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Miettes de théologie

Articles récents

Figures bibliques (10) Bartimée (2) Question idiote

16 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Jésus répond très souvent à côté de la question, on le savait. Mais par moment, il pose en plus des questions franchement idiotes. Ainsi le "que veux-tu que je fasse ?" à Bartimée, l'aveugle qui l'appelle au bord du chemin. Vraiment, monsieur de Nazareth, tu n'as pas une petite idée de ce que peut vouloir l'aveugle du faiseur de miracles ?

Dans Vol 714 pour Sidney, le capitaine Haddock est plus inspiré, il sait bien ce que veut ce malheureux émigrant endormi sur un banc. Il sait bien ce qu'il peut faire pour lui. Pas de chance, le petit émigrant n'est autre que le multimilliardaire Carreidas.

 

En posant cette question apparemment stupide,Jésus, contrairement au capitaine Haddock, n'enferme pas Bartimée dans un stéréotype, bien plus que le mendiant aveugle au bout du chemin, il voit en lui un être humain avec ses rêves et ses désirs propres. Une question idiote ? Peut-être. Mais avec cette question idiote, un homme est reconnu et mis en marche.

 

Evangile selon Marc, chapitre 10 versets 46 à 53

Hergé Vol 714 pour Sidney


Suis-je catholique romain ?

11 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

J'ai trouvé ce questionnaire au cours d'une mes ballades sur Totus Tuus. J'ai trouvé amusant d'y répondre même si le résultat ne surprendra personne (sauf peut-être ceux qui ne savent pas encore à quel point ma théologie est classique).

Deux remarques préalables :
- la règle du jeu voulait que je réponde par oui ou par non, mais faire de la théologie, mêm:e pas très sérieuse en "oui" et en "non", c'est pas terrible.
-un tel questionnaire sur le mode Etes vous protestant demanderait d'être beaucoup, beaucoup moins précis, c'est sans doute là une des plus grosses différences.

  1. Croyez-vous en Dieu ?

Oui

2.
Croyez vous que ce Dieu est unique et qu’il n’y en a pas d’autre ?

Oui

3.
Croyez vous que ce Dieu est Trinité (Père, Fils et Saint Esprit) ?

Oui mais je crains que ce terme de trinité n’entraîne toutes sortes de spéculation oiseuse. La Trinité est un langage sur Dieu qui me dit quelque chose de la vérité de Dieu.

4.
Croyez vous que le Père a engendré le Fils ?

A dire vrai, c’est typiquement le genre de spéculation qui ne m’intéresse pas. Je crois que le Fils n’est pas créature. Ca me suffit

5.
Croyez-vous que le Père et le Fils et le Saint-Esprit sont de même nature (c'est-à-dire qu’ils sont tous les trois Dieu) ?

Oui, encore que gloser sur la nature de Dieu…

6.
Croyez-vous que Dieu Père Fils et Saint Esprit a créé le monde ?
Oui, encore que j’emploie le présent plus facilement que le passé composé


7.
Croyez vous que Dieu est infini ?
Là, il faudrait s’entendre sur ce que ça veut dire. Eternel oui, mais infini, je comprends pas : au niveau spatial peut-être… Sinon, tout n'est pas Dieu et Dieu n'est pas tout. 


8.
Croyez vous que Dieu est éternel (c'est-à-dire sans commencement ni fin) ?

Oui

9.
Croyez-vous que Dieu est le tout autre et en même temps tout proche de l’homme ?
Oui (c’est même ça que signifie pour moi la trinité)


10.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme ?

Oui, avec la même remarque qu’à la question 6

11.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme par amour ?

Oui

12.
Croyez vous que Dieu a créé l’homme pour avoir avec lui une relation amoureuse ?

Hmm je ne vois pas ce que ça rajoute à la question précédente, mais si l’érotisme ystique est exclu, oui.

13.
Croyez-vous au péché originel (c'est-à-dire la désobéissance de l’homme voulant être indépendant de Dieu) ?

Oui

14.
Croyez vous que Dieu a parlé par les prophètes (c'est-à-dire : croyez-vous au contenu de la Bible) ?

Croyez vous au contenu de la Bible : oui

15.
Croyez-vous qu’il fallait que l’homme soit racheté de ses péchés ?

De son péché encore plus que de ses péchés : oui

16.
Croyez-vous que Dieu a envoyé son propre Fils pour le rachat de l’homme ?

Je crois que Dieu s’est fait homme pour le rachat de l’homme.

