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Miettes de théologie

Articles récents

Joindre les mains, tendre la main

4 Février 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

mains.jpgDemandez et l’on vous donnera ; cherchez, et vous trouverez ; frappez, et l’on vous ouvrira.

Matthieu VII, 7

 

Que ce soit à Dieu ou aux hommes, nous n'aimons pas beaucoup demander. C'est tellement mieux quand les choses sont faites sans qu'on ait demandé.

Demander, c'est se mettre à la merci d'un refus. C'est surtout admettre que nous avons besoin des autres. C'est abandonner notre vieux rêve d'autonomie. C'est reconnaître notre faiblesse.

C'est sans doute là qu'il faut rechercher la raison la plus profonde à notre malaise vis-à-vis de la prière de demande ; plus que dans le pieux "je n'ose pas déranger le Très Haut avec mes petits problèmes", bien plus que dans le révolté "de toute façon, il ne répond jamais", c'est parce qu'elle est l'aveu de notre précarité que la prière nous est difficile. Prière-précaire, si l'étymologie est douteuse, le lien théologique est évident.

Le carême s'approche, temps associé au jeûne et donc à la faim, temps rêvé pour redécouvrir notre fragilité, notre précarité et donc la prière.

 

Que ce temps de carême soit pour chacun de nous un temps de prière, prières spontanées, jaillissant de l'élan de notre coeur, prière coutumière du lever, du coucher ou du repas, prière en solitaire, en famille, ou en communauté.

Et si nous ne savons pas ou plus comment prier : pas d'inquiétude : l'Esprit nous aide dans notre faiblesse, car nous ne savons pas ce qu'il nous convient de demander dans nos prières. Mais l'Esprit lui-même intercède par des soupirs inexprimables.

Romains VIII, 26

Des Jésus

3 Février 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

1000-images-d-Evangile-147.jpgIl y a d'abord le Jésus réel, celui qu'ont côtoyé Pierre, Jacques, et les autres. Celui-là, à moins de voyager dans le temps, nous ne le connaîtrons pas. N'en éprouvons pas trop de regrets, la plupart de ceux qui l'ont côtoyé ne l'ont pas reconnu.

Il y a le Jésus de la Bible. En fait, il y a le Jésus du Nouveau Testament. En fait, il y a les Jésus des écrits du Nouveau Testament, dont différents auteurs essayent, chacun à sa manière de dresser un portrait. Ils sont suivis par les Jésus de la théologie, esquisses de réponses ou de structuration ou vaines tentatives de concordance et d'enfermement.

De ceux-là,  vient le Jésus de ma foi, celui auquel je crois, celui dont j'esquisse l'image au gré des témoignages que j'ai reçus, des expériences qui sont les miennes, de  la culture dans laquelle je m'inscris.

Il y a le Jésus de l'histoire, celui qu'essayent vainement de décrire les historiens, qui sera toujours à des lieues du Jésus réel,  mais qui me rappelle toujours ce que le Jésus de ma foi doit à mes projections.

Et tous ces Jésus sont autant de reflets du Jésus vrai qui m'appelle et me parle, présence de Dieu au coeur de mon humanité, parole de Dieu qui me rejoint tout en restant insaisissable pour me mettre en chemin.

Plein de Jésus à mon bénéfice ; plein de Jésus dont aucun n'est faux, mais dont un seul est vrai.

Communion régionale

31 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Commencée vendredi soir, la réunion du conseil régional a été dense. Découverte des dossiers pour les nouveaux membres, pour tous, découverte d'une nouvelle manière de travailler : l'équipe a été renouvelée a plus de la moitié, partage des peines et des difficultés qui traversent les paroisses de notre région, des espérances et des projets aussi, heureusement.
Mais ce dimanche, en fin de matinée, je sature, informations et  idées se mélangent dans ma tête, perspectives locales et régionales, et j'avoue avoir bien du mal à me concentrer sur les lectures et la prédication d'Olivier, mon collègue et nouveau président du conseil régional. Puis vient le temps de la cène, cette cène qu'Olivier a souhaité que, cette fois, nous ne partagions qu'entre nous. Le pain et le vin (blanc, c'était un "risque" à courir en demandant à la responsable d'un lieu d'accueil catholique du pain et du vin pour la cène) se partagent entre nous, frères et soeurs qui avons travaillé, échangé, ri, soupiré, grincé des dents et prié ensembles.
Et au delà des mots, que je suis en cette heure incapable de vraiment recevoir, ce pain et ce vin me disent notre communauté, notre fraternité et la présence de Celui qui la fonde. Ce pain et ce vin me nourrissent, me rendent les forces dont j'ai besoin au service de notre Eglise. Si cette Cène vient clore cette session de travail du conseil régional, c'est au sens de rassemblement qu'il faut prendre l'idée de cloture. La rencontre est terminée, mais tout reste ouvert.
Grâce à Dieu.

