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Walk like an egyptian (9)

11 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01172.JPG31 octobre

6h25

Bon, ça n’a pas raté, je me suis effondré sans avoir eu le courage d’écrire quoique ce soit sur la journée d’hier. Allons-y donc

Pendant qu’Aischa nous explique l’histoire d’Egypte, nous apercevons les pyramides entre les immeubles, mais cet imbécile de car fait exprès de ne s’arrêter que devant des arbres ou des poteaux. Je comprends mieux pourquoi on ne voit les pyramides que sur fond de désert…

Il était impensable de passer en Egypte sans voir le plateau de Giza (c’est du dernier snobisme, non, d’écrire Giza au lieu de Gizeh ?) et c’est vrai que le site est grandiose mais ce n’est pas le plus passionnant, à mon humble avis. Et qu’est ce que les vendeurs sont pénibles… Ici, ils se comportent vraiment en chasseur : mieux vaut ne pas s’éloigner du troupeau. Surtout quand on est une femme rousse aux yeux bleus. Fabienne l’apprendra à ses dépens : trois policiers s’associent à un chamelier pour la faire grimper de force sur un dromadaire et lui extorquer les trois euros d’usage. C’est pas du vol, juste une méthode commerciale qui confine au racket… (Madian sera plus rusé : s’il monte sur un chameau, il laisse d’autre payer pour lui. Merci Uschi !

On nous fait ensuite enfiler des palmes (ce doit être l’équivalent égDSC01189.JPGyptien du gilet de sauvetage) pour visiter la barque solaire de Khéops, un puzzle de 1200 pièces, long d’une quarantaine de mètre et vieux de 4500 ans. Barque solaire ou barque d’apparat ? La question reste posée. Si c’était une barque solaire, c'est-à-dire le véhicule dans lequel le pharaon devait accompagner le soleil dans son voyage souterrain, l’immortalité commençait par une sérieuse épreuve de patience : la barque était fournie en kit…

Si le désert est toujours magnifique, j’aime bien la vue sur le Caire et sa pollution, aussi. Ensuite, descente vers le sphinx. Là, j’avoue que le sphinx et la pierre du songe m’amusent moins que le groupe de collégiens qui vient nous encercler, non pas pour nous vendre quelque chose, mais juste pour échanger quelques mots d’anglais. J’incite les enfants à répondre mais seule Yaël se lancera, ce qui ravit Aya, la plus délurée et souriante du groupe : pas de voile et c’est elle qui insiste le plus « What’s your name ? » « Where are you from ? » Welcome to Cairo ! »

7h30

En tout cas, Uderzo et Goscinny ont dû passer en Egypte. Le marché de souvenirs devant le sphinx, c’est tout à fait ça (les auvents en moins, quand même) (d’ailleurs je regrette de ne pas avoir apporté Asterix et Cléopâtre, Aischa ne semble pas connaître la véritable raison du nez manquant)

A midi, grillades. Délicieuses (à part dans le train, on mange bien en Egypte). Je profite du calme du restaurant pour accepter de donner un billet de 20 euros à un serveur en échange de petite monnaie. Mauvaise idée : cela attire les musiciens qui nous font découvrir une nouvelle forme de harcèlement des touristes : la torture auditive jusqu’à ce qu’on paye pour qu’ils s’éloignent… Pas grave : on a fini notre dessert. A la sortie, un tour de chameau pour Amos, Yaël et Sophie qui piaffaient de jalousie par rapport à Madian. Cette fois, c’est un euro le tour…

Après le repas, direction Sakkarah, la plus ancienne nécropole et les premiers bâtiments de pierres. En effet, les bâtiments des vivants (palais royaux y compris) étaient en brique alors que pour les dieux et les morts, les bâtiments sont en pierre. Une petite énigme dans une mastaba : sur une très jolie fresque, deux porteurs ont été martelés, seulement deux. Alors qu’ils sont tous identiques. Pourquoi ? Hypothèses de l’égyptologue de comptoir : soit les peintres et tailleurs se sont ratés (et le martelage devient l’équivalent du coup de blanco), soit les porteurs martelés ont été virés pour incompétence et leur patron ne tenait surtout pas à se les fader pour l’éternité.

Intéressante aussi cette pyramide à niveaux, pyramide imprévue puisque Imothep après avoir empilé gradin sur DSC01235.JPGgradin pour faire plus grand, s’est rendu compte que la forme pyramidale, c’était pas mal. En tout cas, je note que les modernes sont encore plus sympas avec les pharaons morts que leurs contemporains. Si les bâtisseurs avaient laissé deux trous devant les yeux de la statue de Djeser, pour qu’elle puisse voir du monde, nous on l’a carrément amenée au musée…

Sakkarah c’est aussi beaucoup moins de harcèlement qu’à Giza. Un des gardiens perdra quand même un pourboire, il a tellement insisté pendant que j’étais en train d’essayer d’extraire une pièce de mon rouleau de 20 centimes, que je me suis cogné la tête. Du coup je ne lui ai rien laissé. Ah mais !D’après Jean Paul, la différence est due au fait qu’à Giza, les vendeurs sont les voyous des faubourgs, alors qu’à Sakkarah ce sont les paysans du coin.

Après Sakkarah, direction Memphis. Ou plutôt ce qu’il en reste. Quelques statues exposées au milieu d’un petit village pas très fréquenté par les touristes : le prix de l’eau et des cartes postales ont sensiblement baissé. La colossale statue effondrée de Ramsès II nous permet de vérifier sous son pagne : effectivement le pharaon avait un truc à compenser…

Sur la route de Memphis, pas besoin d’un air idiot pour me bercer, j’ai beau aimer les scènes de rues, mes yeux se ferment tous seuls…

Arrêt à un magasin de papyrus. Cette fois, au moins, on nous explique un peu comment on fait le papyrus… Les enfants ont été super pendant le voyage, ils méritent bien les papyrus que nous leur achetons…DSC01198.JPG

Ensuite retour à l’hôtel du premier soir au milieu des bouchon. Je joue aux colons de Catane avec Amos ce qui m’évite de me rendormir. A l’hôtel, mauvaise surprise : le porteur attend visiblement un pourboire et fait la gueule devant nos 50 centimes d’euro (pourtant le double du pourboire indiqué par Jean Paul) J’aurai l’explication le lendemain (c'est-à-dire aujourd’hui) : les porteurs ne savaient pas que leurs pourboires étaient versés par l’agence. « Ils sont vraiment cons des fois, ça fait des années que je viens et c’est toujours le même système… » Il est 8h40, cela fait une heure que nous roulons et nous sortons tout juste du Caire. Je pense que les égyptologues se sont plantés : les longues files de personnages qu’ils ont pris pour des processions étaient en fait les bouchons de l’époque…

Au moins, mes prochaines notes concerneront la journée d’aujourd’hui…

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Walk like an Egyptian (8)

9 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0000830 Octobre

5h30

Décidément, je n’arrive pas à écrire le soir. Heureusement que je n’arrive pas non plus à dormir le matin….

