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Soli Deo gloria, radicalement

20 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Car c'est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c'est le don de Dieu. Ce n'est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie. Ephésiens II, 8-9
Mon opposition à une coopération de l'homme à son salut s'expique par un refus de diminuer la gloire de Dieu. Tout mérite accordé à l'homme réduit en effet d'autant la part de Dieu.
On me proposait l'image suivante : tombé dans un précipice, je m'accroche du bout des doigts à la corniche quand un sauveteur vient me tirer de là. Si je m'accroche à la main qu'il me tend, on ne peut pas vraiment dire que mon salut vienne de moi. C'est ainsi qu'il faudrait comprendre la coopération de l'homme à son salut. Soit. Poussons un peu l'image et imaginons qu'à coté de moi, accroché à la corniche, il y ait un autre homme. Un sauveteur arrive, il nous tend à chacun une main secourable. Je m'accroche, l'autre tombe. C'est donc bien de moi qu'est venu l'acte décisif du salut, l'acte qui a fait la différence. À mes remerciements à mon sauveur, je peux donc joindre une autocongratulation...
Bref, à cette image, je réponds ce que je répondais au collègue qui m'expliquait que Dieu faisait 10000 km vers nous alors que par notre réponse nous parcourions un micron vers lui : Il est certes dans notre nature de vouloir dire que nous avons coopéré, que nous avons fait quelque chose, que nous avons participé à notre salut mais un micron attribué à l'homme, c'est un micron volé à Dieu.
Dieu seul me fait vivre et je n'y suis pour rien. Dieu seul me sauve et je n'y coopère en rien. A Dieu seul revienne toute gloire...
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Avec modération

19 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale

Au moment où elle confesse sa foi au Dieu souverain et au Christ sauveur (...)

Art. 27 : Le modérateur, après consultation des vice modérateurs et, si nécessaire, du conseiller juridique de l’E.R.F., prend les initiatives utiles à la bonne marche des débats, dans le cadre de la Discipline et du présent règlement.
Art 28. Les séances sont présidées par le modérateurs, ou par celui des vice modérateurs qu’il désigne. Le président de séance dirige les délibérations, fait observer la discipline et le présent règlement. Il ne doit pas faire état de son opinion personnelle sur le sujet en discussion, mais il lui appartient de veiller, au cours des discussions ou avant les votes, à ce que soient présentés au synode les enjeux du débat.


Quelques états d'âme d'un modérateur au synode régional.
Jour 1. Vendredi soir
Le synode s'annonce pluvieux. Tant mieux, ça évitera que les délégués se dispersent trop pendant les poses. Surtout que l'emploi du temps me paraît serré.
Les premières impressions, avant même l'ouverture du synode, c'est les copains qui s'amusent de mon inhabituelle cravate (la cravate est on ne peut plus classique, c'est le fait que je la porte qui est inhabituel). Je suis le premier à dire gue l'Eglise est plus qu'un cercle d'amis, mais j'aime qu'elle soit aussi cela...
Bien sûr, j'ai oublié de prendre la discipline (que j'ai pourtant un peu potassée). Heureusement, le président me remet l'extrait concernant le synode. Tout y est (je risque fort de vous en présenter un point ou deux plus tard.).
Une fois lue "La déclaration de foi", le grand jeu est lancé. Ce soir, l'inattendu ne s'est pas joué pas à la table de la modérature, mais plutôt en coulisse : différents invités me demandent de leur donner un temps de parole. J'avais déjà fait remarquer pendant la mise au point de l'emploi du temps que 2 fois 30 minutes, c'était court pour les 8 invités que le Conseil Régional souhaitait faire intervenir. D'un autre côté, si on invite quelqu'un, il me paraît bon de l'entendre. Si cela n'empiète pas sur le temps des débats, j'essayerai...
Jour 2 : Samedi soir
Brouf ! Je me disais aussi que c'était  trop calme... Bon, par où je commence ? Peut-être avec un petit mot sur le temps acordéonesque d'un synode : on voit une séance se terminer 30 minutes après la fin de la pause qui la suit, on accorde 10 minutes de pause et on finit avec 25 minutes d'avance...  Heureusement  qu'il y a des délégués plus rompus que moi aux arcanes du fonctionnement synodal : j'ignorais que le modérateur était à ce point maître du temps, tant qu'il ne rajoute aucun point non prévu par l'emploi du temps. Vingt minutes de plus donc sur le projet "Eglise Unie". C'est pas du luxe.
Mais le grand bazar, ça a été ce soir après le repas. Scandale : les rapporteurs n'ont pas tenu compte du travail des groupes de l'après midi dans leur texte final ! Du coup, 30 minutes d'interventions agressives sur fond de brouhaha au lieu de parler du texte... Autour d'une table de jeu, rien ne m'agace autant que de voir quelqu'un écouter l'explication des règles d'une oreille distraite autant qu'impatiente, pour lancer en cours de partie : "Ah mais ça, tu l'avais pas dit". Ben là, c'est un peu pareil : la veille, les rapporteurs avaient présenté leur méthode de travail. Ils avaient dit que les travaux de groupe serviraient à tester le texte d'orientation sur des points concrets, qu'ils pourraient éventuellement révéler des inadéquations et des lacunes. Mais aussi que ces travaux seraient restitués en annexe du cahier post-synodal comme boîte à outil pour les Eglises locales et non pas en assemblée plénière... Transformons cet agacement en responsabilité : en tant que modérateur, j'aurai sans doute dû m'assurer hier que le synode avait bien intégré et acceptait ce qu'impliquait la méthode de travail... A noter pour plus tard...
De mon côté, au moins une erreur et une faute, ce soir. L'erreur c'est d'être resté seul : j'aurai dû être entouré d'au moins un des vice modérateurs. La faute c'est d'avoir laissé parler cette déléguée qui s'est emparée du micro pour couper la parole à la rapporteuse. Bon, rétrospectivement sa prise de parole n'a sans doute pas été une mauvaise chose. Mais sur coup là, j'ai mal fait mon boulot... Enfin, on ne va pas épiloguer, on verra bien comment se passera le vote sur le texte demain... Je vais quand même bien potasser les règles d'adoption d'un texte (disjonction, suppression, amendements, addition...)
Jour 3 Dimanche après-midi
Ben voilà, finalement tout s'est bien passé. Juste une demande d'amendement pour le texte d'orientation ce qui a permis de prolonger un peu le débat sur le projet d'Eglise unie. Dommage en revanche qu'on est perdu tant de temps sur la mise en forme du voeu Cimade : j'espérai un peu pouvoir donner la parole à un dernier invité.
La prochaine fois..
Merci à notre aumônier pour sa prédication sur le temps, particulièrement précieuse à qui vient de passer 36 heures les yeux rivés sur une horloge.

