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Petite ballade en espérance

26 Octobre 2013 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale, #Carnets de voyage, #Protestants en fête

Petite ballade en espérance

Jeudi 27 Septembre

- Allo ?

- Salut c'est Alain. Je passe, samedi, à Paris d'espérance et je voulais savoir si tu y venais aussi.

- Ben écoute, je n'avais encore rien décidé mais c'est cool si on peut s'y voir. Donc oui je viens.

Samedi 29 au matin,

Après un rapide message sur FB au cas où un admirateur inconnu me dirait «J'y serai aussi et j'aimerais vous reprocher de vive voix votre paresse à écrire. Vous me reconnaîtrez facilement je porterai une croix huguenote», me voilà parti vers le Paris d'espérance. Dans le train, en feuilletant une dernière fois le programme pour pointer deux ou trois «stands» ou on pourrait s'arrêter, je rêvasse un peu à l'ambiance que je vais y trouver. En effet, c'est l'écho que j'avais eu de l'édition strasbourgeoise : un temps où l'on croise un visage connu à chaque carrefour. Quels collègues, anciens paroissiens ou condisciple vais-je croiser ?

Gare Saint Lazare, aucune écharpe vert espérance ni badge identité visuelle coloré (faut dire que je ne porte pas le mien non plus) Pas d'avantage dans le métro. Gare Montparnasse, non plus. Enfin, je retrouve Alain mais là, ça compte pas : on avait rendez-vous.

Dépose des bagages de mon collègue qui vient de loin, pizza partagée en disant du mal de nos enquiquineurs respectifs, en discutant de nos questions et de nos inquiétudes sur la vie de notre Église, en redisant notre joie du ministère, aussi. Comme souvent, quand un pasteur rencontre un autre pasteur, ils sont trop timides, trop pudiques pour parler de leur foi.

14h

Il est largement temps d'aller à la rencontre d'autres protestants. Premier lieu de festivités à visiter : le village d'accueil. Devant Bercy, nos coeurs se serrent d'émotion en voyant notre première banderole Paris d'espérance. Un bénévole donne des indications à un groupe que nous devinons constitué de paroissiens, une tente vestiaire-consigne puis plus rien. Pas un panneau, pas un distributeur de tract. Pourtant, en poussant un peu plus loin, nous apercevons les tentes qui annoncent le village. Pour le coup, les retrouvailles commencent, on se croirait en synode. De fait, les visages croisés sont ceux que je croise en synode, ceux qui sont de tous ces rassemblements. Une belle tente librairie, une grande tente de présentation dont les nombreux stands évoquent bien la diversité protestante. Des échos d'activités qui ont bien marché, voire qui ont été victimes de leur succès (je suis content d'apprendre que la réflexion sur Brassens et l'Évangile a dû refuser du monde : c'était à mes yeux un des stands les plus originaux et un de ceux qui m'avaient le plus interpelé)

En quittant le village et en retournant vers le métro nous croisons le capitaine Jack Sparrow et une femme-sandwich qui distribuent des tracts. Activité jeunesse ? Annonce d' une conférence d'Olivier Abel sur le protestantisme et la flibuste ? Eh non, pub pour une chaîne de magasin de jouets.

15h

Direction foyer de Grenelle pour boire un cidre et voir un peu ce que font les voisins du Bocage. Si nous ne restons pas assez pour assister aux discussions, je suis content d'apprendre qu'il y a eu du passage. Bon, uniquement des protestants...D'ailleurs, cette fois, nous croisons des protestants identifiables en pleine rue ! Oui, bon, juste en quittant les lieux au moment où eux arrivent.

16h30

L'heure de mon train approche mais ce serait dommage de quitter Paris sans voir ce village jeunesse qui tourne si bien, direction la gare de Lyon, donc (décidément, notre périple n'est pas tout à fait optimum, tiens d'ailleurs ce serait une bonne idée de jeu 'Protestants en fête 2013 : parcours le plus d'animations en faisant le moins de km et en croisant le plus de protestants)

Arrivée à la gare de Lyon, rien. Enfin, pas rien, plein de monde, de taxis, de voyageurs, mais pas une affiche, pas un prospectus, aucun signe visible de ce village jeunesse. Pour moi, il est grand temps de retourner à Saint Lazare et je mets fin à ma virée en espérance en abandonnant Alain.

Bon, je ne ronchonne pas, j'ai passé une bonne journée, c'est toujours sympa de retrouver un vieil ami. Mais au niveau de la visibilité du protestantisme, je reste dubitatif, et je n'ose même pas évoquer le témoignage et l'évangélisation. Au moins, on ne nous reprochera pas notre prosélytisme agressif. Bien sûr, je n'ai pas respecté le mode d'emploi, et je n'ai assisté ni au méga-culte, ni à la soirée spectacle (vous retrouverez des comptes rendus plus complets ici) mais je ne suis pas sûr que le promeneur parisien lambda ait vu quoique ce soit de changé.

En fait, c'est d'ailleurs cela qui m'ennuie : je venais voir un temps fort à Paris et je n'ai vu que ce que devrait être le quotidien : des Églises de toute les tendances du protestantisme qui organisent diverses manifestations tournées vers la cité et qui communiquent entre elles sur ce qu'elles font.

Et puis quand même, une petite réflexion personnelle pour mon moi de 20 ans qui a poussé un cri d’horreur quand j’ai exprimé mon envie à aller me balader dans Paris pour me retrouver « en famille » avec d’autres parpaillots, il faut dire que cette tendance à l’entre-soi des protestants l’a toujours agacé, cet horsain : « Bah oui, tu vois, maintenant, tu te sens complètement du sérail, de cette famille, alors finalement, ce chauvinisme protestant (qui reste agaçant, c’est vrai) n’empêche pas l’Eglise d’accueillir, d’adopter et d’intégrer… »

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Walk like an Egyptian (12)

15 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01434.JPG2 Novembre 2011

6h40 : Nous voilà installés dans l’avion.

La fin de la journée d’hier était plus tranquille : restaurant de poisson au dessus du restaurant de poulet de la veille. Je ne sais pas si l’énorme et délicieux poisson que nous trouvons dans notre assiette est un barracuda, mais en tout cas, c’est délicieux même si nous n’avons plus d’appétit (promis, je vous épargne les papillons de ma jeunesse (ou pas)).

La bibliothèque d’Alexandrie était bien en grève, nous nous en contenterons donc d’en admirer l’architecture générale. Je regrette beaucoup mais d’un autre côté, c’est pas plus mal vu que le lendemain c’est à 3 heures qu’il faudra se lever…

En tout cas, Aischa a beau nous dire que les révolutionnaires ont été très gentils, elle trouve quand même que depuis la Révolution, c’est le bazar et que les gens ont un peu trop tendance à croire que la liberté c’est faire tout ce qu’on veut.

