Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Articles avec #protestants en fete tag

Petite ballade en espérance

26 Octobre 2013 , Rédigé par Eric George Publié dans #Actualité ecclesiale, #Carnets de voyage, #Protestants en fête

Petite ballade en espérance

Jeudi 27 Septembre

- Allo ?

- Salut c'est Alain. Je passe, samedi, à Paris d'espérance et je voulais savoir si tu y venais aussi.

- Ben écoute, je n'avais encore rien décidé mais c'est cool si on peut s'y voir. Donc oui je viens.

Samedi 29 au matin,

Après un rapide message sur FB au cas où un admirateur inconnu me dirait «J'y serai aussi et j'aimerais vous reprocher de vive voix votre paresse à écrire. Vous me reconnaîtrez facilement je porterai une croix huguenote», me voilà parti vers le Paris d'espérance. Dans le train, en feuilletant une dernière fois le programme pour pointer deux ou trois «stands» ou on pourrait s'arrêter, je rêvasse un peu à l'ambiance que je vais y trouver. En effet, c'est l'écho que j'avais eu de l'édition strasbourgeoise : un temps où l'on croise un visage connu à chaque carrefour. Quels collègues, anciens paroissiens ou condisciple vais-je croiser ?

Gare Saint Lazare, aucune écharpe vert espérance ni badge identité visuelle coloré (faut dire que je ne porte pas le mien non plus) Pas d'avantage dans le métro. Gare Montparnasse, non plus. Enfin, je retrouve Alain mais là, ça compte pas : on avait rendez-vous.

Dépose des bagages de mon collègue qui vient de loin, pizza partagée en disant du mal de nos enquiquineurs respectifs, en discutant de nos questions et de nos inquiétudes sur la vie de notre Église, en redisant notre joie du ministère, aussi. Comme souvent, quand un pasteur rencontre un autre pasteur, ils sont trop timides, trop pudiques pour parler de leur foi.

14h

Il est largement temps d'aller à la rencontre d'autres protestants. Premier lieu de festivités à visiter : le village d'accueil. Devant Bercy, nos coeurs se serrent d'émotion en voyant notre première banderole Paris d'espérance. Un bénévole donne des indications à un groupe que nous devinons constitué de paroissiens, une tente vestiaire-consigne puis plus rien. Pas un panneau, pas un distributeur de tract. Pourtant, en poussant un peu plus loin, nous apercevons les tentes qui annoncent le village. Pour le coup, les retrouvailles commencent, on se croirait en synode. De fait, les visages croisés sont ceux que je croise en synode, ceux qui sont de tous ces rassemblements. Une belle tente librairie, une grande tente de présentation dont les nombreux stands évoquent bien la diversité protestante. Des échos d'activités qui ont bien marché, voire qui ont été victimes de leur succès (je suis content d'apprendre que la réflexion sur Brassens et l'Évangile a dû refuser du monde : c'était à mes yeux un des stands les plus originaux et un de ceux qui m'avaient le plus interpelé)

En quittant le village et en retournant vers le métro nous croisons le capitaine Jack Sparrow et une femme-sandwich qui distribuent des tracts. Activité jeunesse ? Annonce d' une conférence d'Olivier Abel sur le protestantisme et la flibuste ? Eh non, pub pour une chaîne de magasin de jouets.

15h

Direction foyer de Grenelle pour boire un cidre et voir un peu ce que font les voisins du Bocage. Si nous ne restons pas assez pour assister aux discussions, je suis content d'apprendre qu'il y a eu du passage. Bon, uniquement des protestants...D'ailleurs, cette fois, nous croisons des protestants identifiables en pleine rue ! Oui, bon, juste en quittant les lieux au moment où eux arrivent.

16h30

L'heure de mon train approche mais ce serait dommage de quitter Paris sans voir ce village jeunesse qui tourne si bien, direction la gare de Lyon, donc (décidément, notre périple n'est pas tout à fait optimum, tiens d'ailleurs ce serait une bonne idée de jeu 'Protestants en fête 2013 : parcours le plus d'animations en faisant le moins de km et en croisant le plus de protestants)

Arrivée à la gare de Lyon, rien. Enfin, pas rien, plein de monde, de taxis, de voyageurs, mais pas une affiche, pas un prospectus, aucun signe visible de ce village jeunesse. Pour moi, il est grand temps de retourner à Saint Lazare et je mets fin à ma virée en espérance en abandonnant Alain.

Bon, je ne ronchonne pas, j'ai passé une bonne journée, c'est toujours sympa de retrouver un vieil ami. Mais au niveau de la visibilité du protestantisme, je reste dubitatif, et je n'ose même pas évoquer le témoignage et l'évangélisation. Au moins, on ne nous reprochera pas notre prosélytisme agressif. Bien sûr, je n'ai pas respecté le mode d'emploi, et je n'ai assisté ni au méga-culte, ni à la soirée spectacle (vous retrouverez des comptes rendus plus complets ici) mais je ne suis pas sûr que le promeneur parisien lambda ait vu quoique ce soit de changé.

En fait, c'est d'ailleurs cela qui m'ennuie : je venais voir un temps fort à Paris et je n'ai vu que ce que devrait être le quotidien : des Églises de toute les tendances du protestantisme qui organisent diverses manifestations tournées vers la cité et qui communiquent entre elles sur ce qu'elles font.

Et puis quand même, une petite réflexion personnelle pour mon moi de 20 ans qui a poussé un cri d’horreur quand j’ai exprimé mon envie à aller me balader dans Paris pour me retrouver « en famille » avec d’autres parpaillots, il faut dire que cette tendance à l’entre-soi des protestants l’a toujours agacé, cet horsain : « Bah oui, tu vois, maintenant, tu te sens complètement du sérail, de cette famille, alors finalement, ce chauvinisme protestant (qui reste agaçant, c’est vrai) n’empêche pas l’Eglise d’accueillir, d’adopter et d’intégrer… »

Voir les commentaires