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Le pain de vie

2 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 16 août 2009
Genèse IX, 1 à 7
Galates II, 16 à 21
Jean VI, 51 à 58

    Entre la diététique et le bio, entre les régimes d’été et la nourriture saine, l’anorexie et la boulimie, la nourriture redevient une préoccupation majeure de notre société pourtant bien alimentée. Alors que pour d’autres populations la question fondamentale et « aurons-nous de quoi manger ? », notre question est « que mangerons-nous ? » ou « que mangeons-nous ? »
    Mais en fait, cette question n’est pas neuve. Au-delà du besoin de manger, la nourriture a toujours exercé une grande fascination pour l’homme comme en témoignent les règles alimentaires que l’on trouve dans toutes les religions.
C’est bien à cette fascination que Jésus s’adresse quand il utilise cette image qui choque bien au-delà du judaïsme « celui qui mange ma chair et boit mon sang »
    Ce matin, nous ne parlerons pas de la Cène. En effet, en dissociant l’enseignement sur le pain de vie du repas pascal, Jean nous montre que la question n’est pas de savoir si et comment le pain et le vin deviennent corps et sang de Jésus Christ. nous ne parlerons pas de consubstantiation ni de transbustantiation, ces questions n'ont rien à voir avec l'Evangile. La question n’est pas non plus de savoir comment nous mangeons Jésus mais bien de comprendre que Jésus est notre nourriture. Et pour cela, nous nous pencherons sur 3 aspects de la nourriture : se nourrir, c’est recevoir, c’est détruire, c’est assimiler.

    Se nourrir, c’est d’abord absorber quelque chose qui vient de l’extérieur. C’est un fait : nul ne se nourrit de lui-même. Nous ne fonctionnons pas comme une dynamo, alimentés par l’énergie que nous produisons nous-même. Notre besoin de nourriture, au sens large, c’est peut-être la première chose qui nous fait renoncer à l’autarcie. Parce que je dois manger, boire, respirer, je suis obligé de sortir de moi-même, je dois renoncer à me recroqueviller autour de mon nombril. L’extérieur non seulement m’est utile mais il m’est nécessaire.
    Pour que Jésus soit bien notre nourriture, il faut qu’il vienne de l’extérieur, qu’il ne soit pas issu de nous-même. Or, justement dans cet enseignement sur le pain de vie, Jésus insiste lourdement sur son origine : « Je suis le pain vivant descendu du ciel », l’origine céleste du pain déjà affirmée quelques versets plus haut est répétée par deux fois. Et Jésus insiste encore « le Père m’a envoyé ». Jésus est bien notre nourriture parce qu’il n’émane pas de nous même mais qu’il nous est donné. Ce n’est pas en nous que nous avons à chercher notre vie mais de lui que nous la recevons.
    C’est peut-être le premier scandale : nous ne sommes pas autonomes, nous ne puisons pas notre vie en nous-même, dans nos mérites, dans nos forces mais nous la recevons d’un autre.

    Deuxième réalité de la nourriture : nous détruisons ce que nous mangeons. Même si nous nous contentions du régime des cavaliers tartares en chevauchée qui, dit-on, se contentaient de blesser légèrement leur cheval à l’encolure pour boire un peu de son sang, cela ne changerait rien : ce que nous mangeons, ce que nous absorbons est détruit. Nous savons bien que nous devons tuer pour vivre. Une des règles alimentaires du judaïsme trouve d’ailleurs son origine dans cela. « Tu ne mangeras pas un animal avec son sang, c’est à dire avec sa vie ». Cette règle vient rappeler que malgré cette nécessité de tuer pour manger, nous ne sommes pas propriétaires des vies desquelles nous nous nourrissons. En s’abstenant du sang, les juifs refusent de réduire l’animal qu’ils mangent au steak qui est dans leur assiette.
    Or, Jésus ne se contente pas d’affirmer qu’il est le pain de vie, l’image serait relativement douce : il est question de manger - et même de mâcher, suivant son propre terme - sa chair et de boire son sang. Bien sûr, sauf à vouloir tourner le christianisme en dérision personne n’irait prendre cela comme un appel à l’anthropophagie et les disciples ne se sont pas jetés sur Jésus pour le dévorer. Mais l’image n’en est pas moins radicale. Le don de Jésus est un don complet. Pour que Jésus soit vraiment notre nourriture, il faut qu’il soit détruit. Et c’est sur la croix qu’il s’offre à nous, et qu’il se donne totalement ! Ici, pas question de s’abstenir du sang pour se rappeler que nous ne sommes pas possesseurs de cette vie. Si, cette vie nous est donnée. Il convient de bien rappeler que Jean souligne suffisamment largement l’identité du Père et du Fils pour que nous comprenions qu’il ne réclame pas une victime innocente mais nous invite à nous nourrir de sa propre vie.
C’est la le deuxième scandale : en Jésus Christ, notre Dieu nous nourrit de lui-même, au prix de sa vie.

