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Les 72 (1) l'urgence, la difficulté et l'équipe

Les 72 (1) l'urgence, la difficulté et l'équipe

L'envoi des soixante-douze nous concerne directement : nous ne pouvons pas nous cacher derrière le fait que nous n'avons pas été appelés parmi les douze. Pour aborder la richesse de cet envoi, quatre méditations ont jalonné le culte du dimanche 30 juin, à la place d'une prédication.

 

Luc 10, 1 à 4

Ne portez ni bourse ni sac ni sandales. Ne saluez personnes en chemin.
L'annonce du Royaume est une urgence. Lors de l'Exode, les voyageurs avaient au moins le droit de porter leur manteau, de rassembler quelques affaires. Mais il est encore plus urgent d'annoncer le Royaume que de fuir Pharaon et de sortir d'Egypte. Pourquoi cette urgence : est-ce parce que la tâche est immense et qu'il faut s'y mettre vite ? Est-ce parce qu'un danger nous menace, un néant qui pourrait nous avaler et contre lequel Dieu lui-même ne pourrait rien ? Est-ce tout simplement parce que Dieu est pressé que le monde entre dans son règne ?
A dire vrai, je ne sais pas très bien laquelle de ces réponses choisir, je ne suis même pas sûr qu’il faille en choisir une seule.  Ce que je sais c’est qu’il existe une autre question, plus mystérieuse encore : Et nous, qu’avons-nous fait de cette urgence, pourquoi ne sommes-nous pas pressés. Pourquoi perdons-nous temps de temps à choisir entre sandales et bottes, à faire, défaire et refaire notre sac, à compter et recompter ce qu’il y a dans notre bourse ? A nous demander même si nous devons vraiment nous mettre en chemin ?

Est-ce parce que nous n’entendons plus cet appel ? Parce que nous ne voyons plus le Royaume approcher ? Est-ce parce que nous sommes effrayés par cette difficulté que Jésus ne nous cache pas ? « Je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups » Pourtant je ne crois pas que ce constat signifie de la part de Jésus : « je vous envoie au casse-pipe ». J’y entend une exhortation et une promesse : vous pouvez rester ce que vous êtes, vous pouvez rester des agneaux. Face à un monde qui affirme si souvent la loi de la jungle, qui nous pousse à devenir des prédateurs, Jésus nous dit : « vous n’êtes pas obligés de vous conformer au monde dans lequel je vous envoie, vous pouvez garder votre douceur, votre fragilité, votre paix ».

Et non seulement il nous est permis de rester des agneaux, mais il nous est permis et même commandé de ne pas être seuls : la moisson est grande, et notre demande ne doit pas être d’être de meilleurs moissonneurs, de pouvoir tout faire par nous-mêmes mais de voir arriver d’autres moissonneurs, des moissonneurs qui peut-être ne nous ressemblent pas, des moissonneurs qui sont peut-être d’autres Eglises, des moissonneurs qui engrangeront dans d’autres greniers que les nôtres. Eh bien alors, réjouissons-nous de voir arriver ce renfort, la moisson est assez grande pour tous !!


Mais, quand Jésus envoie les disciples deux par deux, je me demande : comment compose-il ses équipes ? Est-ce au hasard ? Les classe-t-il par compétences, pour composer une équipe performante ? Laisse-t-il les envoyés se choisir mutuellement ? Tous ces cas de figures se retrouvent en fait dans l’Eglise. Les envoyés de Jésus, comme les Siths vont toujours deux par deux, mais là s’arrête la ressemblance : il n’y a pas le maître et le disciple mais bien deux disciples du même et seul Seigneur, deux disciples placés sur un pied d’égalité. L’important finalement c’est qu’avant de voir un ami avec qui nous aimons travailler, avant de voir un collaborateur qui par ses compétences complète ou renforce les nôtres, avant de voir un inconnu qui nous est imposé, nous voyions un frère, une sœur appelé par le même Seigneur à porter la même bonne nouvelle.

Amen.

Photo by Stephane YAICH on Unsplash

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À propos
Eric George

Pasteur de l'Eglise Réformée de France, amateur de jeux de société, de cinéma, de longues discussions
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