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Articles avec #pastorale tag

Un coach pour les pasteurs ?

28 Juin 2017 , Rédigé par Marion Heyl et Eric George Publié dans #Bible, #Esaïe, #pastorale

Photo by Nathalie Leon on Unsplash

Une petite introspection pastorale à deux voix : le peuple d'Israël, témoin de la glorie de Dieu pour les nations, doute que Dieu se préoccupe de lui. Et nous, pasteur.e.s, faisons-nous mieux ?

Prédication dialoguée sur Esaïe 40, 27-31

ERIC

Si nous avons opté pour une lecture antiphonée, ce n’est pas seulement parce que ma collègue luthérienne m'y a obligé, c’était également pour souligner le côté répétitif…

On a l’habitude des répétitions dans la Bible, c’est à la fois une esthétique et un bon aide-mémoire, mais là, c’est quand même particulièrement gratiné. Alors peut-être que les répétitions d’Esaïe viennent répondre aux plaintes ressassées d’Israël. Dieu nous a abandonné, il ne nous écoute pas, il ne nous voit même plus...

MARION

J’ai un peu l’impression de nous entendre ! Il y a tellement de choses qu’on ressasse en Eglise, et peut-être plus encore dans notre ministère : nos déceptions, nos rancœurs, nos colères ! Et le conseil presbytéral qui n’avance pas assez vite ou qui ne prend pas les bonnes décisions, et le conseil régional qui ne répond pas à nos attentes, et le conseil national qui n’y comprend rien aux réalités paroissiales !

Il y a aussi tous ces éléments de langage de notre Eglise, qu’on entend sans arrêt : le seuil, le témoignage, les « fresh expressions », la vocation, le discernement…

Mais derrière ces mots que nous répétons sans cesse, est-ce que nous savons encore de quoi nous parlons vraiment ?

ERIC

C’est amusant que tu cites le seuil et les fresh expressions comme éléments de langage, parce que je me demandais si le verset 30 « même les adolescents et les jeunes gens » indiquait que déjà à l’époque d’Esaïe, le jeunisme sévissait en Israël. Mais en fait, il s’agit peut-être d’une fascination universelle pour ce qui est fort, conquérant (grignoter sur le seuil), ce qui nous paraît promesse de renouveau.
Dans les moments de colères et de déceptions, tout comme Israël, nous nous tournons vers ce qui nous semble propre à nous faire sortir d’une situation bouchée ou tout simplement d’un quotidien pas assez exaltant, nous tournons nos regards vers de nouveaux territoires à occuper. Dans les temps de lassitude, tout comme Israël, nous regardons avec intérêt ou peut-être avec envie vers celles et ceux qui lancent toutes sortes de choses nouvelles.

C’est peut-être là que sont nos jeunes gens et nos adolescents. Mais alors, nous devons entendre l’avertissement d’Esaïe : les adolescents s’épuisent et même le jeune homme finit par trébucher.

MARION

Alors nous voilà rassurés ! Finalement, nous sommes tous sur le même bateau… S’il peut nous arriver de ressentir un peu de jalousie à l’encontre de celles et ceux à qui tout semble réussir, il faut reconnaître qu’on peut aussi éprouver une sorte de soulagement quand on réalise que ce n’est pas le cas : voir tomber les meilleurs, voir se fatiguer ceux qui débordent d’énergie, voir se tromper ceux qu’on admire, c’est aussi regagner un peu de confiance en soi et en ses propres capacités !  Et j’irai même plus loin : parfois, c’est même de la réjouissance qu’on peut éprouver à la chute des autres, de ceux avec qui on n’est pas d’accord, de ceux à qui on peut ensuite dire « je t’avais prévenu que ça ne marcherait pas ».

Peu importe la manière dont on vit les choses, peu importe les sentiments qu’elles peuvent provoquer en nous, ce qui est surprenant, c’est qu’on est toujours en train de compter sur nos propres forces.

ERIC

D’ailleurs si Esaïe nous rappelle la chute des adolescents, ce n’est pas pour nous rassurer en nous disant que les petits jeunes avec leurs idées nouvelles peuvent tomber aussi (enfin, ça c’est pour moi), ou que les succès qui nous agacent ne dureront pas toujours.