17.
Croyez-vous que le Christ soit né de la Vierge Marie ?
Oui, mais cela me dit quelque chose sur Jésus bien plus que sur Marie.


18.
Croyez-vous que le Christ, le Messie, est le Fils même de Dieu ?

Je crois que le Messie est Dieu le Fils.

19.
Croyez-vous que le Christ est mort sur la Croix ?
Oui


20.
Croyez-vous que le Christ est descendu au séjour des morts ?

Oui je crois que la mort de Christ a été complète

21.
Croyez-vous que le Christ est ressuscité des morts ?

Oui

22.
Croyez-vous que le Christ est monté à la droite du Père ?

Oui

23.
Croyez-vous à la vie éternelle ?

Oui mais « elle n’est pas seulement une autre vie qui commence après la mort » (liturgie ERF de l’annonce de l’évangile aux familles en deuil)

24.
Croyez-vous au jugement dernier ?

Oui

25.
Croyez-vous à l’enfer ?

L’enfer c’est d’être loin de Dieu

26.
Croyez-vous au Paradis ?
Comme séjour des âmes mortes non, comme royaume de Dieu sur la terre et au ciel, oui


27.
Croyez-vous au purgatoire ?

Non

28.
Croyez-vous à la résurrection des morts ?

Oui, plus qu’en l’immortalité de l’âme.

29.
Croyez-vous aux saints ?

je crois que les saints sont ceux que Dieu mets à part (tous les chrétiens donc, pas des intercesseurs, pas des figures à prier, pas des exemples)

30.
Croyez-vous que l’Eglise catholique est le Corps du Christ ?
Non mais je crois que les catholiques romains font partie du Corps du Christ : de l’Eglise Invisible. L’Eglise catholique est donc un des visages de cette Eglise invisible.


31.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de l’union à Dieu ?

L’Eglise catholique non (à cause de l’article défini) pas plus que les Eglises issues de la Réforme. L’Eglise Invisible, oui, forcément.

32.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu du Salut ?

Non, elle est le lieu de l’annonce du Salut

33.
Croyez-vous que l’Eglise est le lieu de la grâce ?

Non, elle est le lieu de l’annonce de la grâce

34.
Croyez-vous à la grâce (action sanctifiante de Dieu envers les hommes) ?

Oui

35.
Croyez-vous aux sacrements (signes efficaces de l’action de Dieu par l’intermédiaire de l’Eglise) ?

Je reconnais deux sacrements, signes de la grâce institués par Jésus Christ : le baptême et la Cène

36.
Croyez-vous que le baptême fait de nous des enfants de Dieu ?

Non, je crois que le baptême nous atteste que nous sommes enfants de Dieu.

37.
Croyez vous que le baptême nous ouvre la grâce ?
Non, je crois qu’il nous la révèle


38.
Croyez vous à la présence réelle (et non symbolique) du Christ Dieu dans l’eucharistie ?

Non, je crois à la présence vraie de Christ dans l’assemblée qui partage la Cène.

39.
Croyez-vous au sacrement de l’ordre qui met des hommes (prêtres, diacres, évêques) au service de l’Eglise et de Dieu pour le salut de toute l’humanité ?
Non


40.
Croyez-vous au péché qui rompt la relation avec Dieu ?

Oui, enfin pour pinailler je crois que l’homme est pécheur et que sa relation à Dieu est brisée

41.
Croyez-vous au sacrement de pénitence pour retrouver la grâce qui unit à Dieu ?
Non, je crois que la grâce nous est offerte en la mort et la résurrection de Jésus Christ.