Qu'est ce qu'on mange ?

28 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

nourriture-copie-1Les textes bibliques qui guiderons nos échanges de ce soir


Le SEIGNEUR lui apparut aux térébinthes de Mamré, alors qu’il était assis à l’entrée de sa tente, pendant la chaleur du jour. Il leva les yeux et vit trois hommes debout devant lui. Quand il les vit, il courut à leur rencontre, depuis l’entrée de sa tente, se prosterna jusqu’à terre et dit : Seigneur, si j’ai trouvé grâce à tes yeux, ne passe pas, je te prie, sans t’arrêter chez moi, ton serviteur ! Laissez–moi apporter un peu d’eau, je vous prie, pour que vous vous laviez les pieds, puis reposez–vous sous l’arbre !  Je vais chercher quelque chose à manger pour que vous vous restauriez ; après quoi vous passerez votre chemin, car c’est pour cela que vous êtes passés chez moi, votre serviteur. Ils répondirent : D’accord, fais comme tu as dit. Abraham se précipita dans la tente pour dire à Sara : Dépêche–toi, pétris trois séas de fleur de farine et fais–en des galettes.  Abraham courut vers le bétail, prit un veau tendre et bon et le donna à un serviteur, qui se dépêcha de le préparer. Il prit du lait fermenté, du lait frais, et le veau qu’on avait préparé, et il les mit devant eux. Il resta debout à leurs côtés, sous l’arbre, tandis qu’ils mangeaient.

Genèse XVIII, 1 à 8

 

Voici à quoi ils sont semblables : des enfants assis sur la place publique, qui s’appellent les uns les autres pour dire : Nous vous avons joué de la flûte, et vous n’avez pas dansé ; nous avons chanté des complaintes, et vous n’avez pas pleuré. Car Jean le Baptiseur est venu, il ne mangeait pas de pain et ne buvait pas de vin, et vous dites : « Il a un démon ! » Le Fils de l’homme est venu, mangeant et buvant, et vous dites : « C’est un glouton et un buveur, un ami des collecteurs des taxes, des pécheurs ! »  Mais la sagesse a été justifiée par tous ses enfants.

Luc VII, 32 à 35

 

Vous êtes des fils pour le SEIGNEUR, votre Dieu. Vous ne vous ferez pas d’incisions et vous ne vous ferez pas de tonsure sur le front pour un mort. Car tu es un peuple saint pour le SEIGNEUR, ton Dieu ; c’est toi que le SEIGNEUR, ton Dieu, a choisi pour que tu sois son bien propre parmi tous les peuples de la terre. Tu ne mangeras aucune abomination. Voici les bêtes que vous pourrez manger : le bœuf, le mouton et la chèvre ; le cerf, la gazelle et le chevreuil ; le bouquetin, le chamois, le mouflon et l’antilope. Vous pourrez manger toute bête qui a les sabots fendus, les pieds fourchus avec deux sabots, et qui rumine. Mais voici ceux que vous ne mangerez pas parmi ceux qui ruminent et qui ont les sabots fendus et fourchus : le chameau, le lièvre et le daman, qui ruminent, mais qui n’ont pas les sabots fendus –– ils sont impurs pour vous ; le porc, qui a les sabots fendus, mais qui ne rumine pas –– il est impur pour vous ; vous ne mangerez pas de leur chair et vous ne toucherez pas leurs cadavres. De tout ce qui est dans l’eau, voici ce que vous pourrez manger : vous pourrez manger de tout ce qui a des nageoires et des écailles. Mais vous ne mangerez aucun de ceux qui n’ont ni nageoires ni écailles –– ceux–là sont impurs pour vous. Vous pourrez manger tout oiseau pur. Mais voici ceux dont vous ne mangerez pas : le vautour, l’orfraie et l’aigle de mer ; la buse, le faucon, le milan selon ses espèces ; le corbeau selon toutes ses espèces ; l’autruche, le hibou, la mouette, l’épervier selon ses espèces ;  le chat–huant, la chouette et le cygne ; le pélican, le cormoran et le plongeon ; la cigogne, le héron selon ses espèces, la huppe et la chauve–souris.  Toute petite bête ailée sera impure pour vous : on n’en mangera pas. Mais vous pourrez manger tout oiseau pur.  Vous ne mangerez aucune bête crevée ; tu donneras cela à l’immigré qui est dans tes villes, afin qu’il la mange, ou tu le vendras à un étranger ; car tu es un peuple saint pour le SEIGNEUR, ton Dieu. Tu ne feras pas cuire un chevreau dans le lait de sa mère.