    Troisième réalité de la nourriture : nous assimilons ce que nous mangeons. Mais cette assimilation se fait dans les deux sens, nous devenons ce que nous mangeons. Bien sûr le végétarien ne devient pas végétal et à part dans Charlie et la chocolaterie, nul n’a encore jamais rencontré de gourmand fait de confiseries. Mais nous savons bien que ce que nous absorbons a des effets considérables sur notre organisme. Et on n’a pas attendu la médecine moderne pour s’en apercevoir, c’est ce qu’affirmait déjà, à sa manière, la loi de Moïse dans ses prescriptions alimentaires : manger un animal impur, c’est se rendre impur.
    Eh bien Jésus tourne ce risque en promesse : manger le pain vivant qui vit par le Père, lui-même étant LE vivant, c’est vivre à son tour. Pour que Jésus soit vraiment notre nourriture, il faut qu’il nous transforme. Or, nourrit de lui, nous sortons de notre mort, c'est-à-dire de notre rébellion contre Dieu, de notre volonté d’être Dieu et nous entrons dans sa vie qui est obéissance. « Ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi écrit l’apôtre Paul. Et c’est là la vie éternelle que nous recevons du Christ. Non pas seulement la promesse d’une résurrection à l’heure dernière mais, dès à présent, une victoire contre toutes les formes de la mort. Christ vit en nous et c’est par lui que nous vivons. Christ vit en nous et c’est par lui que nous croyons. Christ vit en nous et c’est par lui que nous espérons. Christ vit en nous et c’est par lui que nous aimons.
Ce n’est plus moi, c’est Christ qui vit en moi. C’est bien la le troisième scandale : nourri de Jésus Christ, je perds ma précieuse indépendance, j’accepte qu’un autre soit mon maître, mon Seigneur.

Frères et sœurs, ces trois scandales forment une promesse : nous ne sommes pas livrés à nous même, dépendants de nos pauvres forces : nous vivons de l’amour de Dieu, un amour si grand qu’il a tout donnée pour nous, qu’il s’est donné lui-même, un amour si fort qu’il nous transforme à son image. Frères et sœur, ce pain qui nous nourrit, c’est Jésus, le Christ : c’est par lui que dès à présent nous vivons. Alors ne vivons pas de notre mort, de notre néant, de nos refus, mais vivons pleinement de son « oui ».

Amen et bon appetit
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Ce que l'Esprit dit aux Eglises (4) Nous, on a le Saint Esprit

1 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 14 juin 2009
I Rois XVIII, 21-40
Apocalypse II, 18 à 29