Il nous appelle surtout à mettre notre espérance ailleurs, à ne plus compter sur nos propres forces justement.

Ce qui me touche particulièrement, en tant que pasteur, dans ce passage, c’est qu’Israël dont Esaïe fait le témoin de Dieu pour les nations, Israël ne sait même pas où est sa place, quelle est sa force en Dieu. J’avoue que je m’y retrouve un peu. En tant que pasteur, je dis souvent aux autres de lâcher un peu prise, de se tourner vers Dieu, de mettre leur espérance en lui. Mais quand je me débats avec les difficultés de ma paroisse, c’est sur mes propres forces, sur mon intelligence, sur mes initiatives que je compte. Quand je suis confronté à mes propres fragilités et limites, mon premier réflexe c’est l’auto-justification.

MARION

Je crois que nous sommes tous dans ce cas… Je crois même que nous sommes pires qu’Israël ! Israël est en mesure d’adresser ses plaintes à Dieu, de Lui dire « tu ne vois même pas ce qui m’arrive ». En ce qui me concerne, j’ai plutôt l’impression que devant les difficultés rencontrées dans mon ministère je ne suis parfois même plus en mesure de crier à Dieu « merde, c’est pour toi que je travaille, qu’est-ce que tu fous ? ». Je me tourne plus facilement vers ma famille, vers mes collègues (tu sais de quoi je parle !), vers les instances de notre Eglise, et quand je ne me crois plus capable d’apporter de réponse moi-même, j’attends que les autres m’y aident. Israël est dans un acte de foi bien plus grand en criant vers Dieu. Se plaindre à Dieu, c’est lui reconnaître la possibilité de venir nous porter secours, de venir nous rejoindre dans nos difficultés, d’y être présent avec nous, à nos côtés. C’est avoir confiance dans le fait que nous ne sommes pas seuls dans ce que nous traversons. C’est déjà être tourné vers lui, et pas seulement vers nous-mêmes.

ERIC

Pire qu’Israël… Tu es encore plus calviniste que moi, là… Donc tu as sûrement raison. Mais, sauf à considérer que nous avons perdu la foi, que ce que nous proclamons et enseignons n’est qu’élément de langage, ou pure hypocrisie – et je n’y crois tout simplement pas -  ce serait quand même intéressant de réfléchir un peu à ce qui nous empêche, souvent, de crier notre colère vers Dieu, de nous tourner vers lui quand de bêtes questions de gestion de pratiques paroissiales viennent pourrir notre annonce de l’Evangile.

 

MARION

C’est peut-être justement parce que ces questions nous paraissent « bêtes », pas à la hauteur de Dieu. Comme si c’était difficile d’accepter que Dieu se soucie de nous jusque dans nos plus « petits » problèmes. Finalement, c’est plus facile de croire qu’Il s’occupe du vaste monde que de croire qu’il s’occupe de chacune et chacun de nous, personnellement. Je suis toujours frappée de voir à quel point les gens ont besoin de venir au culte après un attentat. Ils cherchent alors un lieu de ressourcement. Mais j’ai rarement entendu quelqu’un me dire qu’il est là pour prendre des forces afin d’affronter ses soucis du quotidien. Peut-être aussi que nous nous tournons plus volontiers vers Dieu quand nous nous retrouvons face à des difficultés sur lesquelles nous n’avons de toute façon pas prise, qui nous semblent complètement hors de notre portée : les catastrophes naturelles, les tensions géopolitiques, mais aussi la maladie d’un proche ou la mort d’un être aimé. Il nous faut faire l’expérience de notre impuissance, accepter, comme tu le disais tout à l’heure, de lâcher prise, de perdre le contrôle.

 

ERIC

 Je reviens un peu sur notre situation de pasteur qui ne vivons pas de cette espérance que nous prêchons . Je crois que les paroles de consolation dont nous sommes parfois porteurs sont sincères tout comme nous sommes sincères quand nous enseignons ou prêchons que l’on peut confier à Dieu ses détresses et sa colère.

Seulement, peut-être qu’à force de le proclamer, nous avons désamorcé, neutralisé ce message pour nous-même. Après tout, si nul n’est prophète en son pays, comment pourrions- nous espérer être prophète pour nous-même ? Et même entre collègues, ne sommes-nous pas encore en notre pays ?