Voilà, vous l'aurez deviné, j'ai fait ce que je pouvais (avec pas mal de timidité, de nervosité et un brin d'humour) et je me suis amusé... Je ne suis pas certain de parvenir ainsi à vous faire entrer dans les arcanes synodales et je crains que tout cela paraisse bien loin des préoccupations de la foi. Pourtant,  je suis très fier de ce système de fonctionnement et je suis persuadé que l'Eglise se vit là aussi, dans cette organisation toute humaine mais vraiment habitée par une parole qui la dépasse.

Je déclare close la 40 session ordinaire du Synode Régional de l'Eglise Réformée, région Nord Normandie
.
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De ce que toute créature devient à la fin de sa vie

17 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Théo en culture

En feuilletant une anthologie de la poésie française, je tombe sur ce poème.

De ce que toute créature devient à la fin de sa vie

Qu'est ce de Pape et de ses cardinaux ?
Qu'est ce de Gens chargez de prélature?
Qu'est ce  Empereurs et Roys et leurs joyaux
Qu'est ce estre Prince ou Duc selon Nature ?
Qu'est ce ung Seigneur de haulte géniture ?
Qu'est ce ung Gendarme et ses habits divers ?
Qu'est ce une Dame ayant plaisant figure ?
Qu'est ce à la fin de nous qu'un sac de Vers ?

Qu'est ce ung Légat qu'a les honneurs Royaulx
Qu'est ce aultres gens plains de litterature ?
Qu'est ce ung Bourgeois qui va à trois chevaulx ?
Qu'est ce un marchant qu'un riche oultre mesure ?
Qu'est ce ung qui vivre en son mestier procure ?
Qu'est ce d'ung Brave au bonnet de travers ?
Qu'est ce un Paisant qui maint labeur endure ?
Qu'est ce à la fin de nous qu'un sac de Vers ?

Qu'est ce de ceulx qui suivent les Bourdeaulx
Qu'est ce ung Prodigue on ung qui vit d'Usure ?
Qu'est ce des gens qu'ayment toutz jeux nouveaulx ?
Qu'est ce ung Chicart qui plainct sa nourriture ?
Qu'est ce ung paovre homme à qui fault la pasture ?
Qu'est ce d'un prestre, ou d'ung moine ou convers ?
Qu'est ce une Abaesse et Nonnain de closture ?
Qu'est ce à la fin de nous qu'ung sac de Vers ?

Qu'est ce (mon Dieu) de nous que pourriture ?
Qu'est ce que Mort nous met toutz à l'envers ?
Qu'est ce pour vray de toute Créature ?
Qu'est ce à la fin de nous qu'ung sac de Vers ?
Eustorg de Beaulieu

Si je perçois à travers à travers ces vers (sans jeu de mot), la pensée des danses macabres, ce n'est pas la fascination pour la mort qui me frappe, mais plutôt l'éclairage que ce poème donne à ce passage biblique : Ne vous amassez pas des trésors sur la terre, où la teigne et la rouille détruisent, et où les voleurs percent et dérobent ;  mais amassez-vous des trésors dans le ciel, où la teigne et la rouille ne détruisent point, et où les voleurs ne percent ni ne dérobent. Car là où est ton trésor, là aussi sera ton coeur. (Mt VI, 19). Ainsi le poème ne me murmure pas : "Souviens-toi que tu vas mourir" mais "Pourquoi placer ta valeur, ta confiance  en ta naissance ou ton rang, ta fortune ou ton travail, tes oeuvres ou même ta morale, toutes choses périssables". Il ne sonne pas comme fascination macabre, mais bien comme refus de placer en l'homme quelque confiance que ce soit. Eustorg de Beaulieu, le nom m'est inconnu, mais ses dates sont éloquentes. Un contemporain de la Réforme, donc... En lisant sa biographie succincte, je découvre que cet organiste de la cathédrale de Lectoure fut prêtre puis se convertit à la "Religion Réformée"... Pourquoi ne suis-je pas étonné ?
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Le Notre Père machinal

12 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Petite théologie pas très sérieuse

Il priait un jour en un certain lieu. Lorsqu’il eut achevé, un de ses disciples lui dit : Seigneur, enseigne–nous à prier, comme Jean aussi l’a enseigné à ses disciples.
Luc X, 1

"Apprends nous à prier" Face à cette demande, mon premier réflexe de pasteur est d'expliquer que l'important de la prière, c'est de la dire avec nos mots à nous. Que la prière n'est pas une formule magique mais un dialogue avec Dieu. Je suis bien persuadé que mon attitude est théologiquement irréprochable.

