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Coupables et non condamnés

16 Octobre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 10 octobre 2010

Journée mondiale contre la peine de mort

Genèse IV , 1 à 16

Jean VIII1 1 à 11

 

Les deux textes que nous avons entendus ce matin ont été choisis pour cette journée mondiale contre la peine de mort. Et dan ce contexte, mis ainsi en parallèles, leur point commun saute aux yeux : une intervention sauve un condamné à mort mais ils présentent une différence assez surprenante. Mais avant leur différence et leur ressemblance, je voudrai commencer par évoquer le sort commun à ces deux textes.

 

Ce sort commun, c'est la lecture à côté de la plaque. Toujours, quand on évoque le récit d'Abel et Caïn, commence le procès de Dieu : "Qu'est ce que c'est que ce Dieu qui ose préférer l'offrande d'Abel à celle de Caïn ?!?". Ce qui peut se décliner de manière plus pieuse : "Si l'offrande de Caïn a été refusée, c'est qu'il offrait des fruits pourris". Mais que le procès soit à charge ou à décharge, l'idée reste bien la même : Dieu aurait des comptes à nous rendre de ses choix. On pourrait aussi bien exiger qu'il nous dise pourquoi il a choisi Israël ou Marie... Dieu n'a pas agréé l'offrande de Caïn, la suite du récit  nous montre que cela ne signifie pas qu'il a rejeté Caïn.

Mais arrêtons de faire le procès de Dieu, arrêtons de chercher des circonstances atténuantes à Caïn, Caïn est coupable de fratricide et nous ne comprendrons jamais ce récit si nous ne l'admettons pas.

Dans le récit de la femme adultère, la fausse piste est d'une autre nature. En effet, il est assez rare que nous nous demandions si la femme adultère était battue par son mari ou si elle avait vécu une belle histoire d'amour avant d'être mariée de force. En revanche, nous utilisons très souvent l'épisode de la femme adultère pour condamner la lapidation. La lapidation des femmes pour quelque raison que ce soit est une atrocité qu'il nous faut combattre. Mais il faut bien reconnaître qu'à aucun moment Jésus ne déclare mauvaise la Loi de Moïse. D'ailleurs s'il le faisait, il tomberait dans le piège qui lui est tendu.

Caïn est un meurtrier et selon la loi, la femme adultère doit mourir. Je dresse ce premier constat pour établir clairement de quelle nature est le refus chrétien de la peine de mort. En effet, les premiers arguments qui nous viennent contre la peine de mort, c'est que dans certains pays, certains motifs de condamnation ne méritent pas la peine capitale, et il devient difficile d'établir quels crimes méritent la mort. Il est vrai aussi que la peine de mort rend irréparable toute erreur judiciaire et que le risque de voir tuer un innocent est réel et insoutenable. Du point de vue de la logique, ces arguments sont importants. Mais dans notre foi, ils n'entrent pas en ligne de compte. Ces textes viennent nous dire que la mort du coupable n'est pas plus acceptable que celle de l'innocent.

 

C’est dans leurs différences que nos textes expriment deux oppositions basées sur notre foi.

Jésus sauve la femme adultère avec un argument juridique : « que celui qui n’a jamais péché lui lance la première pierre ». C'est-à-dire «pour tuer cette femme au nom de la loi de Moïse, il faut appliquer intégralement la loi de Moïse ». Lapider la femme alors que l’on est soi-même pécheur, impliquerait que l’on se permet de faire un tri dans la loi, de rejeter ce qui nous dérange pour appliquer ce qui nous arrange. Or la Loi de Dieu n’est pas négociable ni morcelable.

Ainsi, Jésus nous rappelle-t-il durement que nous sommes tous sous la condamnation de Dieu, nous sommes tous ce que Dieu rejette. Comment pourrions-nous oser appliquer une sentence qui nous condamne aussi ? Comment pourrions-nous oser prendre la place de celui qui juge.

Paradoxalement, si Jésus rappelle l’argument de la loi contre la peine de mort, l’Ancien Testament, avec l’histoire de Caïn rappelle un tout autre argument. « La sentence est trop lourde pour moi » se plaint Caïn et Dieu entend sa plainte. Si Jésus évoquait la Loi, l’Ancien Testament évoque, quant à lui, la miséricorde. Dieu prend pitié du coupable. Nous lisons souvent l’histoire de Caïn et d’Abel en nous indignant que Dieu rejette « injustement » Caïn et nous voyons qu’alors même que Caïn est coupable, alors même que son rejet serait, à nos yeux, juste, Dieu ne le rejette pas. Caïn peut partir aussi loin de Dieu qu’il le veut, Dieu restera avec lui. Et cela est une merveilleuse nouvelle pour nous tous, qui sommes aussi pécheurs, Dieu ne rejette pas le coupable, Dieu pose une marque sur nous.

