « Pourquoi endurcis tu nos cœurs » qu’une formidable humilité.

En effet, lorsque nous nous révoltons contre Dieu, nous voyons notre « non » à Dieu comme l’expression de notre liberté, de notre identité même. Après tout, nous savons bien que les enfants se construisent en disant « non », que le premier pas vers l’autonomie, c’est toujours un « non ». Dire « non » à Dieu c’est affirmer notre choix, notre contrôle sur notre vie. Lorsque nous disons « non » à Dieu, nous affirmons avec le Satan de Milton qu’il vaut mieux régner en enfer que servir au Paradis. Ma révolte contre Dieu c’est la seule chose qui soit à moi, alors j’y tiens, je m’y accroche.

Eh bien Esaïe, lui, affirme « même ma révolte contre Dieu ne m’appartient pas, même mon cœur qui se raidit contre Dieu de toutes ses forces ne m’appartient pas »

Je ne crois pas qu’il faille chercher dans cette affirmation d’Esaïe une réponse à l’énigme du mal. En revanche, nous devons l’entendre pour ce qu’elle est, une affirmation de la totale souveraineté de Dieu, une abdication de tout orgueil humain.

Bien sûr cela nous paraît dur à entendre, et pourtant c’est bien ce qui introduit la conclusion de la supplique, « c’est nous l’argile, c’est toi qui nous façonne »

Le texte est un ensemble compris entre deux affirmations « Notre père, c’est toi ». Au début, nous étions pétrifié, endurcis, figé et, sur cette dureté, sur cette pétrification, tout semblait condamné à s’arrêter. Et à la fin de cette supplique nous revoilà devenu argile, souple, une argile dont Dieu peut faire une créature nouvelle.

 

Frères et sœur, en cette période de l’Avent, qu’éclate tout ce qui nous sclérose et nous pétrifie et que le Dieu qui vient fasse de nous une argile souple, une argile dont il pourra faire une nouvelle créature

 

Amen

Walk like an Egyptian (12)

15 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01434.JPG2 Novembre 2011

6h40 : Nous voilà installés dans l’avion.

La fin de la journée d’hier était plus tranquille : restaurant de poisson au dessus du restaurant de poulet de la veille. Je ne sais pas si l’énorme et délicieux poisson que nous trouvons dans notre assiette est un barracuda, mais en tout cas, c’est délicieux même si nous n’avons plus d’appétit (promis, je vous épargne les papillons de ma jeunesse (ou pas)).

La bibliothèque d’Alexandrie était bien en grève, nous nous en contenterons donc d’en admirer l’architecture générale. Je regrette beaucoup mais d’un autre côté, c’est pas plus mal vu que le lendemain c’est à 3 heures qu’il faudra se lever…

En tout cas, Aischa a beau nous dire que les révolutionnaires ont été très gentils, elle trouve quand même que depuis la Révolution, c’est le bazar et que les gens ont un peu trop tendance à croire que la liberté c’est faire tout ce qu’on veut.

Ca roupille sec dans l’autocar, faut dire que nous avons mis une heure à sortir d’Alexandrie, une heure ou plus pour rentrer dans Le Caire. Petit arrêt au bord de la route du désert pour acheter des dattes. Les enfants sont très mignons mais Jean Paul nous dissuade de leur offrirDSC01437.JPG le paquet de gâteaux français qui traîne dans notre valise depuis le départ : « écoutez-les. Quelqu’un vient de leur offrir des stylos et maintenant, ils réclament de l’argent. Tant pis pour eux. De toute façon, ils ne sont vraiment pas dans le besoin. »

Retour à l’hôtel Santana à 21h, nos adieux à Aischa à qui je laisse mon bouquin «Ce que la Bible doit à l’Egypte. Un repas auquel nous ne touchons pas beaucoup. Malgré la sieste dans le car, nous sommes tous fatigués et la nuit sera courte. Comme plaisante mon père, j’espère que nous n’avons payé que 2 nuits au Santana : la première nous sommes arrivés à 3h et la dernière, nous partons à 3h…

Ce matin, les enfants étaient prêts avant nous. Bien joué ! Un thé et dans l’énorme boîte petit dèj’, nous piochons de quoi manger un morceau en route. Mais les tomates, concombre, pain et confitures restent derrière nous…

Dans le bus, nos adieux à Jean Paul, cette fois. Puis embarquement, passage des douanes. Pour finir en beauté avec leurs petits embêtements (je vous aurais bien raconté mais ça aurait pris trop de temps), Fabienne et Sophie sont rappelées dans le bus. Mais cette fois, c’est juste pour leur dire que leurs sièges ont été changés. Ca me permet juste d’être sarcastique et de demander à Fabienne quel est son lien de parenté avec Pierre Richard…

Trop fatigué pour vraiment stresser. Juste content de ce voyage, content aussi qu’il touche à sa fin. Un rendez vous, plus tard, avec une Egypte moins monumentale et plus quotidienne. Qui sait ?

 

9h45

J’aimerais bien qu’ils arrêtent de nous passer des sketch de caméra cachée pour nous remettre les informations de vol…

Du coup j’en profite pour vous livrer deux ou trois divers que j’ai oublié d’inclure dans les notes DSC00187.JPGprécédentes

1)      L’utilité du nilomètre qu’on retrouve dans tous les temples et qui sert à mesurer la crue du Nil. Pas par soucis d’archivage mais pour savoir comment fixer les impôts. Si les crues sont hautes, les récoltes ont dû être bonnes et on peut prélever beaucoup… Je proposerai à notre trésorière d’investir dans un pluviomètre…

2)      Le babouin dans l’iconographie égyptienne qui est soit figure du dieu Thot (pour changer un peu de l’ibis, sans doute), soit figure solaire (parce que les babouins crient et dansent quand le soleil se lève), soit figure de la clepsydre (l’horloge de nuit). Pourquoi de la clepsydre ?  Parce que les anciens avaient observé que le babouin urinait toutes les heures.

