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Un jour de "sécurité" pour une année de violence

29 Septembre 2013 , Rédigé par Eric George Publié dans #Bible, #Prédic, #Violence, #Amos

Un jour de "sécurité" pour une année de violence

Prédication du 30 septembre 2013

Luc XVI, 19 à 31

Timothée VI, 11-16

Amos VI, 1-7

Frères et sœurs, nous ne le dirons jamais assez, nous ne le vivrons jamais assez, c’est en Dieu et en Dieu seul que notre confiance et notre espérance ne seront jamais déçue.

Amen

Oui, ce matin, je vais droit à l’essentiel, je commence par la conclusion. Non, ce n’est pas pour terminer plus tôt et pouvoir allez suivre le culte à la télévision. En fait, si je préfère commencer par la fin, c’est que j’ai peur que cette conclusion essentielle, ne résonne comme une rengaine, comme un rappel un peu obligatoire qui, viendrait adoucir la dureté des textes que nous avons entendu ce matin et l’âpreté du constat dont ils sont porteurs.

Il paraît inutile de nous replonger dans l’histoire d’Israël pour vérifier à quel contexte, à quelles tension Amos fait référence, inutile, pour une fois, tellement l’accusation contre ces vautrés qui se croient à l’abri, nous rejoint dans notre actualité.

Bien sûr, nous éprouvons tous la tentation de fustiger par ce texte, nos propres vautrés, nos dirigeants politiques et économiques qui sont si éloignés des réalités et se vautrent dans la puissance et le luxe. Et bien sûr qu’ils sont désignés par ces textes. Mais nous savons bien aussi qu’une telle lecture ne serait guère responsable si nous ne regardions pas aussi à notre propre capacité à nous vautrer dans d’illusoires sécurités.

Sommes-nous bien sûr que le riche de Lazare soit toujours l’autre riche, le plus riche que nous ? Sommes-nous bien sûrs que nos couches et nos tours ne soient pas en train de se recouvrir d’ivoire ?

Nous vivons dans un pays en paix au milieu d’un monde de guerres, et nous avons l’impression que cette paix est acquise, ou plutôt que si guerre il y a, et guerres il y aura, elles resteront lointaines, dévastant d’autres terres, d’autres continents…

Nous lisons, entendons les nouvelles d’une insécurité toujours plus fortement ressentie, mais nous attendons-nous vraiment à ce que cette insécurité fasse irruption chez nous ?

Nous oublions les catastrophes écologiques au fur et à mesure qu’elles se produisent.

Mais finalement, est ce que notre manière de vivre change radicalement ? Non. Nous procédons à quelques aménagements de sécurité, nous élevons un peu plus nos murs, renforçons nos serrures et, de fait, nous nous enfermons d’avantage.

Mais qu’est ce qui change ?

Et Amos rugit « En repoussant le jour du malheur, vous rapprochez l’année de violence ».

Oui Amos pointe l’idolâtrie de ces fausses sécurité, très certainement fait-il référence à des pratiques magiques, à de faux dieux, son vocabulaire est empreint de termes religieux mais ne nous y trompons pas : ces vautrés sur leur lit d’ivoire associaient à leurs talismans, à leurs rituels, des mesures plus concrètes de sécurité, ils avaient leurs propres systèmes de protection et de surveillances, rempart, gardes armés. D’ailleurs Amos dénonce aussi le discours ces princes qui placent leur sécurité dans la puissance de leur pays. C’est donc bien cette illusion de sécurité dans son ensemble que dénonce le prophète…

« En repoussant le jour du malheur, vous rapprochez l’année de violence ».

Osons nous poser la question, de combien nos incantations sécuritaires accélèrent-elles le tourbillon de la haine ? De combien précipitent-elles l’engrenage de la violence ?

Oui, lire Amos, c’est s’en prendre plein la figure… Pourtant, nous le savons bien, je l’ai d’ailleurs réaffirmé dès le début, ce n’est pas à la peur, à la culpabilité et au désespoir que nous sommes appelés mais bien à la foi, à la confiance en un Dieu qui nous protège et nous fait vivre.
Cependant ce Dieu qui nous appelle à la confiance, nous dit aussi que cette confiance, cette foi, ne se vivent que dans l’amour du prochain et dans l’amour de l’ennemi.

C’est vrai, Amos vient glisser un bon stock de noyau de pêche dans nos couches d’ivoire, de verser un bon litre de vinaigre dans nos coupes de champagne mais Paul l’écrit à Timothée, la foi n’est pas un confort, c’est un combat.

Eternel des armées

Viens nous assister dans ce combat de la foi

Ce combat contre nous-même

Montre toi plus puissant que nos peurs, nos égoïsmes et nos haines.

Fais-nous nous rendre

A l’amour, à la bienveillance

Libère nous

Pour l’espérance

Amen

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