Pourtant, à cette même question, Jésus lui, ne craint pas de répondre en proposant une prière non pas à inventer mais à réciter : le "Notre Père".
Bien sûr, le Notre Père est une prière riche et profonde, forte de sens, une prière que nous devrions toujours faire nôtre.
Mais qui  nierait que le Notre Père peut également être ânonné, débité aussi machinalement qu'une table de multiplication ?
Et d'ailleurs, comment ne pas voir ce qu'il y a d'identitaire, de bêtement religieux dans la demande du disciple : enseigne-nous à prier, comme Jean l'a enseigné à ses disciples.  Autrement dit : les saducéens, les pharisiens, les disciples de Jean ont leur façon de prier, donne nous la notre, la prière des disciples de Jésus comme un signe d'appartenance... Et  Jésus qui ne s'est jamais privé de frustrer la soif religieuse de ses contemporains, Jésus qui refuse de faire des miracles, de répondre aux questions sur son autorité, Jésus accède à la demande, comme ça, sans rechigner, sans mise en garde.
Pourquoi ?
Parce que prier avec les mots de Jésus, c'est se rappeler que c'est par lui et non par nous-même que nous entrons en contact avec Dieu.
Parce que quand je prie avec mes propres mots, je prie seul. Alors que Notre Père me permet une prière communautaire.
Enfin parce que la prière machinale peut accomplir des miracles. Un collègue me racontait cette histoire. Au chevet d'une dame atteinte de démence sénile, incapable d'entrer en contact avec qui que ce soit, incapable même de fixer son regard, il avait fini par réciter le Notre Père. A ce moment les yeux de la vieille dame ont cessé de divaguer pour le fixer, et une larme a scintillé. Après cette visite, il a appelé la fille de cette dame pour lui raconter l'épisode. Plusieurs jours plus tard, celle-ci le rappelle en pleurant : une fois encore le Notre Père avait eu le même résultat, pour la première fois depuis des mois, un contact avait été établi avec sa mère.
Tout visiteur d'hôpital a sans doute une expérience similaire dans laquelle le Notre Père réveille quelque chose d'endormi, permet un contact. Bien sûr, il n'y a là rien de surnaturel, on doit certainement trouver des anecdotes similaires avec l'Ave Maria dans le catholicisme, une prière musulmane en Islam, ou juive en judaïsme. Et, pourquoi pas, un poème ou une table de multiplication ?
Mais ce que je trouve merveilleux, c'est que Jésus ait ici laissé de côté son opposition au religieux pour répondre à notre faiblesse humaine. Je trouve merveilleux cette réponse faite à une demande critiquable qui vient répondre à un besoin profond : celui de mots qui au delà même de notre intelligence nous relient aux autres.
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Comme la fleur des champs...

10 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Esaïe 40, 3-9

Matthieu V, 13 à 16

Service d'annonce de l'Evangile aux personnes en deuil

 

Si Claude m’entendait le comparer à une fleur des champs, je suis bien certain que nous aurions droit à son tonitruant éclat de rire.

Et pourtant, s’il avait réussi à nous faire oublier sa fragilité, aujourd’hui, elle nous est rappelée douloureusement.

Et c’est douloureusement que résonne pour nous ce verset : L’herbe se dessèche, la fleur se fane quand le souffle du SEIGNEUR passe dessus. Mais si ce verset est douloureux, il nous permet justement d’exprimer cette douleur, notre incompréhension et peut-être même notre révolté…

Bien sûr nous ne croyons pas que Dieu a été à l’origine de la maladie de Claude. Bien sûr nous ne croyons pas à un dieu qui fait mourir. Nous croyons en Dieu, notre Père, qui est puissance de vie. Mais cette foi ne nous rend pas la mort moins cruelle. Elle nous la rend juste un peu plus incompréhensible, plus inacceptable : « Alors, quoi ? Il était impossible de garder Claude contre ce cancer ? Il était impossible de l’en guérir ? Pourquoi la maladie et la mort sévissent-elles toujours ? Je n’ai pas de réponse à cette question Je sais juste que nous avons le droit de la poser, nous avons le droit de dire notre révolte et notre refus.

Et je sais aussi que cette révolte ne m’empêche pas de croire que la Parole de Dieu dure éternellement et que c’est une parole de fidélité et d’amour.

Et cette parole d’amour et de fidélité a enveloppé, enveloppe et enveloppera Claude tout entier. Ainsi, elle libère notre mémoire, elle nous permet la reconnaissance et l’espérance.

 L’être humain est comme la fleur des champs ? Est-ce qu’on aime la fleur des champs pour ses pétales et malgré ses feuilles ? Pour ses couleurs et malgré sa fragilité ? Bien sûr que non. Et de même, je pense qu’il est faux de dire que l’on aime quelqu’un pour ses qualités et malgré ses défauts…

Claude était entier, c’est le moins qu’on puisse dire ? Alors pourquoi devrions nous morceler sa mémoire ? Aujourd’hui, c’est le temps du souvenir et nous pouvons nous souvenir du mauvais comme du bon ! N’essayons pas de faire un Claude idéalisé : il ne ressemblerait pas à celui que nous aimions. Rappelons nous de sa force, de son dynamisme, de sa joie de vivre de son humour et de sa générosité. Rappelons nous aussi de ses exagérations, de ses emportements, de ses maladresses et de ses obstinations ! Entre coups de cœur et coups de gueule, c’est bien là le Claude que j’aimais ; Et je peux m’en souvenir ainsi, tout entier, car j’en ai l’assurance, c’est ainsi, tout entier, qu’il est aimé de Dieu

 Et surtout, c’est ainsi, tout entier, qu’il a été, toute sa vie, appelé et conduit par Dieu. « Que les hommes voient les bonnes œuvres que vous faites et qu’ils louent  votre Père qui est dans les cieux » Nous avons évoqué la vie de Claude, ses engagements. Ne nous y trompons pas : c’est bien Dieu qu’il faut en louer. C’est Dieu qui a ainsi donné un sens et une portée à la vigueur de Claude, c’est Dieu qui l’a poussé. Et nous pouvons nous en souvenir avec reconnaissance parce que c’est justement en s’engageant, en servant que Claude était heureux. Mais être reconnaissant, ce n’est pas seulement dire merci c’est aussi recevoir l’enseignement de cette vie de service.