42.
Croyez-vous au mariage comme sacrement donc indissoluble ?
Non


43.
Croyez-vous à l’Immaculée conception (c'est-à-dire que Marie a été conçue préservée du Péché originel) ?
Non


44.
Croyez-vous en la Virginité de Marie ?
Non (cf. question 17)


45.
Croyez-vous en la Tradition de l’Eglise catholique enseignée et préservée par le Magistère de l’Eglise ?

Non

46.
Croyez vous que l’Eglise est dépositaire de l’interprétation des Ecritures ?
Pour l’Eglise catholique : non

Pour l’Eglise invisible : non plus en fait


47.
Croyez-vous que le Saint-Esprit œuvre dans l’Eglise ?

Oui mais pas seulement

48.
Croyez-vous à l’infaillibilité du pape en matière de mœurs et de foi ?

Non et je crois qu’y croire est un blasphème contre la liberté souveraine de l’Esprit Saint.

49.
Croyez-vous que l’Eglise est dépositaire du pouvoir des clefs (c'est-à-dire du pouvoir d’ouvrir et de fermer les portes du ciel) ?

L’Eglise invisible oui mais ce n’est pas un pouvoir, c’est une responsabilité.

50.
Croyez vous que le Christ est le chemin de salut pour les hommes (c'est-à-dire pour leur donner la plénitude de la joie qui est dans cette relation amoureuse avec Dieu) ?

Oui


Les mercredis de Calvin (23) La sanctification (a) Nous ne sommes point nôtres

10 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 

Or, si nous ne sommes points nôtres, mais appartenons au Seigneur, de là on peut voir ce que nous avons à faire de peur d’errer, et où nous avons à adresser toutes les parties de notre vie. Nous ne sommes point nôtres : que donc notre raison et volonté ne dominent point en nos conseils et en ce que nous avons à faire. Nous ne sommes point nôtres : ne nous établissons donc point cette fin, de chercher ce qui nous est expédient selon la chair. Nous ne sommes point nôtres : oublions-nous donc nous-même tant qu’il sera possible, et tout ce qui est à l’entour de nous. Au contraire, nous sommes au Seigneur : que sa volonté donc, et sa sagesse président en toutes nos actions. Nous sommes au Seigneur : que toutes les parties de notre vie soient référées  à lui, comme à leur fin unique. O combien a profité l’homme qui se connaissant n’être pas sien, a ôté la seigneurie et régime de soi-même à sa propre raison, pour les abandonner à Dieu ! Car, comme c’est la pire peste qu’aient les hommes pour se perdre et ruiner que de complaire à eux-mêmes, aussi le port unique du salut est de n’être point sage en soi même, ne vouloir rien de soi, mais suivre seulement le Seigneur.

Institution Chrétienne Livre III §7. 1

 

Pour Calvin, comme pour Paul ou pour Luther, l’affirmation que notre salut ne tient qu’à  l’amour gratuit et immérité de Dieu n’aboutit pas à la licence de tout faire mais bien au contraire, parce que nous sommes sauvés c’est toute notre vie et notre faire qui sont transformés. Calvin prend au sens très fort le « Ce n’est plus moi mais Christ qui vit en moi » de Paul. Elus, saisis par Dieu, nous ne sommes plus nôtres et c’est bien cette nouvelle appartenance qui va conduire notre vie.

Figures bibliques (9) Bartimée I

4 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Il n'est de pas de pire aveugle que celui qui refuse de se taire.

Les handicapés dans la Bible sont souvent bien complaisants. Ils sont là pour être guéris et,en attendant,  ils tiennent paisiblement leur place. Au delà de leur maladie, on ne peut guère leur donner une personnalité, et on pourrait finir par se demander si, pour les évangélistes, sur la paillasse de ces handicapés, il y a plus qu'une maladie là pour que Jésus opère son miracle.

Heureusement, il y a Bartimée.

Bartimée qui dérange, Bartimée qui refuse de se taire, Bartimée qui, par ses cris, oblige Jésus à s'arrêter dans sa marche vers Jérusalem.

J'aime le mouvement du récit de Bartimée : tout d'abord un Jésus mobile (avec sa foule satellite) et un Bartimée immobile mais bien plus actif dans son immobilité que le cortège qui suit Jésus, puis un Jésus qui s'arrête pour mettre Bartimée en marche.

J'admet que Bartimée est une belle exception à mon refus de donner quelque initiative que ce soit à l'humain. Mais qu'on lui reconnaisse son caractère d'exception et qu'on mesure l'ironie de la chose : alors que la cécité est le symble biblique du manque de foi, ce sont les cris d'un aveugle qui vont obliger Jésus à faire un crochet.