Hier, départ à 7h pour les nécropoles. Nous passons à l’ouest du Nil. « Parce que le Nil coule vers le nord et que vers la droite, c’est la vie et vers la gauche c’est la mort ». Je me demande si Aischa fait de la politique…

Un premier arrêt à la vallée des Reines. Les rois et leurs épouses faisaient tombeaux à part (forcément l’éternité à deux, c’est long surtout vers la fin). En fait de tombeaux de reines, nous n’avons vu que celui de Titi (épouse de Rô-Min-Het, (pas pu m’en empêcher)), qui est très endommagé. L’intérêt est plutôt dans les tombeaux de deux fils de pharaon mort avant leur puberté. En effet l’enfant non pubère était alors considéré comme ayant besoin de la protection de sa mère jusque dans l’au-delà. Il y a quelque chose d’émouvant dans ces deux jeunes princes qui s’avancent dans le séjour des morts sous la protection de leur père.

Après les reines, nous passons à la vallée des artisans. C’est presque vexant, aucun vendeur n’est là à la sortie du bus… Pendant qu’ils travaillaient aux tombeaux des rois et des reines, les artisans étaient cloîtrés dans des villages, à côté de ces vallées, et pendant leur temps libre, ils mettaient en pratique leur art pour construire leurs propres tombeaux. Les deux tombes que nous visitons nous montrent des couples (tombe à part, c’est bon pour les pharaons) et surtout la vie quotidienne (alors que les pharaons se concentrent sur la mythologie). Les sous titres idiots que nous nous amusons à donner aux fresques ne dissimulent absolument pas notre émerveillement devant la richesse des scènes et la finesse des traits…

Ensuite, direction la vallée es Nobles. Ici, une seule tombe mais riche en histoire et enseignement puisqu’elle appartenait à un ministre d’Amenophis IV alias Akhenaton. Du coup, non seulement le tombeau présente deux styles différents mais Akhenaton ayant déplacé sa capitale, il est resté inachevé.

Ainsi, on peut voir le quadrillage qui permettait aux peintres et aux tailleurs de respecter les dimensions qui leurs étaient imposées. On voit également la différence des styles : sous Akhenaton, l’idéalisation des personnage n’est plus de mise, et les artistes se lâchent, poussant parfois le naturalisme jusqu’à la caricature…

Au-delà des questions historiques, ce sont les détails des bas-reliefs qui me fascinent : les perruques, ciselées chacune différemment, les vêtements dont on peut nettement voir le style. Une supposition d’égyptologue de comptoir : les artistes étant tenus de respecter toujours les même proportions et les mêmes trait sur les corps et les visages ne se sont-ils pas lâchés sur les détails des parures ?

Nous terminons par la vallée des Rois en y retrouvant nos vendeurs. L’un d’entre eux s’amourache de Sophie. « Un bisou contre un papyrus ». Ce monstre de Madian suggère « Vas-y et après tu me donnes le papyrus ! » Réponse de Sophie : « Fais lui toi-même un bisou »…

Le principe de visite de la vallée des rois et le même que pour la vallée des reines : 6 ou 7 tombes sont ouvertes, vous avez le droit d’en visiter 3. En effet,  il serait bon que la respiration et la transpiration d’une horde de touristes ne viennent pas détruire en 50 ans ce que la sécheresse a préservé pendant des millénaires… Quelques uns prendront le supplément pour la tombe de Ramsès 6 mais Aischa nous déconseille fortement la tombe de Toutankhamon. Faut dire que c’est gonflé de demander un supplément pour la tombe qui est la plus petite de toute et qui est restée inachevée… (Ben oui, les pharaons faisaient construire leur tombeau pendant tout leur règne mais une fois qu’ils mourraient, pas question de retarder l’enterrement. Du coup, le pauvre Toutankhamon mort à l’âge de 18 ans….)

Trois tombes sont suffisantes pour occuper l’heure et quart de visite que nous avons. NousNout laissons donc les plus connaisseurs découvrir Ramsès VI et nous explorons les trois qu’Aischa nous recommande, nous amusant à reconnaître les dieux et les scènes à l’aide des nombreuses clefs que notre guide nous a données tout au long de la semaine…

Je me demande quand même comment les égyptologues ont réussi à comprendre que la déesse Nout au corps étoilé était le ciel de jour alors qu ela déesse Nout au corps parcouru par le soleil était le ciel de nuit. Peut être tout simplement parce que l’histoire de Nout avalant le ciel tous les soirs et l’accouchant tous les matin était racontée dans les papyrus. Peut-être encore est-ce une question d’orientation… Une autre question m’intrigue : les égyptiens momifient leurs corps pour que leur Bâ (disons âme) puissent retrouver celui-ci en bon état lors de la résurrection. D’un autre côté, cette résurrection a lieu dans un corps idéalisé, dans un monde idéalisé. Ce monde idéal est il un monde céleste ou notre monde ? Bref, toujours le même problème quand on donne trop de détail sur l’au-delà, chaque réponse soulève une nouvelle difficulté…

Et puis nous avons droit à une petite séquence aventure, alors que nous visitons notre première tombe, toutes les lumières s’éteignent. Je m’attends à entendre Amonbofis s’esclaffer « Ce tombeau sera votre tombeau, français ! » Mais le générateur se relance et les lumières se rallument.

En tout cas, c’est sympa de voir ces tombeaux après trois jours de temples. Toutes ces couleurs, c’est tout de suite plus gai ! Bien sûr, je plaisante. Les temples étaient aussi colorés que les tombeaux,  c’est juste que l’enfouissement et la sécheresse ont préservé les peintures des seconds… Mais cet anachronisme ne fait que souligner l’optimisme des égyptiens à propos de l’au-delà, un optimisme qui ne gagnera Israël que par l’intermédiaire des grecs.

 

Afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’aller au musée, Jean Paul s’arrange pour que nous DSC01134prenions un raccourcis à travers le Nil : le bus nous dépose à l’embarcadère et c’est un bateau qui nous amènera à notre bateau. Déjeuner au lance-pierre (l’avantage des buffets) puis un petit groupe, accompagné des djeunz part visiter le musée de Louxor. Un petit musée finalement mais bien mis en valeur avec de très belles pièces. Et surtout, comme me le fait remarquer Laurence, du mobilier, absent jusqu’ici mais qui humanise toutes ces pierres.

Notre petit groupe rejoint ensuite le gros de la troupe pour une ballade en bateau vers une bananeraie/briqueterie. C’est une initiative de Jean Paul qui trouve que tous ces cailloux, c’est bien gentil mais fatiguant à la longue, et qui est ravi de nous montrer l’Egypte d’aujourd’hui. C’est vrai que c’est une pause salutaire, entourés de verdure, de gens sympas, loin de tout harcèlement commercial. Le paysan dont Laurence photographie les ânes pour me faire plaisir, pose et fait le pitre avant de repartir à son travail tout sourire sans nous demander aucun backshish. Nous découvrons la culture de la banane, la fabrication des briques, goûtons à la canne à sucre et sirotons qui un jus de citron, qui un jus de goyave avant que le propriétaire du bar nous invite à aller admirer le coucher de soleil en terrasse…

Je me demande si le groupe de jeunes filles voilées qui vient d’envahir, en prenant moulte photos, le restaurant avant que nous le quittions sont des touristes égyptiennes. En tout cas, une fois de plus, si nous ne pouvons que constater l’omniprésence du voile, nous devons également voir qu’il n’empêche absolument pas la coquetterie.