 

MARION

A force de le proclamer, mais peut-être aussi à force de l’entendre. La répétition ne concerne pas que la plainte, elle concerne aussi la Bonne Nouvelle, ou plutôt la manière dont elle est proclamée :  avec des mots, des expressions, des images (même si notre président – celui de la République, pas celui du Conseil Régional – nous en a piqué quelques-unes), des liturgies, des manières d’habiter la prédication. Pour que cette Bonne Nouvelle nous rejoigne vraiment, nous rejoigne encore, il faut peut-être que nous refassions l’expérience de son extériorité, que nous puissions à nouveau être rejoints et bousculés par elle, que nous trouvions comment nous rendre disponibles à sa nouveauté.

 

ERIC

Dans les versets qui suivent notre passage, Dieu convoque tous les peuples, Israël y compris, à comparaître devant lui. Finalement, c’est une manière assez radicale de remettre de l’extériorité…

Mais nous ne sommes peut-être pas obligé d’attendre la fin des temps pour être à nouveau disponibles à la nouveauté de la Parole de Dieu.

Comme tu le soulignais, la manière dont la Parole de Dieu nous est proclamée va avoir son importance. L’anecdote de la manière dont nous avons choisi ce texte pourrait être un exemple.

 

MARION

Oui, ZeBible avait mis comme titre « Dieu peut être ton coach personnel ». Je t’avais envoyé ça pour plaisanter ! Je n’imaginais pas une seconde que tu me proposerais sérieusement de partir de ce texte pour la pastorale !

 

ERIC

Pourtant tu sais bien  que je n'ai aucun sens de l'humour.

Plus sérieusement,  je me suis demandé à  quel point tu etais sérieuse. Et puis, j'ai trouvé le passage beau. Et en y pensant sous l’angle « pastorale », il m’a vraiment interpelé sur cette ressemblance entre Israël et nous, pasteurs.

Bref, il a suffit d’un malentendu sur une plaisanterie (et de cette conviction qui nous anime que la Bible a quelque chose à nous dire)  pour qu'un verset devienne cette parole extérieure qui nous prend par surprise, pour que nous retrouvions cette nécessité de remettre à Dieu même les plus triviaux de nos soucis d’Eglise.

Et là, pas de bol, au lieu de promettre que Dieu va régler tous les problèmes d’Israël (ce qui nous permettrait d’espérer qu’il va aussi régler tous ceux du Havre ou d’Evreux, ou ceux éventuels de vos propres lieux), Esaïe affirme juste que Dieu est celui qui renouvelle nos forces. En d’autre terme, il ne fera pas à notre place…

 

MARION

Non, mais c’est bien lui qui nous donne la force de continuer, ou de recommencer ! C’est lui qui rétablit nos forces, c’est en lui qu’on peut trouver le réconfort. C’est peut-être à chacun de nous de trouver les lieux et les temps, ou simplement de savoir les accueillir, où il peut être véritablement renouvelé par Dieu, où il peut non seulement annoncer la Bonne Nouvelle aux autres mais aussi la recevoir pour lui : une rencontre inattendue, une parole reçue au cours d’un partage biblique ou d’une visite, un verset qui nous porte au fil des pages de la Bible que nous tournons, un repas partagé autour duquel nous nous retrouvons et dans lequel nous recevons tout l’amour de Dieu pour nous. Ces lieux et ces moments où nous réalisons que quand bien même nous nous croyons à bout de force, Dieu est là et nous permet de venir puiser en lui la force qui nous manque.

D’ailleurs, c’est intéressant de voir que ce qui relève de Dieu : le fait qu’il ne s’épuise pas, qu’il ne se fatigue jamais, devient d’un coup accessible à celles et ceux qui espèrent le Seigneur. Ils peuvent alors, eux aussi, courir sans se fatiguer, marcher sans s’épuiser…

 

ERIC

Dieu nous permet de venir puiser en lui la force qui nous manque. Alors, je ne suis plus obligé de faire mes preuves tout seul. Je ne suis pas obligé non plus d’appliquer les recettes que l’on me donne, les solutions que l’on m’impose. Et, en ne faisant pas à ma place, Dieu ne m’impose même pas son propre rythme. Comme tu le soulignes, Esaïe propose plusieurs allures : courir, marcher, prendre son essor… D’ailleurs finalement, je n’ai pas très envie de savoir si pour prendre son essor l’aigle doit prendre un maximum de vitesse ou si, au contraire il doit se laisser tomber. Je préfère garder à l’image sa polyvalence, parfois j’ai besoin que Dieu me donne l’énergie du sprint, parfois j’ai plutôt besoin du courage de me laisser choir…