J'avoue qu'avant même la lecture théologique, j'y vois une réflexion fort actuelle sur la place que nous laissons aux handicapés dans notre société. N'y a-t-il de pire aveugle que celui qui ne veut pas se taire ou de pires sourds que ceux qui ne veulent pas entendre ?

Les mercredis de Calvin (22) une chose à savoir en religion...

3 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

S’il nous est besoin de connaître quelque chose en toute notre religion, il est requis principalement que nous entendions ceci : c’est par quel moyen, en quelle sorte, par quelle condition, et en quelle facilité ou difficulté est obtenue la rémission des péchés. Si cette connaissance n’est certaine et arrêtée, la conscience  ne peut avoir aucun repos, ni aucune paix avec Dieu, ni aucune confiance ou assurance ; mais continuellement elle tremble, elle est agitée, émue, tourmentée, transportée ; elle a en horreur et en haine le jugement de Dieu et le fuit tant qu’elle peut. Et si la rémission des péchés dépend des conditions auxquelles ils la lient, il n’y a rien de plus misérable ni plus désespérés que nous.

Institution Chrétienne Livre III §4. 2

 

Ici, un passage capital pour lire correctement Calvin sur tout ce qui concerne la rémission des péchés. On fait de la prédestination un enfer d’incertitude alors même que tout le discours de Calvin a pour but que chacun sache qu’en Jésus Christ réside son salut.

Le tourbillon d'un vent de folie

1 Juin 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Si par hasard,

Sur l'pont des arts

Tu croises le vent, le vent maraud

Prudent, prends garde à ton chapeau

G. Brassens

 

Lorsque nous utilisons l'image du vent ou du souffle comme image de l'Esprit,  c'est pour en faire un vent utile, un vent soigneusement domestiqué : le vent qui gonfle les voiles des bateaux et fait tourner les ailes des moulins. Pourtant les images éoliennes bibliques sont bien loin de ce vent sage ; le vent dont tu entends la voix est tout aussi facétieux que celui qui voler les bulles de savon et  l'Esprit de Pentecôte est bien du genre à arracher les volets et à faire voler les toitures.

Bien sûr, confiants en l’amour de Dieu, nous avons l’assurance que le vent de la Pentecôte nous porte et nous soutient quand nous sommes à bout de force, qu’il nous donne la vie quand nous sommes à bout de souffle. Mais n’oublions pas qu’il nous déracine également quand nous sommes trop calfeutrés dans nos prudences. Laissons-le faire claquer les fenêtres sur le ronron de nos paroles creuses, faire voler les formules de nos dogmes trop bien rangés.

Bien plus que sur un trône de marbre, c'est dans cette liberté apparemment fantasque et vagabonde, qu’en ce temps de Pentecôte, se reconnaît la véritable majesté de notre Dieu.

Que tous et toutes nous vivions cette fête de l’Esprit comme un temps  plein de souffle !

Une question d'étiquettes

31 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 31 mai 2009

Pentecôte

Baptême de Marc Hoogterp

Profession de foi de Franz-Enno Morel

 

Joël III, 1-2

Galates III, 26-29

Matthieu XXVIII, 16 à 20

Actes II, 1 à 13

 

Baptême et accueil à la cène. Deux gestes d’accueil par une communauté, deux moments de joie puisque c’est toujours une joie d’accueillir. Deux moments de questions pour Franz Enno bien sûr, mais aussi pour Aafke et Guillaume et puis pour chacun de nous : Mais au fait, que signifie être accueilli ? Que signifient ces gestes du baptême et de la Cène ? Si j’interrogeais Franz Enno, il saurait sans doute répondre que ces deux gestes nous renvoient à la mort et la résurrection de Jésus Christ, qu’ils nous disent que cette mort et cette résurrection sont une mort et une résurrection pour lui, pour moi, pour chacun de nous. Si j’interrogeais Guillaume et Aafke, ils nous diraient que c’est important pour eux de voir Marc accueilli au sein de la communauté, comme l’ont été Matthieu et Maryse.