De retour au bateau, je bois une bière avec Jean Paul avant de me lancer dans une nouvelle étude (décidément, j’ai bien fait de les rendre optionnelles, une fois de plus tout le monde est là ou presque pour m’entendre parler de l’influence des mythes égyptiens sur la théologie chrétienne).

Puis, nous retrouvons la cohue d’un embarquement en train : le chauffeur qui engueule un des porteurs parce qu’il a claqué la porte de la soute trop fort, quelques commerçants qui viennent nous proposer des jeux de carte (une nouveauté sans doute due au contexte quai de gare). JeDSC01142 continue à bien aimer le train de nuit mais c’est vrai que ma cellule monastique me change du luxe du bateau (et encore, une fois de plus j’ai la mienne pour moi tout seul). En principe, le service doit nous réveiller une heure avant l’arrivée à Gizah (« mais pourquoi vous autres, français remplacez vous nos « a » par des « e » ?») pou nous réveiller et nous proposer un petit déjeuner. Il est 7h15 et il vient juste de passer. Seulement une heure de retard, ça devrait aller…

Je suis content, j’ai rattrapé tout mon retard, si j’écris ce soir, ce sera pour vous parler d’aujourd’hui…

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Walk like an Egyptian (7)

8 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0019729 octobre

6h

Jean Paul est venu m’interrompre, hier matin, alors que j’écrivais sur le pont supérieur. Tant mieux pour vous j’ai abrégé mon récit (mais je vous raconterai la rencontre d’avant-hier avec les vendeurs de l’écluse d’Edna plus tard.). Tant mieux pour moi, car c’est passionnant de l’entendre raconter l’Egypte au quotidien, ce qu’il a vécu lors de la révolution, loin du Caire, puis pester contre l’incapacité de beaucoup d’égyptiens qui vivent du tourisme à comprendre que les petites arnaques sont à long terme mauvaises pour les affaires (si les touristes sont la poule aux œufs d’or, ce serait intelligent de ne pas la décourager), avec une mention spéciale pour les caléchiers qu’il ne veut même plus faire travailler. A travers ses anecdotes, plus ou moins positives, transparaît chaque instant son amour pour ce pays et ses habitants, pour son métier aussi. Là encore, c’est tellement loin des médias et des clichés, loin de l’idéalisme également…

Après cette discussion matinale, petit déjeuner et visites de Karnak et de Louxor. Toujours ce même gigantisme, toujours cette mégalomanie qui illustreront bien le petit exposé de l’après midi sur pharaon comme représentant du pouvoir royal concurrent du pouvoir divin…

Que dire sur Karnak que tout le monde ne lirait pas dans n’importe quel bouquin ? En fait, je me rappelle surtout de deux détails : Ramsès II qui s’était fait une spécialité de faucher les monument des autres en effaçant leur cartouche par le sien craignait tellement de subir la même chose qu’il faisait graver son cartouche plus profondément que les autres bas-reliefs (oui, le martelage n’est pas seulement le fait des chrétiens ou des musulmans, tels des dirigeants staliniens, les rois d’Egypte n’hésitaient pas à effacer la mémoire de leur prédécesseurs quand ceux-ci leurs déplaisaient. Tiens d’ailleurs je vais faire pareil : je vais biffer le nom d’Alain Houziaux de nos registre à chaque fois que je serai pas d’accord avec un de ses articles… )

Autre détail, l’écriture hiéroglyphique fait passer l’esthétique avant l’orthographe : ainsi un hieroglyphe peut-il être déplacé à l’intérieur d’un mot pour remplir un blanc. Les personnages du cartouche de Ramsès II, debout dans le temple d’Abou Simbel sont assis à Karnak et n’en déplaise à Aïscha, il ne s’agit pas d’une question de cartouche horizontal ou vertical : ils étaient debout dans tous les cartouches d’Abou Simbel, ils sont assis dans tous les cartouches de Karnak (verticaux ou horizontaux)

Louxor, à part l’allée des sphinx, j’ai moins aimé. Peut-être que je commence à saturer, et puisDSC00098 les salles démontées et remontées pour être repeintes par les romains, c’est rigolo, mais bon. Peut-être aussi que ce qui me gêne le plus, ce sont les hauts-parleurs de la mosquée du temple de Louxor qui déversent le prêche de l’Imam dans nos oreilles. Nous ne comprenons pas l’arabe mais la rugosité  de la langue et le ton du discours donnent vraiment l’impression de quelque chose de menaçant… J’espère que c’est une impression qui n’est dûe qu’à la barrière linguistique. En tout cas, ça agace Aischa « pourquoi, font-ils ça ? Les gens qui veulent écouter, ils sont dans la mosquée… »

L’après midi est libre. Etude biblique puis pause bissap (ici, on dit carcadet)

 pour l’anniversaire de Louis. Une petite tentative pour trouver tous seuls (avec Laurence et mes parents) un bureau de change. C’est vrai que les calèchiers ne sont pas très malins dans leur roublardise : tous nous indiquent le souk dans une direction différente (en fait, nous découvrirons qu’il est à deux pas en face de nous, mais ce n’est pas là que nous allons) Toujours est-il que même si nous avions eu envie de prendre une calèche, cette malhonnêteté évidente, nous en aurait vite dissuadés…

Retour bredouille au bateau. Nous repartirons deux heures plus tard avec Jean paul qui orientera les groupes qui vers le souk, qui vers une boutique de commerce équitable, qui vers le musée. Pas de chance, notre groupe se casse les dents au musée qui, contrairement à ce qui est indiqué dans les guide, ferme à 15h. Avec un peu de chance, nous irons le lendemain (c'est-à-dire tout à l’heure (vous arrivez à suivre ?)), si nous sortons des nécropoles assez tôt…

 

18h

Je reprend mon récit de la journée d’hier. Celle d’aujourd’hui est bien remplie mais je devrais avoir du temps dans le train…

DSC00200Donc refoulés au musée, nous nous dirigeons vers la boutique de commerce équitable et puisque nous sommes à côté, ce serait dommage de ne pas faire un passage au souk. Là, ça ne m’enchante pas vraiment, j’aime pas beaucoup les marchés en général, et même si je suis passablement épargné par les vendeurs (je suis plus grand que l’égyptien moyen et je dois avoir l’air antipathique), je suis très mal à l’aise face à la sollicitation constante. Mais si la sortie du bateau est franchement pénible, le souk est correct (forcément m’informera Jean Paul, le souk ce sont des commerçant, à la sortie du bateau c’est les petits voyons des rues). Visiblement, les égyptiens ont été informés par des compatriotes « Français fauchés, Sarkozy garde les sous »..