Et c’est vrai que j’aime que ce texte casse un peu notre association systématique : l’Ancien testament c’est le légalisme et le Nouveau testament, c’est l’amour et la miséricorde… C’est au nom de la Loi qu’est sauvée la femme adultère, c’est au nom de la miséricorde qu’est épargné Caïn…

 

La Loi et la miséricorde s’opposent à la peine de mort et c’est bien dans la même affirmation. Va et ne pèche plus dit Jésus à la femme adultère, Caïn sera l’ancêtre de ceux qui jouent de la musique. Ce que je veux, dit Dieu, ce n’est pas la mort du méchant mais qu’il se repente et qu’il vive. La peine de mort, c’est l’engrenage de la violence, c’est la logique de la mort. Face à cette logique fatale, Dieu pose une parole de vie.

La peine de mort, c’est la fin de tous les projets, mais Dieu, lui, ouvre une espérance nouvelle.

Va et ne pèche plus, n’est pas une menace, c’est une promesse, la femme adultère est en tout point sauvée de la mort sous toutes ses formes. Sauvée de la lapidation bien sûr mais aussi délivrée de son péché qui est une mort.

 

Voilà frères et sœurs, au nom de quoi nous refusons la peine de mort, au nom d’une loi qui nous interdit de nous prendre pour Dieu, au nom d’un Dieu de miséricorde et plus encore, au nom d’un Dieu qui est un Dieu de vie et de commencement, au nom d’une espérance qui ne veut voir se fermer aucune porte.

Et ce Dieu nous appelle à vivre de la vie qu’il nous donne, à nous délivrer de nos cycles de violence et de peur.

Va mon frère, va ma sœur et ne pèche plus. Ta vie commence aujourd’hui.

 

Amen

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Perdre, prendre, donner

19 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

C'est du temps perdu. On peut essayer de se persuader que chaque personne qui lira nos panneaux sera éclairée sur la réalité des camps de rétention administrative, nous savons bien que nos cercles de silence n'améioreront pas le sort de nos frères et soeurs enfermés, et que leur multiplication n'a que peu de chance d'infléchir la politique du gouvernement.
C'est du temps perdu, mais, le monsieur qui vient passer 10 minutes avec nous, faisant patienter ses enfants, en est un beau témoignage, c'est du temps pris, pris sur nos occupations, sur la foultitude de choses que nous avons à faire, pris sur notre confort. Nous prenons ce temps parce que même si nous ne savons pas quoi faire, nous n'acceptons pas cette situation où des hommes, des femmes, des enfants sont emprisonnés pour avoir fui la détresse.
Et parce que nous choisissons de le prendre, ce temps que nous perdons devient un don. Un don futile peut-être, insuffisant sans doute, mais un don et non plus une perte.

Perdre, prendre, donner, ce sont trois verbes de riches. Seul le riche peut se permettre de perdre et de donner, et seul le riche a le pouvoir de prendre. Participer à un cercle de silence, c'est mesurer que nous sommes riches de notre temps...


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Brûler des livres

10 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

autodafe.jpgUn certain nombre de ceux qui avaient exercé les arts magiques, ayant apporté leurs livres, les brûlèrent devant tout le monde: on en estima la valeur à cinquante mille pièces d'argent.   C'est ainsi que la parole du Seigneur croissait en puissance et en force.

Actes XIX, 19-40

Le pasteur Terry Jones appelle à brûler Le Coran demain.

Première réaction, cet appel n'est pas religieux, la date choisie (le 11 septembre) montre bien que ce geste s'inscrit plus dans ce que le pasteur Jones prend pour du patriotisme que dans le domaine de la foi. Bref, c'est une provocation revancharde bien plus qu'un geste chrétien.

N'empêche que Jones est pasteur et qu'en ce qui concerne les bûchers de livres, de  l'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie à cet appel d’un pasteur évangélique en passant les différents autodafés, le christianisme a une ardoise chargée.

Aucun de ces feux ne brille d'intelligence mais ils n'ont pas tous la même signification.

Luther brûlant la Bulle d'excommunication papale, les autodafés sont autant de gestes symboliques : il s'agit plus d'affirmer que la pensée de l'auteur ne vaut rien que d'empêcher la diffusion de cette pensée.

L'incendie de la Bibliothèque d'Alexandrie se situe dans un contexte de persécutions anti-païennes. Alors que l'empereur Théodose multiplie les lois contre le paganisme, interdisant entre autre les célébration païennes, et l'accès aux temples païens, une bande de fanatiques chrétiens décident d'aller plus loin et de brûler tout ce qui se rapporte au paganisme (de quoi réfléchir à ce qui se passe quand un gouvernement ostracise tout un pan de sa population).