Claude n’était pas parfait mais c’est dans cette imperfection qu’il a été appelé et cela signifie qu’il en va de même pour nous : nous ne pouvons pas refuser d’entendre l’appel au service et au témoignage que Dieu nous adresse en prétextant nos incompétences ou nos faiblesses. Nous ne pouvons pas nous dégager en disant : Je ne sais pas faire » ou « J’ai trop mauvais caractère » ou que sais je encore. C’est tout entier, dans ce que nous sommes que nous sommes appelés. Et cela, Claude le savait, plus encore, il le vivait. Et aujourd’hui, c’est à notre tour. Je reprochais parfois à Claude d’oublier dans son engagement qu’il n’était pas seul, que d’autres s’engageaient aussi et que tout n’allait pas s’arrêter si lui ne faisait plus les choses… Aujourd’hui, vous tous qui l’avez côtoyé, en paroisse ou dans différents mouvements, je vous le demande, donnez-moi raison. Donnez moi raison parce que c’est ce que Claude aurait voulu. Donnez moi raison parce que c’est là que vraiment nous honorerons sa mémoire : en faisant nôtre cette leçon d’engagement qui nous a été donnée à travers lui. 

Souvenir, reconnaissance, engagement. La parole de Dieu qui dure éternellement nous permet tout cela, mais elle nous ouvre également à l’espérance. La mort déjà est vaincue : elle ne nous enlève ni nos souvenirs, ni notre amour. Elle ne met pas un terme aux engagements. Mais, parce que nous croyons que la parole de Dieu est une parole de vie et qu’elle dure à toujours,  nous croyons en une victoire plus décisive encore. Nous croyons que le jour viendra où la mort sera anéantie, ou les morts se relèveront. Nous croyons que nous retrouverons Claude, un Claude bien sûr libéré de son mal, un Claude apaisé. Pour certains d’entre nous, cette espérance brille comme un feu de joie, pour d’autres, elle est plus floue, plus ténue. Mais que cette espérance nous anime aujourd’hui.

Frères et sœurs,

Ce temps de deuil est bien sûr un temps de chagrin. Mais qu’il soit aussi un temps d’espérance, un temps de souvenir et un temps d’envoi. C’est ainsi que nous reconnaîtrons tout ce qui nous a été donné à travers Claude.

Amen.

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L'ile flottante de Proust

7 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Présentation

Maintenant, je ne peux plus rien faire. Il ne me reste que des souvenirs et les derniers sont très beaux
Jacqueline G. Quelques jours avant sa mort


Nous ne l'appelions ni mamie, ni mémé, ni grand-mère. Elle était Jacqueline. Tout simplement. Tout simplement, l'expression la défini bien...Dans le grand appartement de la place Carrière, la vieille dame ne prenait certes pas beaucoup de place mais elle aimait que l'appartement soit plein, elle aimait accueillir et c'était un plaisir. menue, discrète, elle n'était pas éffacée pour autant. Si elle laissait son mari sous le feu des projecteurs, elle savait aussi lui rabiasser parfois son caquet, ainsi que celui de ses petits-fils, une capacité de sarcasme qui pouvait sembler dure par contraste avec son image de grand mère gateau. Et pour tout dire, je l'ai vu au moins une fois injuste poussée par son amour pour les siens. Mais je n'ai pas besoin qu'elle ait été une sainte pour l'aimer. elle était bien mieux que ça : elle était ma grand mère et pour moi, pour chacun d'entre nous elle a merveilleusement tenu ce rôle...
La veille dame ne prenait pas beaucoup de place mais j'ai peur du vide qu'elle laisse dans l'appartement  de la place Carrière. Pourtant, pas de révolte avec ma tristesse, Jacqueline est morte, rassasiée de jour. Moi, j'aurai bien pris une ration supplémentaire, mais dans mon coeur pas de vide, seulement des souvenirs, épais et chauds comme des pulls tricotés maison.
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Au devant de la porte...

5 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du 2 novembre 08

Job XIX, 1 et 23-27

I Corinthiens XV, 51-57

Jean V, 20-29

 

En cette heure où notre paroisse pleure un ami, les textes que nous avons entendus ce matin, nous relancent certainement sur cette question : et après, qu'y a-t-il ? Qu'est ce qui nous attend ? Que sont devenus ceux que nous pleurons ? Je ne suis pas certain que els textes que nous avons entendus ce matin nous donnent beaucoup d'éclairage sur ce qu'il y a derrière la porte… En fait, ils nous parlent surtout de ce qu'il y a au-devant de la porte.

 

Bien sûr, il n'est pas possible d'entendre la première lettre aux Corinthiens ou même la réponse de Jésus aux pharisiens sans penser à cette résurrection globale de la fin des temps. Nous savons bien que cette image d'un relèvement de masse est bien plus fidèle aux textes bibliques que l'idée d'une résurrection immédiate après la mort. Mais, très fier de nous gargariser de notre bibliquement correct et de repousser les superstitions de l'au-delà, nous oublions parfois à quel point cette résurrection globale est plus incroyable encore que la résurrection individuelle. Pensez donc, tous les hommes et les femmes de l'histoire se relevant à l'appel de Dieu : certes, il était possible de le concevoir dans le petit monde oriental, mais aujourd'hui à l'heure des 6 milliards et demi d'humains qui peuplent la terre, comment prendre au sérieux cette image pour chapiteau de cathédrale ?