Et ainsi, ils nous diraient que ces deux gestes le baptême et la cène sont des gestes d’amour, des gestes qui nous disent un amour qui va bien au-delà de l’accueil. En effet, c’est ce que nous rappelle cette fête de la Pentecôte et les textes bibliques que nous avons entendus ce matin. En effet, accueillir, c’est faire entrer dans un cercle, dans un groupe, c’est entourer. Or les textes que nous avons entendus ce matin parlent tous de frontière qui explosent, de cercles qui se brisent. Vos fils et vos filles, vos jeunes gens et vos vieillards, même vos serviteurs et servantes… Voilà ce que promet Joël ! Non seulement Dieu parle pour tous, mais il parle par tous ! De toutes les nations faites des disciples : Voilà la mission que Jésus confie à ses envoyés. Ne restez pas confiné dans votre sphère, dans votre pays, dans votre Eglise. Et Paul met le point final : il n’y a plus ni homme ni femme, ni esclave ni homme libre, ni juif ni grec. Les grandes catégories de la société disparaissent.

 

Très bien mais qu’est ce que cela veut dire ? J’ai sous les yeux un arc en ciel d’étiquette. Vous avez accepté de jouer le jeu et d’arborer fièrement ce post it. Je les ai choisies colorées et les catégories qu’elles représentent sont assez soft. Nous savons bien que dans notre vie, nous portons des étiquettes bien moins légères, que ce soit au travail, dans notre famille, à l’école, parmi les amis, dans tous les cercles que nous fréquentons, y compris hélas, nos paroisses pratiquant, non pratiquant, calviniste, luthérien ou zwinglien, orthodoxe ou libéral…) . Que nous les arborions fièrement ou que nous en ayons honte, que nous en jouions ou que nous débattions avec, ces étiquettes nous collent à la peau, elles nous définissent aux yeux des autres et à nos propres yeux.

Eh bien Paul nous l’affirme. En Jésus Christ, ces étiquettes ne comptent plus. Même les catégories les plus décisives, homme ou femme, esclave ou homme libre, juif ou grec s’effondrent. En Jésus Christ il n’y a plus que des enfants de Dieu, des héritiers de sa promesse, des bénéficiaires de son amour.

 

Nous pouvons faire tomber nos étiquettes.

 

Mais là Franz Enno pourrait s’inquiéter. Allons –nous essayer maintenant de lui laver le cerveau, de lui faire perdre sa personnalité. Faire tomber les étiquettes c’est bien beau, mais être un homme protestant, un intellectuel désordonné, c’est aussi ce que je suis. Ce n’est pas toujours facile à supporter ni pour les autres ni pour moi-même mais c’est bien moi. Il n’y a plus ni homme  ni femme, ni juif ni grec, est-ce que cela signifie que nous allons tous être coulés dans le même moule, porter tous le même masque, parler d’une seule voix la même langue ? Le récit de la Pentecôte qui répond à cette angoissante question par une autre question « Comment les entendons-nous chacun dans notre propre langue maternelle ? ». Tous ne parlent pas la même langue mais chacun reçoit dans sa langue, dans ce qu’il est. Avant tout, nous sommes enfants de Dieu mais nous restons bien nous-même.

 

Vous avez enlevé vos étiquettes, mais devant les yeux, j’ai toujours un arc en ciel de visages j’en connais certains, j’en découvre d’autres. Un arc en ciel d’histoires. Et dans cet arc en ciel, tous sont, comme moi, des enfants de Dieu, quels que soit ton âge, quelle que soit ton sexe, quelle que soit ton origine, quelle que soit notre relation, tu es, par Jésus Christ, enfant de Dieu et donc tu es, avant tout, par-dessus tout, de ma fratrie.

 

Voici l’Eglise que je souhaite à Marc et à Franz Eno. Une Eglise ou chacun peut être ce qu’il est dans la conviction sereine d’être avant tout, par-dessus tout enfant de Dieu. UNe Eglise où dans l'autre, quel qu'il ou elle soit, je vois avant tout un frère, une soeur. Voici l’Eglise que nous pouvons vivre, que nous devons vivre car c’est celle qui nous est donnée par Jésus le Christ notre Seigneur

 

Amen

Turquie tour (8) La fin du voyage

28 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

2 Mai

Izmir Istanbul Paris

Nous quittons Izmir. Je regarde un peu le paysage par-dessus l’aile et je reprends mon récit.