Le geste de Jones en reste juste à l'insulte : prendre ce qu'il y a de plus sacré pour les musulmans et le détruire pour venger les victimes du 11 septembre. La réaction haineuse d'un crétin de redneck pour qui tous les musulmans sont des terroristes et donc l'ennemi. Just bullshit.

Le problème, c'est que toutes ces bûchers sont associées à Actes XIX, que ce soient par ceux qui les allument ou par ceux qui veulent y voir la preuve que la bibliopyromanie des chrétiens se trouve bien dans leurs textes fondateurs. Or, dans l'épisode d'Ephèse, c'est par une décision libre (pas forcément intelligente mais libre) que les convertis décident de brûler leurs propres livres. On n'est pas dans une scène de Fahrenheit 451, il ne s'agit pas de tuer symboliquement un auteur ni de déclarer la guerre à une communauté, mais plutôt de manifester un changement radical, une libération. Le seul geste que l'on puisse associer à Actes XIX, c'est l'ancien fumeur qui détruit son paquet de cigarettes, ou l'amoureux déçu qui détruit sa correspondance, pas vraiment un geste intelligent, certes mais en aucun cas un geste offensif.

Si le pasteur Jones est assez ignorant de l'Islam pour voir les musulmans comme dis à vis des ennemis, il aurait au moins pu connaître assez la Bible pour savoir que le commandement de Jésus n'est pas "Brûlez leurs livres" mais "aimez et bénissez"

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Pasteurs d'encre et de pellicule (1) Le professeur Wittembach

9 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

ours.jpgA travers des pasteurs de fiction, une petite ballade à la rencontre d'images du protestantisme.

Wittembach, le personnage principal de Lokis, une nouvelle de Mérimée, est un pasteur luthérien envoyé en Lituanie afin d'étudier le jmoude en vue d'une traduction de la Bible.
Bon, le personnage est un vrai rabat-joie, j'aimerais écrire que ce n'est là qu'une image d'Epinal mais il y a sans doute une certaine part de vérité derrière cette austérité et cette intransigeance protestante. J'aurais sans doute l'occasion de revenir sur la question quand je l'aurai un peu décantée, mais ce qui m'intéresse chez le professeur Wittembach, c'est son rôle de traducteur (un rôle qui occupe, dans la nouvelle de Mérimée,plus de place que le déroulement de l'action). En effet, on retrouve là un des fondamentaux (mais pas une exclusivité) du protestantisme, la Bible doit être accessible à tous et donc, elle doit être traduite.
Cela va même un peu plus loin : la Bible ne doit pas seulement être accessible à tous, ce qui n'impliquerait qu'une traduction dans les langues principales, elle doit être accessible à chacun, dans sa langue maternelle. Le professeur Wittembach s'applique à une traduction dans une langue qui n'existe même pas à l'écrit, avec toute les difficultés que cela comporte (retranscription, etc.). Et en vue de cette accessibilité la plus parfaite possible, la traduction n'est pas simplement un travail linguistique, le traducteur doit s'imprégner de la culture de la langue, Wittembach ne restera pas dans son cabinet de travail, il devra voyager jusqu'en Lituanie, parler avec les autochtones, entendre leurs légendes. Le traducteur ne fait pas que transmettre, il reçoit aussi.


- Ne pensez vous pas, Monsieur le comte, qu'une traduction des Ecritures dans la langue de ce pays ne soit très désirable ?
- Assurément ; pourtant, si vous voulez bien me permettre une petite observation, je vous dirai que, parmi les gens qui ne savent d'autres langues que jmoude, il n'y en a pas un seul qui sache lire
- Peut-être, mais je demande à votre Excellence la permission de lui faire remarquer que la plus grande des difficultés pour apprendre à lire, c'est le manque de livres. Quand les paysans samogitiens auront un texte imprimé, ils voudront le lire, et ils apprendront à lire. C'est ce qui est arrivé déjà à bien des sauvages..., non que je veuille appliquer cette qualification aux habitants de ce pays... D'ailleurs, ajoutai-je, n'est ce pas une chose déplorable qu'une langue disparaisse sans laisser de tracs ? Depuis une trentaine d'année, le prussien n'est plus qu'une langue morte. La dernière personne qui savait le cornique est morte l'autre jour...
Enfin, dans ce passage savoureux, se lit la relation étroite entre le protestantisme et l'écriture mais aussi la conviction que toute culture mérite d'être préservée. Ainsi, si la Bible doit être transmise, elle ne doit certainement pas l'être comme un vecteur d'uniformatisation. Il n'est pas demandé au lecteur de s'effacer devant le texte, bien au contraire, il est invité à rencontrer le texte.