Ca roupille sec dans l’autocar, faut dire que nous avons mis une heure à sortir d’Alexandrie, une heure ou plus pour rentrer dans Le Caire. Petit arrêt au bord de la route du désert pour acheter des dattes. Les enfants sont très mignons mais Jean Paul nous dissuade de leur offrirDSC01437.JPG le paquet de gâteaux français qui traîne dans notre valise depuis le départ : « écoutez-les. Quelqu’un vient de leur offrir des stylos et maintenant, ils réclament de l’argent. Tant pis pour eux. De toute façon, ils ne sont vraiment pas dans le besoin. »

Retour à l’hôtel Santana à 21h, nos adieux à Aischa à qui je laisse mon bouquin «Ce que la Bible doit à l’Egypte. Un repas auquel nous ne touchons pas beaucoup. Malgré la sieste dans le car, nous sommes tous fatigués et la nuit sera courte. Comme plaisante mon père, j’espère que nous n’avons payé que 2 nuits au Santana : la première nous sommes arrivés à 3h et la dernière, nous partons à 3h…

Ce matin, les enfants étaient prêts avant nous. Bien joué ! Un thé et dans l’énorme boîte petit dèj’, nous piochons de quoi manger un morceau en route. Mais les tomates, concombre, pain et confitures restent derrière nous…

Dans le bus, nos adieux à Jean Paul, cette fois. Puis embarquement, passage des douanes. Pour finir en beauté avec leurs petits embêtements (je vous aurais bien raconté mais ça aurait pris trop de temps), Fabienne et Sophie sont rappelées dans le bus. Mais cette fois, c’est juste pour leur dire que leurs sièges ont été changés. Ca me permet juste d’être sarcastique et de demander à Fabienne quel est son lien de parenté avec Pierre Richard…

Trop fatigué pour vraiment stresser. Juste content de ce voyage, content aussi qu’il touche à sa fin. Un rendez vous, plus tard, avec une Egypte moins monumentale et plus quotidienne. Qui sait ?

 

9h45

J’aimerais bien qu’ils arrêtent de nous passer des sketch de caméra cachée pour nous remettre les informations de vol…

Du coup j’en profite pour vous livrer deux ou trois divers que j’ai oublié d’inclure dans les notes DSC00187.JPGprécédentes

1)      L’utilité du nilomètre qu’on retrouve dans tous les temples et qui sert à mesurer la crue du Nil. Pas par soucis d’archivage mais pour savoir comment fixer les impôts. Si les crues sont hautes, les récoltes ont dû être bonnes et on peut prélever beaucoup… Je proposerai à notre trésorière d’investir dans un pluviomètre…

2)      Le babouin dans l’iconographie égyptienne qui est soit figure du dieu Thot (pour changer un peu de l’ibis, sans doute), soit figure solaire (parce que les babouins crient et dansent quand le soleil se lève), soit figure de la clepsydre (l’horloge de nuit). Pourquoi de la clepsydre ?  Parce que les anciens avaient observé que le babouin urinait toutes les heures.

3)      Si l’on peignait le visage du défunt sur les sarcophages, c’est pour que le bâ, l’âme immortelle, puisse retrouver la bonne momie lors de la résurrection. De là à conclure que le bâ des pharaons était analphabète (y avait leur cartouche partout dans leurs tombeaux), il n’y a qu’un pas…

4)      J’ai oublié de vous raconter les vendeurs en felouques à l’écluse d’Esna. Alors que le bateau ralentit pour approcher de l’écluse, nous voyons des felouques s’approcher dans la nuit. Et elles commencent à nous balancer des projectiles ! En fait ce ne sont pas des pirates mais des marchands. Les projectiles sont des sacs en plastique contenant des foulards, nappes ou djellaba. Si une marchandise intéresse un passager, la négociation commence par dessus bord. Si l’affaire se fait, un nouveau sac est envoyé ou mettre l’argent, sinon, on renvoie les marchandises. Jean Paul nous raconte une anecdote propre à dissuader toute tentation de malhonnêteté : le bateau est bloqué à l’écluse et les marchands n’ont aucune hésitation à prévenir la police en cas de mauvais payeurs… En tout cas pour être marchand en felouque, il faut avoir le bras musclé et bien viser : ai-jeDSC01243 précis é que le pont supérieur était au quatrième étage du bateau ?

5)      Je terminerai en évoquant Mykerinos dont les anglais trouvèrent la momie sous sa pyramide et qu’ils voulurent ramener à Londres. Le bateau a coulé, offrant aux poissons de la nourriture lyophilisée depuis  trois mille ans…C’est utile d’aller en Egypte, je sais enfin le pourquoi du titre d’un de mes jeux…

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Walk like an Egyptian (11)

14 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01420.JPG1er/11/2011

9h : J’ai mal dormi cette nuit. Et ce n’est pas seulement à cause du muezzin du port d’Alexandrie qui avait braqué ses haut-parleur vers notre chambre pour être bien sûr qu’on entendrait bien sa mélodie (encore la même que depuis le début du voyage, mais plus fort). Peut-être le luxe de l’hôtel, en principe plutôt destiné au pontes de la pétro-industrie qu’aux touristes. Ou, plus probablement, le retour des préoccupations du quotidien. Notre parenthèse égyptienne est en train de se refermer doucement…

11h20

Petite halte derrière l’amphithéâtre que l’hôtel nous annoncé être fermé. Ce serait une aubaine pour le petit cireur de chaussures (le premier que je vois) si nous ne portions pas tous des sandales… En tout cas, c’est une riche idée de quand même faire un détour pour le voir de l’extérieur, cela nous permet de constater qu’il est ouvert. Jamais faire confiance aux hôtels (ou plutôt : toujours vérifier l’information). En fait d’amphithéâtre, c’est un odéon. Et bien sûr, le seul moyen que trouvent mes parpaillots pour tester l’acoustique, c’est d’entonner « A toi la gloire »…

Traversée du marché qui commence à s’installer (c'est-à-dire que les commerçants commencent à s’installer sur la  route) pour aller aux catacombes afin d’y découvrir un curieux mélange de styles égyptien et greco-romain puis un petit tour de la colonne Pompée pour vérifier que le soleil et le marbre sont une association pas toujours heureuse. Il fait plus frais à Alexandrie mais à cause de la réverbération, je n’ai jamais autant souffert de la chaleur pendant notre voyage que durant ce petit tour… Et nouvelle traversée du marché, cette fois bien installé. Nous découvrons un commerce nouveau : les marchands de moitié de voiture (moitié arrière pour le bas de la rue, moitié avant pour le haut de la rue). Eh bien sûr comme toujours, les commerçants s’installent sur la route, ne reculant que lorsque le tramway arrive, les boutiques en dur râlent parce que du coup, ces boutiques mobiles leurs piquent la clientèle (on se croirait dans une discussion sur les boutiques en ligne et les boutiques en dur…)

Bref, un nombre incalculable de scènes de rue, que j’oublie au fur et à mesure. Déjà que j’ai du mal à retenir toutes les explications d’Aischa….

13h25

Aischa profite du musée d’Alexandrie pour nous expliquer le pourquoi de la posture si particulière des personnages des bas reliefs. (Cette posture à laquelle vous devez ma référence à un fleuron de la décadence pop des années 80) Il s’agit de représenter en deux dimensions la meilleure perspective (celle qui permettra de donner le plus de détails) de chaque partie du corps : le visage de profil, l’œil de face, le torse de face, la poitrine des femmes de profil. De plus, elle nous fait remarquer que dans la représentation des couples, c’est toujours la femme qui enlace l’homme. Ce qui est amusant c’est qu’on retrouve la mêmeDSC01408.JPG position quand le dieu enlace le roi…

Tout en admirant de jolies pièces, nous enjambons les étudiant(e)s assis(e)s par terre pour dessiner, MP3 à l’oreille.

