Miettes de théologie

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L'Apocalypse. Architecture en mouvement

16 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théolivres

Pour comprendre à quel point nous sommes ici devant un écrit théologique, et non point devant des « visions » ou des explications sur la fin des temps, ou des proclamations politiques, il suffit de considérer l’importance du « Je ». Tout le long de notre texte, c’est Jésus Christ en tant que Seigneur, et le Dieu de Jésus Christ qui parlent à la première personne soit pour nous dire qui est Jésus Christ (« Je suis le Premier et le Dernier » : proclamation qui ouvre l’Apocalypse) soit pour nous dire ce qu’il fait (« voici, je fais toute chose nouvelle » : proclamation qui clôt l’Apocalypse). Et dans chaque section, ce n’est pas le spectaculaire qui est important : celui –ci est seulement, soit l’environnement, soit l’illustration, soit la parabole, soit l’allégorie de ce que fait, de qui est le Seigneur. Ce n’est pas l’Eglise dans les sept lettres qui est le centre d’intérêt, c’est le Seigneur de l’Eglise, celui qui la conduit et la juge. Ce n’est pas les cataclysmes dans le monde qui sont la Révélation, mais que Dieu est celui qui « fait vivre et qui fait mourir ». Ce n’est pas la destruction de la puissance du Monde qui est significative, mais bien le fait que Dieu est plus puissant que toutes les puissances ; ce n’est pas la Jérusalem céleste qui doit nous intéresser, mais l’amour que Dieu manifeste à toute sa Création en l’accomplissant dans cette Jérusalem. Autrement dit, parce que nous avons une curiosité malsaine, une compréhension déficiente, parce que nous sommes toujours attirés vers le spectaculaire et l’émotionnel, nous nous intéressons en général dans l’Apocalypse à ce qui n’est qu’une enveloppe, et lorsque bien des commentateurs ont employé la méthode allégorique, ils n’aveint pas tout à fait tort, en ce qu’il y a en effet allégorie, mais ils se trompaient quant à son objet : toute l’Apocalypse est une allégorie de Dieu et de son œuvre : rien d’autre.
Jacques Ellul


Les commentaires de l'Apocalypse se divisent en deux groupes : ceux qui lisent l'Apocalypse comme l'annonce d'évènements à venir et qui généralement voient dans des événements contemporains la réalisation de ces prédiction : les même symboles de Jean de Patmos y sont lu comme l'avènement du communisme, du catholicisme romain, du capitalisme ou de la Réforme selon la sensibilité de l'exégète. L'autre groupe est composé de ceux qui voient dans l'Apocalypse une description de l'époque à laquelle elle a été écrite. Si ma sympathie va plutôt vers le deuxième groupe, il faut bien reconnaître que cette lecture a tendance à désincarner l'Apocalypse, à réduire ce livre déjà gênant par son étrangeté au rang de simple document historique, une sorte de livre de paille destiné aux seuls spécialistes. Ellul se refuse à s'inscrire dans un de ces deux groupes et fait de l'Apocalypse une lecture théologique voyant dans ce texte la description du bouleversement que la Croix provoque dans la sphère céleste. Ainsi, pour lui, l'Apocalypse s'évade l'époque à laquelle elle a été écrite mais ce n'est pas pour s'enferrer dans une autre période historique. Dans la perspective ellulienne, l'Apocalypse parle à chaque époque et de chaque époque. Cette approche et l'importance que Ellul donne à la structure globale du livre ne permet pas d'utiliser son livre comme on utilise souvent un ouvrage d'exégèse : en en faisant une lecture morcelée, limitée au passage biblique qui nous intéresse (en tout cas, c'est généralement ainsi que j'utilise les commentaires). L'apocalypse de Ellul est plus un essai théologique dans lequel on trouvera plusieurs grands thèmes elluliens : le silence de Dieu, la foi comme refus de silence, les forces du mal, l'eschatologie. C'est un livre qui entre plus dans le registre de la prédication que dans celui de l'exégèse, ce qui en fait un ouvrage peut-être moins "pratique" mais aussi plus ouvert et accessible.

J. Ellul. L'Apocalypse. Architecture en mouvement. Ed. Labor et Fides 2008

Les mercredis de Calvin (15) L'Ancien et le Nouveau Testaments

15 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire


Or, bien que les témoignages que nous avons cueillis de la Loi et des Prophètes suffisent à prouver qu'il n'y a jamais eu au peuple de Dieu autre règle de piété et de religion que celle que nous tenons, toutefois parce que souvent il est parlé aux Docteurs anciens de la diversité de l'Ancien et du Nouveau Testament d'une façon rude et âpre, et qui pourrait engendrer scrupule à ceux qui ne sont pas trop aigus, il m'a semblé bon de faire un traité particulier pour mieux discuter de cette matière.