Après le lapin de l’évêque, petit tour vers l’agora de l’ancienne Smyrne. Le site est fermé, est-ce l’heure ou le 1er mai ? Peu importe, nous balader au milieu des morceaux de colonnes n’aurait pas apporté grand-chose. Et puis le vrai bonheur, c’est le petit tour dans les ruelles les plus pauvres d’Izmir, enfin un peu de vraie vie au-delà des hôtels et des sites touristiques. La pauvreté est bien présente mais l’ambiance est bonne quoique je n’ose pas acheter du piment au kilo.

Autre plaisir, le verre de raki de l’amitié que nous partageons avec Umit sur le port. Tiens, pas d’alcool en terrasse : pour du raki il faut s’installer en salle. Prudence pour éviter que l’alcool nous fasse tomber à la mer ou limite de la laïcité turque ? Je pencherai plutôt pour la deuxième hypothèse. En tout cas, ce verre de raki à jeun délie les langues et les rires, embrouille un peu les jambes de certains mais là-haut dans le ciel, la lune veille sur eux. Bon, on est rentré de jour mais très émus et très heureux quand même.

Le soir : bilan et quelques questions sur le protestantisme. Le tout dans la bonne humeur. Il est un peu tard pour que je sois trop précis. C’est peut-être pour ça que la discussion reprend en cercle plus restreint le lendemain à l’aéroport sur la question de la Cène. J’aime bien ces discussions où la question n’est pas de convaincre l’autre mais d’expliquer sans langue de bois ce que nous croyons et ce qui nous distingue.

J’essyae d’expliquer à nos frères et sœurs catholiques que le meilleur moyen de découvrir le protestantisme serait de faire le voyage comme nous l’avons fait : en minorité dans un groupe protestant. En effet, ce qui m’a sauté aux yeux, c’est que les différences culturelles ne se manifestent pas au niveau des individus (qui restent des individus au sein de leur confession) mais plutôt au niveau de la collectivité. Il n’y a à mon sens pas beaucoup de différences entre la manière d’être d’un(e) protestant(e) et celle d’un(e) catholique. En revanche, un groupe de protestants sera très différent d’un groupe de catholiques. C’est normal, du reste, individuellement, la voit chrétienne se vit dans le secret, c’est communautairement qu’elle se manifeste.

Voilà, comme prévu, je souris de mes inquiétudes premières : en final : une bonne semaine dans un groupe sympa (l’idée de participer à des voyages organisés s’ouvre à moi), la découverte d’un pays sur lequel je n’avais aucun imaginaire et qui m’a conquis, la perspective de retrouver Laurence et les monstres dans quelques heures.

Je termine donc ce récit par une prière de reconnaissance et  une intercession pour une petite église ouverte au cœur de Konya ainsi que pour un guide qui même dans les coups durs a fait l’effort d’une grande disponibilité.

 

Les mercredis de Calvin (21) Les sacrements

27 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

 Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

 

Un sacrement est un signe extérieur par lequel Dieu scelle en nos consciences les promesses de sa bonne volonté envers nous, pour soutenir la faiblesse de notre foi, et par lequel, à notre tour, nous rendons témoignage tant devant Lui et les anges que devant les hommes, que nous le tenons pour notre Dieu. On pourra encore plus brièvement définir ce qu'est un sacrement, en disant que c'est un témoignage de la grâce de Dieu envers nous, confirmé par un signe extérieur, avec une attestation mutuelle de l'honneur que nous lui portons.

 

Le Baptême est la marque de notre chrétienté, et le signe par lequel nous sommes reçus en la compagnie de l'Eglise, afin qu'étant incorporés en Christ, nous soyons réputés du nombre des enfants de Dieu (...) Il nous est proposé de Dieu pour nous être signe et enseigne de notre purification ; ou pour le mieux expliquer, il nous est envoyé de lui comme une lettre patente signée et scellée, par laquelle il nous mande, confirme et assure que tous nos péchés nous sont tellement remis, couverts, abolis et effacés, qu'ils ne viendront jamais à être regardés de lui, ne seront jamais remis en sa souvenance, et ne nous serons jamais par lui imputés.