Je ne sais pas quelles relations Mérimée entretenaient avec le protestantisme, mais je trouve que son personnage de pasteur/traducteur sonne particulièrement juste et relève bien l'intérêt de cette histoire assez convenue d'ours-garou.

 

Prosper Mérimée. Lokis

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Esclavage

8 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

esclavage.jpgPrédication du 11 juillet 2010

Exode XXI, 1 à 11

Philémon

Luc XVII, 21

 

Après le décalogue et l'établissement des autels, les premières règles que Dieu donne à son peuple sont un code de l'esclavage… Ce code de l'esclavage va nous conduire à réfléchir sur nos propres comportements vis-à-vis des autres et sur ce qu'est pour nous le christianisme.

 

L'esclave hébreu a des droits. Tout d'abord, il n'est pas esclave à vie, en tout cas pas si son maître ne lui donne pas envie de le devenir. De plus ces droits s'étendent même à la femme esclave ou, appelons un chat un chat, à la concubine.

L'esclave sera libéré au bout de 6 ans, la concubine ne sera pas maltraitée au profit d'une autre, elle ne sera pas revendue à l'étranger… Heureux sort des esclaves hébreux au milieu de cultures bien plus cruelles et barbares ! Merveilleux début d'humanisme chez un peuple encore brut de décoffrage !

 

Sauf qu'en fait, je ne sais pas quel droit s'appliquait aux esclaves chez les voisins d'Israël. Sauf qu'en fait, ces règles résonnent d'abord pour moi comme des constats douloureux

Premier constat : le peuple libéré de l'esclavage continue à avoir des esclaves ; les anciens esclaves continuent à réduire leurs frères et leurs sœurs en esclavage.

Deuxième constat : ces règles ne s'appliquent qu'aux esclaves hébreux, l'esclave étranger est certainement bien moins protégé.

Deux constats décevants certes - on aimerait trouver dans la Bible un grand souffle anti-esclavagiste, on aimerait que le peuple dont Dieu a brisé les chaînes, brise à son tour les chaînes de ses voisins ou qu'au moins, il n'en forge pas de nouvelles - mais deux constats qui viennent nous rappeler que le monde biblique n'est pas le Neverneverland de Peter Pan, ni l'île aux enfants mais bien notre monde et l'humanité biblique n'est pas une humanité idéalisée mais bien notre humanité avec ses préférences nationales et sa constante tentation de s'approprier l'autre, le réduisant au rang d'objet, une humanité tout à fait prête à infliger à d'autres les souffrances qu'elle a elle-même subie.

    Et parce que la Bible ne nous raconte pas une humanité rêvée, parce qu'elle parle du réel, nous pouvons prendre ce qu'elle nous dit au sérieux. Nous ne sommes pas dans le domaine de l'utopie mais bien dans celui de l'applicable. Cette version du code hébreu de l'esclavage (on en trouve d'autre dans la Bible, le droit hébreux n'est pas figé) nous rappelle que celui ou celle que nous avons assujetti reste un être humain, qu'il a des droits et que nous avons envers lui des devoirs.

 

    Bien sûr, c'est très insuffisant et ils ont raison ceux qui montent sur leur grand chevaux pour condamner la Bible comme un livre qui ne condamne pas l'esclavage. Et le Nouveau Testament pas davantage que l'Ancien. Même dans sa lettre à Philémon, adressée au propriétaire chrétien d'un esclave en fuite, Paul ne se livre pas à une grande envolée pour condamner pas l'esclavage comme institution.

    Mais paradoxalement, ceux qui condamnent ce silence de la Bible sont souvent les mêmes qui ne supporteraient pas qu'on établisse une loi parce qu'elle est biblique… Si je le souligne, ce n'est pas pour conspuer une des nombreuses contradictions des athées militants mais plutôt parce qu'en l'occurrence, ils ont raison et nous permettent de comprendre ce silence.

    Si Paul avait écrit à Philémon : "tu dois affranchir Onésyme" on serait tombé dans la théocratie, ce système de gouvernement dans lequel des hommes prétendent imposer des lois de la part de Dieu. Et même si ces lois s'étaient avérées justes et bonnes, Paul aurait réduit la Bonne Nouvelle à un juridisme. On sait bien, en effet qu'une loi ne peut pas d'un  seul coup transformer mentalité et comportement. Si Paul avait statué sur l'esclavage de manière légaliste, il aurait vraisemblablement interdit d'avoir des esclaves chrétiens. Et cela n'aurait pas été plus satisfaisant pour nous que la protection que l'Exode accorde aux esclaves pourvu qu'ils soient hébreux.

