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Articles avec #citations tag

Science et religion

17 Mars 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

mgould.jpgIl n'est pas vrai que la science et la religion doivent s’affronter- il s'agit de deux sphères parmi les plus séparées de celles qui émanent des besoins psychiques humains. La lutte titanesque existe, a toujours existé et existera toujours entre le questionnement et l'autorité, la libre recherche et le dogme figé - mais les institutions représentant ces pôles ne sont pas la science et la religion. Ce type de lutte se présente au sein de chaque domaine et non entre eux. L'éthique générale de la science favorise une plus grande ouverture d'esprit par rapport à la nouveauté ; mais nous avons néanmoins nos fossiles, et ils sont souvent en position de grand pouvoir. L'institution religieuse en tant que partie prenante du pouvoir étatique, comme cela a souvent été le cas dans l'histoire, a tendu à défendre des positions rigides - mais il y a eu aussi des cas où des doctrines religieuses ont été à l'avant-garde des révolutions sociales (...) La lutte qui oppose la libre quête à l'autorité est si centrale, si universelle, que nous avons besoin de l'appui de tout le monde, de tous bords. Les scientifiques qui recherchent doivent se joindre aux théologien qui questionnent, si nous voulons préserver le plus fragile de tous les roseaux : la liberté elle-même. Si les scientifiques perdent leurs alliés naturels en désignant des institutions entières comme ennemis, au lieu de chercher la solidarité avec des âmes soeurs engagées dans d'autres voies, alors leur propre lutte n'en sera que plus difficile.

S. Jay Gould : La foire aux dinosaures.

La citation de Jay Gould s'inscrit clairement dans le contexte de la lutte entre créationnistes et évolutionnistes, mais je crois qu'elle est bien plus largement vraie.

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Les mercredis de Calvin (52) : Calvin et l' "épître de paille"

6 Janvier 2010 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin40.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Oui, je sais, l’année Calvin est finie mais pour cause de vacances, j’avais raté le dernier mercredi (je devrais en être à 53, j’ai dû me tromper dans la numérotation, je ne pense pas en avoir manqué d’autres)

Abraham notre Père n’a-t-il point été justifié par les œuvres, quand il offrit son fils Isaac sur l’autel ?

Les sophistes empoignent  ce mot justifier ; et sur cela, comme s’ils avaient gagné la bataille, ils crient qu’une partie de la justice des hommes consiste ès œuvres. Mais il fallait tirer de la circonstance du passage la vraie interprétation. Or nous avons dit que saint Jacques ne traite point ici d’où ou comment les hommes obtiennent justice (comme il est manifeste à un chacun) mais que son intention est seulement de montrer que les bonnes œuvres sont toujours conjointes avec la foi. Parquoi quand il dit qu’Abraham a été justifié par la foi, il parle de l’approbation de justice. Quand donc les sophistes opposent saint Jacques à saint Paul, ils s’abusent en l’ambiguïté de la signification du mot. Car quand saint Paul enseigne que nous sommes justifiés par foi, il ne signifie pas autre chose, sinon que nous obtenons ceci que nous sommes réputé justes devant Dieu. Mais saint Jacques regarde bien à un autre but, à savoir que celui qui se dit être fidèle démontre par ses œuvres que sa foi est vraie. Il est certain que saint Jacques n’a point voulu enseigne où doit reposer la confiance de salut, qui est le seul point sur lequel saint Paul insiste. Afin donc que nous ne méprenions pas en ce qui a abusé les sophistes, il faut noter cette ambiguïté ou diversité de significations, à savoir que ce mot justification en saint Paul signifie une imputation gratuite de justice devant le siège judicial de Dieu ; et en saint Jacques, c’est une déclaration ou approbation de justice par les œuvres ou effets, et ce devant les hommes, comme on peut le recueillir de ces paroles précédentes « Montre-moi ta foi, etc. ». En ce sens, nous confessons sans contredit que l’homme est justifié par œuvres. Comme qui dirait d’un homme lequel aura acheté un héritage de grand prix et de bon revenu qu’il est devenu riche ;  d’autant que ses richesses, qui, étant enclose en son coffre, étaient inconnues, ont été mises en évidence.