Qui est Jézabel de Thyatire ? Jean de Pathmos fait il référence à une femme qui, par son enseignement détourne les chrétiens ? C’est possible : nous ne devons pas oublier que dans l’Eglise primitive, des femmes peuvent sans doute tout à fait occuper des places de responsabilités, d’autorités et d’enseignement. Et qu’il n’y a rien de scandaleux à penser que parmi ces femmes, certaines ont été tout aussi incapables, néfastes même que certains de leurs homologues masculin. Il est donc possible que cette Jézabel soit une femme qui avait une grande influence sur la communauté à Thyatire.
Il est possible également que Jean de Pathmos ne vise pas une personne particulière mais que la référence à Jézabel concerne en fait toute une tendance de l’Eglise qui est à Thyatire. Jézabel est une « méchante » suffisamment marquante du Premier Testament pour que son nom ait été évoqué de façon symbolique. Jezabel, épouse du roi Achab, ennemie jurée du prophète Elie est la reine qui fait entrer le culte des Baals en Israël, au mépris du culte de YHVH. Jezabel, c’est l’idolâtrie, l’adoration de faux dieux. Et cela est encore souligné par la référence aux viandes sacrifiées aux idoles et à la prostitution (dans la Bible, la prostitution fait presque toujours référence à l’idolâtrie).
Mais de quelle idolâtrie l’Eglise qui est à Thyatire se rend-elle coupable ? La question se pose puisque Jean de Pathmos nous dépeint une Eglise à tout point de vue idéale : irréprochable dans sa foi, dans son amour, dans son service. Difficile, dès lors, d’imaginer qu’une telle Eglise puisse se tourner où même laisser certains de ses membres se tourner vers des dieux païens. L’idolâtrie est forcément plus insidieuse, moins évidente. Elle ne concerne pas non plus une question de doctrine : la foi de cette Eglise est connue et approuvée. Il faut donc se tourner vers une pratique courante dans le christianisme et reconnue comme chrétienne. Une pratique pourtant idolâtre. L’histoire du christianisme, la référence à Jézabel et quelques indices du texte lui-même peuvent nous y aider.
Ceux qui ne se sont pas prostitués sont ceux qui n’ont pas connu les « profondeurs »  de Satan, le verbe c’est ginwsxo, qui a donné la gnose. On sait bien qu’à ses débuts et à travers les époques, le christianisme a été le théâtre de bien des dérives mystiques, d’une tentation de vouloir, sans cesse, par l’extase connaître les mystères de Dieu. Il est tout à fait possible que la référence à Jézabel soit un rappel de l’extase des prophètes de Baal.  L’idolâtrie de Thyatire, qu’elle soit conduite par une femme ou qu’elle soit simplement une tendance de l’Eglise, me semble être dans cette prétention à posséder l’Esprit, à vouloir tout connaître des mystères de Dieu. Si l’Eglise de Pergame représente ce risque d’un point de vue intellectuel, l’Eglise de Thyatire, elle, représente le danger d’un point de vue mystique.
Et c’est pour cela que le messager vient à elle avec des yeux comme une flamme ardente, flamme toujours en lien avec l’Esprit : Dieu seul est celui qui sait qui est conduit par l’Esprit, il est le seul à sonder les reins et les cœurs. Ce n’est pas par toute sorte de test, de charismes que nous pouvons prétendre détenir l’Esprit Saint. Il n’y a pas de chiboleth, de mot de passe par lesquels nous pourrions faire la différence entre ceux qui sont inspirés et ceux qui ne le sont pas. Ou plutôt il y en a un seul : « Ce que vous avez, tenez-le ferme ». Ce qu’ont les fidèles à Thyatire, ce n’est pas leur appartenance à une Eglise vivante et forte, ce n’est pas leurs visions qui prouveraient qu’ils sont en lien avec l’Esprit, ce qu’ils ont, c’est l’assurance de la victoire de Jésus le Christ. Et cela leur suffit.