Davantage, ce qui autrement était très utile, nous est nécessaire tant à cause du monstre de Servet, que de certains anabaptistes, qui n'ont d'autre estime du peuple d'Israël que comme d'un troupeau de pourceaux, vu qu'ils pensent que notre Seigneur l'ait voulu seulement engraisser en terre comme en une auge, sans espérance aucune de l'immortalité céleste.

Donc, afin de délivrer les fidèles de cette erreur pestilente, pareillement de délivrer les simples personnes de toutes difficultés qui viennent en l'entendement, de quelque diversité entre l'Ancien et le Nouveau Testament, regardons brièvement ce qu'ont de semblable ou divers l'alliance que le Seigneur a faite avant l'avènement de Christ avec le peuple d'Israël, et celle qu'il a faite avec nous après l'avoir manifesté en chair.

Or l'un et l'autre se peuvent dépêcher en un mot : c'est que l'alliance faite avec les Pères anciens, en sa substance et vérité est si semblable à la nôtre qu'on peut la dire une même avec elle. Seulement, elle diffère dans sa dispensation.

Institution Chrétienne Livre II §10. 2


Un des aspects important du protestantisme : le premier Testament, lu bien sûr, de manière chrétienne, c'est à dire à la lumière de Jésus Christ, a la même autorité que le nouveau. Pas question d'opposer le Dieu vengeur de l'Ancien testament au Dieu doux et compatissant de Jésus Christ. Pas question non plus de donner une dignité plus grande à un texte plutôt qu'à un autre.

La noce des sépulcres blanchis

13 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

Ils viennent de se marier, ils sont fiers de recevoir leurs parents et amis dans ces meubles qu'il a construit lui-même... Et voilà que tout au long du dîner, les meubles s'effondreront tout comme s'effondreront les belles apparences derrière lesquelles chacun se cache.
Brecht signe une oeuvre drôle et féroce qui, par la simple récupération de son titre original ( La noce des petits bourgeois redevient La noce), prend une dimension bien plus large qu'une simple satyre sociale.
Il est peu probable que j'utilise jamais La noce dans une préparation de mariage (du reste, je ne crois pas que le mariage soit le sujet principal de la pièce). En revanche, le spectacle de ces meubles s'écroulant à mesure que tombe le vernis des convenances n'est pas sans rappeler l'invective de Jésus contre les pharisiens
"Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites! Parce que vous ressemblez à des sépulcres blanchis, qui paraissent beaux au dehors, et qui, au dedans, sont pleins d'ossements de morts et de toute espèce d'impuretés". Une invective qui, me semble-t-il, peut très nettement aller plus loin qu'une dénonciation de l'hypocrisie religieuse. Ne nous en tirons-nous pas à bon compte en nous disant que le pharisien c'est toujours l'autre ?

La noce. Une pièce de Bertolt Brecht mise en scène par Patrick Pineau

Le jeune homme revêtu

12 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 12 avril 2009

Culte de Pâques Romains VI, 1 à 14
Apocalypse VII, 9 à 17
Marc XIV, 43 à 52 et XVI, 1 à 8

Alors que tous avaient fui, un disciple, un jeune homme, voulut aller plus loin et continuer à suivre Jésus. Mais l’entreprise s’avère impossible et notre jeune homme doit laisser son drap aux mains de ses poursuivants pour s’enfuir à son tour. Nu. Qui est ce jeune homme ? Marc, qui est le seul à nous raconter cet épisode de la passion ne nous donne pas beaucoup d’indice. Certains pensent, puisqu’il est le seul à relater cette anecdote que c’est à lui qu’elle est arrivée et que ce jeune fuyard serait plus tard l’évangéliste Marc. Pourquoi pas. Mais puisque Marc ne nous dit rien de tel, puisqu’il laisse ce jeune homme à son anonymat, il nous est possible de nous emparer de lui. Que nous dit le texte sur ce jeune homme ? Qu’il avait sans doute été surpris par les événements : on le voit vêtu d’un simple drap. Il nous dit aussi qu’il avait voulu suivre non pas la troupe qui s’était emparée de Jésus mais bien Jésus lui-même (un certain jeune homme le suivait). Nous avons donc bien affaire non pas à un voisin curieux mais un disciple. Un disciple qui, comme les autres, devra fuir pour sauver sa vie.
L’anecdote montre, bien sûr, la soudaineté et la violence de l’arrestation, elle montre la menace qui pesait sur les disciples. Mais je crois possible d’aller plus loin dans notre lecture parce que Marc nous y engage. D’abord en conservant l’anonymat de son jeune homme, ce qui en fait une figure générique, une figure de disciple. Ensuite, par le choix des termes, « jeune homme » et « drap » est plein de sens : dans l’évangile selon Marc, le drap est un linceul et le terme neaniskos, « jeune homme » ne se trouve que lors de l’arrestation et dans le tombeau vide. Bref, Marc nous permet de continuer l’enquête : qui est ce jeune homme. Et ce matin, nous pouvons répondre à la question, le jeune homme c’est moi, c’est Françoise, c’est Laurence, c’est toi qui veut suivre Jésus, que tu sois homme ou femme, jeune ou vieux, le jeune homme c’est toi. C’est toi qui surpris au milieu de ta nuit, au milieu de ta vie, as voulu suivre Jésus. C’est toi qui as mesuré ton incapacité à aller jusqu’au bout, qui y a laissé ton vêtement. C’est toi que l’on retrouve en ce matin de résurrection. Mais n’allons pas trop vite.