D’ailleurs c’est peut-être le moment de dire un mot sur ces sollicitations constantes, parce que je n’aime pas ça, mais il y a quand même des trucs rigolos et que ça fait partie du voyage.

D’abord un commerce dont je n’avais pas idée : les changeurs de monnaie qui demandent des billets (en euro) contre des pièces (en principe d’euro, mais il faut être prudent ! la pièce d’une livre égyptienne ressemble à s’y méprendre à notre pièce de deux euros). En effet, les banques ne reprennent pas les pièces et les touristes ont toujours besoin de mitraille pour payer les mer… babioles folkloriques qu’on nous propose constamment. On pourrait se demander pourquoi ils ne se contentent pas de rendre la monnaie pour se débarrasser de leurs pièces mais c’est comme ça, le fond de caisse n’est pas entré dans les mœurs.

Tout aussi folklorique, les petites roublardises auquel le touriste pompe à fric doit s’attendre :

-          le prix d’appel. Tout est toujours à un euro (parfois « gratuit »), jusqu’à la caisse. Mais si on s’arrête, si on prend (ou si on se laisse mettre dans la main), le prix monte très vite.

-          Le détournement : Tous les sites nous font toujours sortir par l’allée des commerces (ce qui n’est pas vraiment dépaysant pour un habitué des sites français) mais certains vont plus loin : un très beau panneau « Exit » bleu roi, bien plus visible que le panneau officiel, nous conduit tout droit dans un magasin à la sortie du temple d’Edfou…

-          L’amitié : « Monsieur, Bonjour ! Comment ça va ? Je t’ai vu, je travaille sur le bateau : la cuisine est bonne ? » Ne perdez pas votre temps à demander le nom du bateau, vous entendrez la phrase au moins trois fois en deux minutes….

-          Plus désagréable : la poignée de main ou l’accolade qui devient une étreinte dont on a beaucoup de mal à se dégager. Madian en fera les frais ainsi que, et c’est plus embêtant, Yaël. Depuis j’ai beaucoup de mal à lui dire qu’elle ne doit pas être terrifiée par tous les égyptiens qu’elle croise.

-          - Encore plus grave : par deux fois au moins, des sacs sont ouverts dans notre groupe. Rien de volé heureusement, mais Jean Paul fulmine : c’est vraiment un phénomène nouveau en Egypte, en partie parce qu’il n’y a plus de police…DSC00005

Retour du souk, l’anniversaire de Louis nous vaut les tambours pendant le repas, ainsi qu’une farandole (beurk, décidément après le souk, c’est ma soirée) et un gateau (miam). Enfin une soirée orientale suit. Mais l’associal fatigué que je suis redoute un spectacle participatif et se réfugie dans sa chambre. Bon j’ai raté un numéro quelconque de danse du ventre et le danseur/jongleur tournoyant qui était impressionnant. Tant pis.

En tout cas, malgré les petits coups de fatigue et quelques accidents d’intendance (sacs oubliés dans le bus), je suis ravi de l’atmosphère générale du groupe.

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Walk like an Egyptian (6)

7 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01042.JPG28/10

6h

La partie bateau de notre voyage s’annonce bien être la partie la plus reposante : beaucoup de temps libre. Du coup, entre deux temples, petit vent de fronde contre Aïscha qui a un peu trop tendance à nous vendre des options, des bijoux etc. C’est vrai que la période est difficile pour les égyptiens qui vivent du tourisme (et que, comme Jean Paul me l’apprendra plus tard, un excellent guide qui ne vendrait rien ne trouverait pas de boulot auprès des tour operator locaux) mais il vaudrait mieux qu’elle pose les choses clairement et que, quand elle nous propose de voir Louxor autrement que par les quartiers touristique, on ne découvre pas qu’elle essaye en fait de nous vendre une promenade en calèche. Finalement, c’est au temple d’Edfu que nous nous rendrons en calèches. Personnellement, c’est surtout le côté syncrétiste d’Aischa qui m’agace un peu. Mais bon, rien de cela ne nous fera oublier son érudition…

Hier matin donc, le bateau a accosté au double temple de Kom Ombo, consacré aux triades de Sobek et de Horus l’ancien (pas Horus fils d’Osiris mais Horus frère d’Osiris, l’oncle Horus quoi…) Les triades ça n’a rien à voir avec les sociétés secrètes chinoises, c’est que les dieux égyptiens marchent par cellules familiales : le père, la mère et le fils. (un ancêtre de la trinité, peut-être lointain…)

Double temple, cela veut dire double sanctuaire (of course), double entrée (pourquoi pas) mais aussi double murs d’enceinte (deux en pierres, deux en briques). Quand les dieux partagent, c’est plus du « chacun le sien » que du « un pour deux »… Intéressante reproduction des instruments de chirurgie de l’époque aux côté d’un Imhotep devenu dieu de la médecine, quelques instants de lamentation pour Sobek, pauvre dieu-crocodile enfermé dans un puis de 3 mètres de diamètre…

Mais c’est la découverte du dieu Hapi (you know what ? I am theEte-et-Egypte-2011-131.jpg god of the Nile) au bas de chaque bas-relief avec son ventre ballonné et son sein nourricier qui m’intéresse le plus : une bonne introduction pour l’exposé biblique qui suivra dans l’après midi: Le Nil et la Bible avec une conclusion sur Esaïe : Le Seigneur nous tient lieu de Nils (Esaïe 33, 21)

Après l’étude biblique de l’après-midi, fouette cocher et en route pour le temple d’Edfu. En calèche donc, et en se balladant dans la ville. Quelques scènes de vie quotidiennes (moins que dans le train quand même) et à part quelques « hello » d’enfants, les habitants semblent plutôt blasés : pas beaucoup de regards de la part de ceux que nous croisons, à part celui, mi-timide, mi-amusé d’une jeune fille non voilée. Pourtant, elle n’a pas l’air trop jeune, peut-être une résistante à la pression sociale…

Le temple d’Edfu, c’est le temple d’Horus (pas l’oncle) (avec son épouse Hathor et son fils, le dieu enfant « dont il est inutile de se rappeler le nom ») et son célèbre faucon noir (en fait, il y en a deux, mais le deuxième est cassé). Un temple qui a été occupé un moment par les chrétiens qui fuyaient les persécutions romaines : plafond noirci de fumée, quelques bas reliefs martelés. Chose amusante, je remarque que sur le mur extérieur qui nous raconte la geste d’Horus pourchassant Seth qui s’enfuit sous forme de crocodile et d’hippopotame, les hiéroglyphes de faucon ont systématiquement été martelés. Je devine que les premiers chrétiens ont bien repéré à qui le temple était originellement dédié. Peut-être était-ce une DSC01080.JPGcorvée pour les disciples inattentifs : « tu iras me marteler une dizaine de faucon ». En jouant les égyptologues de comptoir, je me demande quand même s’il ne s’agissait pas d’effacer le nom d’Horus comme héros d’une histoire  de la victoire du bien sur le mal. Après tout, un dieu qui triomphe du leviathan (version biblique et mythique du crocodile) et du béhémoth (version biblique et mythique de l’hippopotame), ça peut facilement être réemployé à des fins apologétiques… Mais bon, ça demanderait quand même une vérification sérieuse…

Un vrai coup de spleen en soirée, en écrivant à ceux qui ont dû annuler leur voyage. Je pense à eux chaque jour, à chaque nouveau paysage, mais hier, je les ai vu dans le groupe. S’ils ont le courage de me lire, qu’ils sachent à quel point ces pages leurs sont dédiées.