Deutéronome XIV, 1 à 21

 

Je le sais bien, j’en suis persuadé, dans le Seigneur Jésus, rien n’est souillé en soi ; mais si quelqu’un estime qu’une chose est souillée, alors elle est souillée pour lui. Si, pour un aliment, ton frère est attristé, tu ne marches plus selon l’amour. Ne va pas, par ton aliment, causer la perte de celui pour qui le Christ est mort. Que personne, donc, ne puisse calomnier ce qui pour vous est bon. En effet, le règne de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par l’Esprit saint. Car celui qui, en tout cela, sert le Christ comme un esclave est agréé de Dieu et apprécié des humains. Ainsi donc, poursuivons ce qui contribue à la paix et ce qui est constructif pour autrui. Ne va pas détruire l’œuvre de Dieu pour un aliment. Certes, tout est pur ; mais il est mauvais de faire de sa nourriture une pierre d’achoppement.  Il est beau de ne pas manger de viande, de ne pas boire de vin, de s’abstenir de tout ce qui est pour ton frère une cause d’achoppement.

Romains XIV, 14-21

 

Le tentateur vint lui dire : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Il répondit : Il est écrit : L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Matthieu IV, 3 et 4

 

Jésus leur répondit : Amen, amen, je vous le dis, vous me cherchez, non parce que vous avez vu des signes, mais parce que vous avez mangé des pains et que vous avez été rassasiés. Œuvrez, non pas en vue de la nourriture qui se perd, mais en vue de la nourriture qui demeure pour la vie éternelle, celle que le Fils de l’homme vous donnera ; car c’est lui que le Père –– Dieu –– a marqué de son sceau. Ils lui dirent : Que devons–nous faire pour accomplir les œuvres de Dieu ? Jésus leur répondit : L’œuvre de Dieu, c’est que vous mettiez votre foi en celui qu’il a lui–même envoyé. Ils lui dirent alors : Quel signe produis–tu donc, toi, pour que nous voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais–tu ? Nos pères ont mangé la manne dans le désert, selon ce qui est écrit : Il leur donna à manger du pain venu du ciel. Jésus leur dit : Amen, amen, je vous le dis, ce n’est pas Moïse qui vous a donné le pain du ciel, c’est mon Père qui vous donne le vrai pain du ciel ; car le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel pour donner la vie au monde. Ils lui dirent : Seigneur, donne–nous toujours ce pain–là. Jésus leur dit : C’est moi qui suis le pain de la vie. Celui qui vient à moi n’aura jamais faim, et celui qui met sa foi en moi n’aura jamais soif. Mais je vous l’ai dit : Vous m’avez vu, et vous ne croyez pas.  Tout ce que le Père me donne viendra à moi ; et celui qui vient à moi, je ne le chasserai jamais dehors ; car je suis descendu du ciel pour faire, non pas ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé. Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le relève au dernier jour. La volonté de mon Père, en effet, c’est que quiconque voit le Fils et met sa foi en lui ait la vie éternelle ; et moi, je le relèverai au dernier jour. Les Juifs maugréaient à son sujet, parce qu’il avait dit : C’est moi qui suis le pain descendu du ciel. Ils disaient : N’est–ce pas Jésus, le fils de Joseph, dont nous, nous connaissons le père et la mère ? Comment peut–il dire maintenant : « Je suis descendu du ciel ! » Jésus leur répondit : Ne maugréez pas entre vous. Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire ; et moi, je le relèverai au dernier jour. Il est écrit dans les Prophètes : Ils seront tous instruits de Dieu. Quiconque a entendu le Père et reçu son enseignement vient à moi. Non pas que quelqu’un ait vu le Père, sinon celui qui est issu de Dieu ; lui a vu le Père. Amen, amen, je vous le dis, celui qui croit a la vie éternelle. C’est moi qui suis le pain de la vie.  Vos pères ont mangé la manne dans le désert, et ils sont morts. Le pain que voici, c’est celui qui descend du ciel, pour que celui qui en mange ne meure pas. 51  C’est moi qui suis le pain vivant descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra pour toujours ; et le pain que, moi, je donnerai, c’est ma chair, pour la vie du monde. Les Juifs se querellaient entre eux ; ils disaient : Comment celui–ci peut–il nous donner sa chair à manger ?  Jésus leur dit : Amen, amen, je vous le dis, si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas de vie en vous. Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle, et moi, je le relèverai au dernier jour. Car ma chair est vraie nourriture, et mon sang est vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, comme moi en lui. Comme le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et comme moi, je vis par le Père, ainsi celui qui me mange vivra par moi. Voici le pain descendu du ciel. Il n’est pas comme celui qu’ont mangé les pères : ils sont morts. Celui qui mange ce pain vivra pour toujours. Voilà ce qu’il dit alors qu’il enseignait dans la synagogue, à Capharnaüm.