La fuite du jeune homme le dénude, il y laisse son dernier vêtement. La fonction première du vêtement dans la Bible est de couvrir notre nudité, c'est-à-dire notre faiblesse. Le vêtement, c’est tout ce dont nous nous parons pour nous montrer aux autres. Bien au-delà de notre style vestimentaire, c’est tout ce que nous montrons aux autres, tout ce par quoi nous croyons avoir de la valeur à leurs yeux. Cela peut-être notre métier, nos hobbies, nos convictions, notre nom, notre richesse, que sais-je encore ? Mais lorsque le Fils de l’homme est jugé, et avec lui toute l’humanité, tous ces beaux atours tombent, tout ce que nous pensions être notre valeur s’effondre et nous apparaissons dans toute notre nudité, dans notre faiblesse. Ce n’est même pas nous qui nous dépouillons, qui déposons notre vêtement, notre vie devant la croix, selon la formule consacrée, même cela nous en sommes incapables mais notre vêtement nous est arraché.
Et c’est alors qu’on se rend compte que ce vêtement n’est qu’un drap, un linceul. Un linceul parce que toute cette apparence extérieure ne fait que recouvrir tout ce qu’il y a de mortifère en nous, tout ce qui nous ronge et nous détruit, cette faiblesse qui nous fait si mal. Il y a tellement de choses que nous cachons derrière nos images.
Un linceul aussi parce que bien souvent nous nous sentons emprisonnés dans ce que les autres voient de nous, y compris lorsque c’est ce que nous leur donnons à voir. Nous nous sentons limité par l’image que les autres ont de nous. Et rien que pour ça, ce déshabillage, ce dépouillement est déjà une délivrance. En laissant notre drap, nous nous échappons. C’est être libre qu’être révélé tels que nous sommes, être manifestés dans notre faiblesse. C’est être libre que ne plus avoir à donner le change, ne plus avoir à paraître toujours plus fort, plus solide. Eh bien face à Christ dans sa passion et dans sa mort, tombent tous nos masques. Mais l’histoire ne s’arrête pas avec ce drap arraché, avec ce jeune homme en fuite. Notre histoire ne se termine pas pendant cette nuit qui commence le vendredi saint.

Bien sûr, le jeune homme disparaît, nous disparaissons pendant la crucifixion et le sabbat qui la suit. C’est normal c’est un temps de passion et de mort que Jésus à vécu pour nous, en notre faveur et à notre place. Il est donc normal que le disciple s’éclipse pendant ce moment.
Mais nous retrouvons le jeune homme au premier jour, le dimanche matin. Pourquoi ne serait-ce pas le même puisque Marc utilise le même terme pour le désigner et que ce terme n’est utilisé qu’à ces deux endroits. Il est là, dans le tombeau vide. Il n’est plus en fuite, il est assis, sûr, cette fois, de son support, serein et confiant. Il est là, vêtu d’un vêtement nouveau. Un vrai vêtement cette fois, pas un linceul qui cache et embarrasse, mais une robe blanche de vie et de lumière, « lavée dans le sang de l’agneau » pour reprendre l’expression de l’Apocalypse. Cela vous étonne que j’associe ainsi le disciple en fuite et l’ange du tombeau vide ? Mais n’est-ce pas la mission de tout disciple que d’être un ange, c'est-à-dire un messager ? Oui, nous sommes ce jeune homme en fuite et ce matin, nous sommes aussi ce jeune homme revêtu de blanc. La passion du Christ nous a révélé notre faiblesse, notre incapacité à aller jusqu’au bout, elle nous a montré également que nous ne sommes pas abandonnés, anéanti à cause de cette faiblesse et la résurrection nous donne une identité nouvelle : le vêtement dont nous sommes désormais revêtu, ce qui couvre désormais notre faiblesse, c’est l’amour dont Dieu nous aime, un amour si puissant qu’il a été jusqu’au bout et qu’il a vaincu la mort. Revêtu de cet amour, nous sommes porteurs pour nos frères et nos sœurs du message de la résurrection « Il a été réveillé, il n’est pas ici. Il vous précède en Galilée. » I
l a été réveillé. Celui qui a assumé à notre place les conséquences de notre fragilité, de notre faiblesse, de notre révolte contre Dieu a été réveillé par Dieu lui-même. Le message que nous avons à porter en tant que chrétien n’est pas une parole de jugement et de condamnation mais une bonne nouvelle de pardon et de vie. I
l n’est pas ici, il vous précède en Galilée. Le ressuscité n’est pas captif des lieux autorisés. Il n’est pas enfermé dans nos rites et nos paroles. C’est chez vous que vous le verrez, dans votre vie, dans vos engagements. Il vous y précède, il vous y conduit, il vous y attend. Le message que nous avons à porter en tant que chrétien n’est pas un message de refus du monde mais le message d’une présence joyeuse et renouvelée dans ce monde.