Commentaire sur l’Epître de saint Jacques, 2

 

Si Luther avait repoussé les objections tirées de l’épître de Jacques en la qualifiant d’épître de paille. Calvin, quant à lui, préfère réfuter l’interprétation qui oppose le salut par les œuvres de Jacques au salut par la foi de Paul. Pour lui, Jacques rappelle simplement une vérité essentielle, une foi qui ne produit pas d’œuvre, est une foi morte, bref, n’est pas la foi.

Et j’aime la rigueur de la méthode d’étude de Calvin : il ne fait pas appel aux allégories ou au métaphore, il prend le texte dans son ensemble, interprétant un verset à travers son contexte : de quoi parle Jacques, il parle de ceux qui prétendent avoir la foi, la foi sans œuvre qu’il dénonce n’est donc pas la foi. Jacques ne peut donc pas être cité pour opposer salut par les œuvres et salut par la foi. Tout simplement.

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Les mercredis de Calvin (51) Un cri pour préserver la foi

23 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votreserviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Nous voyons donc de quelle source est procédée cette exclamation : MON DIEU MON DIEU, et semblablement cette complainte qui suit immédiatement : POURQUOI M’AS-TU LAISSE ? Car lorsque la véhémence de la douleur et l’infirmité de la chair lui tiraient cette parole : Hélas, je suis délaissé de Dieu, de peur qu’étant en telle angoisse, il ne vint à défaillir, la foi lui met une correction en la bouchement tellement qu’il appelle assurément son Dieu celui duquel il pense être abandonné. Même nous voyons qu’il a donné le premier lieu à la foi : car avant qu’il se donne congé d’entrer en cette complainte, pour prévenir il proclame en premier lieu que c’est néanmoins en son Dieu qu’il a son refuge. Et certes, d’autant que si tôt que les affections de notre chair viennent à s’émouvoir, on ne les peut aisément retenir, même nous font sortir hors des bornes de raison, il est bon de les réprimer dès le beau commencement.

Par ainsi, David a gardé bon ordre, opposant sa foi à sa douleur, et modérant par une sainte invocation la grandeur des maux qu’il déplore ensuite. Car s’il eût dit simplement et précisément : Seigneur, pourquoi m’as-tu abandonné ? , il eût semblé par une complainte si amère murmurer contre Dieu, même il y eu un bien grand danger que quelque amertume excessive de douleur eût infesté son cœur. Mais faisant à l’encontre d’un tel murmure un rempart de sa foi, il tient tous ses sens en bride, à ce qu’ils ne débordent point outre mesure.

Et cette répétition n’est pas superflue, quand il appelle deux fois son Dieu ; et même un peu après, il répète les mêmes mots pour la troisième fois. Car d’autant que le combat est rude et difficile avec cette espèce de tentation, quand Dieu, comme s’il avait quitté tout soin de nous, passe par-dessus nos misères et gémissements comme ne les voyant pas, voilà pourquoi David insiste davantage à chercher confirmation. Car la foi ne gagne pas la bataille dès la première rencontre, mais après maints coups rués, et avoir été agitée en diverses sortes, enfin elle sort victorieuse.

Cependant, je ne dis pas que David ait été si vaillant et courageux champion que sa foi n’ait été ébranlée. Car quoi que les fidèles fassent tous leurs efforts de dompter leurs affections charnelles pour s’assujettir et dédier totalement à Dieu, néanmoins il y a toujours de l’infirmité en eux. Voilà d’où procède ce clochement de Jacob dont il ets fait mention en Moïse : car bien qu’il gagna le combat, néanmoins il porta toujours la marque de son défaut vicieux. Par tels exemples, Dieu incite les siens à persévérance, de peur que touchés du sentiment de leur infirmité, ils ne viennent à perdre courage. Voici la mesure qu’il nous convient de tenir, que toutes les fois que notre chair se révolte et comme une tempête impétueuse nous transporte à impatience, qu’au contraire nous tenions bon contre elle, et que nous prenions peine d’empêcher ses efforts. En ce faisait, il est bien vrai que nous serons agités et tourmentés, mais néanmoins la foi ne sera pas noyée, mais sera toujours préservée du naufrage.