Jean VI, 26 à 50

 

Le tentateur vint lui dire : Si tu es Fils de Dieu, ordonne que ces pierres deviennent des pains. Il répondit : Il est écrit : L’être humain ne vivra pas de pain seulement, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

Matthieu IV, 3 et 4

Le malheur des uns ne fait pas le bonheur des autres

24 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

plaie.jpgPrédication du dimanche 24 janvier 2010

Exode IX, 1 à 35

Matthieu V, 43-48

 

Nous avons commencé l’année avec les dix plaies d’Egypte et j’imagine déjà que certains espèrent que nous ne nous y attarderons pas trop. En fait, je crois que notre gêne vis-à-vis de certains textes bibliques est une des manière dont ces textes nous parlent.

 

« L’Eternel traitera de manière différente les troupeaux d’Israël et ceux des Egyptiens », « Ce fut seulement dans la région de Gossen, là où se trouvaient les israélites, qu’il n’y eut pas de grêle » Et même la 6eme plaie, les ulcères peut se comprendre ainsi « (les magiciens de Pharaon] étaient couvert d’ulcères comme tous les égyptiens » (on peut raisonnablement supposer que pour les rédacteurs du texte, les hébreux étaient épargnés)

Cette distinction entre les Egyptiens et les hébreux revient régulièrement dans le récit des plaies d’Egypte. Cela paraît évident : il serait un peu étrange qu’en frappant les Egyptiens pour libérer les hébreux, Dieu frappe les hébreux aussi. Le moins qu’on puisse attendre du juste courroux de Dieu, c’est qu’il évite les dommages collatéraux.

Pourtant, ce n’est pas aussi évident que cela. En effet, lors de la dixième plaie, Dieu donne aux hébreux un moyen de se protéger, un signe distinctif. Ce n’est pas à l’ange exterminateur de faire le tri entre les maisons des hébreux et celles des Egyptiens, mais bien plutôt aux hébreux de se distinguer des Egyptiens pas le sang de l’agneau dont ils marquent leurs linteaux.

Je ne crois donc pas que cette distinction soulignée par le récit des plaies d’Egypte aie pour but de louer les talents de Dieu pour la frappe chirurgicale.

En fait, je vois plutôt dans ce récit la description d’un vieux rêve humain, ce même rêve qui nous fait habiller les héros de blanc alors que les méchants sont en noir : le rêve de toujours pouvoir distinguer entre les bons et les méchants.

Et puis, si ce qui distinguait les méchants pouvait être que tous les maux du monde s’abattent sur eux en épargnant les bons, ce serait parfait. Entre parenthèse, rêver ainsi de voir les bons récompensés et les méchants punis présuppose qu’à nos yeux en tout cas, nous faisons partie des bons.

Ce vieux rêve humain nous pousse vers deux attitudes : soit juger les bons et les méchants d’après leur réussite : puisque tout sourit à X c’est qu’il fait partie des bons, des élus. Puisque tout s’acharne contre Y, c’est sûrement qu’il l’a mérité. Cette attitude est souvent difficile à défendre aussi nous reportons-nous vers la deuxième attitude, nous reportons cette récompense des bons et ce châtiment des méchants à un futur. Aujourd’hui tout sourit à ceux à ceux que nous condamnons, mais ils ne perdent rien pour attendre.

Eh bien, les dix plaies d’Egypte nous racontent ce rêve réalisé : les hébreux sont épargnés au milieu de toutes les misères qui frappent les Egyptiens. Les oppresseurs sont frappés ! Seulement, si nous imaginons l’Egypte des dix plaies, si nous la visualisons, ce n’est pas un rêve que nous voyons mais bien des images de cauchemars. Alors même que nous savons que les Egyptiens sont les méchants de l’histoire.

Imaginez-vous, hébreux, voyant vos voisins terrassés par les ulcères et la grêle, recouverts de vermines et de sauterelles… Même si ces voisins sont vos oppresseurs, je ne suis pas certain que ce soit un spectacle plaisant. Je suis même certain du contraire.

         Nous n’aimons pas voir le malheur frapper nos semblables. Même s’ils nous sont indifférents et même si nous ne les aimons pas ? C’est une chose de souhaiter le malheur de ceux qui nous ont fait du mal mais c’en est une autre que de les voir effectivement souffrir.

         Pourquoi ?

Parce que pour l’immense majorité de l’humanité (à part quelques malades mentaux) nous sommes doués de compassion.

Rassurez-vous, je reste fidèle à mon pessimisme anthropologique, cette compassion est un don.