Mon frère, ma sœur, jeune femme, jeune homme (en grec, je dirais neanis(kos)), pour le monde et pour toi, Christ est ressuscité ! Il revêt tes faiblesses d’un vêtement nouveau. Il te précède dans ta vie et il éclaire tes engagements d’une lumière nouvelle. Il fait de toi un témoin, porteur d’une parole de vie pour tous ceux qui t’entourent.
Amen

Une variation sur une fugue inspirée par Elian Cuvilier

Qu'avons nous besoin de témoins ?

10 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Ils emmènent Jésus chez le grand–prêtre. Là, tous les chefs des prêtres, les anciens et les maîtres de la loi se réunissent. Pierre suit Jésus de loin et il entre chez le grand–prêtre. Il s’assoit dans la cour avec les serviteurs et il se chauffe près du feu. Les chefs des prêtres et tout le Tribunal religieux cherchent une raison d’accuser Jésus pour le condamner à mort, mais ils n’en trouvent pas. En effet, beaucoup de témoins disent des mensonges contre Jésus, mais ils ne sont pas d’accord entre eux. Quelques–uns se lèvent et ils accusent Jésus en disant ce mensonge : « Nous l’avons entendu dire : “Je détruirai ce temple que les hommes ont construit. Et en trois jours, j’en bâtirai un autre qui ne sera pas construit par les hommes.” » Mais même ces témoins–là ne sont pas d’accord entre eux. Alors le grand–prêtre se lève devant tout le monde et il demande à Jésus : « Tu ne réponds rien ? Qu’est–ce que ces gens disent contre toi ? » Mais Jésus se tait, il ne répond rien. De nouveau, le grand–prêtre lui demande : « Est–ce que tu es le Messie, le Fils du Dieu que nous adorons ? »   Jésus lui répond : « Oui, je le suis. Et vous verrez le Fils de l’homme assis à la droite du Dieu tout–puissant, et venir parmi les nuages du ciel. » Alors le grand–prêtre déchire ses vêtements et il dit : « Nous n’avons plus besoin de témoins ! Vous l’avez entendu insulter Dieu. Qu’est–ce que vous en pensez ? » Tout le monde condamne Jésus et dit qu’il doit mourir.   Quelques–uns se mettent à cracher sur lui. Ils couvrent son visage, ils le frappent à coups de poing et lui disent : « Qui t’a frappé ? Devine ! » Les serviteurs prennent Jésus et lui donnent des gifles.

(Marc XIV, 53 à 65)


Nous n’avons plus besoin de témoin

 

Il nous est insupportable

Que Dieu se révèle

En dehors des images que nous avons de lui

Qu’Il brise les murs de nos temples

Et de nos dogmes

 

Il nous est insupportable que Dieu agisse par lui-même

Anéantissant cadres que nous avions tracés pour lui

Ces confortables alcôves dans lesquelles nous l’avions enfermé

 

Il nous est insupportable que Dieu se fasse petit

Et plus insupportable encore qu’il règne

Il nous est insupportable que Dieu se taise

Et plus encore qu’Il parle

Ce soir-là, chez le grand prêtre

C’est notre religion qui dit notre refus de Dieu.

Une chambre aménagée et toute prête

9 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Le premier jour des Pains sans levain, le jour où l’on sacrifiait la Pâque, ses disciples lui disent : Où veux–tu que nous allions te préparer le repas de la Pâque ? Il envoie deux de ses disciples et leur dit : Allez à la ville ; un homme portant une cruche d’eau viendra à votre rencontre ; suivez–le, et là où il entrera, dites au maître de maison : Le maître dit : Où est la salle où je mangerai la Pâque avec mes disciples ?