Mais plutôt que d'imposer  une règle  à Philémon, Paul préfère lui rappeler cette  Bonne Nouvelle qu'il a reçue. "Regarde Philémon, regarde  Onésyme, ton esclave en fuite. Regarde-le, en Jésus-Christ, il est ton frère. Regarde ton frère et je sais que tu feras ce qui est juste."

 

Paul applique ainsi cette parole de Jésus : Le royaume de Dieu ne vient pas de manière à frapper les regards.    On ne dira point: Il est ici, ou: Il est là. Car voici, le royaume de Dieu est au milieu de vous.  Le Royaume de Dieu, ce n'est pas quand Paul, ou l'Eglise ou la loi ordonne "fais ceci ou celà", le Royaume de Dieu, c'est lorsque Philémon reconnaît Onésyme comme son frère.

 

Frères et soeurs, que Christ nous conduise à son Royaume, qu'il ouvre nos yeux et nous donne de reconnaître en chacun, notre frère ou notre soeur, et d'agir en conséquence.

 

 

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Tamara Drew, une confession du péché so British

5 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Tamara-drew.jpgArborant fièrement son nouveau nez, Tamara Drew revient à dans son village natal, un coin paumé de la campagne anglaise. S'ensuit toute une série de péripéties impliquant des écrivains, une rockstar, un chien, des vaches, des sales gosses. C'est féroce et c'est drôle.
Les personnages sont égoïstes, menteurs, revanchards, lâches ou tout simplement stupides, pas un  pour rattraper l'autre. Et pourtant, et c'est là, le génie du film, aucun n'est tout à fait haïssable. Stephen Frears (ou peut-être Simmonds, je n'ai pas lu la bande dessinée) s'amuse en nous dépeignant  une humanité médiocre et pourtant attachante.
J'aimerais que nos confessions du péché soient empreintes du même humour et du même amour. En effet, le but n'est pas de battre notre coulpe, de nous morfondre en culpabilité ou en haine de nous-même, mais simplement de reconnaître ce que nous sommes. La confession du péché serait alors vraiment le moment où nous serions libérés de notre soif de paraître et de notre orgueil

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Autel de passe

3 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

 

autel.jpgPrédication du dimanche 4 juillet 2010

Exode XX 22-26

Romains VIII, 35

Matthieu VI, 5

 

C'est un texte qui nous parait sans doute anecdotique, juste après le célébrissime passage du décalogue… Un texte en tout cas, qui ne nous concerne pas beaucoup aujourd'hui, surtout nous autres, protestants qui avons abandonnés toute idée d'autel et de sacrifice à offrir à Dieu.

Que pourrions-nous bien faire d'un texte qui nous dit comment construire un autel ? Peut-être le garder comme un document archéologique, souvenir d'un judaïsme primitif (au sens de premier)… Mais à part ça…

Pourtant, je voudrais que nous entendions d'abord la logique générale de ce passage qui résume tout le culte rendu à Dieu et puis, que nous nous interrogions sur les autels que nous-mêmes nous nous construisons.

 

C'est des cieux que je vous ai parlé, tu me feras un autel de terre en tout lieu où je ferais rappeler mon nom.

Dieu nous parle du haut des cieux. A la différence des idoles de cette époque, Dieu ne parle pas à partir du lieu qu'on lui a donné, de la statue qu'on lui a bâtie. Il n'a pas besoin d'un lieu de transition géographique pour s'adresser à son peuple. Il y a là une affirmation de la liberté de Dieu qui ne s'assujettit pas à une religiosité humaine à des fabricants d'idoles. Et si Dieu reste libre, c'est pour que nous soyons libres. En effet, puisque Dieu parle du haut des cieux, nul ne sera privé de sa présence parce qu'on lui aurait interdit l'accès à son temples, parce qu'on l'aurait privé de ses statues. Dans l'antiquité, il est courant d'abattre des temples, de dérober des statues pour couper un peuple de ses dieux… Mais il est impossible de séparer le peuple de son Dieu qui l'a fait sortir de l'esclavage. Nul ne peut nous séparer de l'amour de notre Dieu.

Et cela est réaffirmé dans la deuxième partie de l'affirmation : le Dieu qui nous parle du haut du ciel, en toute liberté, nous accorde de pouvoir nous présenter à lui, d'avoir des lieux sur notre terre où nous adresser à lui. Si Dieu parle du ciel, l'homme peut lui construire des autels « en tout lieu où je ferai rappeler mon nom » précise Dieu. C'est bien affirmer que ces autels peuvent être établis n'importe où, à l'initiative de Dieu. Si Dieu le décide ainsi, son peuple peut le rencontrer au plus haut d'une montagne, sur une terre étrangère, dans une prison, dans une décharge même.