Mais, il n’y a pas seulement la dénonciation du risque et la prescription du remède dans la lettre à Thyatire, il y a aussi l’expression de la colère. Et dans cette expression de colère, il y a une double promesse : celle de la patience et celle du châtiment.
Il faut tout d’abord bien noter la patience dont Dieu fait preuve à l’égard de Jezabel : je lui ai laissé du temps pour se repentir. Dieu est celui qui laisse du temps : lent à la colère, prompt à la bienveillance dit l’Ecriture.
Et même lorsque sa patience est à bout, il maintient une bride à sa fureur, quant ç ses compagnons d’adultère, à moins qu’il ne se repente… Même quand la patience de Dieu a atteint ses limites, même quand sa colère a explosé, il reste une porte de sortie. Ce n’est pas la mort du méchant qu’il veut mais qu’il se repente et qu’il vive. Et ce, jusqu’au dernier moment.
    Mais ce temps de la patience a des limites. Il y a, nous dit ce texte un moment où Dieu frappe. Et bien aussi effrayante soit cette affirmation, j’y vosi encore une promesse. Affirmer que la patience de Dieu a ses limites, c’est dire que le mal aura une fin, que la capacité de nuisance verra son terme. Jézabel sera jetée sur un lit, c'est-à-dire qu’elle sera affaiblie, privée de son pouvoir de perdre les serviteurs du Christ. Ses enfants seront mis à morts, c'est-à-dire qu’elle aura aboutît à une impasse, qu’il n’y aura pas de résurgence de son idolâtrie. C’est bien une promesse pour ceux de Thyatire qui sont restés fidèles mais aussi pour ceux qui se sont perdus avec elle, puisque la repentance leur est toujours permise. C’est là un des messages essentiels de l’Apocalypse : le mal se voit poser une limite, il est vaincu, dompté, limité, bridé : que ce soit le mal extérieur, la grande puissance de César et de l’empire romain ou le mal intérieur aux Eglises, l’esprit d’idolâtrie et de division. Le mal est vaincu et déjà l’étoile du matin brille pour ceux qui croient, pour ceux qui ont les yeux ouverts, elle brille annonciatrice de l’aube d’un jour nouveau.

Frères et sœurs, aucune vision, aucune extase, aucun charisme, aucun succès de nos communautés locales ne nous assure que nous détenons l’Esprit. Tout ce que nous avons c’est une promesse : en Christ est la victoire. Cette promesse, tenons-là ferme.
Amen
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Comment devenir pasteur ?

1 Août 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Quand notre Eglise se met à faire des clips de recrutement...
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Ce que l'Esprit dit aux Eglises (3) La doctrine et la Parole

31 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 7 juin
Apocalypse II, 12 à 17

Un trône de Satan, une épée à double tranchant, un témoin mis à mort, nous n'avons pas vu Pergame mais je n'en suis pas mécontent. Dans mon imagination, Pergame peut rester une contrée angoissante et magique, un décors pour le Seigneur des Anneaux, pour Eragon ou le Trône de Fer.
Je sais bien qu'aujourd'hui le trône de Satan, gigantesque bloc de pierre est exposé en Allemagne. Je sais bien que les chrétiens de Pergame ont vécu en réalité des moments aussi terrifiants que ceux que Tolkien a imaginé pour ses héros : le trône de Satan représente aussi le pouvoir romain opposés aux Eglises et la mort d'Antipas montre que la persécution a été violente. Les chrétiens de Pergame ont su résister à ses dangers nous dit la lettre mais elle avertit qu'il existe un danger plus grand, plus menaçant que le trône de Satan, plus mortel que les persécutions. Ce danger est un danger intérieur.