Et pourtant, nous ferons bien de la prendre au sérieux !  Non pas au nom d'un refus de cette mort que nous craignons ou de l'espoir de retrouver ceux que nous pleurons mais parce que nous affirmons qu'à Dieu seul revient la gloire, que Dieu seul a du poids, de l'importance. S'il n'y a pas de résurrection, si la mort à le dernier mot, alors autant affirmer dans « A Dieu seul la gloire, enfin dans le cadre de ma vie », autant lui imposer deux entités supérieures : ma vie et ma mort. Bref, autant le dire tout de suite, je suis au-dessus de Dieu…

L'annonce de la résurrection finale n'est pas là pour me rassurer ; elle m'oblige à reconnaître la pleine réalité de la mort : rien de moi ne subsistera tant que Dieu ne me relèvera pas. Elle n'est pas là pour  me faire plaisir, elle m'impose de remettre en question mon individualisme, à accepter la pleine réalité de la mort. Elle me dit, qu'au dessus même de cette mort qui est ma limite ultime, il y a mon Dieu.

 

Pourtant, je crois que ces textes nous parlent de quelque chose d'encore plus important que cette résurrection. Ils nous parlent de ce qu'on appelle le Jugement dernier. Le problème avec ce mot de « dernier », c'est qu'il nous fait reléguer ce jugement à la fin des temps alors que ce n'est pas forcément le cas : jugement dernier, cela ne signifie pas le jugement de la fin mais le jugement au-delà duquel il n'y a pas de jugement, le jugement absolu ; Et ce jugement, si j'en crois Jean n'attends pas la fin des temps. Amen, amen, je vous le dis, celui qui entend ma parole et qui croit celui qui m'a envoyé a la vie éternelle ; il ne vient pas en jugement, il est passé de la mort à la vie. Quand Jean parle des morts dans ce passage, je ne suis pas certain qu'il ne parle que de ceux qui sont dans les tombeaux. Rappelez-vous du prologue : « La lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres n'ont pas pu la saisir » Les morts ce sont ceux qui n'ont pas su saisir la Parole de Dieu, qui n'ont pas su reconnaître le Fils de l'homme : les morts, c'est l'humanité toute entière.

Oui, c'est là le Jugement dernier. Et, précise Jean, il est sans appel, l'homme ne peut pas se prévaloir de sa faiblesse comme d'une circonstance atténuante, parce que ce  le Père ne juge personne, mais il a remis tout le jugement au Fils. Qu'est ce que cela signifie ? Que celui qui nous juge est l'un d'entre nous, qu'il est aussi faible que nous mais que, contrairement à nous, il ne s'est pas montré rebelle à Dieu. Contrairement à nous, il a accepté d'être créature. Aussi faible que nous, en proie à la tentation lui aussi, il a fait le chemin inverse de nous : Dieu, il s'est fait créature alors que créatures, nous nous faisons Dieu… Et parce que nous refusons Dieu qui est vie, nous sommes morts et tout ce que nous croyons être notre vie n'est que mort : voilà ce qu'est le jugement dernier, ce jugement auquel nul ne peut échapper.

Et Paul ne dit pas autre chose : la chair et le sang ne peuvent hériter le royaume de Dieu, et que le périssable n'hérite pas l'impérissable. Ce n'est certainement pas en nous que nous trouverons la vraie vie…

Cette affirmation de notre mort, de nos  ténèbres n'est pas seulement une anthropologie abstraite, elle a une conséquence immédiate, très concrète : si nous reconnaissons dans ce jugement de Jésus Christ le Jugement dernier, le jugement absolu, comment pourrions-nous prétendre lui ajouter quoique ce soit ? Quand Dieu le Fils révèle notre rébellion et notre mort, prétendrons-nous être assez clairvoyant pour porter un jugement sur nos frères et sur nous-mêmes ?

Pourtant, n'allons pas croire que ce jugement a pour seul but de nous écraser et de nous interdire toute prétention.

Si Jésus, fils de Dieu, nous révèle nos ténèbres, s'il nous montre combien nous sommes mort, plus encore nous offre-t-il une planche de salut, LA planche de salut. En effet si Jésus est porteur du seul Jugement, c'est parce qu'il est le seul Vivant et s'il nous annonce notre mort présente, il nous annonce aussi notre vie à venir : "le Fils donne la vie à qui il veut".

 

C'est là qu'est vraiment la résurrection. Elle ne se limite pas à une promesse pour après la mort. Paul l'avait bien compris qui écrivait "Nous ne mourrons pas tous (et donc, nous ne ressusciterons pas tous) mais nous serons tous transformés". C'est la notre espérance de chrétien : non pas une promesse d'au-delà mais l'assurance que notre vie, dès maintenant, se trouve en Christ. L'assurance que nos doutes, nos peurs, nos haines, nos faiblesses, nos morts donc, ne nous font pas mourir, ne peuvent pas nous faire mourir, puisqu'ils sont morts et que notre rédempteur, celui qui nous fait vivre, est vivant.