Il n'y a pas de lieux dont Dieu serait prisonnier, il n'y a pas de lieux qui lui seraient interdits. Pour certains parmi nous, cela paraît une évidence mais, n'avons-nous pas des lieux, des situations où nous n'osons pas faire appel à Dieu, où nous aurions l'impression de manquer de respect, où nous nous sentons coupé de Dieu. Prenons-nous au sérieux la liberté de Dieu qui est la nôtre : nous sentons-nous si libre que cela de nous laisser rejoindre par notre Dieu, n'importe où ?

 

Dieu à l'opposé des idoles, Dieu qui nous parle, Dieu qui nous rejoint. Ce texte est bien porteur du message biblique, il n'est pas qu'un document archéologique.

Mais tout de même, nous ne construisons plus d'autel. La preuve, ici c'est bien une table de communion que nous avons et nous reprendrions immédiatement toute personne qui commettrait la grave erreur de parler d'autel. Mais laissons là le mobilier. Ne construisons-nous vraiment plus d'autel ? Ne prétendons-nous vraiment jamais nous tourner vers notre Dieu ? Ne prétendons nous jamais lui offrir le fruit du travail de nos mains, les élans de notre cœur ? Même le plus acharné des défenseurs du Sola Gratia, de la grâce seule, même le partisan le plus intégriste d'une vision pessimiste de l'être humain ne saurait le nier. S'élever lui-même vers son Dieu, bâtir des autels donc est une disposition naturelle à l'homme. Et, ici, Dieu fait droit à ce désir. C'est très beau : Dieu tient compte de nos désirs.

Mais en y posant des règles.

Tout d'abord, on vient de le voir : l'initiative reste à Dieu. Ce n'est pas l'homme qui décide de construire un autel puis qui le construit, le taille et le martèle avant que Dieu puisse y venir. Le texte est très clair : interdiction formelle de tailler les pierres de l'autel. Pourquoi ? Pourquoi ne pas attendre que l'autel soit fini pour le consacrer à Dieu et à partir de là et seulement à partir de là, il est sacrilège d'y toucher ? Ce serait tellement plus pratique...Mais il s'agit précisément de se rappeler que l'initiative revient à Dieu, et que là où il fait connaître son nom, l'autel et déjà là.

Et cette initiative qui revient à Dieu implique bien plus que des histoires d'autel de terre ou de pierre

 D'abord, il n'est pas prisonnier des autels que nous lui dressons, il n'est pas obligé d'être là où nous voudrions qu'il soit, là où nous voudrions le mettre. Dieu n'a pas à nous rendre des comptes de ce que nous prétendons faire pour lui. Dieu n'est pas responsable des horreurs commises en son nom. Et nous ne pouvons pas nous poser devant Dieu en disant « Voilà Seigneur, j'ai fait cela et cela pour toi, à toi d'agir pour moi. »

C'est l'enseignement que je perçois à travers la dernière règle relative aux autels : Tu ne monteras point à mon autel par des degrés, afin que ta nudité ne soit pas découverte.  La règle est purement fonctionnelle, triviale même : gravir des marches vêtu d'une tunique, c'est exposer sa nudité. Mais je crois que l'on peut donner à cette règle un sens plus général : en effet, dans la Bible, la nudité de l'homme, c'est sa faiblesse. Lorsque nous essayons de nous élever vers Dieu, marche après marche, étape après étape, nous ne faisons que dévoiler notre faiblesse, notre incapacité à l'atteindre.

 

Frères et soeurs, tous nous essayons toujours de bâtir des autels réels ou symboliques, comme autant d'escabeaux vers Dieu. Et dans son amour, Dieu nous laisse faire. Mais rappelons nous toujours, que ces autels ne nous donnent aucun droit sur Dieu. C'est Dieu qui à l'initiative. C'est lui qui vient à nous.

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La rentrée de Calvin

2 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Prières

calvin40.jpgSeigneur qui est la source de toute sagesse et de toute science,
puisqu'il te plaît de me donner pendant ma jeunesse
l'instruction qui me sera utile pour vivre saintement et honnêtement
veuille en même temps éclairer mon intelligence
pour que je comprenne l'enseignement qui me sera donné.

Et puisque tu promets d'éclairer par ta sagesse
et par ta connaissance les petits et les humbles au coeur droit,
tandis que tu rejettes les orgueilleux
pour qu'ils se perdent dans la vanité de leurs raisonnements,
je te demande, ô mon Dieu,
de créer en moi cette véritable humilité qui me rendra docile
et obéissant à toi tout d'abord,
mais aussi à ceux que tu as établis pour m'instruire.