Finalement dans nos lassitudes et dans nos rêves de maîtrise, tout comme Israël, la Parole que Dieu nous adresse, c’est une parole de liberté. Je suis l’Eternel ton Dieu qui t’a fait sortir d’Egypte, c’est aussi un appel à nous tourner constamment vers lui.

 
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D'une profession de foi à l'autre

2 Février 2016 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale, #Profession de foi, #credo, #foi, #pastorale

D'une profession de foi à l'autre

Dans le cadre de la démarche synodale vers une nouvelle déclaration de foi de l’Eglise protestante unie de France, à chacune de leurs rencontre, les pasteurs de Haute Normandie proposent une confession de foi qu’ils aiment bien, voire qu’ils ont écrite… Ce moi-ci, c’était mon tour... Petite occasion d'entrer dans ces très mystérieuses rencontre pastorales...

Pour commencer, une profession de foi qui n’est pas la mienne, qui n’est sans doute pas ma préférée au sens de l’adhésion théologique mais qui est certainement celle qui a le plus profondément marqué mon parcours.

Je ne suis pas sûr que les mots soient exactement ceux-là, parce que je n’ai jamais demandé le texte originel et qu’à chaque fois que je l’évoque, je fais appel à mes souvenirs et je la réécris aussi…

Je ne sais pas s’il était Dieu ou Fils de Dieu

Mais je sais que par ses paroles et ses actes, par son amour, il a bouleversé et changé la vie de ceux qui le suivaient et qu’il a tellement fait peur aux puissants du monde qu’ils l’ont mis à mort.

Je ne sais pas s’il est ressuscité

Mais je sais qu’après sa mort, ses disciples et ses amis n’on pas perdu espoir, qu’ils ont continué sur le chemin qu’il leur avait indiqué et qu’ils ont proclamé qu’il était vivant.

D’après A. George (1985 ?)

En fait, sur un éventail qui va de cette profession de foi de mon père (il paraît que c’était à la profession de foi de mon petit frère) au Symbole de Nicée Constantinople, je veux entendre, à travers des mots, des idées et des images différentes toujours la même affirmation : « Jésus Christ est le Seigneur ».

Bref, avec la profession de foi qui va suivre, je ne fais qu’essayer d’exprimer ce que je crois, sans ouvrir de procès en hérésie. Je n’ai pas voulu écrire une confession de foi d’ailleurs je pense qu’en fait cela ne peut qu’être le fruit d’un travail de groupe. Donc, je vous propose une profession de foi, je dis ma foi devant l’Eglise (pour aller vite confession de foi : l'Eglise affirme collectivement sa foi, profession de foi : le chrétien affirme personnellement sa foi) Même si elle a été écrite tout au long de cette semaine, cette profession de foi s'est beaucoup nourrie de nos échanges précédents...

Je crois que je veux être Dieu, que je veux contrôler ma vie et les autres et que je m’abîme et abîme les autres dans ces tentatives, tout comme je suis abîmé par leurs tentatives…

Je crois que pour moi, pour tous, Dieu s’est fait homme en Jésus Christ et qu’il est allé au plus bas de l’humanité, qu’il a traversé le doute et la tentation, qu’il a connu la servitude, la trahison, l’abandon, la condamnation et la mort.

En lui, je découvre un Dieu Tout-Autre, radicalement différent de mes idoles, de mes projections et de mon désir de puissance. Je découvre également que je ne peux dire Dieu que par lui.

En lui, par sa vie, son enseignement et sa mort sur la croix, je découvre la démesure de l’amour de Dieu pour moi, pour tous. Dans la mort de Jésus sur la croix, dans les paroles qu’il y a prononcées, je découvre qu’il n’est pas de lieu, pas de souffrance, pas de révolte, pas de culpabilité où l’humain soit privé de Dieu, pas même la mort.