Petite note, les égyptiens sont de plus en plus nombreux à fréquenter leurs musées (qui sont quasiment gratuits pour eux) et c’est une très bonne chose, se réjouit Jean Paul. Il y a encore 20 ans, les livres d’école ne faisaient commencer l’histoire de l’Egypte que lors de l’arrivée de l’Islam…

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Walk like an Egyptian (10)

12 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01297.JPG31 Octobre

9h10 ; Entre Le Caire et Alexandrie, nous prenons la route dite « du désert », mais les condominion dont nous parlait Jean Paul le premier jour et qu’Aischa nous présente à présent de façon plus positive, rendent cette route très peu désertique…

11h25

Nous quittons le monastère de Wadi Natroun. Quelques informations sur la vie quotidienne des moines (qui meurent à eux-mêmes et au monde extérieur, la prière des morts est dites sur le moine qui entre dans les ordres, brrr). Nous troublons la messe copte (orthodoxe) qui se déroule dans l’Eglise à l’atmosphère saturée d’encens et je me demande ce que le corps de Jean le Baptiste est venu faire en Egypte… En revanche tellement peu de données sur l’ancienneté du monachisme que je suis bon pour faire un exposé ce soir (je pensais que la visite guidée par un moine m’en dispenserai)

Mais ce qui m’amuse le plus, c’est la tête d’Aischa quand le moine nous dit que les musulmans ont persécuté les chrétiens, les obligeant à porter du noir (et les juifs à porter du jaune). Des musulmans persécutant des chrétiens ? Pas possible ! Ah quoique si c’était pendant la période des fatimides chiites, alors peut-être… Ben voyons (décidément, même l’Islam le plus modéré a encore des progrès à faire dans la capacité à l’auto-critique)

13h15 Nous arrivons à Alexandrie, retour dans les bouchons. J’ai oublié de raconter qu’hier, au Caire, nous avons longé, non loin de notre hôtel, un bâtiment très fortement gardé. Il s’agissait de l’ambassade saoudienne. Or, le bruit court que l’Arabie Saoudite paye les casseurs et provocateurs qu’on a beaucoup vus à l’oeuvre ces derniers temps (un petit rappel de l’actualité au milieu de laquelle nous jouons les touristes…)

22h50Je ne sais pas si je vais réussir à aller jusqu’au bout de notre journée d’aujourd’hui. A midi brochette de poulet dans un restaurant de poisson (en fait, non, l’enseigne m’a induit en erreur, le restaurant de poisson est à l’étage  au-dessus), joli panorama sur la Méditerranée (ça nous change un peu du Nil, pourtant on n’était pas lassés). « N’attendez pas le dessert, il n’y en a pas » informe Jean paul avant d’aller s’en griller une. Il est à peine parti que nous voyons arriver un chariot à desserts. Je fais passer l’information que le dessert n’est sans doute pas compris, mais Aischa me rassure, elle a négocié le dessert… Du coup, je coursDSC01329.JPG prévenir Jean Paul (on n’est pas ségrégationniste au point de priver les fumeurs de dessert) que je trouve avec le dessert qu’il vient d’aller acheter dans la pâtisserie voisine. Nos guides ne sont pas toujours très bien coordonnés mais ils sont aux petits soins pour nous.

Ensuite, visite de la citadelle de Qaitbay, que le sultan éponyme fit construire à l’emplacement du phare d’Alexandrie, dont la destruction, entamée par une ruse des byzantins et la cupidité d’un sultan (« Alexandre a planqué son trésor dans le phare »), fut achevée par un tremblement de terre. La citadelle est sympa et les enfants s’amusent dans le dédale de salles.

Beaucoup moins sympas sont ces policiers qui nous suivent partout pour nous rendre de menu services : indiquer une marche, prendre une photo (quitte à nous arracher  de force l’appareil des mains) pour glaner quelques euros. Je sais que j’en parle à chaque page, mais c’est parce que ça se passe à chaque moment…

Mauvaise nouvelle : la bibliothèque est fermée pour cause de grève. Aïe, c’est quand même pour ça qu’on a tenu à ce que notre itinéraire passe par Alexandrie.

Mais le plus extraordinaire de cette journée, c’est ce trajet vers l’hôtel. C’est à deux pas de la citadelle, mais le chauffeur ne sait pas où exactement et surtout, il tient à nous déposer au pied de l’hôtel : fierté professionnelle. Or, un bus ce n’st pas facile à manier dans les bouchons d’Alexandrie… Par deux fois, au moins, il faut pousser des voitures stationnées sur la route. Résultat, nous mettons deux heures (au sens propre) à faire les deux pas (au sens figuré) Jean Paul fulmine, à juste titre, contre l’organisation d’Hermès (le tour operator local) mais le groupe prend le parti d’enDSC01382.JPG rire.

Il me faudrait raconter cela, aussi : les fous-rires, les plaisanteries idiotes (je vous jure que je ne suis pas le seul), les petites attentions des uns pour les autres, à chaque moment. Je n’ai pas découvert de nouvelles facettes chez ceux qui nous accompagnent, mais pendant ces dix jours, j’ai vraiment l’impression que chacun(e) donne le meilleur de lui-même. Et ce n’ets pas la moindre des bénédictions de ce voyage.

C’est sur cette note et cette reconnaissance que je vais me coucher, le luxe de l’hôtel, on verra demain.

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Walk like an egyptian (9)

11 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01172.JPG31 octobre

6h25

Bon, ça n’a pas raté, je me suis effondré sans avoir eu le courage d’écrire quoique ce soit sur la journée d’hier. Allons-y donc

Pendant qu’Aischa nous explique l’histoire d’Egypte, nous apercevons les pyramides entre les immeubles, mais cet imbécile de car fait exprès de ne s’arrêter que devant des arbres ou des poteaux. Je comprends mieux pourquoi on ne voit les pyramides que sur fond de désert…

Il était impensable de passer en Egypte sans voir le plateau de Giza (c’est du dernier snobisme, non, d’écrire Giza au lieu de Gizeh ?) et c’est vrai que le site est grandiose mais ce n’est pas le plus passionnant, à mon humble avis. Et qu’est ce que les vendeurs sont pénibles… Ici, ils se comportent vraiment en chasseur : mieux vaut ne pas s’éloigner du troupeau. Surtout quand on est une femme rousse aux yeux bleus. Fabienne l’apprendra à ses dépens : trois policiers s’associent à un chamelier pour la faire grimper de force sur un dromadaire et lui extorquer les trois euros d’usage. C’est pas du vol, juste une méthode commerciale qui confine au racket… (Madian sera plus rusé : s’il monte sur un chameau, il laisse d’autre payer pour lui. Merci Uschi !