Il vous montrera une grande chambre à l’étage, aménagée et toute prête : c’est là que vous ferez pour nous les préparatifs. Les disciples partirent, arrivèrent à la ville, trouvèrent les choses comme il leur avait dit et préparèrent la Pâque.

 

Drôle de texte… Certains veulent y voir un miracle : Jésus qui marchait sur l’eau, qui calmait les tempêtes aurait pu annoncer à ses disciples qu’en se baladant en ville, ils tomberaient sur un homme portant un pot à eau… La belle affaire !

En fait, je préfère l’explication la plus banale : Jésus avait déjà réglé la question du lieu de la Pâque et le pot à eau n’était qu’un signe de reconnaissance permettant aux disciples d’identifier l’homme qui avait accepté de prêter une salle.

Je trouve cela bien plus parlant que le Jésus voyant, un Jésus soucieux de fêter la Pâque avec ses amis, un Jésus bien ancré dans le monde réel avec ses petites préoccupations quotidiennes, un Jésus qui se met au service bien plus qu’il ne se fait servir. Je crois que c’est là le miracle, le vrai signe : le maître a lui-même réservé la salle !

C’est ce miracle dont nous faisons mémoire avec un petit geste typiquement protestant de Sainte Cène, un petit geste auquel nous ne pensons plus vraiment : la table est là, dressée avant que nous arrivions. Un signe fort pour nous dire que nous sommes ses invités.

Les mercredis de Calvin (14) : C'est du vol

8 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire


Il y a plusieurs espèces de larcins. L’une gît en violence, quand par force et quasi par une manière de briganderie, on vole et pille le bien d’autrui ; l’autre gît en fraude et malice, quand cauteleusement on appauvrit son prochain, en le trompant ou en le décevant ; l’autre en une astuce encore plus couverte, quand sous couleur de droit on prive quelqu’un de ses biens ; l’autre en flatterie, quand par de belles paroles on attire à soi, ou sous titre de donation ou autrement, ce qui devait appartenir à un autre. Mais pour ne point trop nous arrêter à raconter les genres divers, il nous faut brièvement noter que tous moyens dont nous usons pour nous enrichir au dommage d’autrui, quand ils déclinent de la sincérité chrétienne, qui doit être gardée en dilection, et se dévoient à quelque obliquité d’astuce ou de toute autre nuisance, doivent être tenus pour larcins. Car bien que ceux qui y procèdent en telle façon, souvent gagne leur cause devant le juge, néanmoins Dieu ne les a pour autres que larrons, car il voit les embûches que font de loin les fines gens pour attraper les simples en leur rets ; il voit la rigueur des exactions que font les plus grands au plus petit pour les piétiner ; il voit combien sont venimeuses les flatteries dont usent ceux qui veulent emmieller quelqu’un pour le tromper : lesquelles choses ne viennent point à la connaissance des hommes.

Davantage, la transgression de ce précepte ne gît pas seulement en cela, quand on fait tort à quelqu’un en son argent, en marchandise ou possession : mais aussi en quelque droit que ce soit. Car nous fraudons notre prochain de son bien, si nous lui dénions les offices auxquels nous lui sommes tenus. Si donc un receveur, ou métayer, ou fermier, au lieu de veilleur sur le bien de son maître, vit en oisiveté, sans se soucier de procurer le bien de celui qui le nourrit, ; s’il dissipe mal ce qui lui commis, ou en abuse en superfluité ; si un serviteur se moque de son maître, s’il divulgue ses secrets, s’il machine quelque chose contre son bien, ou sa renommée, ou sa vie ; si d’autre part le maître traite inhumainement sa famille : c’est larcin devant Dieu. Car celui qui ne s’acquitte point envers les autres du devoir que porte sa vocation, retient ce qui appartient à autrui.

Nous obéirons donc au commandement, si étant contents de notre condition nous ne tâchons qu’à faire gain, sinon qu’honnête et légitime ; si nous ne désirons point nous enrichir, en faisant tort à notre prochain ; si nous ne machinons point de le détruire pour attirer à nous son bien ; si nous ne mettons point notre étude à assembler richesses du sang ou de la sueur d’autrui ; si nous n’attirons point de ça et là, à tort et à travers, tout ce qu’il est possible pour remplir notre avarice, ou dépenser en superfluités ; mais au contraire, si nous avons toujours ce but d’aider chacun tant que nous pouvons de notre conseil et de notre substance à conserver le sien. Et s’il advient que nous ayons affaire avec méchantes gens et trompeurs, que nous soyons prêts plutôt de quitter du nôtre, que de combattre avec eux par même malice ; que nous communiquions à leur indigence, et soulagions leur nécessité par notre abondance. Finalement que chacun regarde en quoi il est obligé du devoir de son office envers les autres, afin de s’acquitter loyalement.