Commentaire sur le Psaume 22

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Les mercredis de Calvin (50) Une Loi au-dessus des lois

16 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin14.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Nous commencerons donc par la loi morale. Elle contient deux articles, dont l’un nous commande de simplement honorer Dieu par pure foi et piété, et l’autre d’être conjoints à notre prochain par vrai amour ; pour cette cause elle est la vraie et éternelle règle de justice, ordonnée à tous les hommes en quelque pays qu’ils soient, ou en quelque temps qu’ils vivent, s’ils veulent régler leur vie selon la volonté de Dieu . Car c’est sa volonté éternelle et immuable, qu’il soit honoré de nous tous, et que nous nous aimions mutuellement les uns les autres.

La loi cérémonielle a été une pédagogie des Juifs, c'est-à-dire doctrine puérile, qu’il a plu à notre Seigneur de donner à ce peuple-là comme une éducation de son enfance, jusqu’à ce que le temps de la plénitude vînt, dans lequel il manifestât les choses qui étaient alors figurées en ombre (Gal III, 24 IV, 4)

La loi judiciaire qui leur était baillée pour police, leur enseignait certaines règles de justice et d’équité pour vivre paisiblement ensemble, sans faire nuisance les uns aux autres.

Or, comme l’éducation des cérémonies appartenait à la doctrine de piété, qui est le premier point de la loi morale – bien qu’elle nourrît l’Eglise judaïque en la révérence de Dieu – toutefois elle était distincte de la vraie piété ; aussi pareillement, bien que leur loi judiciaire ne tendit à d’autre fin que la conservation de cette même charité qui est commandée en la Loi de Dieu, toutefois elle avait sa propriété distincte, qui n’était pas contenue sous le commandement de charité. Comme donc les cérémonies ont été abrogées, al vraie religion et piété demeurant en son entier ; aussi lesdites lois judiciaires peuvent être cassées et abolies sans violer aucunement le devoir de charité. Or, si cela est vrai – ce qui est certain – la liberté est laissée à toutes les nations de se faire de telles lois qu’elles aviseront leur être expédientes, lesquelles néanmoins soient compassées à la règle éternelle de charité, de sorte qu’ayant seulement différentes formes, elles viennent à un même but.

Institution chrétienne Livre IV §20. 15

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Les mercredis de Calvin (49) Une limite à l'obéissance

9 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

calvin19.jpgAu cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Pour conclure, il faut brièvement noter qu’il ne nous est point recommandé d’obéir à nos parents sinon en Dieu (Ephésien VI, 1), ce qui n’est point obscur par le fondement que nous avons mis ; car ils président sur nous en tant que Dieu les a élus, leur communiquant quelque portion de son honneur. Ainsi, la sujétion qui leur est rendue doit être comme un degré pour nous conduire à la révérence de lui, qui est le souverain Père. C’est pourquoi s’ils nous veulent faire transgresser sa Loi, ce n’est pas raisonnable que nous les considérions pères, mais nous doivent être lors tenus pour étrangers qui veulent nous détourner de l’obéissance de notre vrai père.

Il faut avoir un même jugement de nos princes, seigneurs et supérieurs, car ce serait une chose trop déraisonnable, que leur prééminence valût quelque chose pour abaisser la hautesse de Dieu, vu qu’elle en dépend et la doit plutôt augmenter, qu’amoindrir, confirmer que violer.

Institution chrétienne Livre II §7. 38

 

En commentant le 5eme commandement, Calvin a insisté sur le fait que l’obéissance ne tient pas à ce que nos supérieurs s’en montrent dignes ou non. En revanche, il y a bien une limite à cette obéissance. Seulement ce n’est pas nous qui la fixons en fonction de notre bon plaisir, en nous prétendant juges de ceux qui ont autorité sur nous. La limite donnée est que l’autorité ne saurait nous opposer à Dieu. Si l’on se souvient que l’amour de Dieu et du prochain sont indissociables, le discours est clair : nulle autorité ne saurait me contraindre de nuire à mon prochain, nulle autorité ne saurait m’interdire de me porter au secours de mon prochain… Une limite lourde de conséquence.