On nous fait ensuite enfiler des palmes (ce doit être l’équivalent égDSC01189.JPGyptien du gilet de sauvetage) pour visiter la barque solaire de Khéops, un puzzle de 1200 pièces, long d’une quarantaine de mètre et vieux de 4500 ans. Barque solaire ou barque d’apparat ? La question reste posée. Si c’était une barque solaire, c'est-à-dire le véhicule dans lequel le pharaon devait accompagner le soleil dans son voyage souterrain, l’immortalité commençait par une sérieuse épreuve de patience : la barque était fournie en kit…

Si le désert est toujours magnifique, j’aime bien la vue sur le Caire et sa pollution, aussi. Ensuite, descente vers le sphinx. Là, j’avoue que le sphinx et la pierre du songe m’amusent moins que le groupe de collégiens qui vient nous encercler, non pas pour nous vendre quelque chose, mais juste pour échanger quelques mots d’anglais. J’incite les enfants à répondre mais seule Yaël se lancera, ce qui ravit Aya, la plus délurée et souriante du groupe : pas de voile et c’est elle qui insiste le plus « What’s your name ? » « Where are you from ? » Welcome to Cairo ! »

7h30

En tout cas, Uderzo et Goscinny ont dû passer en Egypte. Le marché de souvenirs devant le sphinx, c’est tout à fait ça (les auvents en moins, quand même) (d’ailleurs je regrette de ne pas avoir apporté Asterix et Cléopâtre, Aischa ne semble pas connaître la véritable raison du nez manquant)

A midi, grillades. Délicieuses (à part dans le train, on mange bien en Egypte). Je profite du calme du restaurant pour accepter de donner un billet de 20 euros à un serveur en échange de petite monnaie. Mauvaise idée : cela attire les musiciens qui nous font découvrir une nouvelle forme de harcèlement des touristes : la torture auditive jusqu’à ce qu’on paye pour qu’ils s’éloignent… Pas grave : on a fini notre dessert. A la sortie, un tour de chameau pour Amos, Yaël et Sophie qui piaffaient de jalousie par rapport à Madian. Cette fois, c’est un euro le tour…

Après le repas, direction Sakkarah, la plus ancienne nécropole et les premiers bâtiments de pierres. En effet, les bâtiments des vivants (palais royaux y compris) étaient en brique alors que pour les dieux et les morts, les bâtiments sont en pierre. Une petite énigme dans une mastaba : sur une très jolie fresque, deux porteurs ont été martelés, seulement deux. Alors qu’ils sont tous identiques. Pourquoi ? Hypothèses de l’égyptologue de comptoir : soit les peintres et tailleurs se sont ratés (et le martelage devient l’équivalent du coup de blanco), soit les porteurs martelés ont été virés pour incompétence et leur patron ne tenait surtout pas à se les fader pour l’éternité.

Intéressante aussi cette pyramide à niveaux, pyramide imprévue puisque Imothep après avoir empilé gradin sur DSC01235.JPGgradin pour faire plus grand, s’est rendu compte que la forme pyramidale, c’était pas mal. En tout cas, je note que les modernes sont encore plus sympas avec les pharaons morts que leurs contemporains. Si les bâtisseurs avaient laissé deux trous devant les yeux de la statue de Djeser, pour qu’elle puisse voir du monde, nous on l’a carrément amenée au musée…

Sakkarah c’est aussi beaucoup moins de harcèlement qu’à Giza. Un des gardiens perdra quand même un pourboire, il a tellement insisté pendant que j’étais en train d’essayer d’extraire une pièce de mon rouleau de 20 centimes, que je me suis cogné la tête. Du coup je ne lui ai rien laissé. Ah mais !D’après Jean Paul, la différence est due au fait qu’à Giza, les vendeurs sont les voyous des faubourgs, alors qu’à Sakkarah ce sont les paysans du coin.

Après Sakkarah, direction Memphis. Ou plutôt ce qu’il en reste. Quelques statues exposées au milieu d’un petit village pas très fréquenté par les touristes : le prix de l’eau et des cartes postales ont sensiblement baissé. La colossale statue effondrée de Ramsès II nous permet de vérifier sous son pagne : effectivement le pharaon avait un truc à compenser…

Sur la route de Memphis, pas besoin d’un air idiot pour me bercer, j’ai beau aimer les scènes de rues, mes yeux se ferment tous seuls…

Arrêt à un magasin de papyrus. Cette fois, au moins, on nous explique un peu comment on fait le papyrus… Les enfants ont été super pendant le voyage, ils méritent bien les papyrus que nous leur achetons…DSC01198.JPG

Ensuite retour à l’hôtel du premier soir au milieu des bouchon. Je joue aux colons de Catane avec Amos ce qui m’évite de me rendormir. A l’hôtel, mauvaise surprise : le porteur attend visiblement un pourboire et fait la gueule devant nos 50 centimes d’euro (pourtant le double du pourboire indiqué par Jean Paul) J’aurai l’explication le lendemain (c'est-à-dire aujourd’hui) : les porteurs ne savaient pas que leurs pourboires étaient versés par l’agence. « Ils sont vraiment cons des fois, ça fait des années que je viens et c’est toujours le même système… » Il est 8h40, cela fait une heure que nous roulons et nous sortons tout juste du Caire. Je pense que les égyptologues se sont plantés : les longues files de personnages qu’ils ont pris pour des processions étaient en fait les bouchons de l’époque…

Au moins, mes prochaines notes concerneront la journée d’aujourd’hui…

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Walk like an Egyptian (8)

9 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0000830 Octobre

5h30

Décidément, je n’arrive pas à écrire le soir. Heureusement que je n’arrive pas non plus à dormir le matin….

Hier, départ à 7h pour les nécropoles. Nous passons à l’ouest du Nil. « Parce que le Nil coule vers le nord et que vers la droite, c’est la vie et vers la gauche c’est la mort ». Je me demande si Aischa fait de la politique…

Un premier arrêt à la vallée des Reines. Les rois et leurs épouses faisaient tombeaux à part (forcément l’éternité à deux, c’est long surtout vers la fin). En fait de tombeaux de reines, nous n’avons vu que celui de Titi (épouse de Rô-Min-Het, (pas pu m’en empêcher)), qui est très endommagé. L’intérêt est plutôt dans les tombeaux de deux fils de pharaon mort avant leur puberté. En effet l’enfant non pubère était alors considéré comme ayant besoin de la protection de sa mère jusque dans l’au-delà. Il y a quelque chose d’émouvant dans ces deux jeunes princes qui s’avancent dans le séjour des morts sous la protection de leur père.

Après les reines, nous passons à la vallée des artisans. C’est presque vexant, aucun vendeur n’est là à la sortie du bus… Pendant qu’ils travaillaient aux tombeaux des rois et des reines, les artisans étaient cloîtrés dans des villages, à côté de ces vallées, et pendant leur temps libre, ils mettaient en pratique leur art pour construire leurs propres tombeaux. Les deux tombes que nous visitons nous montrent des couples (tombe à part, c’est bon pour les pharaons) et surtout la vie quotidienne (alors que les pharaons se concentrent sur la mythologie). Les sous titres idiots que nous nous amusons à donner aux fresques ne dissimulent absolument pas notre émerveillement devant la richesse des scènes et la finesse des traits…

Ensuite, direction la vallée es Nobles. Ici, une seule tombe mais riche en histoire et enseignement puisqu’elle appartenait à un ministre d’Amenophis IV alias Akhenaton. Du coup, non seulement le tombeau présente deux styles différents mais Akhenaton ayant déplacé sa capitale, il est resté inachevé.