Mon frère, ma soeur quand toute voix humaine, y compris la tienne, te condamne, quand la mort et le péché t'entraîne dans leur spirale, sois en assuré : ta vie est en Christ. Alors, pas de résignation mais une confiance humble et active. Nous n’avons pas besoin de gagner une espérance de résurrection, nous n’avons pas à redouter un séjour infernal post-mortem. Mais dès maintenant, nous pouvons échapper à notre enfer, dès maintenant nous pouvons entrer dans la vie, c'est-à-dire dans le mouvement et le mouvement vers l’autre. Dès maintenant Christ nous appelle à être, par lui, victorieux sur notre mort.

 

Qu'y a-t-il derrière la porte et qui nous attends déjà ? Qu'importe : au devant de la porte, il y a Christ et par Lui, en Lui, pour Lui, nous pouvons vivre. Maintenant.

 

Amen.

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L'utopie d'une laïcité de débat

3 Novembre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Ca faisait un moment que Jean Baubérot me faisait de l'oeil dans le marque-page  glissé dans l'exemplaire de La comtesse de Charny que j'avais emprunté. Je suis donc allé à sa conférence sur la laïcité à la médiathèque. Bon, j'ai trouvé Baubérot un peu à l'étroit dans le thème imposé par la série "Sommes-nous capables d'utopie ?". Certes, il a eu soin d'intituler sa conférence "L'utopie d'une laïcité interculturelle", mais parler d'utopie en célébrant 1905 et l'exemple du Québec, donc une époque et un lieu bien précis c'est un peu antinomique, il me semble... A part, ce pinaillage, je me suis senti, sans surprise, à l'aise pendant la conférence : une vision dynamique de la laïcité, l'Etat appelé à mouiller  sa chemise comme arbitre entre les différents courants religieux et non religieux, plutôt qu'à se tenir dans un rôle de spectateur, la modification des mentalités qui entraîne de nouveaux défis (une mention pour la désillusion sur la connexion des progrès qui a entraîné un replis identitaire), le refus d'une vision patrimoniale de la laïcité, un peu de critique de la couverture médiatique des problèmes rencontrés. Les lecteurs des livres et du blog de J. Baubérot reconnaîtront ces thèmes. J'ai regretté d'avoir oublié d'en faire de la publicité au culte.

Visiblement une autre Église, elle, y avait pensé... Ses membres étaient là nombreux, prenant la parole pour réciter leur catéchisme ou pour contredire le conférencier, visiblement identifié comme un ennemi de leur foi (entendre reprocher à Baubérot la vision sarkozienne de la laïcité ne manquait pas de piquant vu les opinions politiques du personnage) pour, à la fin de la conférence, distribuer des tracts appelant à les rejoindre. N'allez pas croire qu'ils ont joué les perturbateurs pendant la conférence : ils ne sont intervenus qu'au moment des questions, respectant la parole du conférencier (le désaccord manifesté par certains d'entre eux pendant que Baubérot parlait ne dépassait pas les mouvements réprobateurs et les grommellements indignés). Pourtant, face à ces distributeurs de tract, pour qui force de conviction signifie simplisme et qui voient toute nuance comme une compromission, je ne puis m'empêcher de penser qu'une laïcité dynamique, une laïcité de débat  reste effectivement une utopie...

Le nom de l'Eglise incriminée? L'association de la Libre Pensée.

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Ehoud, sola scriptura, soli Deo gloria, sola fide, sola gratia

26 Octobre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible

Prédication du dimanche 28 octobre 2008

Dimanche de la Réformation

Romains VI, 1 à 11

Juges III, 12 à 30

 

En ce dimanche de la Réformation, l’histoire d’Êglon et Ehoud nous renvoie aux fondamentaux du protestantisme…

 

Que dire de cette histoire ? Un temps de guerre et d’occupation, un assassinat… le récit d’Ehoud fait bien partie de ceux qu’on préfèrerait ne pas voir dans la Bible, un de ceux qui nous font voir l’Ancien Testament comme un livre barbare et violent à ne pas mettre dans toutes les mains.

Et pourtant, ces textes là, il est indispensable de les lire : pour bien se rendre compte que les récits bibliques, même quand ils touchent à la légende, restent profondément ancrés dans la réalité humaine. Ils ne nous parlent pas d’une humanité fantasmée, angélique. Oui, les auteurs bibliques sont des hommes et, comme tels, ils souhaitent la mort du méchant, la mort de l’ennemi. Oui, les auteurs bibliques sont des hommes et comme tels, ils ne reculent pas devant les expédients les plus radicaux pour parvenir à leur fin.

Cela signifie-t-il que nous devions suivre l’exemple qu’il nous propose ? Ce texte justifie-t-il le meurtre et l’extermination totale de l’ennemi en temps de guerre. Certainement pas. Nous ne pouvons pas prendre au sérieux la parole de Dieu, qui sans cesse nous rappelle qu’il ne veut pas la mort du méchant et nous appelle à la paix, et utiliser les textes de ce genre pour céder à nos pulsions de violence.

Mais alors, quel intérêt de prêcher sur ce texte ? S’il ne fait que nous révéler l’humanité des auteurs bibliques, ne devrions nous pas plutôt nous concentrer sur les textes dans lesquels cette humanité est habitée par la Parole de Dieu ?

Ce serait un peu facile, non ? Cela signifierait que cette Bible que nous reconnaissons comme la seule autorité à partir de laquelle nous pouvons dire quelque chose de Dieu, nous arrogeons le droit de la découper en petits morceaux, d’en censurer les passages qui nous déplaisent. Et que finalement, nous ne parlerions pas sous l’autorité de la Bible mais que c’est elle qui ne parlerait que sous notre autorité bienveillante et éclairée. Alors nous donnerions raison à Bossuet : tout protestant serait bien pape, une Bible à la main.