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Les mercredis de Calvin (48) A qui appartiennent les biens de l'Eglise ?

2 Décembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Il est souvent dit tant aux canons que par les anciens docteurs que tout ce que l’Eglise possède, ou en terre ou en argent, est le patrimoine des pauvres. Par suite, cette leçon y est souvent répétée aux évêques et aux diacres, que les richesses qu’ils manient ne sont pas à eux, mais destinée à la nécessité des pauvres et qu’ils seront coupables de meurtre s’ils les dissipent méchamment, ou s’il les retiennent pour eux. Ils sont admonestés de distribuer ce qui leur est confié, à ceux auquel il est dû, avec grande crainte et révérence, comme devant Dieu sans acception de personnes. De là viennent les déclarations publiques que font S. Chrysostome, S. Ambroise, S. Augustin et les autres, pour rendre témoignage au peuple de leur intégrité.

Or, d’autant que c’est chose équitable, et que Dieu l’a aussi ordonné en la Loi, que ceux qui s’emploient entièrement au service de l’Eglise soient entretenus du public ; et même qu’il y avait de ce temps-là beaucoup de prêtres qui faisaient oblation à Dieu de leurs patrimoines, se faisant pauvres volontaires : la distribution était telle, qu’on pourvoyait à la nourriture des ministres, et qu’on ne laissait point les pauvres en arrière. Cependant, il y avait bon ordre afin que les ministres, qui doivent être pour les autres un exemple de sobriété et de tempérance, n’eussent des gages excessifs pour en abuser en somptuosité et en délices, mais seulement pour s’entretenir en petit état. Pour cette cause, S. Jérôme dit, que si les clercs qui se peuvent entretenir du bien de leur maison, prennent du bien des pauvres, ils commettent un sacrilège et mangent leur condamnation.

Institution chrétienne Livre IV, §4 , 6

 

Le texte se passe de commentaire mais si on me ressort que Sola Scriptura, ça veut dire que les réformateurs n’ont tenu aucun compte ni des Pères ni de la Tradition, je mords…

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Les mercredis de Calvin (47) Le sens de la vie

25 Novembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.


Quelle est la principale fin de la vie humaine ? C’est de connaître Dieu. Parce que Dieu nous a créés et mis au monde pour être glorifié par nous. Et il est bien raisonnable que, puisqu’il est l’auteur de notre vie, nous la rapportions toute à sa gloire. Quel est le souverain bien des hommes ? Cela même. Parce que sans cela notre condition serait plus malheureuse que celle des bêtes.

Nous voyons donc par là, qu’il n’y a pas de malheur si grand que de ne pas vivre selon Dieu ? Il est vrai (…)

Quelle est a manière de le bien honorer ? C’est que nous mettions toute notre confiance en lui ; que nous le servions, en obéissant à sa volonté ; que nous l’invoquions dans toutes nos nécessités, cherchant en lui notre salut et notre bonheur ; et qu’enfin, nous reconnaissons du cœur et de la bouche que toutes sortes de bien viennent de lui seul

Catéchisme de Genève

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Les mercredis de Calvin (46) Inséparables foi et oeuvres

18 Novembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votreserviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

Nous démontrons le seul port de salut être en la miséricorde de Dieu qui nous exhibée en Jésus Christ. Car en lui seul, out ce qui appartient à notre salut est accompli. Attendu donc que tous les humains sont condamnés pécheurs devant Dieu, nous disons Christ être la seule justice ; lequel, par son obéissance, a effacé nos transgressions ; par son sacrifice l’ire de Dieu a été apaisée ; par son sang, il nous a nettoyé de toute macule ; par sa croix il a soutenu notre malédiction : par sa mort il a satisfait pour nous. En cette manière, nous disons l’homme être réconcilié à Dieu le Père par Christ ; non par mérite ou dignité de ses œuvres, mais par la bonté et clémence gratuite du Seigneur. Quand donc par foi nous embrassons Christ et venons comme en communion et participation, nous appelons cela, selon l’Ecriture, justice de foi. Qu’as-tu ici ô Sadolet, que tu puisses mordre ou reprendre ? Est-ce pour tant que nous n’attribuons rien aux œuvres ? Certes, pour la justification de l’homme, nous nions qu’elles valent non pas un poil de tête. Car l’Ecriture dit si clairement en tant de passages que tous nous sommes perdus, et personne n’est sur ce point pressé par sa conscience. Cette même Ecriture ne nous met en autre espérance, sinon en la seule bonté de Dieu par laquelle nos péchés nous sont pardonnés et justice nous est imputée. Et si dit que l’un et l’autre est don gratuit afin qu’elle déclare finalement l’homme être bienheureux sans les œuvres.