Ainsi, on peut voir le quadrillage qui permettait aux peintres et aux tailleurs de respecter les dimensions qui leurs étaient imposées. On voit également la différence des styles : sous Akhenaton, l’idéalisation des personnage n’est plus de mise, et les artistes se lâchent, poussant parfois le naturalisme jusqu’à la caricature…

Au-delà des questions historiques, ce sont les détails des bas-reliefs qui me fascinent : les perruques, ciselées chacune différemment, les vêtements dont on peut nettement voir le style. Une supposition d’égyptologue de comptoir : les artistes étant tenus de respecter toujours les même proportions et les mêmes trait sur les corps et les visages ne se sont-ils pas lâchés sur les détails des parures ?

Nous terminons par la vallée des Rois en y retrouvant nos vendeurs. L’un d’entre eux s’amourache de Sophie. « Un bisou contre un papyrus ». Ce monstre de Madian suggère « Vas-y et après tu me donnes le papyrus ! » Réponse de Sophie : « Fais lui toi-même un bisou »…

Le principe de visite de la vallée des rois et le même que pour la vallée des reines : 6 ou 7 tombes sont ouvertes, vous avez le droit d’en visiter 3. En effet,  il serait bon que la respiration et la transpiration d’une horde de touristes ne viennent pas détruire en 50 ans ce que la sécheresse a préservé pendant des millénaires… Quelques uns prendront le supplément pour la tombe de Ramsès 6 mais Aischa nous déconseille fortement la tombe de Toutankhamon. Faut dire que c’est gonflé de demander un supplément pour la tombe qui est la plus petite de toute et qui est restée inachevée… (Ben oui, les pharaons faisaient construire leur tombeau pendant tout leur règne mais une fois qu’ils mourraient, pas question de retarder l’enterrement. Du coup, le pauvre Toutankhamon mort à l’âge de 18 ans….)

Trois tombes sont suffisantes pour occuper l’heure et quart de visite que nous avons. NousNout laissons donc les plus connaisseurs découvrir Ramsès VI et nous explorons les trois qu’Aischa nous recommande, nous amusant à reconnaître les dieux et les scènes à l’aide des nombreuses clefs que notre guide nous a données tout au long de la semaine…

Je me demande quand même comment les égyptologues ont réussi à comprendre que la déesse Nout au corps étoilé était le ciel de jour alors qu ela déesse Nout au corps parcouru par le soleil était le ciel de nuit. Peut être tout simplement parce que l’histoire de Nout avalant le ciel tous les soirs et l’accouchant tous les matin était racontée dans les papyrus. Peut-être encore est-ce une question d’orientation… Une autre question m’intrigue : les égyptiens momifient leurs corps pour que leur Bâ (disons âme) puissent retrouver celui-ci en bon état lors de la résurrection. D’un autre côté, cette résurrection a lieu dans un corps idéalisé, dans un monde idéalisé. Ce monde idéal est il un monde céleste ou notre monde ? Bref, toujours le même problème quand on donne trop de détail sur l’au-delà, chaque réponse soulève une nouvelle difficulté…

Et puis nous avons droit à une petite séquence aventure, alors que nous visitons notre première tombe, toutes les lumières s’éteignent. Je m’attends à entendre Amonbofis s’esclaffer « Ce tombeau sera votre tombeau, français ! » Mais le générateur se relance et les lumières se rallument.

En tout cas, c’est sympa de voir ces tombeaux après trois jours de temples. Toutes ces couleurs, c’est tout de suite plus gai ! Bien sûr, je plaisante. Les temples étaient aussi colorés que les tombeaux,  c’est juste que l’enfouissement et la sécheresse ont préservé les peintures des seconds… Mais cet anachronisme ne fait que souligner l’optimisme des égyptiens à propos de l’au-delà, un optimisme qui ne gagnera Israël que par l’intermédiaire des grecs.

 

Afin de permettre à ceux qui le souhaitent d’aller au musée, Jean Paul s’arrange pour que nous DSC01134prenions un raccourcis à travers le Nil : le bus nous dépose à l’embarcadère et c’est un bateau qui nous amènera à notre bateau. Déjeuner au lance-pierre (l’avantage des buffets) puis un petit groupe, accompagné des djeunz part visiter le musée de Louxor. Un petit musée finalement mais bien mis en valeur avec de très belles pièces. Et surtout, comme me le fait remarquer Laurence, du mobilier, absent jusqu’ici mais qui humanise toutes ces pierres.

Notre petit groupe rejoint ensuite le gros de la troupe pour une ballade en bateau vers une bananeraie/briqueterie. C’est une initiative de Jean Paul qui trouve que tous ces cailloux, c’est bien gentil mais fatiguant à la longue, et qui est ravi de nous montrer l’Egypte d’aujourd’hui. C’est vrai que c’est une pause salutaire, entourés de verdure, de gens sympas, loin de tout harcèlement commercial. Le paysan dont Laurence photographie les ânes pour me faire plaisir, pose et fait le pitre avant de repartir à son travail tout sourire sans nous demander aucun backshish. Nous découvrons la culture de la banane, la fabrication des briques, goûtons à la canne à sucre et sirotons qui un jus de citron, qui un jus de goyave avant que le propriétaire du bar nous invite à aller admirer le coucher de soleil en terrasse…

Je me demande si le groupe de jeunes filles voilées qui vient d’envahir, en prenant moulte photos, le restaurant avant que nous le quittions sont des touristes égyptiennes. En tout cas, une fois de plus, si nous ne pouvons que constater l’omniprésence du voile, nous devons également voir qu’il n’empêche absolument pas la coquetterie.

De retour au bateau, je bois une bière avec Jean Paul avant de me lancer dans une nouvelle étude (décidément, j’ai bien fait de les rendre optionnelles, une fois de plus tout le monde est là ou presque pour m’entendre parler de l’influence des mythes égyptiens sur la théologie chrétienne).