Pour cette raison, que le peuple porte honneur à ses supérieurs, se soumettant à eux de bon cœur, obéissant à leurs lois et commandements, ne refusant rien qu’il puisse faire sans offenser Dieu ; d’autre part, que les supérieurs aient soins et sollicitude de gouverner leur peuple, de conserver la paix partout, défendre les bons, châtier les mauvais, et gouverner comme ayant à rendre compte de leur office à Dieu, souverain juge.

Que les ministres ecclésiastiques administrent fidèlement la Parole de Dieu, ne corrompant point la doctrine de salut, mais conservant sa pureté. Et que non seulement ils instruisent le peuple en bonne doctrine, mais aussi en exemple de vie. Bref, qu’ils président comme bons pasteurs sur les brebis. D’autre part, que le peuple les reçoive comme messagers et apôtres de Dieu, leur rendant l’honneur que notre seigneur leur attribue et leur donnant à vivre.

Que les parents s’emploient à nourrir, instruire et gouverner leurs enfants, comme leur étant commis de Dieu, ne les traitant point trop rigoureusement pour leur faire perdre courage, mais les entretiennent en douceur et bénignité convenable à leur personne ; comme il a été dit, que mutuellement les enfants leur doivent révérence et sujétion.

Item, que les jeunes portent honneur aux vieilles gens, comme notre Seigneur a voulu cet âge là être honorable ; et aussi que les anciens tâchent de dresser les jeunes par leur prudence, ne les traitant point par trop grande rigueur, mais usant d’une gravité tempérée avec douceur et facilité.

Que les serviteurs se rendent serviables à leurs maîtres, et diligents à leur complaire et non point seulement à l’œil, mais aussi de cœur, comme servant à Dieu. Que les maîtres aussi ne se rendent point difficiles et intraitables avec leurs serviteurs, les opprimant de trop grande rigueur, ou les traitant avec mépris : mais plutôt qu’ils les reconnaissent pour frères et leurs compagnons au service de Dieu, afin de les entretenir humainement.

Q’en cette manière donc, chacun répute qu’il doit à ses prochains, en son ordre et degré, et leur rende ce qu’il leur doit.

Davantage il faut que toujours notre mémoire soit dressée au Législateur, afin qu’il nous souvienne que cette règle n’est pas moins ordonnée à l’âme qu’au corps, pour que chacun applique sa volonté à conserver et avancer le bien et l’utilité de tous les hommes.

Institution Chrétienne Livre II §8. 46


Actuel, non ?

La loi contre la solidarité

8 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Sans doute cette note aurait-elle été plus utile si je l’avais écrite un peu plus tôt (ne serait-ce que pour son caractère informatif) mais bon, l’inspiration se commande rarement.
J’irai tout à l’heure au tribunal de grande instance d'Evreux, demander à être poursuivi pour « solidarité ». Pas que je sois un grand activiste de la solidarité, mais parce que la loi nécessite d’être changée.
L622-1 du Code d’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile
Toute personne qui aura, par aide directe ou indirecte, facilité ou tenté de faciliter l'entrée, la circulation ou le séjour irréguliers, d'un étranger en France sera punie d'un emprisonnement de cinq ans et d'une amende de 30 000 Euros.
Ainsi l’amalgame est fait entre les réseaux de passeurs et les actes associatifs ou individuels de solidarité. Eric Besson prétend qu’au regard de l’article 622-4, le délit de solidarité n’existe pas puisque ne peuvent être condamnés ceux qui ont aidé un étranger en situation de détresse. Il devrait relire plus attentivement le-dit article
Ne peut donner lieu à des poursuites pénales sur le fondement des articles L. 622-1 à L. 622-3 l'aide au séjour irrégulier d'un étranger lorsqu'elle est le fait (…) De toute personne physique ou morale, lorsque l'acte reproché était, face à un danger actuel ou imminent, nécessaire à la sauvegarde de la vie ou de l'intégrité physique de l'étranger, sauf s'il y a disproportion entre les moyens employés et la gravité de la menace ou s'il a donné lieu à une contrepartie directe ou indirecte.
Bref, les situations de détresse sont quand même limitées et l’on peut tout à fait être condamné pour avoir donné une aide matérielle à un étranger dont la vie ou l’intégrité physique n’était pas menacée. Et je doute fort que l’affirmation que tous les hommes sont frères puisse permettre de se réclamer de la famille de celui que l’on a aidé. Que 4 personnes seulement aient été condamnées au nom du L622-1 ne change rien au problème : tant qu’elle ne se restreindra pas aux personnes agissant pour une contrepartie financière (bref, les véritables passeurs), la loi permettra la poursuite et la condamnation d’une personne pour solidarité. Et c’est là qu’est tout le danger.
En effet, en matière de solidarité, je suis toujours surpris de la rapidité avec laquelle nous passons d’une tentative de justifier notre inaction à l’accusation. Par exemple : je ne donne pas au quémandeur dans le métro, très vite je m’expliquerai que c’est parce que donner encourage la mendicité et que du coup des réseaux se forment qui envoient mendier femmes et enfants. Du coup, mon refus de donner devient un geste salutaire et c’est celui qui donne qui est mis en accusation. Je suis le premier à demander que celui qui ne veut ou ne peut pas faire tel ou tel geste de solidarité ne soit pas culpabilisé mais de là à culpabiliser la solidarité, c'est un peu fort.
Et là, la loi elle-même vient se poser comme obstacle à la solidarité : à la privation de confort (c’est rarement confortable d’aider quelqu’un), aux questions éthiques (on ne s’engage pas dans une action sans se poser les questions du pour ou du contre, sans savoir que notre action comporte aussi du négatif), vient s’ajouter le risque d’avoir des ennuis. On voudrait dissuader complètement les gens de se montrer solidaires, on n’agirait pas autrement.
Dans la parabole du bon samaritain, un des critères qui dissuade le prêtre et le lévite d’agir, c’est que leur loi les rend impurs s’ils touchent un mort ou du sang…