(…

Pour la justification de l’homme nous nions les bonnes œuvres avoir aucun lieu mais leur assignons leur règne en la vie des justes. Car si celui qui est justifié possède Jésus Christ  et que Christ ne soit jamais sans son Esprit, il s’ensuit nécessairement que cette justice gratuite est toujours conjointe à la régénération. Par quoi si tu veux bien comprendre comment la foi et les œuvres sont choses inséparables, regarde en Christ qui, comme dit l’Apôtre, nous a été donné en justice et sanctification. Donc quelque part que la justice de foi que nous disons gratuite est, Christ aussi y est. Et là où est Christ, l’Esprit de sanctification est présent pour régénérer l’âme en nouveauté de vie. Au contraire, où il n’y a nulle étude de sainteté et innocence, ni Christ ni son Esprit ne peuvent y être. Et là où Christ n’est point, là aussi n’est point justice ni même la foi, laquelle ne peut appréhender Christ en justice sans l’Esprit de sanctification. Vu donc que, ainsi que nous disons, Jésus Christ régénère à la vie bienheureuse ceux qu’il justifie, après qu’il les a retirés du Royaume de péché pour les mener au royaume de justice, les transfigurant en l’image de Dieu et les réformant par son Esprit à l’obéissance de sa volonté, il n’y a point d’apparence de te vouloir plaindre que par notre doctrine nous lâchons la bride aux désirs de la chair.

Epître à Sadolet

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Les mercredis de Calvin (45) Guerres légitimes ?

11 Novembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.


Attendu qu’il est quelquefois nécessaire aux rois et aux peuples d’entreprendre une guerre pour exercer cette vengeance, nous pouvons de cette raison pareillement estimer que les guerres tendant à cette fin sont légitimes. Car si la puissance leur est donnée pour conserver la tranquillité de leur pays et territoire, pour réprimer les séditions des hommes noiseux et ennemis de la paix, pour secourir ceux qui souffrent violence, pour châtier les méfaits, la pourraient-ils employer à meilleure occasion qu’à rompre et abattre les efforts de ceux par lesquels tant le repos de chacun, que la commune tranquillité sont troublées, et qui séditieusement font émeutes, violences oppressions et autres méfaits ? S’ils doivent être gardes et défenseurs des lois, il appartient qu’ils rompent les efforts de tous ceux par l’injustice desquels la discipline des lois est corrompue. Et même s’ils punissent à bon droit les brigands qui n’auront fait de tort qu’à peu de personnes, doivent-il laisser toute la région être vexée par briganderie, sans y mettre la main ? Peu importe si celui qui se jette sur le territoire d’autrui, auquel il n’a nul droit pour y faire pillage et meurtre, soit roi ou homme de bas état. Toutes ces sortes de gens doivent être réputés comme brigands et punis pour tels. La nature même nous enseigne cela, que le devoir des princes est d’user du glaive non seulement pour corriger les fautes des personnes privées, mais aussi pour la défense des pays à eux commis, si on y fait quelque agression. Pareillement le Saint Esprit nous déclare en l’Ecriture que de telles guerres sont légitimes (…)

Mais les magistrats ont ici à se donner garde de n’obéir tant soit peu à leur cupidité. Plutôt au contraire, soit qu’ils aient à faire quelque punition, ils se doivent abstenir de colère, de haine, de sévérité trop rigoureuse, et, comme dit S. Augustin, pour l’humanité commune ils doivent avoir compassion de celui qu’ils punissent pour ses propres méfaits : soit qu’il faille prendre les armes contre quelques ennemis, c'est-à-dire contre les brigands armés, ils ne doivent pas chercher une occasion légère, et même, quand l’occasion s’offrirait, ils doivent la fuir, s’ils ne sont contraints par grande nécessité. Car s’il nous faut encore beaucoup mieux faire que les païens n’enseignent, desquels quelqu’un dot que si la guerre ne doit tendre à autre fin qu’à chercher la paix, il faut certes essayer tous les moyens avant que d’en venir aux armes.