Puis, nous retrouvons la cohue d’un embarquement en train : le chauffeur qui engueule un des porteurs parce qu’il a claqué la porte de la soute trop fort, quelques commerçants qui viennent nous proposer des jeux de carte (une nouveauté sans doute due au contexte quai de gare). JeDSC01142 continue à bien aimer le train de nuit mais c’est vrai que ma cellule monastique me change du luxe du bateau (et encore, une fois de plus j’ai la mienne pour moi tout seul). En principe, le service doit nous réveiller une heure avant l’arrivée à Gizah (« mais pourquoi vous autres, français remplacez vous nos « a » par des « e » ?») pou nous réveiller et nous proposer un petit déjeuner. Il est 7h15 et il vient juste de passer. Seulement une heure de retard, ça devrait aller…

Je suis content, j’ai rattrapé tout mon retard, si j’écris ce soir, ce sera pour vous parler d’aujourd’hui…

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Walk like an Egyptian (7)

8 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0019729 octobre

6h

Jean Paul est venu m’interrompre, hier matin, alors que j’écrivais sur le pont supérieur. Tant mieux pour vous j’ai abrégé mon récit (mais je vous raconterai la rencontre d’avant-hier avec les vendeurs de l’écluse d’Edna plus tard.). Tant mieux pour moi, car c’est passionnant de l’entendre raconter l’Egypte au quotidien, ce qu’il a vécu lors de la révolution, loin du Caire, puis pester contre l’incapacité de beaucoup d’égyptiens qui vivent du tourisme à comprendre que les petites arnaques sont à long terme mauvaises pour les affaires (si les touristes sont la poule aux œufs d’or, ce serait intelligent de ne pas la décourager), avec une mention spéciale pour les caléchiers qu’il ne veut même plus faire travailler. A travers ses anecdotes, plus ou moins positives, transparaît chaque instant son amour pour ce pays et ses habitants, pour son métier aussi. Là encore, c’est tellement loin des médias et des clichés, loin de l’idéalisme également…

Après cette discussion matinale, petit déjeuner et visites de Karnak et de Louxor. Toujours ce même gigantisme, toujours cette mégalomanie qui illustreront bien le petit exposé de l’après midi sur pharaon comme représentant du pouvoir royal concurrent du pouvoir divin…

Que dire sur Karnak que tout le monde ne lirait pas dans n’importe quel bouquin ? En fait, je me rappelle surtout de deux détails : Ramsès II qui s’était fait une spécialité de faucher les monument des autres en effaçant leur cartouche par le sien craignait tellement de subir la même chose qu’il faisait graver son cartouche plus profondément que les autres bas-reliefs (oui, le martelage n’est pas seulement le fait des chrétiens ou des musulmans, tels des dirigeants staliniens, les rois d’Egypte n’hésitaient pas à effacer la mémoire de leur prédécesseurs quand ceux-ci leurs déplaisaient. Tiens d’ailleurs je vais faire pareil : je vais biffer le nom d’Alain Houziaux de nos registre à chaque fois que je serai pas d’accord avec un de ses articles… )

Autre détail, l’écriture hiéroglyphique fait passer l’esthétique avant l’orthographe : ainsi un hieroglyphe peut-il être déplacé à l’intérieur d’un mot pour remplir un blanc. Les personnages du cartouche de Ramsès II, debout dans le temple d’Abou Simbel sont assis à Karnak et n’en déplaise à Aïscha, il ne s’agit pas d’une question de cartouche horizontal ou vertical : ils étaient debout dans tous les cartouches d’Abou Simbel, ils sont assis dans tous les cartouches de Karnak (verticaux ou horizontaux)

Louxor, à part l’allée des sphinx, j’ai moins aimé. Peut-être que je commence à saturer, et puisDSC00098 les salles démontées et remontées pour être repeintes par les romains, c’est rigolo, mais bon. Peut-être aussi que ce qui me gêne le plus, ce sont les hauts-parleurs de la mosquée du temple de Louxor qui déversent le prêche de l’Imam dans nos oreilles. Nous ne comprenons pas l’arabe mais la rugosité  de la langue et le ton du discours donnent vraiment l’impression de quelque chose de menaçant… J’espère que c’est une impression qui n’est dûe qu’à la barrière linguistique. En tout cas, ça agace Aischa « pourquoi, font-ils ça ? Les gens qui veulent écouter, ils sont dans la mosquée… »

L’après midi est libre. Etude biblique puis pause bissap (ici, on dit carcadet)

 pour l’anniversaire de Louis. Une petite tentative pour trouver tous seuls (avec Laurence et mes parents) un bureau de change. C’est vrai que les calèchiers ne sont pas très malins dans leur roublardise : tous nous indiquent le souk dans une direction différente (en fait, nous découvrirons qu’il est à deux pas en face de nous, mais ce n’est pas là que nous allons) Toujours est-il que même si nous avions eu envie de prendre une calèche, cette malhonnêteté évidente, nous en aurait vite dissuadés…

Retour bredouille au bateau. Nous repartirons deux heures plus tard avec Jean paul qui orientera les groupes qui vers le souk, qui vers une boutique de commerce équitable, qui vers le musée. Pas de chance, notre groupe se casse les dents au musée qui, contrairement à ce qui est indiqué dans les guide, ferme à 15h. Avec un peu de chance, nous irons le lendemain (c'est-à-dire tout à l’heure (vous arrivez à suivre ?)), si nous sortons des nécropoles assez tôt…

 

18h

Je reprend mon récit de la journée d’hier. Celle d’aujourd’hui est bien remplie mais je devrais avoir du temps dans le train…

DSC00200Donc refoulés au musée, nous nous dirigeons vers la boutique de commerce équitable et puisque nous sommes à côté, ce serait dommage de ne pas faire un passage au souk. Là, ça ne m’enchante pas vraiment, j’aime pas beaucoup les marchés en général, et même si je suis passablement épargné par les vendeurs (je suis plus grand que l’égyptien moyen et je dois avoir l’air antipathique), je suis très mal à l’aise face à la sollicitation constante. Mais si la sortie du bateau est franchement pénible, le souk est correct (forcément m’informera Jean Paul, le souk ce sont des commerçant, à la sortie du bateau c’est les petits voyons des rues). Visiblement, les égyptiens ont été informés par des compatriotes « Français fauchés, Sarkozy garde les sous »..

D’ailleurs c’est peut-être le moment de dire un mot sur ces sollicitations constantes, parce que je n’aime pas ça, mais il y a quand même des trucs rigolos et que ça fait partie du voyage.

D’abord un commerce dont je n’avais pas idée : les changeurs de monnaie qui demandent des billets (en euro) contre des pièces (en principe d’euro, mais il faut être prudent ! la pièce d’une livre égyptienne ressemble à s’y méprendre à notre pièce de deux euros). En effet, les banques ne reprennent pas les pièces et les touristes ont toujours besoin de mitraille pour payer les mer… babioles folkloriques qu’on nous propose constamment. On pourrait se demander pourquoi ils ne se contentent pas de rendre la monnaie pour se débarrasser de leurs pièces mais c’est comme ça, le fond de caisse n’est pas entré dans les mœurs.

Tout aussi folklorique, les petites roublardises auquel le touriste pompe à fric doit s’attendre :

-          le prix d’appel. Tout est toujours à un euro (parfois « gratuit »), jusqu’à la caisse. Mais si on s’arrête, si on prend (ou si on se laisse mettre dans la main), le prix monte très vite.

-          Le détournement : Tous les sites nous font toujours sortir par l’allée des commerces (ce qui n’est pas vraiment dépaysant pour un habitué des sites français) mais certains vont plus loin : un très beau panneau « Exit » bleu roi, bien plus visible que le panneau officiel, nous conduit tout droit dans un magasin à la sortie du temple d’Edfou…

-          L’amitié : « Monsieur, Bonjour ! Comment ça va ? Je t’ai vu, je travaille sur le bateau : la cuisine est bonne ? » Ne perdez pas votre temps à demander le nom du bateau, vous entendrez la phrase au moins trois fois en deux minutes….