 

Après que Dieu nous a une fois reçus en sa famille, et non seulement pour nous avoir pour serviteurs, mais pour nous tenir au rang de ses enfants, afin d'accomplir tout ce qui est convenable à un bon Père et qui a le soin de sa lignée, il prend la charge de nous sustenter et nourrir tout le cours de notre vie. Mais encore ne se contentant point de cela, il nous a donné un gage pour nous mieux certifier de cette libéralité, qui continue sans fin. Et c'est pourquoi il a donné par la main de son Fils à son Eglise le second sacrement, à savoir le banquet spirituel où Jésus Christ nous témoigne qu'il est le pain vivifiant, dont nos âmes soient nourries et repues pour l'immortalité bienheureuse.

 

Institution Chrétienne Livre IV §14, 1  §15, 1 §17, 1

 

Trois passages de trois chapitres différents en guise d’introduction à la vision des sacrements pour Calvin (et l’occasion de rappeler que les protestants ne reconnaissent que deux sacrements mais qu’ils en reconnaissent bien deux. D’autres extraits suivront plus précis sur les sacrements en général, le baptême et la cène.

Turquie tour (7) Le Pactole mais pas d'évêque

26 Mai 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

1er Mai

Izmir - Akhisar- Sardes - Izmir

Bon, l’hôtel d’Izmir est le moins sympas parmi ceux qui nous ont logé. « Confiscation » des passeports à l’arrivée, taux d’échanges exorbitant : jusqu’ici 2 livres turques valaient un euro. Maintenant c’est 1 euro = 1,80 livres

turques (c’est un pluriel 1,80 ?) et la conversion est systématiquement arrondie à l’entier supérieur : ils ne prennent pas les centimes. Le pire c’est que depuis qu’on est dans le secteur d’Izmir, adieu la luxuriance des desserts, remplacée par deux malheureuses madeleines gorgées d’un sirop sans goût. Vive les zones touristiques.

Mais le gros point noir, c’est qu’Umit a des soucis et que ça se voit. Nous mesurons alors toute la disponibilité, l’humour et la gentillesse dont il a fait preuve jusqu’à maintenant et combien d’énergie cette légèreté apparente doit demander.

 

J’ai bien aimé le tas de pierre de Thyatire, ces ruines dans un square au milieu de Akhisar. Vous l’aurez sûrement deviné, j’ai surtout aimé traverser la ville. Ensuite en route vers Sardes au milieu des vignes, des champs de coton, des serres de fraises et des tumulus. Sarde, c’est magnifique, les richesses du Pactole sont encore là, entre les mosaïques de la synagogue, le gymnase un peu trop reconstitué mais intéressant et surtout dans ce paysage de paix qui nous entoure. Et puis les enfants qui nous suivent dans notre visite sont adorables, ils ne demandent rien et s’amusent simplement de voir du monde. Le plus merveilleux des cadeaux c’est qu’ils rendent le sourire à Umit.

 

Retour à Izmir pour un après midi fou-rire pour le parpaillot au mauvais esprit : au programme visite de l’Eglise St Polycarpe et rendez vous avec l’évêque. L’église est bien trop chargée à mon goût et quelle drôle d’idée de prier parmi les tombes (tombes pas inintéressantes : les épitaphes étant des XVIII° et XIX° siècle). La main qui brandit un crucifix hors de la chaire c’est amusant, je me demande si elle est attachée à un cordon qui permettrait de la lever et de la baisser (ça pourrait être rigolo pour un culte intergénérations). Mais le plus drôle, c’est que nous arrivons en avance, 15 minute passent avant que sonne l’heure du rendez-vous puis 10 minutes, puis 15, puis 30. Si la ponctualité est une politesse princière, elle n’est apparemment pas épiscopale. La sœur qui nous a ouvert et nous surveille depuis que nous sommes dans l’église vient nous dire qu’il est temps de partir.

- Mais nous attendons l’évêque !

- Monseigneur n’est pas là !

- Mais nous avions rendez vous !

- Il est en Italie.

Finalement, un léger flou dans l’organisation pourrait bien être un point commun entre nos églises…

Il est tard, je reprends mon récit demain, dans l’avion.