3)      Si l’on peignait le visage du défunt sur les sarcophages, c’est pour que le bâ, l’âme immortelle, puisse retrouver la bonne momie lors de la résurrection. De là à conclure que le bâ des pharaons était analphabète (y avait leur cartouche partout dans leurs tombeaux), il n’y a qu’un pas…

4)      J’ai oublié de vous raconter les vendeurs en felouques à l’écluse d’Esna. Alors que le bateau ralentit pour approcher de l’écluse, nous voyons des felouques s’approcher dans la nuit. Et elles commencent à nous balancer des projectiles ! En fait ce ne sont pas des pirates mais des marchands. Les projectiles sont des sacs en plastique contenant des foulards, nappes ou djellaba. Si une marchandise intéresse un passager, la négociation commence par dessus bord. Si l’affaire se fait, un nouveau sac est envoyé ou mettre l’argent, sinon, on renvoie les marchandises. Jean Paul nous raconte une anecdote propre à dissuader toute tentation de malhonnêteté : le bateau est bloqué à l’écluse et les marchands n’ont aucune hésitation à prévenir la police en cas de mauvais payeurs… En tout cas pour être marchand en felouque, il faut avoir le bras musclé et bien viser : ai-jeDSC01243 précis é que le pont supérieur était au quatrième étage du bateau ?

5)      Je terminerai en évoquant Mykerinos dont les anglais trouvèrent la momie sous sa pyramide et qu’ils voulurent ramener à Londres. Le bateau a coulé, offrant aux poissons de la nourriture lyophilisée depuis  trois mille ans…C’est utile d’aller en Egypte, je sais enfin le pourquoi du titre d’un de mes jeux…

Walk like an Egyptian (11)

14 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01420.JPG1er/11/2011

9h : J’ai mal dormi cette nuit. Et ce n’est pas seulement à cause du muezzin du port d’Alexandrie qui avait braqué ses haut-parleur vers notre chambre pour être bien sûr qu’on entendrait bien sa mélodie (encore la même que depuis le début du voyage, mais plus fort). Peut-être le luxe de l’hôtel, en principe plutôt destiné au pontes de la pétro-industrie qu’aux touristes. Ou, plus probablement, le retour des préoccupations du quotidien. Notre parenthèse égyptienne est en train de se refermer doucement…

11h20

Petite halte derrière l’amphithéâtre que l’hôtel nous annoncé être fermé. Ce serait une aubaine pour le petit cireur de chaussures (le premier que je vois) si nous ne portions pas tous des sandales… En tout cas, c’est une riche idée de quand même faire un détour pour le voir de l’extérieur, cela nous permet de constater qu’il est ouvert. Jamais faire confiance aux hôtels (ou plutôt : toujours vérifier l’information). En fait d’amphithéâtre, c’est un odéon. Et bien sûr, le seul moyen que trouvent mes parpaillots pour tester l’acoustique, c’est d’entonner « A toi la gloire »…

Traversée du marché qui commence à s’installer (c'est-à-dire que les commerçants commencent à s’installer sur la  route) pour aller aux catacombes afin d’y découvrir un curieux mélange de styles égyptien et greco-romain puis un petit tour de la colonne Pompée pour vérifier que le soleil et le marbre sont une association pas toujours heureuse. Il fait plus frais à Alexandrie mais à cause de la réverbération, je n’ai jamais autant souffert de la chaleur pendant notre voyage que durant ce petit tour… Et nouvelle traversée du marché, cette fois bien installé. Nous découvrons un commerce nouveau : les marchands de moitié de voiture (moitié arrière pour le bas de la rue, moitié avant pour le haut de la rue). Eh bien sûr comme toujours, les commerçants s’installent sur la route, ne reculant que lorsque le tramway arrive, les boutiques en dur râlent parce que du coup, ces boutiques mobiles leurs piquent la clientèle (on se croirait dans une discussion sur les boutiques en ligne et les boutiques en dur…)

Bref, un nombre incalculable de scènes de rue, que j’oublie au fur et à mesure. Déjà que j’ai du mal à retenir toutes les explications d’Aischa….

13h25

Aischa profite du musée d’Alexandrie pour nous expliquer le pourquoi de la posture si particulière des personnages des bas reliefs. (Cette posture à laquelle vous devez ma référence à un fleuron de la décadence pop des années 80) Il s’agit de représenter en deux dimensions la meilleure perspective (celle qui permettra de donner le plus de détails) de chaque partie du corps : le visage de profil, l’œil de face, le torse de face, la poitrine des femmes de profil. De plus, elle nous fait remarquer que dans la représentation des couples, c’est toujours la femme qui enlace l’homme. Ce qui est amusant c’est qu’on retrouve la mêmeDSC01408.JPG position quand le dieu enlace le roi…

Tout en admirant de jolies pièces, nous enjambons les étudiant(e)s assis(e)s par terre pour dessiner, MP3 à l’oreille.

Petite note, les égyptiens sont de plus en plus nombreux à fréquenter leurs musées (qui sont quasiment gratuits pour eux) et c’est une très bonne chose, se réjouit Jean Paul. Il y a encore 20 ans, les livres d’école ne faisaient commencer l’histoire de l’Egypte que lors de l’arrivée de l’Islam…