-          Plus désagréable : la poignée de main ou l’accolade qui devient une étreinte dont on a beaucoup de mal à se dégager. Madian en fera les frais ainsi que, et c’est plus embêtant, Yaël. Depuis j’ai beaucoup de mal à lui dire qu’elle ne doit pas être terrifiée par tous les égyptiens qu’elle croise.

-          - Encore plus grave : par deux fois au moins, des sacs sont ouverts dans notre groupe. Rien de volé heureusement, mais Jean Paul fulmine : c’est vraiment un phénomène nouveau en Egypte, en partie parce qu’il n’y a plus de police…DSC00005

Retour du souk, l’anniversaire de Louis nous vaut les tambours pendant le repas, ainsi qu’une farandole (beurk, décidément après le souk, c’est ma soirée) et un gateau (miam). Enfin une soirée orientale suit. Mais l’associal fatigué que je suis redoute un spectacle participatif et se réfugie dans sa chambre. Bon j’ai raté un numéro quelconque de danse du ventre et le danseur/jongleur tournoyant qui était impressionnant. Tant pis.

En tout cas, malgré les petits coups de fatigue et quelques accidents d’intendance (sacs oubliés dans le bus), je suis ravi de l’atmosphère générale du groupe.

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Walk like an Egyptian (6)

7 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC01042.JPG28/10

6h

La partie bateau de notre voyage s’annonce bien être la partie la plus reposante : beaucoup de temps libre. Du coup, entre deux temples, petit vent de fronde contre Aïscha qui a un peu trop tendance à nous vendre des options, des bijoux etc. C’est vrai que la période est difficile pour les égyptiens qui vivent du tourisme (et que, comme Jean Paul me l’apprendra plus tard, un excellent guide qui ne vendrait rien ne trouverait pas de boulot auprès des tour operator locaux) mais il vaudrait mieux qu’elle pose les choses clairement et que, quand elle nous propose de voir Louxor autrement que par les quartiers touristique, on ne découvre pas qu’elle essaye en fait de nous vendre une promenade en calèche. Finalement, c’est au temple d’Edfu que nous nous rendrons en calèches. Personnellement, c’est surtout le côté syncrétiste d’Aischa qui m’agace un peu. Mais bon, rien de cela ne nous fera oublier son érudition…

Hier matin donc, le bateau a accosté au double temple de Kom Ombo, consacré aux triades de Sobek et de Horus l’ancien (pas Horus fils d’Osiris mais Horus frère d’Osiris, l’oncle Horus quoi…) Les triades ça n’a rien à voir avec les sociétés secrètes chinoises, c’est que les dieux égyptiens marchent par cellules familiales : le père, la mère et le fils. (un ancêtre de la trinité, peut-être lointain…)

Double temple, cela veut dire double sanctuaire (of course), double entrée (pourquoi pas) mais aussi double murs d’enceinte (deux en pierres, deux en briques). Quand les dieux partagent, c’est plus du « chacun le sien » que du « un pour deux »… Intéressante reproduction des instruments de chirurgie de l’époque aux côté d’un Imhotep devenu dieu de la médecine, quelques instants de lamentation pour Sobek, pauvre dieu-crocodile enfermé dans un puis de 3 mètres de diamètre…

Mais c’est la découverte du dieu Hapi (you know what ? I am theEte-et-Egypte-2011-131.jpg god of the Nile) au bas de chaque bas-relief avec son ventre ballonné et son sein nourricier qui m’intéresse le plus : une bonne introduction pour l’exposé biblique qui suivra dans l’après midi: Le Nil et la Bible avec une conclusion sur Esaïe : Le Seigneur nous tient lieu de Nils (Esaïe 33, 21)

Après l’étude biblique de l’après-midi, fouette cocher et en route pour le temple d’Edfu. En calèche donc, et en se balladant dans la ville. Quelques scènes de vie quotidiennes (moins que dans le train quand même) et à part quelques « hello » d’enfants, les habitants semblent plutôt blasés : pas beaucoup de regards de la part de ceux que nous croisons, à part celui, mi-timide, mi-amusé d’une jeune fille non voilée. Pourtant, elle n’a pas l’air trop jeune, peut-être une résistante à la pression sociale…

Le temple d’Edfu, c’est le temple d’Horus (pas l’oncle) (avec son épouse Hathor et son fils, le dieu enfant « dont il est inutile de se rappeler le nom ») et son célèbre faucon noir (en fait, il y en a deux, mais le deuxième est cassé). Un temple qui a été occupé un moment par les chrétiens qui fuyaient les persécutions romaines : plafond noirci de fumée, quelques bas reliefs martelés. Chose amusante, je remarque que sur le mur extérieur qui nous raconte la geste d’Horus pourchassant Seth qui s’enfuit sous forme de crocodile et d’hippopotame, les hiéroglyphes de faucon ont systématiquement été martelés. Je devine que les premiers chrétiens ont bien repéré à qui le temple était originellement dédié. Peut-être était-ce une DSC01080.JPGcorvée pour les disciples inattentifs : « tu iras me marteler une dizaine de faucon ». En jouant les égyptologues de comptoir, je me demande quand même s’il ne s’agissait pas d’effacer le nom d’Horus comme héros d’une histoire  de la victoire du bien sur le mal. Après tout, un dieu qui triomphe du leviathan (version biblique et mythique du crocodile) et du béhémoth (version biblique et mythique de l’hippopotame), ça peut facilement être réemployé à des fins apologétiques… Mais bon, ça demanderait quand même une vérification sérieuse…

Un vrai coup de spleen en soirée, en écrivant à ceux qui ont dû annuler leur voyage. Je pense à eux chaque jour, à chaque nouveau paysage, mais hier, je les ai vu dans le groupe. S’ils ont le courage de me lire, qu’ils sachent à quel point ces pages leurs sont dédiées.

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Walk like an egyptian (5)

6 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC00122.JPG27 octobre

6h25 Sur le Nil
Magie de voyage. Je suis tiré de mon sommeil, les yeux encore fermés, je me dis que je n'entends pas les machines et qu'il ne doit pas être 4 h. En ouvrant les paupières, je vois que le soleil à envahi notre cabine malgré les rideaux. Nous naviguons sur le Nil. Je résiste à la tentation de réveiller ma grande épouse royale (oui, je commence à attraper des tics harmoniques), j'attrape mon cahier de note et je monte sur le pont pour écrire ces mots. Au passage, j'oublie de prendre un stylo, ce qui me contraint de noter ces lignes sur mon portable : cela réduit quand même beaucoup le charme .
Hier après midi, traversée d'une carrière de granit d'Assouan avec son monolithe inachevé. Difficile d'imaginerce qui se passe dans la tête des ouvriers (conEte-et-Egypte-2011-275.jpgtrairement à la légende, pas d'esclaves sur les chantiers égyptiens), qui voient se fissurer la masse colossale de granit (42 mètres de long et 1200 tonnes de granit rose) dont ils venaient d'extraire trois des quatre côtés. Les obélisques qui vont toujours par deux sont un symbole solaire.