Et c’est un don dont nous nous passerions bien. A votre avis, pourquoi les sociétés essayent-elles si souvent de regrouper leurs laissés pour compte à l’abris des regards, de les cacher le mieux possible ? Ce n’est pas seulement parce que nous avons peur d’eux que nous construisons des murs (réels ou plus symboliques) entrez quartiers riches et quartiers pauvres mais bien parce que nous avons mal de les voir.

Un exemple récent : Haïti souffre depuis des décennies dans l’indifférence générale et aujourd’hui le sort de cette population nous bouleverse tous. Le tremblement de terre a-t-il empiré les choses à ce point. Peut-être, mais surtout il a braqué nos projecteurs vers Haïti, aujourd’hui nous voyons les haïtiens et donc nous souffrons de leur souffrance.

C’est vrai que ce don de compassion entraîne malheureusement plus souvent des stratégies d’oubli, de dissimulation, de déni qu’à des actes de justice, de solidarité, de générosité.

Mais cela n’empêche que Jules Renard se trompait en écrivant « il ne suffit pas d’être heureux, encore faut-il que les autres ne le soient pas ». Pour être pleinement heureux, il nous faut ignorer, ou oublier, que les autres sont malheureux. Cela est vrai même si ces autres nous sont en fait indifférents. Cela est vrai même si les autres sont nos ennemis. Peut-être des haines extrêmes parviennent-elles à étouffer le sentiment de compassion mais je crois que c’est rare : la stratégie des grands génocides repose plus sur le déni de l’humanité de ceux que l’on supprime, que sur la haine qu’on leur porte.

C’est à cause de cette compassion que nous avons pour ceux que nous reconnaissons comme nos semblables humains que l’Egypte des 10 plaies qui semble tellement répondre à nos souhaits, est en fait un monde de cauchemar.

        

         Mais à ce monde de cauchemar s’oppose le monde dans lequel nous vivons : un monde dans lequel Dieu fait lever son soleil sur les bons et sur les méchants, un monde dans lequel Dieu ne prend pas plaisir à la mot de l’injuste.

Un monde dans lequel Dieu est le premier à avoir compassion. Dieu nous reconnaît à son image, il nous reconnaît comme siens et donc il s’émeut pour nous, il souffre avec nous.

Et il nous apprend comment vivre cette compassion. Non pas en échafaudant toute sortes de stratégie pour éviter de souffrir, nous masquant les yeux à la souffrance de l’autre, ou niant l’humanité de cet autre, mais en allant jusqu’au bout de cette rencontre avec l’autre, en aimant cet autre quel qu’il soit (ce qui signifie bien sûr pas seulement en paroles mais aussi en actes), en priant pour lui, bref en nous associant pleinement à lui, en assumant parfaitement notre solidarité avec lui.

 

Frères et sœurs, Dieu nous donne cette compassion qui nous permet de vivre son amour. Que cette compassion ne soit pas un prétexte pour nous protéger de la souffrance des autres, mais qu’au contraire, elle nous déchire le cœur, qu’elle nous torde les entrailles et nous poussent ainsi à la rencontre des frères et des sœurs qui ont besoin de nous.

 

Amen

Témoins de quoi ?

23 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

entonnoir.jpgPrédication de la semaine de l’unité 2010

Luc XXIV, 44 à 53

 

« C’est vous qui en êtes les témoins » Témoins de quoi ? De la bonne manière de célébrer ? De la bonne manière dont doivent se vivre nos institutions ? Ce n’est pas ce dont parle Jésus. Le texte est sans ambiguïté : « C’est comme il a été écrit : le Christ souffrira et ressuscitera des morts le troisième jour ». Nous sommes appelés à être témoins d’un renversement et d’une folie. Et notre témoignage repose sur une base

 

Cette base, ce sont les écritures, dont Jésus précise à quel point elle sont unes et multiples puisqu’il s’agit bien de la Loi de Moïse, des psaumes et des prophètes, c'est-à-dire cet ancien testament que les juifs appellent le Tanakh : la Torah (la loi de moïse, les Neviim (les prophètes) et les Ketouvim (les autres écrits dont les psaumes). A ces écritures, bien sûr, en tant que chrétiens, nous ajouterons le Nouveau Testament.

 

Pour nous chrétiens, ces Ecritures témoignent d’un renversement, la passion et la croix de Notre Seigneur Jésus Christ, le Fils de Dieu. Oui c’est un renversement puisque le Très haut se fait Très bas, puisque le très juste se met au rang du criminel, notre Dieu prend sur lui la malédiction.

C’est un renversement qui nous permet de dire à nos sœurs et nos frères haïtiens, à tous les suppliciés, à tous les souffrants que Dieu ne s’est pas détourné d’eux. Que leur malheur ne signifie pas qu’ils sont punis ou abandonnés.