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Walk like an egyptian (5)

6 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC00122.JPG27 octobre

6h25 Sur le Nil
Magie de voyage. Je suis tiré de mon sommeil, les yeux encore fermés, je me dis que je n'entends pas les machines et qu'il ne doit pas être 4 h. En ouvrant les paupières, je vois que le soleil à envahi notre cabine malgré les rideaux. Nous naviguons sur le Nil. Je résiste à la tentation de réveiller ma grande épouse royale (oui, je commence à attraper des tics harmoniques), j'attrape mon cahier de note et je monte sur le pont pour écrire ces mots. Au passage, j'oublie de prendre un stylo, ce qui me contraint de noter ces lignes sur mon portable : cela réduit quand même beaucoup le charme .
Hier après midi, traversée d'une carrière de granit d'Assouan avec son monolithe inachevé. Difficile d'imaginerce qui se passe dans la tête des ouvriers (conEte-et-Egypte-2011-275.jpgtrairement à la légende, pas d'esclaves sur les chantiers égyptiens), qui voient se fissurer la masse colossale de granit (42 mètres de long et 1200 tonnes de granit rose) dont ils venaient d'extraire trois des quatre côtés. Les obélisques qui vont toujours par deux sont un symbole solaire.

A la sortie, un vendeur apprend que quand on annonce à ma comptable d’épouse 10 pour 1 euro, c’est pas 8 pour 2 euros… Bien essayé !
Puis le temple de Philae, un autre temple sauvé du Nil, un temple grec, cette fois. On les reconnaît à leurs chapiteaux composites, plus chargés que les chapiteaux égyptiens. (Aischa nous explique en effet que les temples égyptiens sont à l'image du monde : le plafond est le ciel, le sol, la terre (ou plutôt, l’élément liquide) et les colonnes sont ce qu'il y a entre les deux : la végétation, avec des racines en bas et des feuilles en haut). En plus d'être grec (mais dédié à Isis : les Ptolémée ont adopté la religion et le mode de vie égyptiens), Philae est un temple désaxé. C'est à dire qu'à la mégalomanie, s'ajoute un sérieux complexe d'Oedipe si l'on en juge par les frises du roi adulte en train de téter Isis… N'importe quoi ! Philae est un temple désaxé parce que son sanctuaire n'est pas dans l'axe de la porte, construction sur une île oblige. Quand les italiens ont déplacé le temple, ils ont commencé par donner à une île la forme exacte de celle de Philae pour garder au temple son désaxement

Pendant notre visite du temple, je vois deux guides égyptienne non voilées, j’interroge donc Jean Paul. Le voile n’est pas une obligation en Egypte. Le doyen de l’université coranique du Caire y a même fait interdire le niqab. Mais il y a malgré tout une pression de plus en plus forte pour le port du voile simple, une pression qui ne vient pas toujours des hommes. Jean Paul me raconte l’histoire d’un de ses copains désespéré parce que son épouse à décidé de porter la cagoule…
La fabrique de coton où nous amène Aischa n'est qu'un bête magasin de fringues, pas facile à visiter quand on se met àEte-et-Egypte-2011-280.jpg saigner du nez... Des t-shirt pour la famille puis direction ce bateau où je me réveille. 

Hier soir, panique à bord pour la famille George : une des bagues d'amos s'est décollée et nous voilà obliger de chercher une pince coupante pour nous débarrasser du fil de fer qui se promène dans sa bouche. Comment dit on "pince coupante" en anglais ? Laurence ira jusqu'à fouiller la salle des machines pour trouver son bonheur et un mécanicien s'improvisera dentiste... Ce qui s'appelle faire avec les moyens du bord...

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Walk like an Egyptian (4)

5 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0017926 octobre

4h Entre Assouan et Abou Simbel

La journée d’hier a été plutôt calme. On ne saura pas si le gamin qui a collé sa petite sœur dans les bras de Laurence à la gare était fier de nous montrer son anglais ou s’il voulait une pièce. En tout cas, l’attirail des enfants : lunettes ou appareil dentaire l’intriguait beaucoup…

Après le train, un peu de bus pour aller prendre un bateau histoire d’aller manger dans un restaurant Nubien. Cette fois, j’évite de m’installer à une table George, cela me permet de payer une partie de mes dettes. L’éternel anxieux que je suis avais promis un café si on arrivait avec trop d’avance à l’aéroport à Paris…

Après le déjeuner et une fois la monnaie rendue - ce qui est toujours problématiques, les égyptiens ne sont pas plus malhonnêtes que les autres mais ils ne connaissent pas le fond de caisse et n’ont jamais la monnaie – petite ballade en bateau sur le Nil (un bonus qu’Aischa nous a fortement incités à prendre). C’est vrai que c’est magnifique et que c’est une vraie respiration. Mais jouons les ronchons de service : avec le bruit permanent du moteur, c’est difficile de qualifier la ballade de reposante…

Beaucoup d’oiseaux, quelques jolies scènes de la vie sur le Nil, un bétonnage pas toujoursDSC00111 heureux aussi (la palme à la tour de ce restaurant panoramique : c’est sans doute un argument de poids : « si vous ne voulez pas la voir : mangez dedans ! ». Et en plus nous découvrirons en soirée qu’elle change de couleur pendant la nuit. Kitchissime. !) Un jeune pagaye jusqu’à nous sur une planche pour s’accrocher au bateau et  nous chanter des chansons en français. Il sera déçu, nous sommes surtout passionnés par les oiseaux (dont j’ai bien sûr oublié tous les noms) et par Aischa qui nous raconte les barrages. La technologie est venue remplacer la religion pour domestiquer le dieu Nil. Mais tout n’est pas encore au point : si l’eau est canalisée, le limon fertile, lui, est perdu et la dessalinisation par le Nil interrompue…

En fin d’après midi, je prends le risque de proposer un premier exposé biblique alors que la concurrence est rude : piscine de l’hôtel et ballade dans Assouan. Pourtant tout le monde (excepté les enfants) sera là pour écouter une introduction embrouillée sur le réel et le vrai, l’histoire et la Bible. Décidément, je ne suis pas un bon avocat de l’historico-critique… Les prochains exposés seront plus faciles (si je n’ai pas découragé tout le monde. Si c’est le cas, je prendrai des vacances, je tiens beaucoup à ce que les études bibliques restent facultatives)

Ce matin, pour 19 d’entre nous, lever à 3h et départ pour Abou Simbel. C’est dans le car que j’écris ces lignes et si j’arrive à me relire, ça tiendra du miracle (note du secrétaire : halleluïa !), un car qui a bien failli ne pas partir pour cause de grêve de la police. « Vous avez l’habitude, mais pour nous, c’est nouveau » plaisante Aischa. Oui, depuis longtemps les départs se font en convois : 60 bus qui partent en même temps (180 quand en saison normale) escortés par la police (enfin escortés, c’est un grand mot, un policier dans chaque car (ou bien juste en tête et en queue du convoi), interdiction de doubler pour le car qui ferme le convoi, c'est-à-dire le notre : nous avons le car le moins remplis donc le dernier afin qu’il puisse ramasser les éventuels délaissés par une panne mécanique.