A la sortie, un vendeur apprend que quand on annonce à ma comptable d’épouse 10 pour 1 euro, c’est pas 8 pour 2 euros… Bien essayé !
Puis le temple de Philae, un autre temple sauvé du Nil, un temple grec, cette fois. On les reconnaît à leurs chapiteaux composites, plus chargés que les chapiteaux égyptiens. (Aischa nous explique en effet que les temples égyptiens sont à l'image du monde : le plafond est le ciel, le sol, la terre (ou plutôt, l’élément liquide) et les colonnes sont ce qu'il y a entre les deux : la végétation, avec des racines en bas et des feuilles en haut). En plus d'être grec (mais dédié à Isis : les Ptolémée ont adopté la religion et le mode de vie égyptiens), Philae est un temple désaxé. C'est à dire qu'à la mégalomanie, s'ajoute un sérieux complexe d'Oedipe si l'on en juge par les frises du roi adulte en train de téter Isis… N'importe quoi ! Philae est un temple désaxé parce que son sanctuaire n'est pas dans l'axe de la porte, construction sur une île oblige. Quand les italiens ont déplacé le temple, ils ont commencé par donner à une île la forme exacte de celle de Philae pour garder au temple son désaxement

Pendant notre visite du temple, je vois deux guides égyptienne non voilées, j’interroge donc Jean Paul. Le voile n’est pas une obligation en Egypte. Le doyen de l’université coranique du Caire y a même fait interdire le niqab. Mais il y a malgré tout une pression de plus en plus forte pour le port du voile simple, une pression qui ne vient pas toujours des hommes. Jean Paul me raconte l’histoire d’un de ses copains désespéré parce que son épouse à décidé de porter la cagoule…
La fabrique de coton où nous amène Aischa n'est qu'un bête magasin de fringues, pas facile à visiter quand on se met àEte-et-Egypte-2011-280.jpg saigner du nez... Des t-shirt pour la famille puis direction ce bateau où je me réveille. 

Hier soir, panique à bord pour la famille George : une des bagues d'amos s'est décollée et nous voilà obliger de chercher une pince coupante pour nous débarrasser du fil de fer qui se promène dans sa bouche. Comment dit on "pince coupante" en anglais ? Laurence ira jusqu'à fouiller la salle des machines pour trouver son bonheur et un mécanicien s'improvisera dentiste... Ce qui s'appelle faire avec les moyens du bord...

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Walk like an Egyptian (4)

5 Novembre 2011 , Rédigé par Eric George Publié dans #Carnets de voyage

DSC0017926 octobre

4h Entre Assouan et Abou Simbel

La journée d’hier a été plutôt calme. On ne saura pas si le gamin qui a collé sa petite sœur dans les bras de Laurence à la gare était fier de nous montrer son anglais ou s’il voulait une pièce. En tout cas, l’attirail des enfants : lunettes ou appareil dentaire l’intriguait beaucoup…

Après le train, un peu de bus pour aller prendre un bateau histoire d’aller manger dans un restaurant Nubien. Cette fois, j’évite de m’installer à une table George, cela me permet de payer une partie de mes dettes. L’éternel anxieux que je suis avais promis un café si on arrivait avec trop d’avance à l’aéroport à Paris…

Après le déjeuner et une fois la monnaie rendue - ce qui est toujours problématiques, les égyptiens ne sont pas plus malhonnêtes que les autres mais ils ne connaissent pas le fond de caisse et n’ont jamais la monnaie – petite ballade en bateau sur le Nil (un bonus qu’Aischa nous a fortement incités à prendre). C’est vrai que c’est magnifique et que c’est une vraie respiration. Mais jouons les ronchons de service : avec le bruit permanent du moteur, c’est difficile de qualifier la ballade de reposante…

Beaucoup d’oiseaux, quelques jolies scènes de la vie sur le Nil, un bétonnage pas toujoursDSC00111 heureux aussi (la palme à la tour de ce restaurant panoramique : c’est sans doute un argument de poids : « si vous ne voulez pas la voir : mangez dedans ! ». Et en plus nous découvrirons en soirée qu’elle change de couleur pendant la nuit. Kitchissime. !) Un jeune pagaye jusqu’à nous sur une planche pour s’accrocher au bateau et  nous chanter des chansons en français. Il sera déçu, nous sommes surtout passionnés par les oiseaux (dont j’ai bien sûr oublié tous les noms) et par Aischa qui nous raconte les barrages. La technologie est venue remplacer la religion pour domestiquer le dieu Nil. Mais tout n’est pas encore au point : si l’eau est canalisée, le limon fertile, lui, est perdu et la dessalinisation par le Nil interrompue…

En fin d’après midi, je prends le risque de proposer un premier exposé biblique alors que la concurrence est rude : piscine de l’hôtel et ballade dans Assouan. Pourtant tout le monde (excepté les enfants) sera là pour écouter une introduction embrouillée sur le réel et le vrai, l’histoire et la Bible. Décidément, je ne suis pas un bon avocat de l’historico-critique… Les prochains exposés seront plus faciles (si je n’ai pas découragé tout le monde. Si c’est le cas, je prendrai des vacances, je tiens beaucoup à ce que les études bibliques restent facultatives)

Ce matin, pour 19 d’entre nous, lever à 3h et départ pour Abou Simbel. C’est dans le car que j’écris ces lignes et si j’arrive à me relire, ça tiendra du miracle (note du secrétaire : halleluïa !), un car qui a bien failli ne pas partir pour cause de grêve de la police. « Vous avez l’habitude, mais pour nous, c’est nouveau » plaisante Aischa. Oui, depuis longtemps les départs se font en convois : 60 bus qui partent en même temps (180 quand en saison normale) escortés par la police (enfin escortés, c’est un grand mot, un policier dans chaque car (ou bien juste en tête et en queue du convoi), interdiction de doubler pour le car qui ferme le convoi, c'est-à-dire le notre : nous avons le car le moins remplis donc le dernier afin qu’il puisse ramasser les éventuels délaissés par une panne mécanique.

Mais ce qui me frappe surtout, c’est le désert dans lequel nous nous retrouvons après nous être éloignés d’à peine 5km du Nil.

 

10h10

Fin de la visite d’Abou Simbel. Effectivement, il aurait été dommage de rater cela. J’imagine quand mê me la tête des architectes de Ramsès II quand celui-ci se levait en leur disant « Eh les gars, j’ai une idée : on va prendre cette falaise de granit pour y creuser un temple ! En plus on va s’arranger pour DSC00177que le soleil frappe 2 fois par ans, 3 des 4 statues qui sont au fond du temple. Allez, au boulot ! Et tant que vous y serez, vous en ferez un plus petit pour mon épouse. »

D’un autre côté, quand l’UNESCO décide de faire des devis pour déplacer ces temples afin de leur éviter l’engloutissement (construction du haut barrage…), ça doit être pas mal non plus.

Je pense que nous serons encore confrontés à la mégalomanie des pharaons, en particulier à celle de Ramsès II. Si j’ai bien compris, Aischa est en train de nous expliquer comment elle compte expédier les visites de cet après midi (temple de Philae, obélisque inachevée et Haut barrage) pour que nous ayons le temps de visiter une fabrique de coton. Première halte commerciale en vue…

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