Veuille en même temps disposer mon coeur,
afin qu'ayant renoncé à tous ses mauvais désirs,
il te rechercher ardemment et que mon seul but, ô Dieu,
soit de me préparer dès maintenant à te servir dans la vocation
où il te plaira de m'appeler.
J. Calvin

in Livre de prières. Société Luthérienne. Edition Olivetan

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Je

1 Septembre 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

distributeur.JPG"Bonjour, je suis un distributeur automatique de billets" affiche l'écran du distributeur de je ne sais plus quelle banque de Montpellier.

Non !

Je veux bien que tout s'automatise ; moi-même, j'ai souvent recours aux bornes automatiques pour gagner du temps. Mais, je ne veux pas que, par soucis d'anthropomorphisme, une machine qui n'a aucune conscience d'elle même, me dise "Je". Je ne veux pas qu'on galvaude ce petit mot de deux lettres.

En effet, c'est un pouvoir immense que celui de la subjectivité. J'ai conscience de faire ce que je fais. J'ai conscience de penser ce que je pense. Et j'ai même conscience de n'être pas toujours maître de ma pensée ou de mes actes.

C'est dans ce "je" que je comprends "fait à l'image de Dieu". En effet, ce "je" est une caractéristique essentielle de Dieu, une caractéristique que la traduction de YHVH par l'Eternel, gomme malencontreusement. Dieu est sujet, bien plus que je ne puis l'être. En effet, quoiqu'individu conscient et donc sujet, je reste programmé et donc objet (moins qu'un distributeur automatique, quand même), Dieu est, quant à lui le sujet absolu, sans programmation, ni contrainte. Et c'est ce "je" là qui a choisi de s'attacher à moi. C'est ce "je" là qui m'offre ma liberté.

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Ce n'est pas qu'un au revoir

8 Août 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 8 août 2010

Psaume 33

I corinthiens II, 1 à 5

Actes XX, 17 à 38

 

Après un long séjour et de nombreuse pérégrination, Paul quitte la Turquie. Des séparations, nous en vivons de bien des sortes dans notre vie, et peut-être tout particulièrement en cette période estivale : départ en vacances ou retour de vacances sont souvent des occasions de se dire au revoir.

Pourtant nous voyons bien que ce récit de séparation là est un peu différent.

 

Tout d’abord, nous entendons bien qu’il ne s’agit pas d’un au revoir mais clairement d’un adieu. Si la Bible ne raconte pas la mort de Paul, il est évident d’après ce texte, que Luc a pris en compte une mort violente de Paul, une mort dans la persécution.

         Mais même en tenant compte de cette mort annoncée, on est frappé par l’extrême noirceur de ce texte. D’ordinaire, dans la tristesse de la séparation, on évoque les bons souvenirs des moments passés ensembles, ou bien les retrouvailles à venir et si ces retrouvailles ne sont pas possibles on s’exhorte à tenir bon, on se souhaite tout le bonheur du monde, on se promet des jours meilleurs. Bref, on essaye d’apaiser la tristesse, de positiver, en quelque sorte. Mais ici, rien de tout cela : dans le discours de Paul aux anciens rassemblés à Milet : la séparation est dure, le passé a été dur et la suite sera plus dur encore. Bonjour l’ambiance !

         De plus, Luc réussit à rendre dans le discours de Paul un des aspects les plus agaçants de ses épîtres : ce côté qui nous parait parfois très prétentieux, très imbu de lui-même ; enfin, la mise en garde contre les loups qui menacent le troupeau résonnent particulièrement douloureusement à nos oreilles protestantes qui savent ce qu’ont entraîné les chasses aux hérésies… (Encore que nous ne devrions pas oublier que nous avons toujours nos propres hérésies et que nous n’avons pas tout à fait banni le réflexe inquisitorial de nos Eglises). Tout cela ne nous rend pas ce texte très sympathique ni très abordable...

         Et pourtant, justement pour tout cela,  c’est un texte particulièrement nourrissant. Et pas seulement pour les périodes de départ ou de séparation.

 

Tout d’abord, ce texte nous rappelle que la vie chrétienne n’est pas toujours rose, qu’une communauté peut traverser des crises graves, qu’un ministère (pastoral, missionnaire ou de conseiller ou de catéchète) peut se passer dans la souffrance et le rejet. C’est un rappel inutile ? On le savait déjà ? Peut être. Encore que les discours du type « tout ira bien, ce n’est pas si grave, tout finira par s’arranger ne sont pas si rares dans nos communautés, il me semble… Mais le discours d’adieu de Paul ne se contente pas de dire la réalité du mal et de la souffrance, y compris dans notre vie chrétienne, ce discours contient une affirmation essentielle, une affirmation trop souvent oubliée : ces difficultés, ces crises, ces échecs ne sont pas le signe d’une malédiction contre nous, elles ne sont pas le signe que nous faisons mal notre « travail » ou que nous serions de mauvais chrétiens. Elles arrivent simplement. De façon incompréhensible parce que le mal c’est toujours incompréhensible. Bref, en évoquant tout ce mal-être, toutes ces difficultés passées, présentes et à venir aux anciens rassemblés à Milet, Paul nous délivre du sentiment de culpabilité qui accompagne souvent le malheur. Non, tout ce qui nous arrive n’est pas toujours de notre faute. Et surtout, les crises que nous traversons ne sont pas la preuve ni le signe que Dieu nous a délaissé.