Institution chrétienne Livre IV, § 20, 11 et 12

 

Bon, on remarquera que pour Calvin, entrer en armes dans un pays, c’est du brigandage et que la seule guerre légitime c’est la défense contre ce brigandage, ce qui exclut toute guerre d’invasion et autre type de croisade, du coup on ne sera pas trop surpris qu’il se contente d’affirmer que le Saint esprit déclare en l’Ecriture que de telles guerres sont légitimes, difficiles de ne voir dans les guerres de Canaan que des guerres légitimes avec une telle restriction…

Mais ma conclusion, c’est qu’on a beau s’appeler Jean Calvin, essayer d’établir une société chrétienne, c’est forcément faire des petits arrangements avec l’Evangile. Je crois qu’en attendant le Royaume, il est plus sage de demander à Dieu de nous aider à vivre en chrétien dans notre société…

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Les mercredis de Calvin (44) Voir plus loin que le sacrement

4 Novembre 2009 , Rédigé par Eric George Publié dans #Citations

Au cours de cette année Calvin, un passage hebdomadaire du Réformateur de Genève commenté, ou pas, par votre serviteur… Je ne suis absolument pas un spécialiste de la pensée de Calvin, il est possible que je dise des bêtises, mais c’est un auteur que j’aime bien lire.

 

Si le signe extérieur ne tire goût et saveur de la promesse, il n’y a ni sel ni sauce, comme on dit. Car que gagnons-nous qu’un homme mortel et terrestre nous jette de l’eau sur la tête en nous baptisant, si Jésus Christ ne prononçait du ciel que c’est lui qui nous purge et nettoie par son sang, qui nous renouvelle par son Esprit ? Que nous servirait-il de manger un petit morceau de pain et boire trois gouttes de vin, si cette voix ne résonnait d’en haut : que la chair de Jésus Christ est la vraie viande de nos âmes, son sang est vraiment le breuvage spirituel ? Ainsi c’est à bon droit que nous concluons que nous ne sommes point faits participants de Jésus Christ et de ses dons spirituels par le pain, le vin et l’eau, mais que nous sommes conduits à lui par la promesse à ce qu’il se donne à nous et qu’habitant en nous par foi, il accomplisse ce qui nous est promis et offert par les signes. Je ne vois point que c’est qu’on puisse trouver à redire à cette doctrine, sinon qu’on croie bien honorer les sacrements, s’arrêtant à ce qu’on y voie, sans entendre ce que Dieu y propose, ce qui ne serait qu’une singerie frivole.

C’est pourquoi nous avons derechef exhorté les fidèles en notre Accord de s’adresser à Jésus-Christ, afin de ne chercher ailleurs rien de tout ce qui leur est proposé aux sacrements, comme aussi les sacrements, étant gages ou arrhes de ce qui se trouve e Jésus-Christ renvoient seulement à lui (…) De fait, Jésus Christ, en ordonnant les sacrements, ne nous a point voulu enclore ou rendre captifs en des empêchements qui nous retinssent au monde, mais plutôt nous a dressé des échelles par lesquelles nous puissions monter en haut pour venir à Christ, lequel ne se trouvera point ailleurs. Or est-il ainsi que nous ne devons avoir contentement qu’en lui seul, autrement, je vous prie, que serait-ce ? Car il n’est pas mort et ressuscité pour nous envoyer à des éléments insensibles, afin d’y chercher notre salut, comme s’il n’en était plus la matière et la cause ; mais plutôt, voulant demeurer en son entier, nous a donné des aides pour nous amener à soi.

Accord sur les sacrements

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