En effet, je crois que malgré sa mort, il est vivant et qu’il m’ouvre à une vie plus forte que toutes mes morts.

Je crois en Dieu qui m'a rejoint là où je suis, qui m'a révélé à moi-même et qui m'appelle à une vie renouvelée

En lui, je découvre la valeur infinie de chaque être humain, puisque non seulement pour eux comme pour moi, il a tout donné, mais qu’il m’invite en outre à le reconnaître dans les plus petit(e)s et les plus méprisé(e)s de ceux-ci.

Je crois que ce changement de regard, cette transformation de ma vie ne viennent pas de moi mais qu’ils me sont donnés par Dieu qui s’est donné pour moi et qui se tient chaque jour à mes côtés. Dans le réconfort et l’encouragement, en m’inspirant les gestes du pardon et de l’amour ; mais aussi dans le combat contre moi-même, en bousculant mes égoïsmes, en ébranlant mes certitudes, en questionnant mes jugements.

En effet, ce n’est plus moi qui vis, c’est Christ qui vit en moi (Galates 2, 20)

Je crois que le jour vient où tout ce qui s’oppose à Dieu sera vaincu et où tous, nous pourrons être ce que nous sommes vraiment, à savoir, enfants de Dieu.

Cette Bonne Nouvelle de l’amour de Dieu pour moi et pour tous, Dieu me pousse à la redécouvrir chaque jour dans le témoignage des Ecritures, par la lecture personnelle et partagée de celles-ci. En effet, je crois que je ne puis vivre ma foi seul, mais que j’ai besoin de l’encouragement, du soutien mais aussi du questionnement, de la réflexion et de l’interpellation des autres chrétien(ne)s.

E George 02/02/2016

Je ne suis pas très modérément satisfait de ce que j’ai écrit mais plus insatisfait encore de ce que je n’ai pas su écrire. Le plus gros manque à mes yeux : le salut par la croix : j’ai du mal avec les formulations traditionnelles mais je reconnais que ce que j’en dis est très en deçà de ce que j’en crois.

Les réaction de mes collègues me permettent

  • de préciser que pour moi la confession du péché est de l’ordre de la foi plus que de l’autocritique. C’est en Jésus Christ que je découvre vraiment ma volonté d’être Dieu.
  • de parler un peu d’inter-religieux. aussi enrichissant soit-il pour ma culture, pour mon intelligence, pour mon enrichissement personnel, aussi nécessaire soit-il à notre société, le dialogue avec d’autres religions (quoique le judaïsme tient une place tout à fait à part) ou avec des athées ne nourrit pas ma foi. Sans doute parce que ma foi ne dépend pas de ma raison. Ceci dit, je suis bien obligé de moduler un peu mon propos : le dialogue interreligieux (y inclus avec les athées) stimule assurément ma réflexion sur ma foi…
  • enfin une question sur l’action commune de l’Eglise me met face à une lacune totale. J’essaye d’y répondre trop vite et mélange Eglise et institution…. En fait cela ouvre une réflexion nouvelle et sur la notion d’action chrétienne et sur la notion d’Eglise… pas mal...

Bref, poser des mots sur sa foi, même devant des frères et des soeurs qui partagent cette foi, reste terriblement frustrant et merveilleusement stimulant.

Notre Eglise cherche à dire sa foi commune, j’espère qu’elle s’y découvrira portée par le même Esprit que celui qui a soufflé ce matin à Rouen...

Post Scriptum : après l'échange, la réflexion continue et suite aux remarques sur la confession du péché qui ouvre ma profession de foi, je m'aperçois qu'alors que je suis si sensible à la différence entre "croire en" et "croire que", à la différence entre la dimension intellectuelle ou le contenu de la foi (je crois que) et sa dimension relationnelle (ma foi est relation à Dieu) je me suis cantonné au "je crois que". J'introduis donc un "je crois en". Où le mettre ? Après réflexion, je préfère garder le récit de ma profession de foi et ne pas faire de mon "je crois en" une déclaration programmatique. Il est l'aboutissement du don de Dieu pour moi.

Me reste encore cette question de l'action commune de l'Eglise... Quelque chose autour de l'amour qui ne se vit pas seul, et qui ne part pas dans tous les sens, ce n'est pas "chacun son amour" et donc pas chacun sa façon de vivre l'amour...

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