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Une forteresse ou une prison dorée ?

Photo by <a href="https://unsplash.com/@3031n?utm_source=unsplash&utm_medium=referral&utm_content=creditCopyText">Boban Simonovski</a> on <a href="https://unsplash.com/s/photos/fortress?utm_source=unsplash&utm_medium=referral&utm_content=creditCopyText">Unsplash</a>

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Méditation sur Esaïe 54, 11 à 17

Jeudi 27 janvier 2022 à la chapelle des diaconesses à Versailles

Nous avons tous en tête, le Dieu jardinier de la création du monde. Peut-être certains, certaines se rappellent du Dieu potier de Jérémie et de Paul... Nous voici cet après -midi face à un Dieu bâtisseur. Alors, ne sachant rien faire de mes dix doigts, je ne m'étendrai pas sur les différences entre ces trois activités manuelles.

Mais je voudrai m'arrêter sur leurs points communs, c’est-à-dire sur

  •  tout ce que ces activités demandent d'énergie et d'attention : il faut à la fois y mettre de la force, de l’effort et de la minutie, de la précision…
  • Tout ce qu’elles demandent d'investissement et de patience : ces activités demandent une grande implication bien sûr, mais aussi de savoir prendre du recul, de se mettre un peu à distance pour voir ce que l’on a fait, ce qu’il faut encore faire
  • Tout ce qu’elles demandent de persévérance et d'adaptation. Parce que le bâtisseur, le potier, le jardinier travaillent sur des matières extérieures à eux, des matières qui résistent, qui ont leurs caractéristiques propres. Donc des fois, ça ne marche pas comme on voudrait, il faut insister, il faut s’accrocher, il faut aussi s’adapter…

 Voilà donc comment la Bible nous dit que Dieu agit pour nous mais le passage d’Esaïe double encore ce soin que Dieu a de son peuple.

Pour bâtir pour ce peuple, il ne déploie pas seulement force, minutie, investissement, patience, persévérance et adaptation mais il utilise en plus les matériaux les plus précieux.

Et le soin est même triplé parce que ce peuple pour lequel Dieu bâtit avec les matériaux les plus précieux, c'est Jérusalem présentée comme délaissée battue par la tempête, une SDF et même une sans domicile du tout... Arrêtons-nous un peu sur cette incongruité… Car c’en est une ! Demandez aux constructeurs de logement sociaux si on utilise les matériaux les plus précieux pour loger les sans-abris, ou plus personnellement, demandons-nous si nous donnons le plus précieux, le plus grand soin à ceux qui n’ont rien ? Après tout, le peu qu’on leur donne est déjà mieux que rien… Et bien, Dieu ouvre une toute autre logique : pour celle qui n’a rien, il va offrir le plus précieux…

Et Dieu bâtit une forteresse, une forteresse imprenable ! Ça, il faut bien dire qu’on en a bien besoin. Dans ces temps de peurs, peur de l’épidémie, peur de la crise écologique et économique, peur des autres et peur de ceux qui ont peur des autres, nous avons bien besoin que Dieu nous offre une forteresse où nous serons à l’abris, ou nos fils et nos filles pourront grandir et s’épanouir en paix, un lieu où notre avenir est assuré.

Mais cette forteresse est… précisément… une forteresse : c’est-à-dire que pour y être protégés, il faut se tenir à l’intérieur : c’est d’ailleurs ce que dit Dieu « Tiens-toi loin de la terreur et de l’oppression ! ». Mais alors, cette forteresse dans laquelle Dieu nous abrite, ce commandement où il nous invite à habiter, n’est-ce pas au bout du compte une prison dorée ?

Pensons à toutes ces contraintes qui nous sont imposées pour notre bien et celui des autres, ces temps-ci et à nos réactions, à nos interrogations légitimes sur notre perte de liberté… Alors, bien sûr, il nous est plus naturel de râler contre le gouvernement que contre le Dieu de la Bible. Pourtant au regard du texte d’Esaïe, je crois qu’il nous faut oser poser la question : Dieu veut-il que nous vivions dans une prison dorée ?

Et je ne vais pas sortir un texte pour nous tirer de ce mauvais pas, de cette question embarrassante, parce que cette question, je suis persuadée qu’elle est au cœur de vos engagements, mes sœurs blanches et bleues, peut-être avec encore plus d’acuité que pour nous.

Mais à cette question, il nous faut associer une autre question : la liberté consiste-t-elle à s’exposer ou à être exposé à ce qui nous détruit ?

Frères et sœurs, ces deux questions de la liberté « Dieu nous bâtit-il une prison dorée ? » « la liberté consiste-t-elle à s’exposer à la mort » nous accompagnent depuis que l’Eternel notre Dieu nous a fait sortir de la maison de servitude.

 

Amen

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À propos
Eric George

Pasteur de l'Eglise Réformée de France, amateur de jeux de société, de cinéma, de longues discussions
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