Eh bien non ! Nous ne savons bien que la Bible est une parole humaine, mais nous croyons qu’à travers cette parole humaine, Dieu se fait entendre. Et discerner cette parole ne signifie certainement pas opérer un tri sur le mode « Ca, ça me plaît, c’est la parole de Dieu, ça, ça ne me plaît pas, c’est de la parole humaine » Discerner la parole de Dieu à travers la Bible, c’est chercher à comprendre ce que Dieu me dit à travers chaque page de ce livre. C’est prendre le risque de se confronter à chaque texte. C’est avoir l’humilité de ne pas prétendre que notre interprétation soit décisive. Mais c’est avoir l’audace d’essayer une interprétation.

 Que dire alors de cette histoire d’Ehoud ? Il est évident que l’auteur ne s’est pas contenté ici de raconter l’histoire d’un héros rusé, bien au-delà du récit de la défaite d’Eglôn et des moabites, c’est un enseignement sur Dieu qu’il a voulu poser. Ehoud avait « la main droite liée » nous dit le texte hébraïque, simple façon de définir un gaucher ou bien description d’un handicap physique plus important. Je pencherai pour la deuxième. Ehoud est celui qui ne peut pas se servir de sa main droite, de sa main forte. Ehoud est le faible, issu de la plus petite tribu d’un Israël sous la domination moabite. Il ne fait décidément pas le poids face au colossal Eglôn…

Et pourtant, il est le sauveur que Dieu suscite à son peuple. Or particulièrement, dans le livre des Juges, si Dieu suscite à son peuple des sauveurs aussi faibles, c’est bien pour qu’Israël ne croie pas que c’est de ses propres forces que lui vient son salut mais bien de Dieu seul. C’est d’ailleurs la parole même de Dieu à un autre juge : Gédéon : « Ta troupe est trop nombreuse pour que je lui livre Madiân ; Israël pourrait s’en vanter à mes dépens et dire : « C’est ma propre force qui m’a sauvé » (Juges VII, 2)

Cet enseignement, la Réforme le mettra au cœur de sa prédication : l’homme ne peut en rien compter sur ces propres forces, Calvin en a fait sa devise : Soli Deo gloria. A Dieu seul la gloire.

Mais dans ce récit, la gloire de Dieu semble bien invisible : la victoire se fait dans une chambre à part, au nom d’une parole secrète de Dieu, par un poignard qui disparaît dans les graisses de la victime. La victoire est totale, indiscutable, mais finalement, de l’œuvre de Dieu à travers Ehoud il n’y a aucune trace. Selon un regard humain, il est impossible de discerner ici l’œuvre de Dieu. Pour célébrer la gloire de Dieu à travers la victoire d’Ehoud, il ne peut y avoir que la foi…

Mais ne puis-je aller plus loin dans ma recherche de ce que le récit a à me dire ? Dois-je m’en tenir à un récit des temps anciens qui me dit que le salut de son peuple revient à Dieu seul ? Je l’ai dit, recevoir la parole de Dieu pour moi à travers la Bible demande une certaine audace… Alors, à la lumière de l’enseignement de Paul, et si l’histoire d’Ëglon et Ehoud me racontait une autre histoire que  celle de la guerre entre Israël et les Moabites ? Et si elle me racontait ma propre histoire ?

Après tout, ne puis-je reconnaître en moi-même le gras Êglon, avide de puissance, obsédé par mon ventre, c’est à dire par la satisfaction de mes désirs et envies, qui n’est l’ami que de lui-même et donc l’ennemi de Dieu. Et ne puis-je voir qu’en moi-même il y a aussi un Ehoud, qui aspire à servir Dieu. Mais qui se trouve faible, comme lié, incapable de se servir de sa droite. Et voici que ce texte me dit pourtant que non, je ne suis pas condamné au règne de cet Eglôn que je suis (du verbe être autant que du verbe suivre) et qui me mène à la mort. Il me dit que cette victoire d’Ehoud est en fait la victoire sur moi-même de la parole de Dieu pour moi. Et il ajoute que l’existence même de cet Ehoud en moi est un don de Dieu «Dieu suscita un sauveur », « En effet, si nous avons été assimilés à lui par une mort semblable à la sienne, nous le serons aussi par une résurrection semblable. » Cette victoire d’Ehoud sur Eglôn, de la vie vraie sur la vraie mort est donc une pure grâce de Dieu

Frères et sœurs, quand Eglôn semble régner sur nous, ou en nous, ne perdez pas espoir et criez vers Dieu pour qu’il suscite un sauveur. Quand Ehoud triomphe d’Eglôn, voyez sa main paralysée, voyez sa faiblesse et rendez grâce à Dieu qui est seul notre libérateur.

Amen

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Trois ans...

19 Octobre 2008 , Rédigé par Eric George Publié dans #Humeurs

Il y a trois ans, les premiers articles étaient postés sur Miette de théologie... Comme cadeau d'anniversaire, j'ai droit à quelque page dans Information-Evangélisation (vous trouverez l'article ci-dessous)...
J'ai aussi droit de voir mes statistiques baisser de moitié par rapport aux chiffres annoncés dans l'article qui suit : Overblog revoit sa manière de compter...Bon ça ne change pas grand chose au fond, et puis au moins les 50 visiteurs quotidiens qui me restent n'en prennent qu'un visage plus humain...
En tout cas, au grè de l'inspiration et de la fantaisie, on va se donner une année de plus... D'accord ?