 

Nous avons parfois l’impression que en lisant les épîtres ou les compte rendus de discours de ce genre que Paul a quand même une très haute opinion de lui-même, c’est que nous oublions ou comprenons mal à quel point Paul a le sentiment d’être habité, conduit, dirigé même par un autre que lui-même. Il est « prisonnier de l’Esprit », « au service du Seigneur en toute humilité. ». Ce n’est pas moi qui vit, c’est Christ qui vit en moi écrira-t-il aux Galates.

Face aux difficultés, Paul ne se dit pas : « j’ai mal agis, le Seigneur est contre moi », il se dit « c’est en Jésus Christ que j’affronte ces difficultés et par lui, je serai vainqueur. » C’est un discours que Luc a très bien compris et qu’il rend en décrivant le martyr à venir de Paul de la même manière que la passion du Christ, en mettant dans la bouche de Paul, le testament de Jésus Christ. Et non ! ce n’est pas de l’orgueil ! C’est de la foi. C’est la conviction profonde que Jésus Christ vient à moi-même si j’en suis profondément indigne, c’est l’assurance que Jésus Christ vient habiter ma misère et me transformer.

Attention, il ne s’agit pas de tomber dans le dolorisme : à aucun moment Paul ne dit « Christ est en moi parce que je souffre pour lui », et encore moins « Christ veut que je souffre pour lui ». Il ne dit pas non plus « mes souffrances sont la preuve que Christ est en moi », il ne cède pas à la tentation de la persécution, cette logique paranoïaque qui veut que « puisque les gens s’acharnent contre moi, c’est bien que j’ai raison… » Ses souffrance ne sont pas méritoires pour Paul et elle ne sont pas la preuve qu’il a raison. En fait, il s’en serait volontiers passé. Il a connu aussi dans son ministère des moments de joies et, dans ces moments de joie, dans les moments où tout lui sourit, il affirme aussi la présence du Christ et il rend grâce. Simplement, il continue à sentir cette présence même quand les choses vont moins bien, même quand elles vont au plus mal.

Et je crois qu’après Paul, après Luc, tout chrétien peut affirmer la présence du Christ même au plus noir de l’échec, même au plus sombre de l’angoisse. Et affirmer ainsi la présence de Jésus Christ, ce n’est pas seulement dire Dieu est avec moi et il me porte dans mes moments difficiles, mais c’est affirmer que son œuvre de résurrection s’accomplit pour nous dans ces moments difficiles. Christ est avec nous quand nous sommes au fond du gouffre, quand nous gisons accablés de souffrance. Oui. Mais il ne se contente pas de nous consoler, il nous relève.

 

Je crois que c’est à la lumière de cette affirmation qu’il faut comprendre la mise en garde contre les loups féroces. La menace est tellement vague qu’il est facile de l’utiliser pour dénoncer n’importe quel discours théologique avec lequel je ne serais pas d’accord. Le loup féroce qui menace le troupeau, c’est forcément celui qui ne pense pas comme moi. Mais plutôt que de partir en chasse contre les hérésies, plutôt que d’aller éplucher les lettres de Paul pour affirmer que je suis bien fidèle à sa doctrine, je crois que ce qui compte c’est de garder l’affirmation essentielle : Jésus Christ nous rejoint dans nos morts pour nous relever et nous conduire à la vie : J’ai décidé de ne rien savoir parmi vous que Jésus Christ et Jésus Christ crucifié, écrivait Paul aux corinthiens. Tout ce qui compte c’est que je sache, que nous sachions que Christ est à nos côtés quand nous sombrons et qu’il nous relève. Forts de cette assurance, nous pourrons donner à notre tour notre témoignage. Pas un témoignage triomphaliste qui nie les difficultés, pas un témoignage conquerrant qui écrase les opinions différentes, un témoignage humain jusqu’à la fragilité mais qui offre à tous et à toute une espérance nouvelle.

 

Frères et sœurs, dans nos départs comme dans nos arrivées, dans nos séparations comme dans nos rencontres, dans nos peines comme dans nos joies, nous avons l’assurance que Jésus le Christ, est avec nous qu’il nous relève et nous appelle à vivre de sa vie.

 

Amen

 

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