Le texte ne nous dit pas qui sont les nicolaïtes. Sans doute était-ce inutile pour  les lecteurs de l'époque mais aujourd'hui, les spécialistes ont bien du mal à se mettre d'accord. En fait, je crois que c'est très bien ainsi. Parce que du coup, la lettre à Pergame s'adresse à nous. Pas pour nous mettre en garde contre ces énigmatiques nicolaïtes mais pour nous rappeler que face à toute doctrine, ce qui compte, c'est la Parole. En effet, cette épée à double tranchant qui revient à deux fois dans le texte, c'est le symbole de la Parole de Dieu. La parole de Dieu, c'est à dire Jésus Christ. Ce qui compte, ce n'est pas ce qu'Eric George ou les Nicolaïtes ou même Jean de Patmos dit sur Jésus Christ mais bien Jésus Christ lui-même Et c'est là la grande force de la lettre à Pergame, elle ne dit pas : « les nicolaïtes disent cela et c'est mal alors que moi je dis ceci et c'est bien », elle n'oppose pas une doctrine à une autre comme le font toujours les théologiens. Elle se contente de renvoyer à Jésus, le Christ, parole de Dieu et donc bien au-delà de ce que l'homme saurait en dire, parole vivante et donc impossible à figer en une doctrine.
Une fois qu'on a posé que Jésus est plus important que tout ce qu'on peut dire de lui, on peut discuter pour savoir si Fils de Dieu signifie Dieu lui-même ou non, et ces discussions sont importantes et riches. Mais elles ne doivent jamais nous faire oublier que la vérité est Jésus Christ et non pas telle ou telle option théologique aussi profonde et argumentée soit-elle.  
Et ce Jésus Christ, ce n'est pas par notre réflexion, par nos déductions que nous le trouverons : il nous est donné comme la manne, comme la pierre blanche. C'est ce que nous rappelle l'Apocalypse qui ne nous propose pas une doctrine mais plante Jésus Christ comme une épée au milieu de nos discussions.

Frères et soeurs , il est normal que Jésus nous intrigue, il est bon que nous cherchions, que nous interrogions. Mais qu'aucune de nos doctrine ne nous conduise jamais à rejeter et à exclure, qu'aucune de nos doctrines  ne vienne jamais à le remplacer, lui qui est la Vérité.
Amen
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Les mercredis de Calvin (30) Sans la connaissance de la liberté...

29 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Sitôt que quelque mention de la liberté chrétienne est mise en avant, incontinent les uns lâchent la bride à leur concupiscences, les autres émeuvent grands tumultes, si on ne met aussitôt ordre à restreindre de tels légers esprits, qui corrompent les meilleures choses qu’on leur saurait présenter. Car les uns, sous couleur de cette liberté, rejettent toute obéissance à Dieu et n’abandonnent toute licence à leur chair ; les autres contredisent et ne veulent ouïr parler de cette liberté par laquelle ils pensent que tout ordre, toute modestie et discernement des choses soient renversés. Que ferons nous ici, étant enclos en un tel détroit ? Vaudrait-il pas mieux laisser derrière la liberté chrétienne, pour obvier à de tels dangers ? Mais comme il a été dit, sans la connaissance de cette liberté, ni Jésus Christ, ni la vérité de l’Evangile, ni le repos intérieur des âmes ne sont plus droitement connus. Au contraire, il faut donc plutôt mettre peine que cette doctrine si nécessaire ne soit pas omise ni ensevelie, et cependant néanmoins que les objections absurdes, qui se peuvent ici émouvoir, soient réprimées.
Institution chrétienne Livre III §19. 1


Comme avant lui, Paul puis Luther, Calvin connaît les dangers qu'il y a à parler de la liberté chrétienne. Rien de vraiment nouveau depuis "péchons pour que la grâce abonde" (Romains VI, 1). Mais ce que j'aime dans cette introduction à la liberté chrétienne c'est la phrase soulignée...
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Les mercredis de Calvin (29) Les mérites mènent à l'ingratitude

22 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Quelle ingratitude est-ce, si n’étant point contents d’une telle largesse de Dieu, laquelle rémunère les œuvres d’un loyer non dû et sans aucun mérite de leur part, nous passons outre par une maudite ambition, prétendant que ce qui est de la pure bonté de Dieu, soit rendu au mérite des œuvres ?!?
J’appelle ici en témoignage le sens commun de chacun. Si celui auquel l’usufruit d’un champ est donné,  veut usurper le titre de propriété, ne mérite-t-il pas par une telle ingratitude de perdre même la possession qu’il avait ? Pareillement, si un esclave libéré par son maître ne veut point connaître sa condition, mais s’attribue d’être né libre, ne mérite-t-il pas d’être ramené en servitude ? Car voici la droite et légitime façon d’user des faveurs qu’on nous a faites : c’est de ne point entreprendre plus que ce qui nous est donné, et ne frauder point notre bienfaiteur de sa louange, mais plutôt de nous comporter de telle sorte que ce qu’il nous a transferé semble en quelque manière résider en lui. Si nous devons cette modestie envers les hommes, que chacun regarde combien plus on en doit à Dieu.
Institution Chrétienne Livre III §15, 3