L'enseignement du Notre Père (5) Notre pain de ce jour

5 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 5 avril 2009-04-05
Exode XVI, 1 à 31
Jean VI, 28 à 35
Matthieu VI, 11

Commençons par formuler la question que vous vous posez tous : mais qu’est ce que fait là cet âne ? (Non, pas moi, l’autre)
Ce n’est pas dur à deviner : en ce dimanche des rameaux, nous célébrons l’entrée de Jésus comme roi dans Jérusalem. Et puis, cet âne va aussi, de façon plus surprenante, illustrer la dernière branche, la branche centrale de notre chandelier à 7 branches du Notre Père.
Peut être vous rappelez-vous d’où vient le mot chiasme ? Il vient de la lettre grec Xi qui s’écrit comme un X. Un chiasme c’est le X qui marque  le trésor sur une carte. Le trésor est donc au point central. Le Notre Père prend tout son sens avec « Donne-nous notre pain de ce jour »

« Donne nous notre pain de ce jour » Pour ceux qui écoutaient Jésus, celà ne pouvait que rappeler une histoire qu’on leur racontait souvent depuis qu’ils étaient petit : l’histoire de cette manne, cette nourriture que Dieu donnait aux hébreux dans le désert.
Et cette histoire de la manne, elle nous enseigne bien sûr que Dieu nous donne ce dont nous avons besoin pour vivre. Bien sûr, il ne s’agit pas seulement de nos besoins de nourriture, de nos besoins matériels, il s’agit aussi de besoins moins évidents, moins palpables mais tout aussi concret : nous avons besoin d’être aimé et Dieu nous affirme qu’il est notre père ; nous avons besoin de repères et Dieu nous révèle que son nom est je suis, j’étais je viens, il nous donne une ancre, un roc sur lequel nous pouvons construire ; nous avons besoin de nous protéger contre le mal, de résister à la tentation et Dieu fait venir son règne ; nous avons besoin de pardonner et d’être pardonné et Dieu fait s’accomplir sa volonté de pardon. Voilà la manne que Dieu fait pleuvoir sur nous, voilà ce qu’il nous donne.
Et comme dans l’histoire de la manne, c’est un don qui recommence chaque jour. Les hébreux ne pouvaient pas conserver la manne, ils ne pouvaient que manger leur ration du jour et compter sur Dieu pour leur fournir celle du lendemain. C’est une belle image de la foi : recevoir pour aujourd’hui, compter sur Dieu pour demain. On pourrait faire remarquer que Dieu devrait peut-être appliquer le proverbe qui dit « donne un poisson à un homme, il pourra se nourrir une journée, apprend-lui à pêcher, il pourra se nourrir toute sa vie ». Le proverbe est bien évidemment tout à fait valable dans nos relations humaines, dans nos gestes d’entraide. Mais j’aime que Dieu agisse différemment. J’aime l’idée que Dieu veuille rester toujours dans la relation avec nous, qu’il prend plaisir à nous donner, autant que nous avons plaisir à recevoir. Et surtout j’aime savoir que je peux toujours me tourner vers Dieu quand tout devient trop dur, quand je n’arrive pas à pardonner, quand je n’arrive plus à espérer, quand l’avenir me fait peur, quand la tentation est plus forte que moi. Je n’ai pas à me dire que j’ai échoué, que j’ai mal profiter de mes leçons, que je reviens comme un pêcheur bredouille, je peux me tourner vers lui et lui dire simplement « Père, donne moi ce dont j’ai besoin aujourd’hui ».
Enfin, ceux qui ramassent la manne, ne la ramassent pas pour eux seuls, ils ont pour mission de la partager avec ceux de leur maison. C’est bien également l’esprit du Notre père, cette prière que nous maintenons au pluriel même lorsque nous la disons dans le secret de notre cœur. Savoir que Dieu nous comble de bien, c’est aussi avoir la possibilité et l’élan pour se tourner vers les autres.