"Miettesdethéo" est né en octobre 2005, d'une part pour tester le terrain en vue de la création d'un site paroissial (les plate-forme « blog » faciles d’utilisation et gratuites me paraissaient tout à fait intéressante) d'autre part parce qu'Internet me semblait un espace idéal pour une évangélisation "réformée" : discrète mais présente, accessible et ouverte au débat. Il est plus facile pour celui qui recherche de surfer sur un site web que de pousser la porte d'un temple ou d'une étude biblique. Or,  je venais de découvrir que les blogs ne se limitaient pas aux seuls skyblogs tenu par des ados entre photo prises au téléphone portables et langage SMS mais pouvaient prendre la forme de sites tenus par des politiques, des journalistes voire des philosophes. Bref, il me semblait qu’il y avait de la place pour un pasteur…
Si le site paroissial n'a pas réellement vu le jour (je reste convaincu qu’un site paroissial ne doit pas dépendre du seul pasteur), Miettesdethéo compte, à l’heure ou j’écris ces lignes, 488 articles et 90 912  visites.... Le visiteur y trouvera des prédications et méditations, des citations et des notes de lecture, des commentaires sur l'actualité mais aussi des notes un peu trop légères, ludiques ou "ciblées" pour avoir tout à fait leur place ailleurs : relectures théologiques de film ou de jeu, coups d’humeur, carnets de voyages. Miettes de théologie reste le lieu où je peux passer de Karl Barth à Iron Man au gré de ma fantaisie…
Ma plate-forme d’accès me permet d’avoir quelques statistiques sur mes visiteurs et donc d’en savoir plus sur mes lecteurs. Les visiteurs et visiteuses sont entre 100 et 150 par jour (un visiteur n’est comptabilisé qu’une seule fois en 24 heures). Plus de 80% d’entre eux sont des habitués qui ont placé Miettesdethéo dans leurs favoris, les autres arrivent par l’intermédiaire des moteurs de recherches et, pour une toute petite minorité, par les liens placés dans certains autres sites.  Ils sont issus de France et de pays francophone (ce qui n’a rien de surprenant) D’après les commentaires que me laissent ces lecteurs, je sais qu’ils sont catholiques (plus ou moins œcuméniques), protestants, athées militants (plus ou moins ouverts) ou tout simplement en recherche. Ceux que je connais un peu ont entre 20 et 60 ans.
A la source de cette diversité, la volonté de faire de la publicité au-delà de la sphère réformée ou même chrétienne : simplement en réagissant sur quelques forums ou blogs athées ou agnostique ouverts au débat ou en indiquant l’adresse sur certains forums que je fréquente dans le cadre de mes loisirs, bref, sen donnantr au site un peu de visibilité « à l’extérieur »… Je sais également que quelques paroissiens lisent « Miettes de théo », peut-être aussi quelques collègues mais ceux-là restent silencieux et je leur en sais gré. En effet, si je n’ai rien contre le débat de théologien et l’avis de collègues, je préfère que Miettes de théo reste un espace « sur le seuil ».
Bien sûr, tenir un tel blog n’est pas tout à fait sans dangers : les commentaires sont libres et peuvent facilement entraîner le webmestre dans des débats stériles et chronophages, voire donner lieu à des messages diffamants ou racistes (mais là, le danger me semble réduit : sur 940 commentaires, j’ai été amené à en supprimer 5). Un autre danger est sans doute la tentation d’une Eglise virtuelle. Parfois un lecteur devient un correspondant régulier et cela va jusqu’à la demande d’accompagnement spirituel ce qui me semble impossible en restant sur le net.
Et bien sûr cela demande un peu d’investissement, tant au niveau du travail rédactionnel (un blog est vivant et attractif à partir du moment où il est tenu à jour de manière hebdomadaire) qu’au niveau personnel : tenir un blog, c’est sortir son témoignage du cadre souvent bienveillant de la paroisse, c’est aussi oser dire « je », être soi-même sans trop s’abriter derrière le masque institutionnel.
Il y a également des obligations : pour un pasteur, prévenir le conseil presbytéral, si le blog n’est pas anonyme me semble la moindre des choses (et je ne suis pas sûr que l’anonymat soit vraiment de l’ordre du témoignage), rappeler constamment que parler en tant que protestant, ce n’est pas parler au nom du protestantisme et surtout, garder un silence complet sur tout ce qui ressort de la dimension relationnelle en Eglise.
Mais ni ces risques, ni ces contraintes ne sont insurmontables et il me semble que le jeu en vaut la chandelle. D’abord parce qu’en tant que chrétiens, il ne nous est pas si fréquent de voir notre témoignage entendu (ou plutôt lu) par 100 à 150 personnes différentes par jour… Ensuite par ce que pour le blogueur, le travail est stimulant et enrichissant : s’obliger à coucher sa pensée par écrit, savoir que l’on sera lu et donc essayer d’être accessible aussi pour des lecteurs en dehors du sérail ne peut qu’être profitable. Et quand le public réagit, c’est encore mieux. Aussi, je rêve de voir l’Eglise Réformée prendre pied dans la « blogosphère » afin de toucher des réseaux  encore plus nombreux et d’offrir aux internautes un discours chrétien différent.
Le format blog est fait pour nous :
-    les plates-formes sont vraiment facile d’utilisation (je n’y connais absolument rien en programmation et me borne à faire du copié/collé et un minimum de mise en page)
-     un blog, c’est avant tout du texte
-    La possibilité donnée aux lecteurs de réagir permet d’entrer en débat

Bien sûr, une multiplication des blogs réformés ne serait pas sans poser de question quant à notre unité et il conviendra sans aucun doute de nous donner quelques standards de présentations voire quelques règles quant au contenu mais l’intérêt principal d’un blog c’est qu’il permet à son auteur de sortir de la sphère strictement religieuse en ouvrant son carnet à ses autres champs d’intérêts culturels, politiques, sportifs ou que sais-je encore, et ainsi de proposer un témoignage qui touche réellement l’extérieur.
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