Quand le juriste vient au secour du théologien pour expliquer tout le danger qu'il y a à concevoir nos oeuvres comme méritoires...
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Les mercredis de Calvin (28) Les chrétiens ne sont pas parfaits

15 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

Nous confessons bien, quand Dieu nous réconcilie avec soi par le moyen de la justice de Jésus Christ, et nous ayant fait la rémission gratuite de nos péchés nous répute pour justes, qu’avec cette miséricorde est conjoint un autre bienfait : c’est que pas son Esprit Saint il habite en nous, par la vertu duquel les concupiscences de notre chair sont de jour en jour plus mortifiées ; et ainsi sommes-nous sanctifiés, c'est-à-dire consacrés en Dieu en vraie pureté de vie, en tant que nos cœurs sont formés en l’obéissance de la Loi, afin que notre principale volonté soit de servir sa volonté, et avancer sa gloire en toutes sortes. Néanmoins, cependant même que par la conduite du Saint-Esprit nous cheminons en la voie de Seigneur, afin de ne nous oublier, il demeure des reliques d’imperfections en nous, qui nous donnent l’occasion de nous humilier. Il n’y a nul juste, dit l’Ecriture, qui fasse le bien et ne pèche point (I Rois 8 ; 46)
Institution Chrétienne Livre III §14, 9

Ici, Calvin rejoint le "à la foi pécheur et justifié" de Luther. Bien sûr qu ela grâce produit la sanctification, néanmoins cette sanctification ne nous rend pas parfait. Toutefois, le sanctifié fera de ses imperfections, une occasion de plus de glorifier Dieu.
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Travailleur du dimanche (matin)

12 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Dans ces quelques lignes, je ne défendrai pas un modèle chrétien, je ne montrerai pas les dangers de cette loi, je ne ferai pas de prospectives. D'autres le font déjà bien mieux que moi. Mais je voudrai simplement, sans pleurer sur mon sort (je ne suis pas un pasteur malheureux) évoquer ce que signifie travailler le dimanche.
Tout d'abord ça veut dire ne plus partir en week-end. Ce n'est pas grand chose sur le papier et j'ai la chance d'avoir des amis qui ne se font pas trop prier pour venir (deux avantages : je ne travaille souvent que le dimanche matin et Paris n'est pas loin), mais depuis que nous avons acheté notre maison, nous entendons souvent "c'est bien, elle n'est pas loin, vous pourrez y aller le week-end". Non, on ne pourra pas, je travaille le dimanche.
Ensuite, ça veut dire être moins partant pour les invitations du samedi soir. Pas que je sois vraiment sujet à la fièvre du samedi soir, mais même une soirée entre amis se termine rarement avant minuit, donc certainement pas toute les semaines et puis on dira ce qu'on voudra mais on a quand même l'esprit plus libre quand il ne faut pas se lever le lendemain. Bien sûr, ça pourrait être un autre soir de la semaine... Mais les invitations sont rares le dimanche soir et avec les enfants, le samedi c'est ce qu'il y a de plus facile.
Généralement mes après midi sont libre, je profite donc du repas familial du dimanche midi, je pourrai profiter de la sortie dominicale (même s'il est vrai que la fatigue du dimanche matin vient souvent renforcer une certaine paresse naturelle)
Je ne raconte pas tout cela pour me plaindre, mon travail me passionne, mon employeur (l'Eglise, pas Dieu)est prévenant, et je regrette rarement cette vocation mais je voulais simplement dire que même si j'étais certain que les employés puissent avoir le choix (et je suis loin d'être aussi naïf), je ne serai pas vraiment un partisan du travail du dimanche.
Peut-être, que dans la société de demain chacun choisira à sa guise son jour de congé hebdomadaire. peut-être que nous prendrons ce gain d'individualisme pour un gain de liberté mais je fais régulièrement l'expérience de ce que nous perdrons en terme de relations sociales et cela m'attriste.
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Les mercredis de Calvin (27) La nécessité et la délectation