Mais je crois qu’à nous, chrétiens d’aujourd’hui, ce « donne-nous notre pain de ce jour » peut évoquer plus que la manne. En écoutant l’évangile selon Jean, en nous rappelant de la Cène, nous pouvons reconnaître en Jésus, ce pain, ce don que Dieu nous renouvelle chaque jour. C’est lui qui est, pour nous l’assurance de l’amour et du pardon de Dieu. C’est en lui que nous pouvons, chaque jour, puiser la force de pardonner et de résister à la tentation…
Alors, maintenant, vous pouvez sans doute répondre à cette question : mais qu’est ce que fait là cet âne ? Aujourd’hui, nous sommes le jour des rameaux, nous fêtons ce jour où Jésus est entré dans Jérusalem sur le dos d’un âne. J’ai donc voulu représenter cet âne. Et à votre avis, que transporte-t-il ?
Oui, c’est bien du pain.

Qu’aujourd’hui, frères et sœurs, nous célébrions la venue de Jésus comme le pain dont nous avons besoin et que Dieu nous donne. Et demain ? Eh bien, demain, il sera temps de redire cette prière : Donne-nous le pain de ce jour.
Amen.

L'Incarnation : l'impossible nécessité.

4 Avril 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #les mots de la théo

Nathalie H me pose au sujet de l'incarnation deux questions, j'espère ne pas trop les déformer : Dieu n'est-il pas assez proche de nous qu'il doive encore s'incarner ?
Voir Jésus-Christ comme Dieu n'est-il pas une forme d'idolâtrie ?
A la première question, je répondrai que la question n'est pas tant celle de l'éloignement de Dieu (encore que celui-ci reste le Tout-Autre et qu'hors Jésus-Christ, il me paraisse hors d'atteinte) que celle de l'éloignement de l'homme. L'homme refuse d'être créature de Dieu, il refuse d'avoir besoin de Dieu, il se veut autonome et cela creuse entre lui et Dieu un fossé qu'il lui est impossible de franchir. Or, l'Incarnation nous dit que Dieu vient lui-même franchir ce fossé. C'est la promesse de la croix : sur Golgotha, Dieu nous rejoint dans les trois lieux où l'homme était séparé de Dieu : le doute (mon Dieu, mon Dieu pourquoi m'as-tu abandonné ?), la mort (le Shéol dans la théologie hébraïque était le lieu (ou plutôt le non-lieu) où Dieu n'était pas) et la malédiction (maudit celui qui est pendu au bois). C'est ainsi que Jésus est "pour" nous : en lui, Dieu subit à notre place, les conséquence de notre refus ; en lui Dieu accepte à notre place d'être créature et de cette obéissance nous tirons le bénéfice.
Quant à la deuxième question, je n'ai pu m'empêcher d'y penser en lisant ce passage du commentaire de Ellul sur l'apocalypse (bientôt sur vos écrans) :
Il est intolérable, impossible, que Dieu s'abandonne, cesse d'être dieu et devienne homme dans sa plénitude. Il est intolérable, impossible que Dieu meure en Jésus. Il est intolérable, impossible qu'un homme vraiment mort ressuscite et que la mort soit vaincue : c'est cette triple impossibilité qui entraîne le bouleversement général de toute la création et des puissances célestes. Si nous arrivions à prendre un instant au sérieux cet incroyable mystère de l'Incarnation, ce cataclysme que peut représenter  "Dieu n'est plus Dieu, il s'est abandonné lui-même, il s'est donné lui-même, il s'est réduit à n'être qu'un homme", alors les cataclysmes décrits dans les chapitres VIII et IX de l'apocalypse nous paraîtraient  bénins.
J. ELLUL. L'apocalypse. Architecture en mouvement.
Bref, Nath
ie a raison l'Incarnation est une folie, une idolâtrie, n'ayons pas peur des mots, une profanation et un blasphème même. Elle est également, impossible à concevoir pour  notre raison, immossible à exprimer de manière cohérente dans un discours humain Et pourtant j'y crois. Au sens le plus fort du terme.
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