C’est un renversement qui nous permet de nous convertir, d’abandonner cet orgueil insensé de toujours vouloir être les plus forts, les meilleurs, de toujours essayer de nous convaincre que nous valons mieux que les autres. Oui, ce renversement nous libère de cet orgueil qui nous tue.

 

Mais ce renversement resterait stérile sans la folie qui suit, cette folie tellement démente que les apôtres n’ont pu y croire, alors même que Jésus ressuscité était parmi eux. Cette folie tient en deux affirmations : il était mort, il est vivant.

Et cette folie nous dit que c’est pour nous relever que Dieu nous rejoint lorsque nous sommes à terre. Que toutes nos faiblesses, nos fragilités, nos blessures peuvent être guéries. Que nos péchés peuvent être pardonnés.

Et cette folie nous dit aussi notre unité, justement parce que c’est une folie. En effet, si vous entrez dans un asile de fous et que vous interrogez les pensionnaires, quelles sont les chances pour qu’ils vous disent la même chose ? Il n’y en a aucune. Et pourtant, avec toutes nos différences, avec tous nos contentieux, nous affirmons la même folie : il était mort, il est vivant. Et c’est cette affirmation qui est au cœur de notre foi, de notre vie de catholiques romains ou de protestants.

 

« Il était mort, il est vivant » Voici frères et sœurs, ce qui nous rassemble. C’est en affirmant, ensembles ou séparément, le Christ ressuscité que nous vivrons et affirmerons notre unité.

 

Amen

Dans la tempête, personne ne nous entendra crier ?

19 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

tempete-372668.jpgPrédication du dimanche 17 janvier 2010

Psaume 74

Marc IV, 35-41


Si j’ai déguisé le temple en bateau ce matin, c’est que voir la vie comme un voyage en bateau est une image classique. On dit bien, mener sa barque, être dans la galère, arriver à bon port. Le cinéma nous a aussi appris que la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Il arrive qu’il y ait des remous, des tourbillons voire des tempêtes.

Il y a des moments où le bateau de notre vie est malmené, menacé même. Nous avons tous nos tempêtes, plus ou moins graves, plus ou moins personnelles. Je ne peux pas parler aujourd’hui de tempêtes, sans penser à ce qui s’est passé cette semaine à Haïti, ce tremblement de terre qui a tué au moins 50 000 personnes et en a jeté 1 million et demi à la rue. Tempête terrible à côté de laquelle, nos propres tempêtes semblent bien inoffensive. 

Eh bien je crois que le texte que nous venons d’entendre, cette tempête dans laquelle sont pris les disciples peut nous parler de toutes ces tempêtes.

 

Dans la tempête que font les disciples ? Il y a deux réponses. La première n’est pas explicite dans le texte mais elle est tellement évidente que si les disciples ne l’avaient pas fait, le texte aurait dit qu’ils ne le faisaient pas. Les disciples font ce que font les marins dans la tempête ; ils s’activent, ils se battent, ils font en sorte que leur bateau ne sombre pas.

Et puis, ils appellent Jésus. Il prie. Mais avant de nous étendre sur cette prière, il y a une chose que les disciples ne font pas dans cette tempête.

Ils n’en cherchent pas la cause, ils ne cherchent pas un responsable à accuser, que ce soit Dieu, un des leurs ou eux-mêmes. Ils ne font pas une table ronde pour trouver une réponse théologiquement valable à cette question qui revient toujours : « Pourquoi le mal ? ».

Non, ils luttent contre la tempête et ils prient.

Et leur prière n’est pas une pieuse demande, c’est un cri de souffrance, de peur et de révolte aussi : « Cela ne te fait rien que nous périssions ? »

Je ne sais pas pourquoi le tremblement de terre d’Haïti, je ne sais pas pourquoi les maladies et les tempêtes de ma vie, mais parce que je suis chrétien, je sais que je suis appelé à combattre ce qui détruit et fait souffrir. Parce que je suis chrétien, ce cri est le mien « cela ne te fait rien que nous périssions ? » Et parce que je le retrouve dans la bouche du psalmiste, dans la bouche des disciples, je sais que ce cri est légitime.

Parce que je suis chrétien, je refuse que Dieu soit absent ou qu’il dorme au fond de ma barque, je refuse son silence et son inaction et je crie vers lui.

 

Peut-être un jour me reprochera-t-il mon manque de confiance, sans doute me montrera-t-il que bien sûr qu’il ne nous laisse pas mourir, peut-être que la tempête apaisée, je saurai le louer pour son œuvre. Mais à l’heure de la tempête, frères et sœurs, nous pouvons nous tourner vers lui et crier notre angoisse. Parce que dans ce cri, retentit déjà notre foi, il n’est pas possible que Dieu qui est notre père se détourne de nous à l’heure ou nous allons sombrer. 