8 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

L’Ecriture nous instruit aussi bien du droit usage des biens terrestres : chose qui n’est pas à négliger, quand il est question de bien ordonner notre vie. Car si nous avons à vivre, il nous faut aussi user des aides nécessaires à la vie. Et même nous ne nous pouvons abstenir des choses qui semblent plus servir à plaisir qu’à nécessité. Il faut donc tenir quelque mesure, pour que nous en usions en pure et saine conscience, tant pour notre nécessité que pour notre délectation (…)
Laissons donc là cette philosophie inhumaine qui ne concédant à l’homme nul usage des créatures de Dieu, sinon pour sa nécessité, non seulement nous prive sans raison du fruit licite de la bonté divine : mais aussi ne peut avoir lieu, sinon qu’ayant dépouillé l’homme de tout sentiment, elle le rende semblable à un tronc de bois.
Mais aussi, de l’autre côté, il ne faut pas moins diligemment aller au-devant de la concupiscence de notre chair, qui se déborde sans mesure si elle n’est tenue sous bride, car il y en a certains (comme j’ai dit) qui, sous couverture de liberté, lui concèdent toutes choses.
Institution Chrétienne. Livre III §10. 1 et 3


Une citation de plus pour casser l’image de l’austère Calvin s’opposant à toute forme de plaisir. Pour Calvin le plaisir est non seulement une aide nécessaire à la vie mais bien un des fruits de la bonté de Dieu dont il serait blasphématoire de se priver.
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Les mercredis de Calvin (26) Libres comme des enfants

1 Juillet 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire

En somme, ceux qui sont captifs sous les liens de la Loi sont semblables aux serfs, auxquels les maîtres ordonnent certaine tâche d'ouvrage pour chaque jour, et qui pensent n'avoir rien fait, et ne s'oseraient présenter devant leurs maîtres, s'ils n'avaient achevé parfaitement tout ce qui leur a été enjoint. Mais les enfants, qui sont plus libéralement et doucement traités de leurs pères, ne craignent point de leur présenter leurs ouvrages rudes  et à demi faits, et même ayant quelque vice, ayant confiance que leur obéissance et bon vouloir sera agréable au père, encore qu'ils n'aient fait ce qu'ils voulaient. Il nous faut donc être semblables aux enfants, ne doutant point que notre Père très bon et si débonnaire n'ait nos services pour agréables, bien qu'ils soient imparfaits et vicieux : comme même il le confirme par le Prophète : Je leur pardonnerai, dit-il, comme le père aux enfants qui le servent (Mal. 3: 17); où le mot de pardonner est pris pour bénignement supporter, dissimulant les vices, d'autant qu'il fait aussi mention du service.
Institution Chrétienne Livre III §19. 4

J’aime beaucoup cette image. Calvin vient de montrer notre incapacité à obéir au commandement de Dieu en citant le premier commandement : Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. On ne peut pas obéir partiellement à un tel commandement puisqu’il requiert la plénitude. Du coup, si j’attends un salaire de mes œuvres, la radicalité du commandement m’oblige à voir que vu ma désobéissance, à ce commandement qui est le plus grand,  je n’ai pas grand-chose à attendre. En revanche si je m’en remets à l’amour de Dieu comme à l’amour d’un père, ce n’est pas sur ce que j’ai fait que je m’appuie mais sur l’assurance de sa bienveillance. La liberté du chrétien est bien celle du fils (ou de la fille) face à son père.
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