Mais ce qui me frappe surtout, c’est le désert dans lequel nous nous retrouvons après nous être éloignés d’à peine 5km du Nil.

 

10h10

Fin de la visite d’Abou Simbel. Effectivement, il aurait été dommage de rater cela. J’imagine quand mê me la tête des architectes de Ramsès II quand celui-ci se levait en leur disant « Eh les gars, j’ai une idée : on va prendre cette falaise de granit pour y creuser un temple ! En plus on va s’arranger pour DSC00177que le soleil frappe 2 fois par ans, 3 des 4 statues qui sont au fond du temple. Allez, au boulot ! Et tant que vous y serez, vous en ferez un plus petit pour mon épouse. »

D’un autre côté, quand l’UNESCO décide de faire des devis pour déplacer ces temples afin de leur éviter l’engloutissement (construction du haut barrage…), ça doit être pas mal non plus.

Je pense que nous serons encore confrontés à la mégalomanie des pharaons, en particulier à celle de Ramsès II. Si j’ai bien compris, Aischa est en train de nous expliquer comment elle compte expédier les visites de cet après midi (temple de Philae, obélisque inachevée et Haut barrage) pour que nous ayons le temps de visiter une fabrique de coton. Première halte commerciale en vue…

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Walk like an Egyptian (3)

4 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

Ete-et-Egypte-2011-151.jpg25 octobre

6h Quelque part entre Le Caire et Assouan

Cela va être dur d’écrire ces lignes tant le paysage qui défile devant mes yeux me fascine. Nous sommes donc dans le train de nuit, un train grand luxe au regard des standards égyptiens (le transport ferroviaire est tout à fait déconseiller par le conseil aux voyageur du ministère des affaires étrangère). Grand luxe, c'est-à-dire couchette exiguë (enfin, je la trouve exiguë alors que, nombre impair oblige, je suis tout seul dans la mienne), lit pas trop mauvais mais tangage et bruit constant (et pas seulement celui des machines). Mais après les 3 heures de sommeil de la nuit précédente et la densité de la journée d’hier, 7 heures de sommeil, ce n’est pas du luxe.

J’ai l’impression que nous ne roulons jamais plus de 10 minutes sans traverser un village ou une ville. Forcément, nous longeons le Nil (je sens qu’il va falloir m’habituer à cette géographie si particulière) et que toutes les constructions que nous voyons sont des immeubles inachevés mais bien habités( est ce comme la Turquie où les impôts ne sont payés que sur les maisons terminées, ou est-ce un effet de la démographie galopante). En tout cas cela  m’évoque ce que nous racontait Aischa à propos du cimetière du Caire. Les égyptiens n’ont pas perdu la coutume des nécropoles et beaucoup de tombes y sont de véritables maisons ou la famille peut venir honorer les morts. Du coup, beaucoup des habitants du cimetière sont bien vivants. En effet, les gardiens de ces tombeaux ont pris l’habitude de les sous-louer à de nouveaux arrivants au Caire qui n’ont pas les moyens de trouver un logement, en virant bien sûr ces « locataires » lorsque la famille du vrai propriétaire fait savoir qu’elle va venir honorer ses disparus. Un système qui vaut ce qu’il vaut mais me paraît de toute façon moins scandaleux que de savoir des maisons réservées aux morts alors que des vivants dorment dans la rue…

C’est le moment de vous parler d’Aischa, notre guide égyptienne qui nous a rejoints hier matin. Elle doit avoir une petite soixantaine d’année. Elle est intarissable sur l’Egypte ancienne, volontiers moqueuse sur ses contemporains et en adoration devant sa petite fille « belle comme la lune ». Aischa raconte bien, rit souvent, s’amuse de notre ébahissement devant la circulation du Caire, une cacophonie de voitures de tous âges à laquelle se mêlent quelques carrioles à ânes ou à chevaux. Elle nous raconte un Islam très rationnel et modéré dont je ne suis pas tout à fait dupe, mais qu’importe. Ce qui compte, c’est sa culture et l’amour de son pays qui transparaît à chacune de ses phrases.

Tiens, j’ai oublié de demander que quelqu’un tienne un journal de chaque jour, je ne vais quand même pas imposer mon verbiage dans notre feuille de chou paroissiale…

8h35 Louksor

Cela fait maintenant 15 minutes que nous sommes arrivés à Louksor et 30 minutes que nous devrions être à Assouan (regardez sur une carte). C’est bizarre, cela nous stresse moins que les 15 minutes de retard SNCF. Tiens, d’ailleurs, on repart…

Hier, ravie d’avoir un musée désert (tout est quand même relatif), Aischa a pris tout son temps pour nous montrer les merveilles du trésor de Toutankhamon. Je suis content de ne pas avoir trop lu avant de partir. J’apprends ainsi que ce pharaon est mort à 18 ans sans avoir rien réalisé et qu’il doit sa renommée à sa tombe, la seule à avoir été retrouvé non pillée (une photo de la tombe telle que l’a trouvé Carter laisse quand même certains perplexe, mais finalement elle était plutôt mieux rangée que mon bureau…)

Aïscha nous a fait nous arrêter longuement deant Anubis, représenté sous forme canine, une statue criante de vérité. J’y repense car sur le quai d’une gare se promène un chien jaune aux caractéristiques chacalines indéniables…

Je pense que j’y reviendrai, mais il me semble que la fascination des anciens égyptiens pour la mort était surtout une fascination pour la vie. En tout cas, qu’Hator, épouse d’Horus etDSC00049 déesse de l’amour, de l’ivresse et de la danse soit une déesse vache, passe encore. Mais représenter Thoueris, déesse des femmes enceintes sous la forme d’un hippopotame, je trouve ça d’un goût douteux… Peut-être que les égyptiennes enceintes ont plus d’humour que les françaises… Enceinte, Laurence a toujours détesté que je la compare à un hippopotame et quand, à l’instar de Bes, j’ai essayé de faire le clown pendant son accouchement, je me suis fait enguirlander…. Nains ou pas, d’importation ou pas, ils sont quand même privilégiés ces dieux…

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Walk like an Egyptian (2)

3 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC00001.JPG24 octobre

9h05

Coucher 4h30, lever 8h, ça commence bien les vacances... Quelques notes dans le hall de l’hôtel sur la fin de notre nuit avant le départ. Après les rapides formalités d’arrivée, traversée du Caire en bus. Jean Paul, notre accompagnateur nous donne quelques premières indications sur le pays. Des départs de touristes en convoi (mais ça s’est toujours fait ainsi), un couvre feu qui n’empêche pas les gens d’être dehors et de circuler à 4h du matin, un fossé entre catégories sociales et des riches qui désertent de plus en plus Le Caire pour aller s’installer dans des condominions (villes privées, dans le désert). J’espère qu’on verra un peu tout cela.