 

Amen

Bonne conscience

14 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Un mec qu'aurait pas de misère à lui et qu'irait s'occuper de celle des autres, ce serait vraiment un con. Ca s'appellerait utiliser son intelligence à ses dépends
Coluche

"C'est une manière de se donner bonne conscience..." Outre une pathétique tentative de justifier son inaction en dévalorisant celle des autres, l'inventeur de cette tirade et tous ceux qui l'emploient commettent une terrible erreur de jugement . Agir pour l'autre, contre la misère, contre l'exclusion, ce n'est jamais se donner bonne conscience. Au contraire, agir, même au plus petit niveau, c'est prendre conscience, prendre conscience des misères qui nous entourent, du dérisoire de nos actions, prendre conscience des limites que nous posons nous même à nos actions.
La meilleure façon de tranquilliser sa conscience, c'est sans doute de l'assoupir dans une inaction et une cécité confortables. Mais cette cécité, cet assoupissement ne sont jamais qu'une forme de mort.
Agir ne tranquillise pas ma conscience, mais en agissant, du moins, je m'aperçois que je suis vivant.

Les petites bêtes et la mauvaise tête

11 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

taonPrédication du dimanche 10 janvier 2010

Exode VIII, 12 à 28

Jérémie XXXI, 31 à 37

Actes IX, 1 à 22

 

         Des taons, des moustiques, un pharaon bêtement obstiné. Décidément il n’est pas facile de recevoir aujourd’hui le récit des plaies d’Egypte

Pourtant à travers les deux plaies que nous venons d’entendre, en allant des petites bêtes à la mauvaise tête, j’entends une affirmation théologique et une affirmation anthropologique.

 

         Les plaies d’Egypte sont une théophanie assez particulière : alors que les prophètes nous parlent d’habitude des montagnes qui se renversent, des océans qui se dessèchent, à part une, les plaies d’Egypte ne sont pas des grands bouleversements géologique et la moitié d’entre elles nous parlent de petites bêtes (les grenouilles, les moustiques, les taons, les sauterelles), la vermine quoi, si j’ajoute les maladies, cela fait tout un monde que traditionnellement on associe au monde des ténèbres, aux démons plutôt qu’à Dieu. Pensez donc à Balzéboul, le seigneur des mouches.

C’est d’ailleurs assez normal, tant qu’on n’entre pas dans le monde étrange de l’entomologie, les insectes, c’est petit, c’est moche et c’est souvent nuisible, tout contribue donc à les associer aux puissances infernales.

Et bien, à travers ce récit des plaies d’Egypte, c’est bien Dieu qui est le seigneur des mouches, des taons et des moustiques. J’y vois le même rappel que celui qui résonne à travers l’Apocalypse : rien n’échappe à la majesté de Dieu. Le Dieu des armées d’étoiles est aussi le Dieu des moustiques et des taons, le Dieu des splendeurs de l’univers est aussi celui de la vermine. C’est une invitation à nous intéresser au monde entier qui nous entoure, à ne pas nous limiter au beau, au majestueux mais aussi au petit et au laid.

Et puisque les insectes sont pris dans leur dimension de nuisible, je crois qu’aujourd’hui encore, nous pouvons y entendre une affirmation sur le mal. Pas question bien sûr de dire que le mal vient de Dieu, ni qu’il est une punition ou un avertissement. Toute tentative d’explication du mal vise en fait à amoindrir celui-ci. Le mal est le mal justement parce qu’il ne devrait pas être, parce qu’il n’a pas d’explication logique. Mais en revanche, en nous racontant ainsi les mouches et les moustiques soumis à Dieu, le récit des dix plaies d’Egypte nous parle d’un mal qui n’échappe pas à la majesté de Dieu, c’est une façon de dire déjà la victoire de Dieu sur le mal.

 

Venons en à l’affirmation anthropologique : que les plaies de l’Egypte nous laissent dubitatifs ou qu’au contraire nous essayions de les expliquer « scientifiquement », ce qui provoque notre totale incompréhension, c’est l’obstination du Pharaon et ce, bien avant que le récit des plaies ne nous donne cette terrible précision : « Dieu endurcit le cœur de Pharaon ». Comment, au vu de toutes les catastrophes qui frappent son pays, Pharaon put-il refuser d’obéir à la requête de Moïse. Plus encore que les moustiques, la vermine, l’eau changée en sang ou les grenouilles, cela nous paraît être l’aspect le plus étrange du texte.

Jusqu’ici, le refus de Pharaon s’expliquait simplement : il n’avait pas de raison de croire Moïse puisque ses magiciens pouvaient faire la même chose. Il s’agissait d’une simple lutte entre le dieu des esclaves et les dieux de l’Egypte. Mais voilà qu’à présent, ses magiciens eux-mêmes s’inclinent et lui donne leur verdict : « c’est le doigt de Dieu ». C’est donc bien dans son propre contexte culturel, de la part de ceux en qui il a confiance, dont il reconnaît l’autorité que Pharaon reçoit cet avertissement qu’il refuse d’écouter. Inconcevable ?

Eh bien, je crois que cette obstination du Pharaon est l’aspect le plus réaliste de ce récit. Je ne vois absolument pas l’intérêt d’aller chercher à expliquer scientifiquement les plaies d’Egypte mais dans le refus de Pharaon je vois un portrait profondément vrai de ce qu’est l’homme.

Après tout, combien d’avertissements recevons-nous de la part de personne dont nous reconnaissons l’autorité, sans les écouter ? Combien de fois notre médecin nous encourage-t-il à consommer moins de cigarettes/ de sucreries/ d’alcool/ de matières grasses (barrer les mentions inutiles) sans que nous obtempérions ? Combien de résolutions avons-nous prises cette année que nous ne tiendrons pas, alors même que nous les reconnaissons bonnes ? Et de manière plus générale, ne nous obstinons-nous pas, en tant que population, dans des comportements que nous savons néfastes ? Pensez réchauffement climatique, pensez crise économique, pensez endettement, pensez ce que vous voulez après tout, les exemples ne manquent pas…

Bien sûr, tout comme Pharaon, nous tergiversons parfois, nous cherchons une échappatoire, un répit, nous promettons que nous ne le ferons plus, nous réclamons un sursis, mais très souvent, ce ne sont que manœuvres dilatoires.

Une fois que l’on pense à tout cela, la réaction de Pharaon nous paraît moins inconcevable. Mais elle n’est pas pour autant compréhensible. Alors, qu’est ce qui pousse Pharaon a endurcir son cœur de la sorte ? Qu’est ce qui nous pousse à nous obstiner ainsi ? Notre soif de liberté ? Je n’y crois pas une seconde. Où est-elle ma liberté dans la dépendance par rapport au tabac, à l’alcool, au chocolat ? Où est-elle ma liberté dans ce qui me conduit à la mort ? Nous nous mentons lorsque nous prétendons que c’est au nom de notre liberté que nous courrons ainsi à la mort. En fait, cette obstination, cet endurcissement qui sont les nôtres sont bien plus les preuves de notre esclavage. Nous sommes esclaves de notre orgueil, de notre refus de reconnaître nos torts, de nous incliner. Nous sommes, comme le dit le Deutéronome, un peuple à la nuque raide. Et cette rigidité n’est pas une fierté, une liberté, elle est un carcan.

L’obstination de Pharaon est un constat de cette rigidité-carcan. Mais elle n’en donne pas le remède : quiconque connaît l’histoire doit reconnaître que les dix plaies d’Egypte n’ont pas permis de guérir Pharaon de son orgueil. Pharaon a été brisé mais pas converti.

Or, d’autres textes nous disent que Dieu choisi de nous guérir de cet orgueil plutôt que de nous briser. C’est par sa propre douceur, par sa propre humilité, par la renonciation à sa puissance que Dieu transforme notre cœur. « Je suis celui que tu persécutes » dit-il à Paul, pas le Tout Puissant, même pas le ressuscité, mais celui qui est persécuté.

Attention, même si elle se fait par la douceur, cette transformation n’est pas forcément confortable. Mais c’est bien notre guérison que veut notre Dieu et non pas notre perte.

 

Frères et sœurs, que le Dieu des petites bêtes nous guérisse de notre mauvaise tête ! Oui, qu’il nous délivre de cet orgueil qui nous fait nous dresser sans cesse contre lui, contre nos frères, contre nous-mêmes.

 

Amen

Tetro

8 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Tetro.jpgNe regarde pas la lumière dit Tetro à Bennie, à la fin de Tetro. Et c'est  vrai qu'elle est destructrice, la lumière, dans le dernier film de Coppola. Lumière des phares, feu des projecteurs, crépitement des flashes, mais surtout révélation de vérités auxquelles il est impossible d'échapper et qui font tellement mal que l'on voudrait les fuir.

Pourtant, si tous les ingrédients de la tragédie grecque sont présents dans Tetro, la fin est étonnamment optimiste. La vérité est certes destructrice mais  elle permet d'établir de nouveaux liens, elle permet la réconciliation et une relation qui n’est plus basée sur le mensonge et le silence.. En fait, Tetro est optimiste comme une confession du péché : me voir tel que je suis, ça fait mal, bien sûr, mais cela me libère de ma course aux mérite et cela me permet de  aussi reconnaître à quel point je suis aimé.