18h10

Pris dans les bouchons du Caire et ma tête bouillonne presque autant que la ville autour de nous. Tellement de choses depuis ce matin : le musée des antiquités égyptiennes puis les mosquées de Mohamed Ali (non, pas le boxeur) dans la citadelle de Salah Al-Din  et du sultan Hassan. Notre plongée dans l’Egypte pharaonique continuera demain, j’aurai donc l’occasion de revenir sur la foule d’informations que nous donne Aischa et sur les trésors que nous avons vus au musée. C’était une riche idée de commencer par là, après 3 heures de sommeil, nous étions un peu plus frais (un peu moins sonnés serait plus exact) le matin que l’après midi.

A propos des mosquées, je réfère l’art mamelouk du sultan Hassan à la copie de Sainte Sophie qu’est la mosquée de Mohamed Ali. Et puis, pour moi qui venait l’estomac un peu noué d’appréhension, c’est bien de voir ce muezzin très heureux de nous faire entendre ce que donne l’écho de sa voix dans les voûtes de la mosquée Hassan et de nous dire quelques mots en français, de le voir aussi aider gentiment une jeune maman à calmer son bébé. Bien sûr, il ne s’agit pas d’occulter les difficultés rencontrées par les coptes ni de banaliser les quelques niqab que nous voyons. Simplement de se rappeler qu’il y autre chose… Qu’au-delà de ce que nous montre le prisme des médias, il y a des hommes et des femmes qui veulent vivre en paix ensembles…

A propos du voile : nous avons vu quelques niqab et j’ai l’impression que toutes les égyptiennes sont voilées (avec quand même beaucoup de vDSC00014.JPGariété de taille et de couleur (même certain niqab sont richement brodés). Et si vraiment le voile est une négation de la femme, eh bien les couleurs vives, les maquillages, les talons plates-formes qui accompagnent souvent ce voile me rassurent : la femme ne se laissera pas nier comme ça (NB : non, je ne crois pas que le maquillage et les hauts talons soient l’essence de la féminité, je me contente de relever une contradiction qui interdit tout simplisme). D’ailleurs, sur les affiches publicitaires, les femmes ne sont pas voilées…

Ce soir, c’est embarquement en train de nuit pour Assouan.

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Walk like an egyptian (1)

2 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

egypte_nt.gif23 octobre 

18h45

Ca y est. Les formalités d’embarquement sont réglées. Notre groupe de voyageurs pour l’Egypte prend place dans son premier avion. Comme toujours, c’est le moment où commencent à s’estomper les peurs de ces dernières semaines.
Faut dire que ce voyage « Egypte et Bible », c’est quand même un projet de longue date qui a connu pas mal de péripéties : désistement de la paroisse partenaire, puis, quelques semaines avant le départ prévu embrasement de la place Tahrir et report du voyage : le printemps arabe n’est pas la meilleure saison pour voyager.... Un report, ça veut dire six mois de délai, des amis qui doivent renoncer (saleté de crabe), un enthousiasme qui s’essouffle.

Et puis, à deux semaines avant le nouveau départ, massacre des coptes (en plus, pour la petite histoire, la même semaine notre opérateur nous annonce qu’il a perdu les photocopies de nos passeport, ambiance…)

Mais cette fois, ça y est, nous quittons Paris en direction d’Amsterdam (ben oui, ça aurait été dommage de prendre le chemin le plus direct…)

22h10

Après une course à travers l’aéroport d’Amsterdam et la découverte des détecteurs de métaux hollandais (plus sensibles que leurs homologues français), nous volons vers Le Caire.

Un petit mot sur notre groupe :

Des paroissiens : Hélène et André, Geneviève et André, Yvette, Michèle, Elisabeth, Fabienne, France, Uschi

Des djeunz : Sophie (fille de Fabienne), Yaël, Madian et Amos

Des catholiques d’Evreux : Max et Geneviève qui n’ont pas eu peur de se mêler à notre horde de parpaillots

Des pièces jointes : Jean Claude et Nelly (la sœur d’Hélène), Louis et Mireille (les parents de Fabienne), mes parents à moi (quatre catholiques, notre groupe devient œcuménique)

Plus Laurence et moi.

UN groupe assez hétéroclite mais vis-à-vis duquel je suis plutôt confiant. Seule appréhension supplémentaire, vais-je réussir à être (dans le désordre) pasteur, toutriste, père, époux et fils en même temps pendant 10 jours. On va voir…

1h20

J’empiète un peu sur le 24 mais à mon avis la journée sera longue… Une heure et demie de mauvais sommeil (entouré de bébés et de gens qui font la queue pour les toilettes) après un repas en avion. Petit détour par la gastronomie hollandaise. C’est quand même bizarre de remplacer la viande hachée par de la macédoine de légume dans le hachis Parmentier (macédoine Parmentier ?). Quat aux asperges rémoulades, c’est… surprenant.
Oui, je sais, juger la gastronomie d’un pays à travers les plateaux d’avion, c’est pas très sympa… Mais en fait, je plaisante, j’adore les repas en avion. Il paraît qu’ils nous gavent pour nous destresser. Dans mon cas, ça marche très bien.

Peu de chance en tout cas que je reprenne le stylo avant demain...

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Ta foi t'a sauvé

23 Octobre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 23 octobre 2011

Luc XVII 11-19

 

Alors que Jésus fait route vers Jérusalem, alors qu'il passe entre la Galilée et la Samarie, 10 lépreux le rencontrent. C'est une formule un peu étrange... Alors que Jésus allait vers Jérusalem, il rencontra dix lépreux. Mais non, le texte nous dit bien : 10 lépreux le rencontrèrent. Et il précise ou se fait la rencontre : à l'entrée d'un village, entre la Galilée et Samarie. C'est à dire dans un lieu guère fréquentable, une zone interlope entre une région méprisée (que peut-il sortir de bon de Galilée ?) et un pays détesté (la Samarie). Et des lépreux, c'est à dire des hommes brisés dans leur relation à Dieu et aux autres, brisés même dans leur relation à eux mêmes, profitent du passage de Jésus dans cette zone grise pour l'appeler : maître, aie pitié de nous. 

Le texte nous apprendra que parmi ces lépreux, il y à au moins un étranger. Je vois dans ces lépreux une figure de l'humanité. Notre humanité abimée dans son rapport avec Dieu et avec les autres, tellement abimée que parfois, elle n'ose plus se regarder en face. Notre humanité qui crie vers tout sauveur qui semble passer à sa portée.

Oui, nous pouvons bien reconnaître notre humanité dans ce groupe de lépreux qui crie vers Jésus. 

Mais cette comparaison a de quoi nous inquiéter. En effet, nous savons qu'à seulement un dixième de ce groupe cette parole est adressée : Ta foi t'a sauvé


Mais avant de nous inquiéter, peut-être devrions nous profiter de l'aubaine. Nous savons que Jésus affirme à plusieurs reprises "Ta foi t'a sauvé". Mais cette affirmation est difficile à comprendre. Est-ce ma foi, ou est-ce Jésus qui me sauve ? Et puis la foi, qu'est ce que c'est ? Et sauvé de quoi ? Et voilà que là, nous retrouvons cette affirmation dans un contexte qui nous permet de comparer celui que sa foi a sauvé et les autres.

En effet, je pense que nous pouvons partir du principe que cette phrase s'adresse au seul lépreux samaritain à l'exclusion des autres. Alors pour comprendre ce qu'est la foi, nous pouvons voir ce qu'il a manifesté et que n'ont pas manifesté les autres. Et pour comprendre de quel salut Jésus lui parle, nous pouvons voir ce qui lui a été accordé et pas aux autres.

Qu'est ce que la foi ?

Ils élevèrent la voix pour lui dire "maître...". Ce "maître" qu'on retrouve généralement plutôt dans la bouche des disciples, c'est epistatos, celui qui se tient au dessus. C'est un titre qui, dans Luc, est supérieur à celui de didskalos, l'enseignant, que l'on traduit aussi par maître. Les 10 lépreux reconnaissent bien Jésus dans sa supériorité. Ce n'est donc pas cela qui distingue le samaritain des autres. La foi, ce n'est pas reconnaître Jésus comme le maître, celui qui se tient au dessus.

Jésus leur dit "Allez vous montrer au prêtre". Or pendant qu'ils y allaient... De cette obéissance, nous pouvons tirer deux enseignements. Tout d'abord, aucun ne pose de questions, aucun ne remet en cause la puissance de Jésus, aucun ne s'exclame "mais qu'est ce que tu nous chantes ?" La foi, ce n’est donc pas avoir confiance en Jésus.

Ensuite, tous obéissent à Jésus, font précisément la seule chose qu’il a demandée : ils vont voir le grand prêtre. Tous. La foi, ce n’est donc pas obéir à Jésus.

Alors qu’est ce qui distingue le lépreux samaritain ? Il manifeste une reconnaissance. Dans sa guérison, il ne voit pas un heureux hasard, un coup de chance, il ne voit même pas l’action d’un guérisseur plus doué que les autres : ce n’est pas de Jésus qu’il chante la louange, c’est de Dieu.

La foi, c’est reconnaître la main de Dieu derrière tout ce qui nous arrive de bon. Que cela soit prodigieux ou non. On dit parfois qu’il faut que le mal existe pour que le bien existe. Je n’y crois pas une seconde. Bien sûr le mal nous fait prendre conscience du bien : la maladie nous fait prendre conscience de la santé, les problèmes nous font prendre conscience de la facilité mais c’est justement parce que nous manquons de reconnaissance.. Parce que nous ne savons pas voir le bien quand il est là. Parce que nous manquons de foi.

Nous ne nous apercevons même pas que si le malheur nous affecte et nous scandalise à ce point, c’est bien parce qu’il n’est pas normal ! Notre scandale face au mal dit bien que notre vie est bonne

La foi ne dispense pas de voir le mal, elle ne le rend même pas moins virulent, mais elle nous fait aussi être reconnaissant du bien (dans les deux sens du terme reconnaissant : voir et dire merci)

 

Mais si la foi est la reconnaissance, cela signifie-t-il que Dieu nous sauve à condition que nous soyons reconnaissant ? Ce serait assez étrange, convenons-en…

Alors, même exercice que pour la foi, voyons donc quel salut est annoncé à ce lépreux samaritain, quel salut le distingue des autres.

« Jésus, maître, aie pitié de nous » les voyant, Jésus leur dit… Jésus voit bien tous les lépreux. Être sauvé, ce n’est donc pas être entendu par Jésus, ni être pris en pitié par lui.

Dans ce texte, si Luc parle bien sûr d’une guérison physique, il nous dit que le lépreux samaritain a vu qu’il était guéri. Et vraisemblablement, il n’est pas le seul (le salut ne consiste donc pas dans la guérison de la maladie). Mais Luc parle aussi de théologie et désigne la maladie de lèpre dans sa signification théologique et symbolique « Pendant qu’ils y allaient, ils furent purifiés » « Tous n’ont-ils pas été purifiés ?». Purifié, c'est-à-dire rétabli dans la bonne relation à Dieu, on pourrait dire, réconcilié avec Dieu. Le salut dont Jésus parle au lépreux samaritain ne consiste donc pas à être réconcilié avec Dieu puisque cette réconciliation elle a lieu pour tous les dix.

Alors quel est ce salut dont Jésus parle ? Quel est ce salut spécifique au lépreux samaritain ?

Je crois qu’il est dans ce « Il glorifiait Dieu à grande voix ». Nous avons rencontré les lépreux en train d’élever la voix vers Jésus, nous retrouvons le samaritain avec une voix qu’il n’a plus besoin de forcer, mais qui est forte par elle-même. Nous avons rencontré les lépreux en train de demander, nous retrouvons le samaritain en train d’affirmer.

Le salut du Samaritain se vit dans l’immédiat : c’est sa foi même. Le samaritain reconnaît que le bien vient de Dieu. Plutôt la maladie, plutôt que les coups du sort, plutôt que la peur, le samaritain, lui, voit le bien accomplit par Dieu. Et voir le bien malgré le mal, c’est déjà une victoire sur le mal. Sa foi l’a sauvé. Non pas de la maladie, non pas de la malédiction (ce salut là, c’est Jésus qui l’a opéré) mais d’une vie de peur ou de résignation. La seule chose que le samaritain aie de plus que les autres guéris, c’est qu’il sait que Dieu veut et fait le bien.

Et c’est bien cela qui le relève.

 

Bien sûr, certains me diront qu’il n’est pas toujours facile d’être reconnaissant. Ne serait-ce que parce que nous reconnaissons souvent le bonheur qu’au bruit qu’il fait quand il s’en va. Mais ce matin, je voudrais, pour finir, vous indiquer un motif de reconnaissance.

Quand nous entendons ce récit, nous nous posons souvent du point de vue de Jésus : un sur dix, ce n’est pas beaucoup. Mais prenons les choses sous un autre angle, sous notre angle à nous qui sommes si souvent ingrats. Neuf ingrats ont été entendus, guéris, purifiés.

J’espère que j’arrive à un dixième de reconnaissance pour tout ce que Dieu me donne, je n’en suis pas sûr. Mais ce matin, j’entends que mes 90% d’ingratitude, d’oubli n’empêchent pas Dieu de m’entendre, de me guérir et de me purifier. Et pour cela, je ne puis dire que : Merci.

 

Amen

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